A la même racine se rattache cducare, français édu
É-] DU FRANÇAIS 191
quer. proprt faire qu'on soit tiré de, élever, former. Dérivés : éducation, éducateur, éducable.
Dulcifier, y. doux. Dûment, y. avoir s.
Dune, diminutif dunette, vient d'un mot néerlandais considéré comme étant d'origine celtique.
Duo, duodécimal, y. deux ^.
Dupe, autre forme du nom de la huppe, oiseau d'apparence stupide. Dénvé : duper, d'où duperie, dupeur.
Duplicata, duplicité; u. deux^.
Dur, latin durum. Dérivés : duriuscule, durillon, dureté, induration, induré : durcir, d'où endurcir, endurcissement. Le verbe latin darare a signifié « être dur, résistant », d'où le sens de notre verbe durer, substantif participial durée, participe présent employé comme préposition durant, dérivé durable. Le composé endurer, d'où endurance, se ramène au sens primitif de « être résistant )>, d'où : avoir la patience de supporter.
Duvet. La forme ancienne dumetj qu'on trouve dans Rabelais, permet de rapprocher ce mot du germanique don qui entre dans la composition d'édredon = duvet d'eider. (L'eider est aussi appelé oie du Nord, le mol est suédois.) Dérivés de duvet : duveté, duveteux.
Dynamique, dynamisme, dynamite, dynamomètre se rattachent au grec dunamin, force. Dynastie, d'où dynastique, est de la même famille; dunasteia signifie proprt : force, puissance.
Dys-, préfixe péjoratif d'origine grecque. Dysenterie, u. en, A. Dyspepsie, dyspeptique, v. pepsine. Dyspnée, V. pneumonie. Dyssymétrie, dyssymétrique, v. mesure.
É-, préfixe (ess-, p. e. dans essor), dont la forme latine est ex ou e, et la forme grecque ex ou ek, exprime une idée de mise hors, d'éloignement, et parfois d'achèvement. Ex, comme préfixe, marque aussi la sortie d'un état antérieurct dès lors, devant un substantif, équivaut à anciennement.
192 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Eatt
ci-devant : « ex-député ». Dans les formes verbales, la racine exprime Tétat nouveau : éborgner, égayer.
1. Le préfixe extra- est le comparatif de ex et signifie proprt plus en dehors, sens voisin de celui d'ultra et de trans = au delà; ces trois mots, le troisième sous sa forme française très, servent à former des superlatifs absolus : « extra-fin, ultra-fin, très fin », équivalant à « au delà de fin, plus que fin ». Cf. la valeur superlative de par, v. ce mot. Sur extra, abréviation d'extraordinaire , v. ordre.
2. Exteriorem, d'où extérieur, extérioriser, est le comparatif de l'adjectif exterum sur lequel est formé extra (et qui est déjà lui-même un comparatif), adjectif auquel se rattache le mot êtres, abords d'une maison; extremuni, d'où extrême, extrémité, in extremis, en est le superlatif et marque la dernière limite. Comparez intérieur et intime à l'article en, B. L'adverbe extrêmement sert à former des superlatifs, comme extra, ultra et très : extrêmement fin.
3. Deux autres adjectifs ont été faits sur extra, l'un a donné externe en formation savante, et l'autre étrange en formation populaire. Dérivés d'externe : externat, externer. Le sens primitif d'étrange a passé à son dérivé étranger, tandis qiiétrange lui-même prenait le sens d'extraordinaire, d'où étrangeté. La syllabe -in- (comme dans inde, v. en 2°) et l'adverbe secus, que l'on trouve dans extrinsecus (d'où extrinsèque, cf. séquestrer), expriment une idée d'éloignement comme extra lui-même, l'idée est donc exprimée trois fois ; en partant et en s'éloignant au dehors.
4. La préposition dès vient de de-ex (à partir et en sortant de). — L'adverbe grec exô, dehors, a formé exotérique, enseigné publiquement, et exotique, étranger.
Eau vient du latin aqua. La forme intermédiaire éve s'est conservée dans le dérivé évier, qui, malgré la divergence de sens, n'est qu'un doublet du mot tout latin aquarium. Une forme dialectale aiguë explique : aiguière, forme féminine d'aquarium, qui a eu le sens de vase comme celui de réservoir; aigue-marine, émeraude ainsi appelée en raison de sa couleur vert de mer; et les noms de lieux tels que Aigues- Mortes et Aix. Dérivés d'aqua, outre aquarium : aqueux, aquatique, et aquarelle (d'où aquarelliste), diminutif italien qui signifie petite peinture à Teau. Sur la forme italienne deau-forte a été fait le substantif aquafortiste. Pour aqueduc, v. duire^.
Échafaud] du français. 193
— Le nom de plante ancolie vient du latin des botanistes aquilegia = qui recueille l'eau (dans ses fleurs), le mot a été formé avec légère au sens de recueillir, v, lire ^.
Ébahir, probablement formé sur l'interjection bahl Dérivé : ébahissement.
Ébarber, v. barbe. tre (s'), u. battre 2.
Ébat, ébattement, ébat- Ébaubi, v. balbutier.
Ébaucher, origine incertaine, v. débaucher. Substantif verbal : ébauche. Dérivé : ébauchoir.
Ébaudir, ébaudissement, v. baudet.
Ébène, grec ebenon, emprunté à l'égyptien. Dérivés : ébénier, ébéniste d'où ébénisterie.
Éblouir, racine germanique, allemand blôde. Dérivés : éblouissant, éblouissement.
Éborgner, v. borgne. Ébrasement, ébraser, ori-
Ébouillanter, v. boule. gine inconnue.
Éboulement, ébouler, ébou- Ébrécher, y. brèche.
lis, i'. boyau. Ébriété, v. ivre.
Ébouriffant, ébouriffé, Ébrouer (s'), v. bouffer,
ébouriffer, i'. bourre. Ébruiter, v. bruire.
Ébrancher, v. branche. Ébullition, v. boule.
Ébranlement, ébranler, v. Écacher, i'. agir "-. brand.
Écaille se rattache à une racine germanique qui a le sens de « tuile » et qui a produit aussi écale. Dérivés d'écaillé : écailleux, et le verbe écailler, doù écaillère. Dérivé à'écale : écaler (des noix), doù écaleuse. Le latin avait le mot squama, doù squameux et desquamation.
Écarlate, origine inconnue; sur ce mot a été fait le latin médical scarlatina, d'où scarlatine.
Écarquiller, écart, v. qua- Écarteler,écartenient,écar-
tre 2. ter, écarteur, v. quatre'^.
Écarté, v. charte.
Ecchymose, du grec ekkhumâsin, dont le sens propre est déplacement d'humeur, comme cacochyme (v. ce mot) signifie : qui a de mauvaises humeurs.
Ecclésiastique, u. caie/ides *. Écervelé, v. cerveau.
Échafaud, formé avec le préfixe é- sur le vieux français chafaud, latin populaire * calafalicumj d'où catafalque emprunté à l'italien. Calafalicnm est lui-même formé avec le
DICT. ÉTYM. FRANC, 13
194 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Échelle
préfixe grec kata-, v. chacun, et le mot latin/a/as désignant des espèces de loges d'amphithéâtre au cirque. Le sens commun à catafalque et à échafaud, c'est « estrade en charpente », d'où la signification du verbe échafauder et de son dérivé échafaudage.
Échalas se rattache au grec kharakion, même sens.
Échalier, y. échelle. Échancrer, échancrure, u.
Échalote, v. noms propres cancer.
(Mots tirés de). Échange, échangeable^,
échanger, v. changer.
Échanson, origine germanique, cf. ail. schenk.
Échantillon, échantillon- échappement, échapper, u» ner, u. chant 2. cape 3.
Échappatoire , échappée ,
Écharde, origine germanique, cf. ail. scharte. Échappe, primitivement bourse suspendue au cou, origine germanique.
Écharper, v, charpie,
Échasses, d'où échassier, mot d'origine germanique, apparenté à l'anglais skating.
Échauder , échauf f ement , Échauguette, v. guetter.
échauffer, échauffourée, v. Échéance, v. choir 2.
chaloir.
ÉcheC) du persan schâh, roi, dérivé : échiquier.
Échelle, latin scala. Dérivés : échelon, d'où échelonner; échalier (sorte de marche pour franchir une haie) et son doublet escalier, d'origine provençale. Dans la signification qui lui est donnée lorsqu'on dit « les échelles du Levant », le mot échelle a pour doublet escale, emprunté à l'italien; il s'applique aux ports où le navire fait relâche et abat l'échelle de débarquement. Une escalade, d'où escalader, est proprt un assaut donné à l'aide d'échelles.
— Scala se rattache au verbe latin scandere qui signifie monter, et dont nous avons tiré scander avec le sens très spécial de séparer les pieds d'un vers (comme sont séparés les degrés d'une montée). Les composés de scandere sont en -scendere, supin -scensum. Descendre, d'où descente, descendant, descendance, c'est faire le mouvement inverse de la montée; surcomposé condescendre, proprt se mettre à la portée d'un inférieur, d'où condescendance. Ascension,
Éclipse] DU FRANÇAIS. 195
ascenseur, ascendant, ascendance expriment la montée ou la remontée vers. Avec le préfixe trans-, on a : transcendant, « qui s'élève par delà », au figuré, d'où transcendance et transcendental. Cf. esclandre.
Échenillage, écheniller, v. Écheveau, origine incon-
chien. nue.
Échevelé, y. cap i.
Échevin, d'où échevinage, or. germanique, cf. ail. schôjfe. Échine (d'où échiner, proprt rompre l'échiné), origine germanique.
Échiquier, y. échec.
Écho, du grec êkhô, son répercuté. C'est la racine des mots catéchisme, catéchiser (préfixe cata-) qui expriment l'idée d'un enseignement oral. Le catéchumène est celui qui reçoit l'enseignement; on a, dans ce mot, la même désinence passive du grec que dans énerg amène, v. énergie, et dans œcuménique, v. économe.
Échoir, y. choir 2,
Échoppe, ail. schoppen.
Échouer, d'où échouage , Éclair, éclairage, éclaircie,
origine inconnue. éclaircir, éclaircissement,
Éclaboussement, éclabous- éclairer, éclaireur, v. calen-
ser, éclaboussure, y. éclater. des 3..
Éclater, origine douteuse. Substantif verbal éclat, dérivé éclatement. Éclabousser, d'où éclaboussement, éclaboussure, semble se rattacher à éclater, dont esclaffer parait être une altération.
Éclectique, éclectisme, y. logique^.
Éclipse et ellipse viennent de mots grecs formés l'un avec le préfixe ek~ [ex- latin), l'autre avec le préfixe en- {inlatin) et le verbe leipein qui a la même racine et la môme signification que le verbe latin linquere. laisser {v. délietueux). Bien que ces préfixes soient en principe opposés, il ne font ici qu'accentuer l'un et l'autre l'idée fondamentale, qui est celle d'abandon, aboutissant à lidée de manque. Le soleil ou la lune manquent dans l'éclipsé. L'ellipse, figure de géométrie, est en quelque sorte un cercle manqué, imparfait. Dans l'ellipse, figure de rhétorique, il manque des mots. — Dérivés d'éclipsé : écUpser; écliptique, courbe de la route
i96 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Écorcc
apparente du soleil, où se produisent les éclipses. — Dérivés Â'ellipse : elliptique, ellipsoïde (sur -ide, v. forme). Eclisse, ail. schleissen.
Écloper, V. clocher, verbe. Écœurant, écœurement,
Éclore, éclosion, écluse, écœurer, v. cœur. éclusier, v. clou 3.
Ecole, dérivé écolier, vient du latin schola, mot d'origine grecque. Dérivés savants : scolaire, d'où scolarité; scolastique, dont le vieux mot écolâtre est un doublet, escolasire a été une corruption d'escolaste, nous n'avons pas ici le suffixe péjoratif -aire. La scolastique est proprt l'enseignement des écoles (au moyen âge), î ecolàtre était un enseignant, le directeur de l'école attachée à une église. Une scolie (grec skholioji), c'est proprt un commentaire comme on en fait dans les écoles; un scoliaste est un commentateur.
Éconduire, v. dire^.
Econome, v. autonome. La première partie du mot vient du grec oikon, maison, et précisément ménager, qui se rapproche du sens d'écononte, se rattache au mot maison, d'origine latine [v. manoir^).
— Le mot oikon, maison, habitation, est la forme grecque qui correspond à vicam, village (u. voisin). On le retrouve dans œcuménique, proprt « qui concerne la terre habitée, qui s'étend à la terre habitaljle ». — Métèque, metoikon, formé avec le préfixe meta- qui marque changement, signifie : qui a changé de maison, de patrie, étranger. — Paroisse, paroikia, formé avec le préfixe para-, qui marque proximité, signifie proprt groupe de maisons voisines; dérivés : paroissial, paroissien et l'italien parroco, curé, dont perroquet (sur lequel a été fait perruche) est un diminutif, l'oiseau bavard ayant été assimilé plaisamment au curé. — Diocèse, dioikêsin, formé avec le préfixe dia-, qui marque séparation, signifie proprt groupe d'habitations séparé des autres, circonscription territoriale; dérivé : diocésain.
Écorce a été rattaché au latin corticem, écorce, d'où décortiquer, mais vient plutôt d'un dérivé de scorium, peau. La parenté des idées de peau et d'écorcc est encore attestée par écorcher (dérivés : écorcheur, écorchure), qui vient régulièrement d'un verbe latin formé sur corticem; on a fait un autre verbe sur le français « écorce », écorcer.
Écrire] du français. 197
Écorner, écornifler, v. cor. Écosser, v. cosse,
Écot, origine germanique, cf. angl. scot.
Écoulement, écouler, v. cou- Écoutes, écouter, écouteur,
1er. écoutille, v. oreille.
Écourter, v. court.
Éeouvillon, diminutif du vieux français escouve qui vient du latin scopa, balai.
Écrabouiller, origine incer- Écran, origine incertaine.
taine.
Écrasement, écraser, origine Scandinave.
Écrémer, v. crème.
Écrevisse, cf. ail. krebs.
Écrier, v. crier.
Écrin, latin scriniiim.
Écrire, du latin scribere (d*où scribe), supin scriptum (d'où la formule latine post-scriptum, écrit après). Substantif participial écrit, d'où écriteau. Dérivés : écriture, écritoire: écrivain, écrivailler, écrivasser doù écrivassier.
— Composés : circonscrire, proprt écrire autour, limiter de tous les côtés, dérivé : circonscription; conscrits, « inscrits ensemble ■» sur les listes de recrutement (d'où conscription), inscrits à Rome sur la liste des sénateurs (pères conscrits); décrire, écrire d'un point déterminé ou d'après un modèle, dérivés : description, descriptif, indescriptible; inscrire, écrire sur, dérivé : inscription: prescrire, écrire en avant, en tête, d'où dune part recommander par écrit, d'autre part prendre acte d'une possession ou d'une abrogation résultant d'un certain laps de temps, dérivés : prescription, imprescriptible; proscrire, proprt écrire devant, afficher, exiler par une décision affichée (comme bannir, c'est exiler par proclamation), dérivés : proscription, prescripteur; rescrit, proprt réponse écrite; souscrire, écrire en dessous, signer au bas, dérivés : souscription, souscripteur; suscription, ce qui est écrit audessus; transcrire, proprt écrire à travers, reproduire, dérivé transcription. Sur manuscrit,, v. main ^.
— Le mot grec graphein a le même sens que scribere^ auquel il n'est sans doute pas apparenté. Il en résulte que
198 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Édîcule
graphie équivaut à écriture, greffier à écrivain, épigraphe à inscription, etc., v. le mot graphie.