‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 149 sur 169 · V. six. V. fa · texte numérisé non relu

V. six. V. fa

2. Sol, terrain, du latin solum, dont une forme populaire féminine, en français sole, désignait : l» une division du sol destinée à la répartition des cultures (dérivé : assoler, d'où assolement), 2° un plancher (d'où solive, soliveau et entresoles, aujourd'hui entresol, logement entre deux étages); 3« certains objets qui portent sur le sol, comme le sabot d'un animal ou une sandale, et, par comparaison, le poisson de mer ainsi nommé.

— On rattache à solum : 1*^ le mot exil et ses dérivés, V. seoir", 2" radjectifso//d«//j, « consistant )> (ayant la cousis-

Soluble] DU FRANÇAIS. 539

tance du sol), qui a produit en français l'adjectif et substantif savant solide (doù solidité, solidifier, et au figuré solidaire, solidarité, solidariser) et son soublet le substantif sou (jadis aussi sol), monnaie en métal solide. — Sur solidum ont été faits deux verbes de formation populaire, Tun se référant nu sens de « solide », l'autre au sens de monnaie : 1" souder (d'où soudure, dessouder, ressouder), qui équivaut au composé savant consolider, d'où consolidation: 2° soudoyer, payer des mercenaires, d'où soudard, et les mots de forme italienne solde, salaire de militaire, et soldat (d'où soldatesque) qui équivaut à soudoyé. On a aussi le terme commercial solder (d'où un autre substantif solde), proprt consolider ui: compte, le clore en achevant de le régler, et, par comparaison, achever d'écouler une marchandise.

Solaire, v. soleil.

Solanées se rattache au latin solanum^ nom de plante.

Soldat, soldatesque, solde, solder, sole, v. sol 2.

Solécisme, mot d'origine grecque, proprement incorrection comme en commettaient les gens de Soloi en Gilicie.

Soleil vient d'un diminutif du latin soient, italien sole, apparenté au fond à l'allemand sonne et à l'anglais sun; du composé italien parasole, proprt pare-soleil, nous ayons fait parasol et nous avons fabriqué nombre de mots sur ce modèle, en conservant la forme italienne para-. Nous avons aussi emprunté à l'italien tournesol, nom d'une plante (cf. héliolrope ci-dessous) et d'une couleur : la couleur est ainsi nommée, dit-on, parce que le suc de la graine d'où on la tire (( tourne au soleil ». Dérivé de soleil : ensoleillé. Dérivés de solem : solaire, insolation, solstice, v. ester ^, souci, plante, V. suivre^.

— Le mot grec qui signifie soleil est hêlion, d'où : héliotrope [v. trope), équivalent de tournesol; héliogravure; parhélie et périhélie, termes astronomiques.

Solennel, solenniser, so- Soliste, solitaire, solitude,

lennité, r. seul. v. seul.

Solfège, solfier, v. fa. Solive, soliveau, v. sol 2.

Solidaire, solidariser, soli- Sollicitation, solliciter, sol-

darité, solide, solidifier, soli- liciteur, sollicitude, solo, i\

dite, V. sol 2. seul.

Soliloque, v. locution. Solstice, v. ester''.

SoIuble (d'où insoluble) se rattache au verbe latin sol-

540 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Somme

verCf supin so/«i«m, «délier, désagréger, libérer d'une dette», qui a produit aussi solution, solvable, insolvable, solvabilité; le vieux français avait le verbe soudre (d'où soulte, paiement complémentaire), dont nous possédons plusieurs composés : absoudre, dégager, délier d'une faute, dérivés : absolution, absoute; absolu, dégagé de toute restriction, d'où absolutisme ; — dissoudre, disperser par désagrégation, dérivés: dissolvant ; dissolution, indissoluble, indissolubilité; dissolu, au sens figuré de « relâché » dans ses mœurs : — résoudre, ramener à l'état primitif en décomposant, à la simplicité en analysant, d'où dégager des motifs une décision, déterminer un acte; dérivés de résoudre dans les différents sens: résolu, résolution; irrésolu, irrésolution; résolutoire.

— A la même famille appartient le verbe grec liiein, qui a la même signification que so-lvere. Dérivés : analyse, d'où analyser , analytique , proprt décomposition ; dialyse , décomposition à travers (une cloison poreuse) ; électrolyse, décomposition par l'électricité; paralysie, d'où paralyser, paralytique, proprt relâchement (de certaines fonctions); toute décomposition, tout relâchement, sont accompagnés de mouvements en sens divers, de telle sorte que la valeur des préfixes {ana- dans analyse, para- dans paralysie) n'a ici rien de caractéristique.

Solvabje, v. le précédent.

Sombre, d'où assombrir, ne semble pas apparenté à sombrer, et ni l'un ni l'autre ne sont encore expliqués d'une manière satisfaisante.

Sommaire, v. somme 3. Sommation, v. sommer.

1. Somme (dans bête de somme) se rattache au grec sagma, bât; dérivés : sommier, d'abord bête de somme, puis espèce de matelas qui supporte les autres; sommelier, d'abord celui qui portait les provisions de bouche à la suite du seigneur.

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