‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 53 sur 169 · V. stimuler. tribu · texte numérisé non relu

V. stimuler. tribu

Distique, v. acrostiche. District, v. étreindre^.

Distraction, distraire, distrait, V, traire^.

Dithyi'arttbe, d'où dithyrambique, grec dithurainborif proprt hymne en l'honneur de Bacchus.

Dito, V. dire^. Divagation, divaguer, v.

Diurne, v. jour. vague, adjectif.

Diva, V. dieu 2.

Divan, mot d'origine persane, dont douane est une autre forme; désigne une salle de conseil et, par connexion 10 une espèce de siège, 2'^ une administration.

Divergence, divergent, di- sion. diversité, divertir, diverger, V. converger. vertissement, i», vers ^. Divers, diversifier, diver- Dividende, v. veuf.

I8i DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Doge

Divin, divination, divina- bilité , divisible, division, toire, diviniser, divinité, v. divisionnaire, v. veuf. dieu 2. Divorce, divorcer, v. vers '.

Diviser, diviseur, divisi- Divulgation, divulguer, v.

vulgaire.

Dix (d'où dixième, dizain, dizaine) vient du latin deeem (cf. allemand zehn, anglais ten) dont la forme grecque est notre préfixe multiplicateur déca- et se retrouve dans le dérivé décade. A decem se rattachent decembrem, décembre, dixième mois de l'année romaine, et decanum (chef d'un groupe de dix) qui nous a donné le mot populaire doyen, d'où doyenné, et les dérivés savants décanal, décanat. A la (în des noms de nombre de onze à seize, decèm est réduit à -ze, V. quinze au mot cinq. Sur décennal, v. an.

— La forme ordinale de decem en latin est decimum, d'où les doublets dîme et décime, les dérivés savants décimer, décimal, et notre préfixe diviseur déci-.

— La forme « multiplicative » est decuplum, d'où décuple [v. plier '^) et décupler.

— "La forme distributive est denos, par dix, d'où vient denariiim, denier, sens primitif : valant dix as. Denrée, dérivé de denier, signifie originairement : marchandise d'un denier.

Do, syllabe sonore arbitrairement formée pour remplacer ut, nom de la première note de la gamme. Docile, docilité, v. docte.

Dock, hollandais dok et anglais dock.

Docte se rattache au verbe latin docere, instruire (supin docium), qui a donné en vieux français un verbe duire différent de celui qui est signalé à l'article duire. Dérivés en doc- : docile, proprt qui se laisse instruire, d'où indocile, docilité, indocilité; document, proprt ce qui instruit, d'où documenter, documentaire. Dérivés du supin, outre docte : docteur, doctoresse, doctoral; doctrine, proprt enseignement, d'où endoctriner, doctrinal, doctrinaire, où s'est introduite une idée péjorative.

— La famille grecque de didactique (v. ce mol) est apparentée à celle de docte.

Dodécagone, v. deux *.

Dodeliner, dodiner, onomatopées.

Dodu, origine inconnue. Doge, u. duire ^.

Dôme] DU FRANÇAIS. 185

Dogme, comme -doxie des mots tels que orthodoxie {v. ortho-), se rattache au verbe grec dokein, et sitrnifie proprt avis, croyance. Dogme, d'où dogmatique, dogmatisme, a pris l'acception de croyance autoritaire. Paradoxe (doù paradoxal) signifie : qui est à côté de la croyance commune; hétérodoxe, qui diffère de cette croyance (au sens religieux du mot), v. autre *•.

Dogue, anglais dog, chien. Bouledogue, anglais bulldog, proprt chien-taureau. Dog-cart, mot anglais qui signifie voiture à chiens, le siège de ces voitures ayant été disposé à Toriginc pour y loger des chiens de chasse.

Doigt, d'où doigté, doigtier, latin digitum. Le dérivé digitalem a. produit en formation populaire le substantif deel, devenu d'une façon anormale notre dé à coudre, et en formation savante l'adjectif digital, dont le féminin digitale, employé substantivement, est le nom d'une plante bien connue, à fleurs disposées comme des doigts. Composés savants : prestidigitateur, «. homme aux droits prestes », et digitigrade, qui marche sur les doigts {v. grade).

— Le mot grec daktulon, qui n'est pas apparenté à digitum, a le même sens. Il a produit le mot populaire datte, nom de fruits disposés comme les fleurs de la digitale (dérivé : dattier) et le mot savant dactyle, nom d'un pied métrique composé d'une longue et de deux brèves comme le doigt est composé d'une phalange et de deux phalangettes. Cf. dactylographie à graphie *.

— On admet une parenté entre doigt et la racine du verbe dire, dont le sens premier est montrer. Digitum a d'abord signifié i< qui dit, qui montre », et, pour désigner certains doigts, on a tiré d'autres mots de la même racine, index, V. dire -, et pouce, v. ce mot.

Dol, du latin dolum, ruse; adjectif dérivé dolosum, d'où le mot juridique dolosif.

Doléance, dolent, v. douleur.

Dollar, mot anglais, altération de l'ail, thaler.

Dolmen, v. menhir. Domaine, v. dôme 3

Dôme, que nous avons emprunté à l'italien, vient du latin domum.

1. Ce mot signifie proprt maison, d'où les sens de « maison de Dieu », cathédrale, puis en français coupole, la coupole étant la partie caractéristique d'un certain nombre de

186 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [DÔmC

cathédrales italiennes. Nous avons le mot avec son sens primitif dans le composé majordome, proprt major de maison, maître d'hôtel, et dans les dérivés : domestique, proprt « de maison », d'où domesticité, domestiquer; domicile, d'où domicilié, domiciliaire.

2. Un dérivé latin, dominum, — sur lequel ont été formés dominer, dominateur, domination, prédominer, — a produit la forme populaire dame (d'où madame), des deux genres à l'origine; dérivés: damoiseau; damoiselle et son doublet demoiselle (d'où mademoiselle), dont donzelle est une forme méridionale; dameret; damier, du jeu de « dames »; vidame, proprt vice-seigneur, v. fois. Le mot dame (dont la forme espagnole féminine est duègne, et madone la forme féminine italienne précédée de l'adjectif possessif) signifie étymologiquement maître ou maîtresse de maison ; devant les noms propres, dom est une forme ecclésiastique ou portugaise et don une forme espagnole du mot masculin. Les interjections dame et (archaïque) trédame sont des abrègements de Notre-Dame.

3. Le nom propre Dominique signifie « du maître, du Seigneur »; les dominicains sont les religieux de Saint- Dominique. On a deux formes populaires de dominiqiie dans : domaine, employé substantivement au sens de « terre de maître », et *domanche, conservé dans dimanche, pour *di-domanche, jour du Seigneur, v. jour. Sur le latin dominicum s'est formé l'adjectif dominical, qui signifie aussi « du Seigneur », l'oraison dominicale, mais qui peut avoir le sens de <( du dimanche », le repos dominical. Cet adjectif, employé substantivement, désignait le voile dont les femmes se couvraient la tête pour communier, pour recevoir « le Seigneur », et aussi un camail de prêtre, à capuchon; le dominical est devenu le domino, par une déformation popu laire issue du latin d'église, où le mot domino revient si souvent. En vertu d'une comparaison plaisante, on a aussi appelé domino : 1"^ un vêtement de bal à capuchon, 2° les pièces, à revêtement uniforme, d'un certain jeu. (D'après une autre explication, on aurait ainsi appelé le coup par lequel on gagne, et ensuite les pièces du jeu.)

4. Le mot latin dominum nous a donné deux autres dérivés : donjon, proprt tour du seigneur, et danger, dérivé dangereux, dont le sens primitif est (( domination ». Le sens actuel est tiré de la locution « être en danger », qui a passé

Douleur] du français. 187

facilement de l'acception de être sous la puissance de... à celle de : être exposé aux coups, n'être pas en sûreté.

Domesticité, domestique, Dominicain, dominical, do-

domestiquer, domicile, domi- mino, v. dôme -K

cili&ire, domicilié, v. dôme K Dommage, dommageable,

Dominateur, domination, y. dam.

dominer, u. dôme^.

Dompter, latin domitare. Dérivés : dompteur, indompté, indomptable.

Don, donataire, donateur, Donjon, v. dôme *.

donation, u. de à jouer *. Donne, donnée, donner.

Donc, origine incertaine. donneur, v. dé à jouer ^.

Dont, composé de la préposition de et de ladverbe latin unde, dont le sens propre est : de quel endroit ou duquel endroit. Dont est donc à l'origine un synonyme de la locution d'où. Par extension, on a passé du sens de « duquel endroit )> au sens de : « de laquelle chose » et même u de laquelle personne ».

Donzelle, v. dôme 2. Dorénavant, y. heure.

Dorade, u. or. Dorer, doreur, u. or.

Dorloter, mot dorigine inconnue, dont le sens primitif est friser.

Dormir, latin dormire, supin dormitum, d'où dormeur, dortoir, endormir, endormeur.

Dorsal, y. dos. Dorure, y. or.

Dos vient du latin dorsum, d'où dorsal. Dérivé : dossier; dans l'une de ses acceptions, un dossier est une liasse de pièces avec un a dos )> sur lequel on inscrit des indications. Composé : endosser, d'où endos, endosseur. Le latin dorsum vient de *de-versum (cf, vers *) et signifie proprt a le retourné ».

Dose (d'où doser, dosage), grec dosin, proprt action de donner, v. dé à jouer *.

Dot, dotal, dotation, doter. Douceâtre, doucereux, dou-

douaire, douairière, v. dé h cette, douceur, y. doux.

jouer*. Douche, doucher, dou-

Douane, douanier, y. divan. cheur, u. duire^.

Double , doublé , double- Doué, y. dé à jouer *.

ment, doubler, doublet, dou- Douille, douillet, y. duire^. blon, doublure, y. deux^.

Douleur se rattacjlie au verbe latin dolere^ vieux français

188 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Drogmail

douloir, dont deuil est le substantif verbal et dolent la forme savante du participe présent employée adjectivement; indolent, doù indolence, signifie proprt insensible; doléance, d'où condoléance, se rattache à une forme archaïque française de participe présent. Dérivés de douleur : douloureux, le mot de formation savante endolori.

Doute, douter, douteux, y. Douve, origine douteuse.

deux 2,

Doux vient du latin dulcem, d'où le mot savant dulcifier, V. faire '. La forme italienne de cet adjectif est dolce, employé comme terme musical. Dérivés de doux : douceâtre, le diminutif doucette employé substantivement pour désigner une salade; douoeur, d'où doucereux. Composés : adoucir, d'où adoucissement et radoucir; édulcoré.

Douzaine, douze, douziè- Dracéna, v. dragon.

me, V. deax^. Draconien, v. noms propres

Doyen, doyenné, v. dix. (Mots tirés de).

Dragée, d'où drageoir, déformation du grec tragêma, friandise.

Dragon, latin draconem^ du grec draconta, féminin dracaina, d'où dracéna. Le dragonnier et la variété de cette plante nommée dracéna sont ainsi appelés en raison de leur résine rouge dite sang-dragon (ce mot parait être une déformation, par étymologie populaire, du latin sa/idaracum, grec sandarakê). Les cavaliers dont le drapeau portait un dragon étaient appelés des dragons. La dragonne est une pièce de l'équipement des dragons; une dragonnade est une expédition de dragons.

Drague, draguer, anglais to drag.

Drain, anglais drain; dérivé : drainer, d'où drainage.

Drame, du grec drama, génitif dramatos, qui signifie proprt action. Dérivé : dramatique. Composé: dramaturge, grec draniatourgon, dont le second élément est apparenté à ergon, œuvre, et signifie auteur. — Comparez thaumaturge^ faiseur de miracles, et voyez chirurgie.

Drap, origine inconnue. Dérivés : drapeau, proprt petit drap, lange ou étendard; draperie, drapier, draper.

Dressage, dresser, dressoir, Drisse, v. régir ^.

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