Faux, adj., v. faillir
2t Faux, substantif, latin falcem, d'où les mots de formation savante défalquer, couper comme avec une faux^ et défalcation. Dérivés populaires : faucille; faucher, d'où faucheur, son doublet faucheux, nom dune araignée, et fauchaisons. On rattache à la môme racine le nom du faucon (doù fauconnier, fauconnerie), qui serait ainsi appelé à cause de la forme de son bec.
Faux-fuyant, v. faillir''^. Faux-saunier, v. sel.
Faveur, latin favorem, d'où favorable, défavorable, défaveur, et favoriser, se rattache au verbe latin favere, supin faiilam, qui avait le sens de favoriser. Favori (jadis favorlt), féminin favorite, dérivé favoritisme, vient du participe passé italien favorilo. Le supin a produit fauteur, proprt celui qui favorise.
— Les Faunes et la déesse Falua sont proprt des « protecteurs » des champs ; c'est du premier de ces noms qu'on appelle faune (subst. féminin) Lcnsemble des espèces animales; le second a produit fée, d'où féerie, féerique.
Féal, V. foi. Fécond, fécondation, fécon-
Fébrifuge, fébrile, v. fièvre. der, fécondité, v. foin. Fécal, V. fécale.
Fer] DU FRANÇAIS. 245
Fécule, latin fœciila, d'où féculerie, féculent, se rattache kfœcem, qui signifie « lie » ; c'est le dépôt que forment les sucs de certains végétaux. L'adjectif fécal a la même racine.
Fédéral, fédéralisme, fédé- Fée, féerie, féerique, v. fa-
raliste, fédératif, fédération, veur. fédéré, v. foi.
Feindre, du latin fingere, supin fictiiin, qui signifie pétrir, façonner un objet, puis façonner la vérité. Au dernier sens se rattachent le substantif participial feinte, et les dérivés du supin : fiction, fictif. On retrouve le sens primitif dans figuline, vase de terre cuite, dans figure, proprt forme, d'où figurine, figurer, figuration, défigurer, configuration, transfigurer, transfiguration, et dans effigie, expression ou représentation d'une figure.
Fêler, d'où fêlure, origine inconnue.
Félicité latin felicitatem, de l'adjectif felicem, heureux. Autre dérivé féliciter, proclamer heureux, complimenter, doù félicitation.
Félin, V. chat.
Fellah, mot arabe qui signifie laboureur.
Félon, d'où félonie, v, fiel. ser, femme, femmelette, u. Fêlure, u. fêler. foin.
Femelle, féminin, fémini-
Fémup, latin /emur, génitif /emoris, d'où fémoral.
Fenaison, fenil, v. foin.
Fendre, du latin findere, supin classique fissam, supin populaire 7^/idi/am. Fesse et fente sont deux substantifs participiaux se rattachant à l'une et à l'aatre forme du supin. Fissiim a produit en outre fissure. De fendre dérivent : fendant, fondeur, fendoir, fendiller. Composés : pourfendre, proprt fendre en avant, d'où pourfendeur; refendre, d'où refend (mur de), qui refend, au figuré, lintérieur d'un bâtiment.
Fenêtre, Iditin fenestra ; dérivé : défenestration.
Fenouil, fenouillet, v. foin. Féodal, féodalité, v. fief.
Fente, v. fendre.
Fer, latin ferrum. Dérivés : ferret ; ferraille, doù ferrailler, ferrailleur; ferron, marchand de fer, d'où ferron-
246 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Perronnière
nerie par l'intermédiaire de ferronnier (ferronnière, bijou semblable à celui de la Belle Ferronnière dans le portrait de Léonard de Vinci) ; ferrer, d'où ferrure et les composés déferrer, enferrer; ferrugineux (latin ferruginem, rouille de fer). Composés : fer-blanc, doù ferblantier, ferblanterie ; maréchal ferrant.
Férié (d'où jours fériés) et son doublet foire, viennent du latin /eria qui signifie jour de repos, et dont la racine a fourni aussi les adjectifs fesiam, festivum, auxquels se rattachent nos mots fête, festival et festin, ce dernier d'origine italienne. Dérivés de fête : fêter, festoyer, fêtard. Le mot feston (d'où festonner), d'origine italienne, a d'abord désigné une décoration de fête, guirlande de feuillage.
Férir, du latin ferire, frapper. Ce verbe n'est plus usité que dans la locution « sans coup férir », et au participe passé féru dans une acception figurée; v. férule.
Ferme, adjectif, est le latin firmum, doù le mot savant infirme (m- privatif), sur lequel ont été faits infirmité et infirmier qui a produit à son tour infirmerie.
— Dérivés et composés de l'adjectif /erme : le substantif fermeté; affermir, doù raffermir; fermer (d'où enfermer et renfermer), qui a d'abord signifié rendre ferme, puis fixer (une porte, un volet), puis donner à un objet la position contraire à celle qui est exprimée par le verbe ouvrir; dérivés de fermer : fermeture, fermoir.
— Le substantif ferme signifie convention ferme, spécialement pour lexploitation indirecte d'un domaine, puis 1*^10 domaine lui-même, 2° son revenu, et, par extension, des revenus perçus dans les mêmes conditions, par exploitation indirecte. Sur le substantif ferme ont été faits le verbe affermer et les substantifs fermier, fermage.
— Mots de formation savante se rattachant à firmum (outre infirme, etc., cités plus haut) : firmament, proprt le support des astres dans l'ancienne conception astronomique; affirmer, faire une déclaration ferme, infirmer et confirmer, etleurs dérivés : affirmation, affirmatif ; infirmation; confirmation, confirmatif.
Ferment, fermentation, Féroce, férocité, v. fier^
fermenter, v. ferveur. adj.
Fermer, fermeté, ferme- Ferraille, ferrailler, ferrail-
ture, fermier, fermoir, v. leur, ferrer, ferret, ferron-
ferme. nerie, ferronnier, ferronnière,
Feuille] du français. 247
ferrugineux, ferrure, v. fer. User, fertilité, v. offrir *. Fertile, fertilisable, ferti- Féru, v. férir.
Férule, du latin /erw/a, espèce de plante dont la tige servait à administrer des corrections (compar. fouet), v. férir.
Ferveur, latin fervorem, se rattache au verbe ferverc, bouillonner, dont fervent est le participe présent; dérivés : effervescence ; ferment, d'où fermenter et fermentation.
Fesse, etc., u. fendre. Fétiche, fétichisme, u.
Festin, festival, feston, fes- faire *. tonner, festoyer, fêtard, fête, fêter, V. férié.
Fétide, latin fœtidum.
Fétu se rattache au latin /esïuca, paille.
Feu, substantif (sur feu, adj., voy. affable^), du latin focum, qui a le sens du dérivé foyer. Autres dérivés : fouace, proprt galette cuite sous la cendre; fouage, impôt levé sur chaque foyer; affouage, droit de ramasser du bois pour se chauffer; focal, mot savant; fusil (d'abord instrument pour faire jaillir le feu, et, par analogie, pour aiguiser), d'où fusilier, fusiller, fusillade.
— Le mot latin ignem, feu, auquel focum s'est substitué, se retrouve dans les mots savants igné, ignition. — Le mot grec de même signification, pur, se trouve dans : pyrite, sulfure inflammable; antipyrine, substance employée contre la fièvre; pyrograver; pyrotechnie, proprt art du feu; empyrée, la sphère qui contenait les astres, d'après la conception antique, etc.
Feudataire, v. fief.
Feuille se rattache au latin folium. Le mot a la forme masculine dans cerfeuil. In-folio, expression toute latine, désigne un format où la feuille reste entière, bien que pliée en deux. Nous avons emprunté à l'italien la forme folio, sur laquelle a été fait folioter.
— Dérivés savants : foliole, foliacé, interfolier. Dérivés de feuille : feuillage, feuillée, feuillu; feuillet, d'où feuilleton, le bas dune « feuille » de journal; feuilletoniste; feuilleter, disposer en feuillets et tourner les feuillets d'un livre. Folliculaire a été fait par Voltaire au sens de « mauvais rédacteur de feuille publique » sur le latin /o//tc«/«m, qui, en réalité, n'a aucun rapport avec feuille^ et signifie
248 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Picf
« petit sac », v. follicule. Composés : effeuiller, défeuiller, chèvrefeuille,, v. chèvre.
— La forme grecque de foliiim est phallon d'où chlorophylle [v. chlore), phylloxéra, proprt dessèchement des feuilles, et la syllabe finale -Jle de girofle, v. ce mot, et de trèfle, grec triphullon, latin trifoliam, v. trois.
Feuillette, demi-pièce de vin, origine inconnue.
Feutre, mot d'origine germanique, doublet de filtre qui a produit filtrer, d'où filtrage, s'infiltrer, infiltration. Dérivés parallèles de feutre : feutrer et feutrage. Filtrer, c'e«t proprt passer au feutre, et feutrer : garnir de feutre. Sur calfeutrer, v. calfater.
Fève, latin faba.
Février se rattache au verbe latin februare qui signifie purifier; c'est le mois des purifications.
Fez, Fiacre, v. noms propres Fiançailles, fiancer, v. foi.
(Mots tirés de). Fiasco, v. flacon.
Fibre, d'où fibrille, fibrine, fibrome, fibreux, latin fibra, filament, fibre. Le latin fimbria, probablement de la même famille, a produit frange, d'où franger.
Fibule, V. ficher. Ficeler, ficelle, v. fil i.
Ficher semble se rattacher au latin figere, supin flxum, qui a le même sens. Quand on emploie ficher par euphémisme, le participe passé est fichu. Substantif verbal fiche, marque qu'on fiche en terre ou qu'on fixe à tin objet, et, par comparaison, note destinée à être classée alphabétiquement. Composé : afficher, « fixer à » une paroi, doù affiche, afficheur, affichage. Sur le supin fixum ont été faits affixe, préfixe, suffixe, et l'adjectif fixe, d'où fixité et le verbe fixer, qui a produit lui-môme fixatif, fixation. Crucifix signifie fixé à la croix; sur le latin ecclésiastique crucifigere on a fait crucifier au lieu de * crucifiger {v. faire '').
— Au même \eThe figere se rattache fibule, objet qui sert pour fixer un vêtement, agrafe, d'où affubler, habiller.
Fichu, substantif, origine Fidéicommis, fidèle, fidé-
inconnue. lité, fiduciaire, v. foi.
Fictif, fiction, v. feindre.
Fief, origine germanique. Fieffé, pourvu d'un fief, d'où, par figure, pourvu d'un défaut spécifié par le mot qui pré-
Pii] DU FRANÇAIS. 249
cède. Dérivés savants : feudataire, féodal, féodalité, inféodé.
Fiel, du latin /e/; même racine que dans le grec kholon, qui signifie bile et fiel. Dérivés de fiel : fielleux, enfiellé, et peut-être félon. Dérivés de kholon : colère (accès de bile, au figuré), son doublet choléra, et mélancolie, bile noire, V. ce mot.
Fiente se rattache au latin fimum, comme fumier et fumer (au sens de garnir de fumier), d'où fumure.
Fier, verbe, v. foi.
Fier, adjectif, latin ferum, apparenté au grec thêra, V. Ihériaqae. Dérivés : fierté, farouche d'où effaroucher; faraud: féroce doù férocité.
Fièvre, doù fiévreux, enfiévré, latin febrem. Dérivés savants : fébrile, fébrifuge {v. fuir).
Fifre, v. piper. Fignoler, v. fin.
Figer, v. ficjue.
Figue, d'où figuier, vient du latin populaire fica, par l'intermédiaire du provençal. Un adjectif dérivé de fica et signifiant « farci de figues » a produit notre substantif foie (les oies étant engraissées avec des figues), et aussi notre verbe figer, le sang coagulé ayant quelque ressemblance avec le foie. — Le mot grec qui signifie foie, hêpar, génitif hêpatos, a produit hépatique et hépatite.
— Le mot grec qui correspond à fica est sukon, d'où sycophante {v. fantaisie *), sycomore, arbre qui rappelle à la fois le mûrier et le figuier, faux platane.
Figuline, figurant, figura- tion, figvire, figurer, figurine,