‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 160 sur 169 · Ton, adj. poss., u. te · texte numérisé non relu

Ton, adj. poss., u. te

2. Ton, substantif, du grec tonon (proprt tension), qui se rattache au verbe teinein, tendre, v. tenir^. Dérivés et composés : tonique, « qui marque la tension ou l'accent de la voix », et « qui tend ou fortifie l'organisme »; atone, a- pri-

Torchon] du français. 575

vatif, d'où atonie, relâchement de l'organisme; tonifier, V. faire"'; tonalité et intonation, dont la signification se rapporte aux acceptions musicales du mot ton, appliqué au son en général et non pas seulement à la voix; détonner, sortir du ton; entonner, proprt mettre dans le ton, donner le ton dun air, commencer à le chanter; monotone, d'où monotonie, v. moine; oxyton, mot qui se termine par laccent aigu, V. oxalique.

Tondre, latin tondere, supin tonsum. Dérivés : tonte, toison; tonsure, d'où tonsurer; tondeur, tondeuse, tondaison.

Tonifier, tonique, u. ton 2.

Tonne, d'origine celtique, proprt grand tonneau, puis unité de poids très lourds, d'où tonnage; diminutif tonneau (et tonnelle, tunnel, repris à l'anglais, mots employés au figuré), d'où tonnelier et le sous-diminutif tonnelet; composé : entonner, mettre en tonne, d'où entonnoir.

Tonner, latin tonare, a été rattaché à tort à la même racine que ton 2. Dérivés et composés : tonnerre, latin tonitru, d'où tonitruant (cf. ail. donner, angl. thunder) ; étonner, d'où étonnement, proprt frapper comme de la foudre; détoner, d'où détonation.

Tonsure, tonte, v. tondre. Tontine, Topaze, v. noms

propres (Mois tirés de).

Toper, d'où l'interjection tope! formule d'acceptation, vient de l'espagnol topar, accepter un enjeu.

Topinambour, v. noms propres (Mots tirés de).

Topique se rattache au grec topon, lieu, et a d'abord signifié « local » (un topique est un remède local, s'applique à une partie spéciale du corps), puis « localisé » (au figuré), se rapportant spécialement à la question; la topographie, d'où topographique, est la description des lieux, v. graphie''. Sut topon, précédé de la négation grecque ou, Thomas Morus a forgé le nom propre latin Utopia, nom d'un pays imaginaire, de là utopie et utopiste.

Toque, coiffure, diminutif toquet, mot d'origine douteuse ; se toquer de quelqu'un ou de quelque chose, d'où toquade, c'est en être coiffé, cf. coqueluche ; toqué, qui a une toquade, monomane.

Torche, torcher, torchère, torchis, torchon, v. le suivant.

576 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [TorridC

Tordre, du latin torqiiere (supin tortum et aussi, en latin populaire, torsiim), tordre, lancer des projectiles.

— Nous avons des dérivés en tort-, d'autres en tors-, d'autres en torch-. De même qu'un objet tordu s'oppose à un objet droit, de même le substantif tort, employé au figuré, s'oppose à ridée juridique de droit; le tort est un état ou un fait contraire au droit ou à la raison ; l'adjectif dérivé tortu, d'où tortueux, signifie contourné, la tortue est ainsi appelée parce qu'elle a les pieds tortus; on a un suffixe diminutif et fréquentatif dans tortiller (d'où entortiller), tordre et retordre, se tordre en petits mouvements successifs, tortil, ruban tortillé autour d'une couronne, tortillon, linge tortillé sur lequel on fait reposer un objet qu'on porte sur la tête, tortillement. Une torture, d'où torturer, est une <( torsion » physique ou morale, il faut en rapprocher tourment, tourmenter, tourmente, de la même famille. Torticolis, mot bizarrement formé, désigne un malaise qui fait porter le cou tordu. — Mots commençant par tors- : l'adjectif tors, fém. torse, d'où torsade; torsion, d'où contorsion, cf. tortionnaire avec un t. — Mots commençant par torch- : torche, proprt objet fait avec une matière tordue, pour éclairer (d'où torchère, support de torche) ou pour essuyer (d'où torcher et torchon) ; torchis, mortier mélangé de paille tordue.

— Les composés de tordre ont la forme populaire -tordre, ou la forme savante -torquer : détordre; le vieux verbe entordre, d'où entorse, « torsion » du pied ou du poignet; extorquer (d'où extorsion), proprt arracher en tordant; retordre, d'où retors, proprt tordu à plusieurs tours, au figuré « serré, solide, qu'on ne peut entamer )> ; rétorquer, proprt (c relancer » les arguments d'un adversaire, les retourner contre lui.

Tore, latin torum, proprt corde.

Toréador, v. taureau.

Torpeur, latin torporem, se rattache au verbe torpere, être engourdi; de même torpille, italien torpilla, nom d'un poisson qui engourdit ceux qui le touchent, on leur donnant une commotion électrique, d'où le sens figuré du mot et le dérivé torpilleur.

Torréfier, torrent, v. le suivant.

Torride, latin torridum, se rattache au verbe torrere, qui

Tour] DU FRANÇAIS. 577

signifie 1° dessécher (doù lidée de soif exprimée par Tallemand durst et l'anglais thirst, de la même famille, cf. sec et soif) et 2° brûler, cf. aride et ardent. Composés : torréfier, torréfaction, v. faire"^. On dérive du même verbe le mot torrent, dont le sens propre est cours d"eau desséché (en été) ; de torrent viennent torrentiel et torrentueux. V. aussi terre et toast.

Tors, torsade, v. tordre.

Torse est la forme italienne de thyrse, latin thyrsuni, grec thurson, bâton entouré de lierre et de pampre, tige. La forme française populaire du même mot est trou, dans « trou de chou », jadis trous, qui a produit trousser, proprt ramasser en trognon, composé retrousser, d'où retroussis. Le substantif verbal de trousser est trousse, paquet retroussé, replié, et, au pluriel, chausses relevées pour mieux courir,, dans la locution « être aux trousses de quelqu'un ». Détrousser, c'est proprt enlever à quelqu'un sa trousse, son bagage. Troussequin (dune selle) est formé sur trousse, avec un suffixe diminutif flamand, cf. mannequin.

Torsion, tort, torticolis, tueux, tortvire, torturer, v. tortil, tortiller, tortillon, tor- tordre. tionnaire, tortu, tortue, tor-

Tôt, d'où bientôt, sitôt, aussitôt, origine inconnue; sur tantôt, V. tant, et sur plutôt, v. plus.

Total , totaliser, totalité, Touage, v. touer.

toton, V. tout.

Toucher, verbe employé aussi comme substantif, origine germanique; substantif verbal touche, action et manière de toucher, et articulation permettant de toucher; dérivé : toucheur, composés : attouchement, retoucher d'où retouche ; V. tocsin.

Touer, d'un mot Scandinave qui signifie tirer, cf. angl. tow; substantif verbal : toue, dérivé : touage.

Touffe, d'où touffu, mot d'origine germanique, qui semble apparenté à toupet, touffe de cheveux, cf. ail. zopf.

Toujours, V. jour. Toupie, d'origine douteuse.

Toupet, V. touffe.

1. Tour, d'où tourelle, latin turrem; on a eu aussi, pour tourelle, une forme influencée par le verbe tourner, toumelle.

DICT. ÉTYM. FRANC. 37

578 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Tourmenter

2. Tour, d'abord iourn, vient de la forme latine du grec tornon et signifie : métier pour arrondir le bois (d'où l'un des sens de tourner, et tourneur), puis sorte de guichet pivotant des couvents (d'où sœur tourière), et, par connexion avec le premier sens, mouvement circulaire, etc. Sur le français tour, les Anglais ont fait touriste {toarist) que nous leur avons emprunté, d'où tourisme. Locutions composées : autour, le vieux français entoura (d'où entournure), devenu entour, d'où alentour = à l'entour, et entourer, dérivé entourage ; pourtour, tour extérieur.

— Substantif verbal de tourner : tourne, terme de jeu; substantifs participiaux : tournant et tournée. Dérivés : tournement (de tête); tournis, maladie qui donne le vertige aux animaux; tournure, manière dont une personne ou une affaire est tournée ; tourniquet, nom donné à divers appareils qui tournent; tournoyer, d'où tournoi.

— Composés de tourner : bistourner, déformer en tournant, v. bis 2 ; contourner, tourner dans son ensemble, et faire le tour de l'ensemble, d'où contour; détourner, doù détournement, et se détourner, d'où détour; retourner, d'où retourne, terme de jeu, et retour; ristourne, mot d'origine italienne, proprt somme donnée en retour; ritournelle (sorte de refrain), également d'origine italienne. Le vieux français avait aussi le verbe atourner, parer, dont nous avons conservé le substantif verbal atours. Tournevirer est formé avec tourner et virer. Un certain nombre de noms composés commencent par l'élément verbal tourne- : tournesol, v. soleil; tournevis, etc.

1. Tourbe, d'où tourbière, d'un mot germanique qui signifie proprt gazon, cf. anglais turf.

2. Tourbe, multitude, du latin turba, qui signifie trouble causé par un grand nombre de personnes, et foule. Dérivés savants : turbulent, d'où turbulence; perturbation, perturbateur, imperturbable. Le latin populaire avait fait le verbe diminutif *turbulare, français troubler, substantif et adjectif verbal : trouble.

— On rattache à la même racine le substantif latin turbinem, doù turbine et le dérivé populaire tourbillon, sur lequel a été fait tourbillonner.

Tourd, nom de poisson et nom d'oiseau, latin turdum.

Tourelle, v. tour i. Tourment, tourmente,

Tourière, touriste, u. four 2. tourmenter, u. tordre.

Traduisible] du français. 579

Tournant, tourne, tournée, nesol, tourneur, tourne vir«r,

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