‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 157 sur 169 · V. temps · texte numérisé non relu

V. temps

Temple vient du latin temphim, qui désigne un lieu consacré et le carré tracé dans le ciel par l'augure; au second sens se rattache le verbe contemplari, français contempler, d'où contemplation, contemplateur.

Temps vient du latin tempus, génitif temporis. Le mot grec exprimant la même idée était khronoriy sur lequel V. chronique.

1. Le mot temps réunit les acceptions connexes de : état atmosphérique, durée, moment de la durée, opportunité. Dérivés et composés : tempête, « gros temps », d'où tempêter, tempétueux; temporel, s'opposant à éternel et, par connexion, k spirituel (qui échappe au temps); temporaire, « qui n'a qu'un temps » ; temporiser, « gagner du temps », d'où temporisation, temporisateur; contemporain, à rapprocher de synchronique, v. chronique ; printemps, d'où printanier, v. pour ^ ; contre-temps et intempestif, se rattachant à ridée d'opportunité; sur entretemps, v. tant.

2. L'idée du temps c atmosphérique » se retrouve dans plusieurs dérivés d'un verbe apparenté à tempus, temperare, français tempérer et tremper. Temperare signifie pruprt mélanger pour modérer, équilibrer. Dérivés savants : tempérant, adjectif participial, d'où tempérance, intempérant, intempérance; intempéries, défaut d'équilibre dans l'atmosphère; température et tempérament qui ont été synonymes, au sens de « équilibre des éléments d'un corps, constitution », puis température s'est spécialisé dans le sens de : état «calorique » d'un corps dans l'atmosphère; obtempérer, c'est proprt se modérer devant quelqu'un.

— Le doublet populaire de tempérer, tremper, a d'abord signifié <c modérer le vin en y versant de l'eau », puis imprégner d'un liquide (d'où : faire trempette) ou plonger dans un liquide, substantif verbal : trempe. Composés :

564 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Tenir

retremper; détremper (substantif verbal : détrempe), délayer, ou bien enlever la trempe.

Tenable, tenace, ténacité Tender,v. attendre, à. tenir '>■.

tenaille, tenailler, tenancier, Tendeur, tendoir, tendon,

tenant, u. tenir ^. 1. Tendre, verbe, v. tenir'*.

Tendance, v. tenir'*.

2. Tendre, adjectif, latin lenerum, dérivés : tendresse, tendron, attendrir, attendrissement.

Ténèbres, d'où ténébreux, latin tenebras.

Ténement, teneur, u. tenir^.

Ténia, grec tainia, proprt ruban.

Tenir se rattache au latin ienere.

i. Substantifs participiaux : tenant, d'où tenancier ; tenue. Dérivés : tenable, d'où intenable ; teneur, celui qui tient [teneur de livres) et ce qui est tenu (terme musical) ou contenu [teneur d'une lettre); tenace, d'où ténacité et pertinacité; tenailles, d'où tenailler; ténement, tenure; tenon. Ténor, qui nous vient de l'italien, est un doublet de teneur, une voix de ténor est une voix d'une u teneur )> déterminée (la détermination est arbitraire, c'est la teneur du registre supérieur de la voix d'homme).

2. Les composés latins de tenere sont en -tinere, supin -tentum, d'où les formes françaises en -tin- et en -tent-. S'abstenir, c'est se tenir loin de, se priver de; les dérivés abstinence et abstention se sont spécialisés dans des sens différents. — Attenant = qui tient à. — Contenir signifie tenir avec, d'où renfermer, empêcher d'aller; substantifs participiaux : contenu, contenant, d'où contenance, capacité d"un contenant, et manière de se tenir avec les gens, dérivé : décontenancer. Le doublet savant de contenant est continent, « qui se contient », d'où : continence, l'adjectif incontinent et incontinence. Le substantif continent, d'où continental, signifie proprt « pays qui se tient ensemble )>, et l'adverbe incontinent, où in- est la forme toute latine de la préposition en, signifie « dans le temps qui se continue, sans interruption. » Content est le participe passé latin employé adjectivement au sens de <( qui s'en tient h, satisfait », d'où contenter, contentement, mécontenter, mécontentement. Au verbe latin continere se rattache aussi l'adjectif continu, <( qui se tient sans intorniption dans le temps », d"où continuité, discontinu, discontinuité, continuel, et les verbes

Tenir] bu français. 563

continuer et discontinuer, dérivés : continuation, continuateur.

— Autres composés de tenir ou de tenere : détenir, dérivés : détenteur, détention. — Entretenir, substantif verbal : entretien. — Obtenir, dérivé : obtention. — Pertinent, « qui tient tout à fait » à un sujet, qui lui est propre; parler pertinemment d'une question, c'est en parler d'une manière qui convient; des manières impertinentes sont des manières « qui ne conviennent pas », d'où le sens de l'adjectif appliqué à une personne et du substantif impertinence; le surcomposé, d'origine populaire, appartenir, signifie aussi « tenir tout à fait à, être propre à une personne ou à une chose )). — Retenir, dérivés : retenue, rétention, rêne. — Soutenir, dérivés : soutenable, d'où insoutenable, souteneur, soutenance, soutènement, et le mot savant sustenter.

— Le composé français maintenir signifie proprt tenir avec la main, doù tenir ou se tenir dans le même état; dérivés : maintien et l'adverbe maintenant, qui signifie proprt « en maintenant », séance tenante, présentement; manutention, manipulation, v. main-.

3. Sur tenere le latin avait fait le fréquentatif tentare, français tenter, proprt chercher à tenir, tâter. Au sens primitif se rattache la signification de tentacule. On passe de là aux sens de : 1° chercher à prendre, exercer une attraction, d'où l'une des acceptions de tentation, 2^ tirailler, tàter pour éprouver, éprouver, d'où l'autre acception de tentation et tentateur, enfin 3*^ essayer, d'où tentative, attenter, attentat.

4. On rattache à la racine du verbe tenere le verbe tendere, français tendre (d'où tendoir, tendon, etc.), apparenté au grec teinein que l'on retrouve dans hypoténuse, proprt sous-tendante^ dans péritoine, proprt tendu autour, d'où péritonite, et dans tétanos, proprt tension, rigidité. Cf. ton 2, et ténu.

— Le supin de tendere est tentum ou tensum ; la première forme est identique au supin de tenere, de telle façon que les dérivés de tendre ressemblent souvent aux dérivés de tenir, ce qui explique que tancer ait été attribué par les uns à tenir et par les autres à ten^ v. Nos mots toise et tente signifient l'un et l'autre k tendue » et sont originairement des substantifs participiaux se rattachant aux deux supins de tendere. La toise est la mesure constituée par le bras

566 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Tentative

(c tendu », la tente est une étoiïe tendue, pour abriter. Sur toise on a fait toiser, mesurer à la toise, et, au figuré, mesurer insolemment du regard. Autres dériA^és des deux supins : tension et tenture. Sur tentum le latin populaire avait fait *teniiare, français tancer, se tendre contre, réprimander.

— Les composés de lendere nous ont fourni un bon nombre de mots. Attendre, c'est proprt tendre vers, d'où compter sur, dérivés : attente et inattendu; s'attendre a signifié jadis (c appliquer son esprit à », d'où attention, tension de l'esprit, et inattention, attentif et inattentif, attendu que = étant considéré que. On rattache à attendre, au sens de «veiller à un service », le substantif anglais tender, wagon pour le service de la locomotive. — Contention, forte tension, et jadis aussi débat, d'où contentieux. — Détendre, d'où détente, c'est défaire la tension, et distendre, doù distension, tendre en différents sens. — Étendre, cest proprt tendre à partir d'un point donné, ouvrir en tendant; substantif participial étendue ; dérivés : étendage, étendard, et les formes savantes extension, extenseur, extensif, extensible, inextensible, in extenso (= en étendu). — Entendre, c'est tendre dans ou sur, saisir par la pensée ou par l'oreille, d'où entendement et malentendu. S'entendre à un métier, c'est le bien comprendre, d'où l'adjectif participial entendu; s'entendre, en parlant de plusieurs personnes, c'est se comprendre. L'entente, c'est le fait d'entendre (mot à double entente) ou de s'entendre. Ce verbe avait aussi en latin le sens de tendre sa volonté vers un but, et c'est à ce sens que se rattache la signification des mots savants : intention, d'où intentionnel et bien ou mal intentionné; intendant, proprt qui s'applique à (une administration), d'où intendance. Intense, d'où intensité et intensif, proprt (( tendu », se rattache à l'une des formes du supin, et intenter, tendre ou diriger une action judiciaire, à l'autre. — Le composé latin oslendere signifie proprt tendre en avant, montrer, dérivés français : ostensible, ostensoir, ostentation. — Prétendre, c'est proprt tendre devant soi, d'où au figuré alléguer et aussi aspirer à : des prétentions sont, par restriction, des aspirations vaniteuses, d'où le sens de prétentieux.

Tenon, ténor, u. tenir i. Tentacule, tentateur, ten-

Tension, v. tenir '>■. tation, tentative, v. tenir 3.

Terre] du français. 567

Tente, v. tenir'*. Tenture, v. tenir ^.

Tenter, v. tenir 3.

Ténu vient du latin tenuem, « tendu, délié, fin », apparenté à tendre, v. tenir''; dérivés : ténuité, atténuer, atténuation, exténuer.

Tenue, tenure, u. tenir *. Tercet, u. trois.

Térébenthine se rattache au grec terebinthon, térébinthe, arbre producteur de résine.

Tergiverser, v. vers 2.

Terme, limite fixant une étendue d'espace ou de temps, et mot précisant une idée, vient du latin terminum, limite. Dérivés savants : terminal, terminologie, v. logique^: terminer, limiter et mener à terme, d'où terminaison et interminable. Composés savants : déterminer, proprt délimiter, aussi mettre un terme à une incertitude, résoudre, produire, d'où déterminé et indéterminé, déterminatif. détermination, déterminisme, déterministe; exterminer, proprt mettre hors des limites, faire disparaître, d'où extermination, exterminateur. Composé fait sur le français terme : atermoyer (d'où atermoiement), proprt renvoyer à un autre terme. A côté de terminum, dont le nominatifterminus s'emploie tel quel dans quelques expressions telles que (( point terminus », le latin populaire avait la forme* termitem, d'où tertre, d'abord éminence servant de limite.

Termite, latin termitem, ver rongeur.

Ternaire. et 1. Terne, u. /rois. 2, Terne, d'où ternir, ori-

gine douteuse.

Terre, du latin terra, mot qui parait signifier u la sèche » et être apparenté à torride. Substantifs et adjectifs composés avec terre : parterre ; souterrain; méditerranée, au milieu des terres, v. mi; terre-plein, pour terre-plain. Dérivés : les doublets territoire (doù territorial) et terroir, le premier s'appliquant à la terre considérée au point de vue politique et administratif, le second à la terre envisagée spécialement comme productive; terrain, espace de terre considéré au point de vue utilitaire, terrain à bâtir, terrain de combat, etc. ; terrasse, proprt amas de terre, d'où terrasser (remuer des terres, &t jeter à terre sous soi), avec terrassier et terrassement; terreau, « menue terre », terre dengrais; terrine, vase de terre ; terreux ; terrestre; ter-

568 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Tête

rien; terrer, d'où terrier, trou où l'animal se terre, et chien pour forcer Tanimal terré; atterrer, proprt renverser à terre, consterner; atterrir, doù atterrissage, atterrissement; déterrer; enterrer, d'où enterrement (v. ci-dessous le rapprochement avec inhumaMon).

— Le mot tout latin humus signifie terre (végétale). Dérivé : humilem, proprt « qui esta terre, bas», d'où l'adjectif humble et le substantif savant humilité. Les troupeaux transhumants changent de terre, de pâturage. Autres composés avec humum : inhumer et exhumer, doù inhumation et exhumation. Dans le mot enterrement, l'idée de cérémonie prévaut sur la signification primitive, si bien que les lettres de faire part convoquent parfois à un enterrement suivi de l'inhumation, quoique les deux mots soient étymologiquement synonymes. Homme (v. ce mot) est apparenté à humus.

— Le latin avait encore un autre mot, tellurem, pour désigner la terre; il a servi à dénommer un métal, le tellure.

— Deux mots grecs ayant le sens de terre se retrouvent aussi dans les mots français : khthona et gê. Le premier, auquel se rattache le préfixe camé- de caméléon, v. ce mot, est apparenté à humus; nous l'avons dans autochtone, proprt né a de la terre même ». Le second se rencontre dans les mots suivants : apogée, proprt loin de la terre, point où un astre est le plus éloigné de la terre, d'où l'emploi figuré; périgée, vers la terre, point opposé à l'apogée; hypogée, qui est exactement l'équivalent de souterrain puisque hypo- est le préfixe grec qui correspond au préfixe d'origine latine S0U-; géologie, géographie, v. logique^; géométrie, proprt science qui mesure la terre; géodésie, proprt division de la terre.

Terreur, latin terrorem, d'où terroriser, terroriste;. de la même famille : terrible et terrifier, v. faire "'.

Terrine, territoire, territo- Tesson, testacé, v. tète.

rial, terroir, v. terre. Testament, testamentaire,

Terroriser, terroriste, v. testateur, tester, v. témoin^,

terreur. Testimonial, v. témoin.

Tertiaire, v. irais. Teston, têt, v. tête.

Tertre, v. terme. Tétanos, v. tenir '>^.

Tes, V. te.

Tête (latin lesta), ainsi que la forme masculine tét,

Thèse] DU FRANÇAîâ. B69

signifie proprt tesson, vase en terre. Dérivés et composés : têtard, larve à grosse tête; têtu; têtière; teston (origine italienne), monnaie à effigie; entêter et s'entêter, d'où entêté et entêtement. Tête-bêche signifie proprt « tète double tête )>, car bêche, abréviation de l'ancien- béchef, signifie à lui seul « double tête », position où la tête de Tun est du côté des pieds de l'autre, v. cap ^ — Dérivés se rattachant au sens latin primitif : tesson; testacés, animaux à coquille.

Teter, ou téter, et tétin, tétine, téton, avec é ou e, se rattachent à un substantif germanique d'où descendent l'anglais teat et l'allemand zitze.

Tétragone, v. quatre. Texte, textile, textuel,

Tétralogie, v. logique *. texture, v. tissu.

Têtu, V. tête. Thaumaturge, i'. chirurgie.

Thé, d'où théière, mot chinois.

Théâtre, du grec theatron, qui se rattache à l'un des verbes grecs ayant le sens de « voir, contempler, regarder »; dérivés : théâtral, amphithéâtre, proprt salle où Ton voit des deux côtés, théâtre circulaire. Théorème et théorie, d'où théorique, théoricien, se rattachent au même verbe grec; le sens étymologique de théorème et de théorie est « vue ».

Thème, v. thèse. Théorème, théorie,- v.

Théocratie,théodicée , théo- théâtre . logique, v. dieu *. Thêosophie, u. dieu *.

Thérapeutique se rattache au verbe grec therapeueln, soigner, d'où hydrothérapie, traitement par l'eau.

Thériaque se rattache au grec thêra, bête sauvage (apparenté au latin feriim, v. fier), qu'on retrouve dans mégathérium (mot à désinence latine, formé par Guvier), « grande bête fossile », et dans panthère, v. panacée.

Thermes (d'où thermal) se rattache au mot grec thermon, chaud, sur lequel ont été formés les mots thermidor, du calendrier républicain, et thermomètre (d'où thermométrique), proprt mesure de la chaleur. Le mot latin qui correspond à thermon se trouve dans forceps, proprt pinces pour « prendre » les objets « chauds », sur le second élément du mot, -ceps, v. capable^.

Thésauriser, v. trésor.

Thèse et thème, grec thesin et thema, génitif thematos, se rattachent à un verbe qui a le même sens que poser

570 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Thyroïde

(y. site^), de telle sorte que synthèse et composition, hypothèse et supposition, métathèse et transposition, diathèse et disposition, Sont étymologiquement synonymes. La thèse, c"est proprt l'action de poser, de proposer, et le thème, la chose posée, la proposition.

1. Il y avait aussi en grec le mot thêkê, endroit où l'on pose, que nous retrouvons dans bibliothèque (d'où bibliothécaire), « dépôt » de livres, et qui, par l'intermédiaire du latin theca, a produit notre substantif taie, tache qui enveloppe l'œil, et enveloppe d'un oreiller. Hypothèque, d'où hypothécaire, signifie proprt u placement substitué », mise en gage. Le mot grec apothêkê désigne un dépôt séparé, un magasin, et a produit, par l'intermédiaire d'une forme latine, notre mot boutique ; le mot apothicaire, plus voisin du grec, signifie proprt boutiquier.

2. Autres composés en -thème, -thèse ei-thète :anathème, proprt suspension dans un temple, puis action d'abandonner à la malédiction divine; prothèse et prosthèse, qui équivalent, le premier à proposition, exposition, le second à apposition, addition, mais dont le premier est souvent employé pour le second, bien que prosthesin seul ait en grec le sens d'addition, attribué aussi à prothèse en chirurgie dentaire (addition d'une dent artificielle); parenthèse (préfixes para- et en-), proprt addition à l'intérieur, d'où indication insérée dans un développement, et, par connexion, signes graphiques de la parenthèse; épithète, proprt mot « mis sur •», ajouté au substantif pour marquer une qualité; antithèse, opposition.

Théurgie, y. dieu *.

Thlaspi, mot grec.

Thon, grec thunnon.

Thorax, d'où thoracique, du nominatif grec thorax, génitif thôrakos.

Thuia, mot grec.

Thuriféraire se rattache au latin turiferum (u. ojfrir ^) formé avec tas, encens (génitif turis), qui est lui-même une adaptation du grec thuos.

Thym, grec thamon.

Thyroïde, pour thyrcoïde, mot d'origine giecque qui signifie proprt : en forme de bouclier; sur l'élément final, V. forme.

Timbre] du français. 571

Thyrse, v. torse.

Tiare, grec tiara, bonnet oriental.

Tibia, mot tout latin qui signifie « os de la jambe, flûte», d'où, par comparaison, le sens donné au dérivé français, de formation populaire, tige.

Tic, d'où tiquer, origine Ticket, u. stimuler.

douteuse. Tic-tac, u, tac.

Tiède, d'où tiédeur, tiédir, attiédir, latin tepidum.

Tien, v. te. Tige, v. tibia.

Tierce, tiercelet, tiers, v. Tignasse, v. teigne,

trois.

Tigre, d'où tigré, latin iigrim, du grec iigrin.

Tilbury, v. noms propres (Mots tirés de).

Tillac, d'un mot Scandinave qui signifie plancher, cf. ail. diele.

Tilleul, diminutif du latin tiliam ; tiller ou tailler, c'est enlever la partie filamenteuse du chanvre (analogue à celle du tilleul).

Timbale, instrument de musique en forme de demi-globe, — et,.par figure, gobelet, puis pâtisserie creuse en forme de timbale, — est un mot d'origine arabe, influencé par le suivant.

Timbre, tympan et tympanon sont trois formes du même mot grec, tumpanon, tambour, latin tympanum.

1. La cavité de l'oreille, fermée par une membrane tendue, a été assimilée à un tambour, et, par connexion, la membrane elle-même s'est appelée tympan. Le mot timbre a d'abord désigné un tambour arrondi, puis, par comparaison, une espèce de cloche frappée par un marteau, puis une sonorité particulière, analogue à celle que donne cette cloche; par une autre comparaison, on a eu le sens de calotte du casque couronnant des armoiries, d'où armoiries, cachet particulier dune personne, d'une administration, et spécialement de l'administration des postes. Dérivé de timbre : timbrer, d'où timbrage. A la forme tympan se rattache tympaniser, « tambouriner » au figuré : « Gare qu'aux carrefours on ne vous tympanise », écrit Molière, Ecole des femmes. Tympanite, maladie où l'abdomen est <( gonflé comme un tambour ».

Page 1