‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 41 sur 169 · V. côte · texte numérisé non relu

V. côte

Coterie se rattache au vieux français cote, cabane (cf. anglais cot et cottage). 11 désigne originairement une association de paysans détenant en commun un héritage.

Côtier, v. côte. Cotillon, v. cotte.

Gotignac, v. coing. Cotisation, cotiser, v. cote.

Coton, mot arabe. Dérivés : le substantif et l'adjectif cotonnier; cotonnade; cotonneux. Hoqueton, casaque de coton, jadis auqueton, alcoton, n'est autre chose que coton précédé de l'article arabe.

Côtoyer, v. côte. Cottage, v. coterie.

Cotte, origine germanique (cf. cosse). Dérivé : cotillon. L'anglais coa/, qui vient de cotte, se trouve dans riding-coat, que nous avons altéré en redingote, proprt vêtement pour aller à cheval, cf. reître.

Couler] DU français. 147

CotYlédon, grec kotuledona, proprt creux, écuelle.

Dérivés : acotylédone (a- privatif) ; monocotylédone, v.

moine; dicotylédone, v. bis-.

Cou-, préfixe, v. com-. Couchage, couchant, cou-

Cou, V. col. che, coucher, couchette, cou-

Couard, couardise, y. gueue. cheur, r. lieu.

Couci couça, transformation de « comme ci, comme ça )), sous rinfluen(î^ de l'italien cosi = ainsi.

Coucou et cocu, onomatopée qui se retrouve en grec [v. coccyx), en latin, en allemand, en anglais.

Coude, latin cabitum. Dérivés : coudée; couder; coudoyer, doù coudoiement. Le nominatif latin cubitus sert à désigner le gros os de Tavant-bras; dérivé : cubital.

Coudre, jadis cousdre, vient de consacre dont le supin est consutani (d'où coustare, couture, et, sans le préfixe, suture). Dans ce verbe, le d est une lettre euphonique qui s"est intercalée jadis entre Vs du radical et l'r de la flexion. Sous la forme actuelle il ne reste plus trace du radical, représenté par su dans suture ; il n'y a plus que le préfixe cou- et la désinence -re avec l'ancienne lettre euphonique, mais on retrouve Vs du radical dans cousant, cousu, etc. Composé : découdre. Dérivés de couture : couturier, couturé.

Coudrier, dérivé du vieux français coudre, latin corulum altéré en colurum dans le latin populaire. Autre dérivé : coudrais, lieu planté de coudres ou coudriers.

Couenne. Le latin avait deux mots pour désigner la peau (outre corium, cuir, pour la peau apprêtée) : cuteni et pellem. Du premier il nous reste le dérivé savant cutané, d'où sous-cutané, et le dérivé populaire couenne, qui s'applique à la peau de porc flambée et raclée et aux fausses membranes de la gorge, d'où « angine couenneuse ». Sur le second, v. peau.

— Il y avait aussi deux mots grecs, diphthera et derma, d'où diphtérie et épiderme, pachyderme (proprt à la peau épaisse).

Couette, latin culcita ; une autre forme, coûte, se trouve dans coutepointe (couette piquée), déformé en courtepointe. Coutil, étolîe pour couettes.

Couler se rattache au latin colum, filtre. Le sens primitif est faire passer un liquide, par exemple couler du bronze, et, par figure, couler des jours heureux, puis, intransitivement, passer en parlant d'un liquide, avec différentes accep-

148 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [CoUpe

tions figurées. Dérivés : coulant, coulée; l'adjectif et le substantif coulis (on retrouve lidée du filtrage dans coulis d'écrevisses, etc.); coulisse pour faire couler ou glisser un rideau, un décor, d'où le sens d'arrière-scène, et, par comparaison, de partie de la Bourse réservée aux courtiers, aux coulissiers; coulage ; couloir, qui sert à couler ou à passer. Composés : écouler, d'où écoulement; découler.

Couleur vient du latin colorem, d'où colorer, coloris, colorier, coloration, coloriste, tricolore, multicolore, décolorer, incolore.

Le mot grec signifiant couleur est khrôma, génitif khrô matos, d'où chromolithographie, lithographie en couleur, polychrome, exactement formé en grec comme multicolore en latin, bien que les deux mots aient pris, comme il est naturel, des acceptions un peu dilférentes. On passe, par figure, des couleurs aux sons dans « gamme chromatique » et des sons aux couleurs dans <( gamme de couleurs ».

Couleuvre, latin colabra ; dérivé coulevrine, canon allongé.

Coulis, coulisse, coulisser, coulissier, couloir, u. couler.

Coup nous vient, par le latin, du grec kolaphon, proprt coup de poing, puis coup en général. Couper, c'est proprt partager en donnant un coup. Substantif verbal coupe (d'un bois, etc.). Substantifs participiaux : coupé (en quelque sorte, moitié de voiture), coupée, coupant. Dérivés : couperet; coupeur, coupage ; coupure, coupon. Composés : découper, entrecouper, surcouper. Composé de coup : beaucoup; avoir beaucoup de livres, c'est avoir « un beau coup », une belle quantité, de livres; tout à coup, proprt tout à fait sur le coup.

Coupable, dérivé du verbe latin culpare (d'où culpabilité), dont nous avons des composés savants dans disculper et dans inculper, d'où inculpation. Culpare vient lui-même du substantif culpa, faute, en vieux français colpe^ employé archaïquement sous la forme coulpe; voyez meâ-culpâ au mot me.

Coupage, 1. Coupe, v. coup.

2. Coupe, vase, vient du latin cuppa, dont une autre forme, cupa, a produit cuve, d'où cuvette, cuvier, cuvage, cuver, cuvée, encuver. A coupe se rattachent coupelle, et coupole qui nous vient d'Italie; composé : soucoupe.

Courir] DU FRANÇAIS. 149

Coupé, coupée, v. coup. Couple, coupler, couplet.

Coupelle, V. coupe. v. apte ~.

Couper, couperet, v. coup. Coupole, v. coupe.

Couperose, v. cuivre. Coupon, coupure, r. coup. Coupeur, v. coup.

Cour, doublet de cohorte, vient du latin cohortem (dont la seconde partie est sans doute apparentée à horlam, jardin, que nous avons dans horticulture). Le latin cohortem signifie proprt enclos, d'où division du camp, puis division de la légion. Le sens primitif du mot cour est donc celui qu'il a conservé dans « cour de maison, basse-cour ». Par connexion, il a désigné une ferme, un domaine rural, le domaine royal des mérovingiens, enfin la résidence et l'entourage d'un souverain. On a d'abord écrit (et prononcé) court, d'où le vieux mot courtil, « jardin à la campagne », qui a formé courtilière, nom d'un insecte qui ravage les jardins. Autres dérivés : courtois, d'où courtoisie et discourtois; courtisan, courtisane, courtiser. Le mot cortège, d'origine italienne, désigne une escorte d'honneur, rappelant une cour princière. Les Cours, en Espagne, les Cartes, étaient les Etats royaux.

Courage, courageux, v. Courbature, courbaturer,

cœur. V. battre ^.

Courant, v. courir.

Courbe, latin curviim. Dérivés : courbette, courber, courbure. Composé : recourbé. Composé savant : curviligne, à lignes courbes.

Courge. Le latin populaire devait avoir une forme *cuc«rbica, qui a donné courge, à côté de cucarbita, qui a donné courde, devenu gourde. Dérivé savant : cucurbitacées.

Courir. Le latin currere, supin cursum, a d'abord donné courre (conservé dans : chasse à courre), dont nous avons fait courir, d'où coureur, courrier, corridor, d'origine italienne (comparez couloir), et courtier, jadis courretier, courtage, dont l'acception s'explique par l'idée de courir de l'un à l'autre. Un dérivé latin de currere, currum, avait le sens de char, d'où curriculum, carrière.

— Dérivés du supin cursum : les substantifs cours et course, d'où coursier; les mots savants curseur, cursif, et le mot d'origine italienne corsaire.

— Composés de courir : accourir, courir vers: concourir, courir avec, d'où concours et les mots savants concurrent,

150 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [CoUtil

concurrence ; discourir, — d'où discoureur, discours, discursif, — proprt courir de divers côtés, au figuré parler de diverses choses, traiter les diverses parties d'un sujet; encourir, proprt courir sur, s'exposer à, dérivé savant incursion; parcourir, d'où parcours; recourir, proprt revenir en courant, d'où recours; secourir, proprt courir sous, venir à l'aide, d'où secourable, secours et le mot savant succursale. Mots composés qui n'ont pas en français dïnfinitif correspondant : décours, proprt course de haut en bas, décroissance; excursion, course en dehors; précurseur, qui court devant; occurrence, événement qui proprt court au-devant de nous, se présente à nous (comparez occasion au mot choir).

— Sur les mots d'origine grecque exprimant l'idée de courir, v. dromadaire.

Courlis, onomatopée.

Couronne, latin corona. Dérivé : couronner, d où couronnement, découronner. Corolle est un diminutif de couronne, d'où corollaire qui a en latin le sens de couronne donnée en gratification, et en français le sens figuré de « couronnement », conséquence, d'un théorème.

Courre, courrier, v. courir.

Courroie, latin corrigia.

Courroucer, courroux, v. Cours, course, coursier, v.

rompre. courir.

Court, latin cur/izm. Dérivé: courtaud. Composés écourter, raccourcir, d'où raccourcissement; sur courbature, v.

battre ^.

Courtage, v. courir. Courtier, v. courir.

Courtaud, v. court. Courtil, courtilière.u. cour.

Courtepointe, v. couette.

Courtine, latin cortina.

Courtisan, courtisane, 1. Cousin, y. sœur.

courtiser, courtois, courtoisie, V. cour.

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