VIII PREFACE
écrire ». D'autre part, il y a connexion logique entre la cause et l'effet, le tout et la partie^ le contenant et le contenu, le signe et la chose signifiée, etc., et c'est par « connexion » qu'un même mot verre désignera une matière, un objet fait de cette matière et le contenu de cet objet (boire un verre d'eau). Enfin la <' comparaison » est une source inépuisable d'acceptions nouvelles : une feuille de papier s'appelle ainsi par comparaison avec l'épaisseur de la feuille d'arbre, etc.
C'est seulement dans les cas particulièrement difficiles que nous nous attachons à montrer la filiation des acceptions. Partout ailleurs, nous comptons sur la collaboration du lecteur; ainsi le simple rapprochement de front et de fronton suffira, je pense, à suggérer l'image qui explique le sens du second de ces mots, et, en se reportant à l'article du préfixe com-, on aura l'explication de confronter. Il importait en effet de réduire au minimum le volume de ce livre, et c'est ce qui nous a fait aussi négliger complètement les mots qui peuvent vraiment se passer d'interprétation, comme la presque totalité des adverbes en -ment et un bon nombre de verbes commençant par le préfixe re-. Pour les formes composées en général, quand nous ne signalons pas spécialement l'acception particulière qui résulte du préfixe, c'est qu'elle est évidente par elle-même, ou au contraire qu'elle n'apparaît pas. Le préfixe a pu marquer à l'origine un détail secondaire que nous ne distinguons plus avec sûreté. Souvent, d'ailleurs, il ne fait quaccentuer une idée déjà incluse dans la racine, ce quon exprime inexactement en disant qu'il a une valeur « augmentative », il n'augmente que les idées conformes à sa propre signification*.
Nous aurons dit l'essentiel quand nous aurons ajouté que, faute de pouvoir entrer dans les développements
I. Les différents préfixes sont mentronnés et étudiés à leur rang alphabétique. Pour les suffixes nous nous permettons de renvoyer à notre Grammaire historique (Paris, Garnier), § 201-209 et 214-251, et à notre Grammaire classique (Paris, Le Soudier), § 214-218 et 227-264.