Fraise (de veau), mot qui, par figure, s'applique à la
Prelon] du français. 265
collerette empesée qu'on portait au xvi'-' siècle; origine inconnue.
Framboise, d'où framboisier, d'un mot germanique qui signifie mûre et dont la consonne initiale a été assimilée à celle de fraise.
Franc, mot germanique, nom de peuple et nom dune monnaie qui avait comme légende, la traduction latine de «Jean, roi des Francs », plus tard monnaie de compte identique à la livre, puis unité monétaire. Le mot s'est employé comme adjectif au sens de : libre, exempt de charges, et aussi qui parle sans contrainte, qui ne dissimule pas sa pensée, d'où le substantif franchise et la locution à la bonne franquette. A franc au sens de libre se rattachent : affranchir, d'où affranchi, affranchissement, franchir un obstacle, proprt s'en libérer, dérivé infranchissable. Le mot tout italien franco est une abréviation de « porto franco », port ou transport franc. Français, dérivé de Franc, désigne les Francs romanisés; franciser, c'est rendre français.
Frange, franger, v. fibre. Franquette, v. franc.
Frangipane, i'. noms propres Frapper, d'où frappeur, ori-
(Mots tirés de). gine inconnue.
Frasque, italien /rasca, d'origine inconnue.
Frater, fraternel, fraterni- ser, fraternité, fratricide, i'.
frère.
Fraude, latin fraudem'. Dérivés : frauduleux, frauder, d'où fraudeur. A la môme famille appartient frustrer.
Frayer, du latin fricare, frotter, supin fricatum (d'où consonnes fricatives), ou/rici«m, d'où friction et frictionner. Composé : dentifrice. Frayer avec quelqu'un, c'est proprt se frotter à lui; /rayer un chemin, c'est proprt frotter le sol pour l'établir; le poisson qui /raye (d'où le substantif verbal frai) frotte le sable pour y déposer ses œufs.
Frayeur, v. effrayer. Fredon, d'où fredonner, ori-
Fredaine,origineinconnue. gine inconnue.
Frégate, ital. fregata, d'origine inconnue. Frein, latin frenum. Composés : effréné; refréner ou réfréner, ramener par le frein, au figuré. V. chanfrein. Frelater, hollandais verlaten, proprt transvaser.
Frôle, V. fraction^.
Frelon, origine germanique.
266 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Frire
Freluquet, origine inconnue.
Frémip d'où frémissement, se rattache au verbe latin fremere.
Frêne, latin fraxinum.
Frénésie, frénétique et phrénologie se rattachent au grec phrena, esprit: /miesie, proprt maladie de Tesprit.
Fréquent, latin frequentein. Dérivés : fréquence; fréquenter, d'où fréquentation, fréquentatif.
Frère, latin fratrem, dont le nominatif frater a été employé tel quel aux sens de moine et de barbier-chirurgien. Dérivés savants : fraternité, fraterniser, fraternel, fratricide {v. césure). Composés : confrère et confrérie.
Fresque, v. frais, adjectif. Fressure, origine inconnue.
Fret, d'un mot germanique qui signifie salaire: dérivé : fréter, qui a eu, comme affréter, le sens de prendre un navire en location, mais dont le sens ordinaire est., par connexion, équiper un navire.
Frétiller, d'où frétillant, frétillement, semble être une onomatopée.
Fretin, friable, u./z'acf ion 1. Friand, friandise, v. frire.
Fricandeau et fricasser, doù fricassée et fricot, origine inconnue.
Fricatif, u. /rayer. Friction, frictionner, v.
Friche, d'où défricher, ori- frayer.
gine inconnue. Frigidité, frigorifique, fri-
Fricot, fricoter, v. fricasser. leux, v. froid.
Frimas, d'où frimaire, origine germanique. Frime et frimousse, encore inexpliqués, ne paraissent pas avoir de rapports d'origine.
Fringale, u. faim. Fringant,origine inconnue.
Friper, friperie et fripier se rattachent à un vieux mot français qui signifie « guenille » et qu'on n'a pas encore expliqué.
Fripon se rattache à un vieux verbe friper, d'origine inconnue, qui signifie avaler en glouton et voler. Dérivés : friponner, friponnerie.
Frire, d'où friture, friteur, IdLiinfrigere, faire rôtir. Ce verbe, comme cuire et griller, se dit de la personne qui soumet à l'action du feu, et aussi, intransitivement, de l'objet soumis à cette action. Le participe présent, au sens
Front] DU français. 267
figuré de « frétillant, appétissant » (comparez croustillant), a produit notre adjectif friand, doù le dérivé friandise. Le vieux verbe frioler, formé sur frire, nous a laissé le composé affriolant. Le frisson (d'où frissonner) est proprt le mouvement de la friture; comparez grelotter.
1. Frise, ital. fregio, proprt ornement à la mode phrygienne. La forme populaire du mot est *froi dans le vieux mot orfroi, proprt or phrygien, bordure brodée d'or.
2. Frise, dans « cheval de frise », instrument de défense en forme de poutre, est le nom de la province des Pays-Bas. Cf. poutre au mot poule ^
Friser, doù frisure, frisette, frison, frisotter, défriser, origine inconnue.
Frisquet, v. frais, adjectif. Frisson, frissonner, Iriteur,
friture, v. frire.
Frivole, d"où frivolité, latin /rfi'o/î/m.
Froc, doù frocard, défroqué et défroque, origine douteuse ; le mot parait apparenté à rochet, nom d'un vêtement ecclésiastique, cf. allemand rock, robe.
Froid, latin /rf^ic/um, doù frigidité. Dérivés : froideur, froidure, refroidir, refroidissement. De la même famille : frigorifique [v. faire '^), frileux, réfrigérant.
Froisser, d'où froissement, froissure. se rattache au latin frustum, morceau, et a d'abord signifié « mettre en morceaux ».
Frôler, d'où frôlement, ori- Froment, v. fruit.
gine inconnue. Froncer, d'où froncement,
Fromage, fromagerie, v. origine incertaine.
forme.
Frondaison se rattache au latin frondem, feuillage.
Fronde, laiinfunda. De l'emploi historique du mot dérive la signification actuelle de fronder et de frondeur.
Front, latin /ron^cm. Dérivés : frontal: fronton; frontière, ligne où un pays fait front au voisin. Composés : affronter, qui a eu l'acception de « tenir tête à, insulter », d'où le sens du substantif verbal affront; confronter, d'où confrontation; effronté, proprt privé de front, sans pudeur, d'où effronterie. Ajoutez frontispice, dont le second élément vient d'un verbe qui signifie regarder {v. épice), proprt aspect du front.
i268 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [F^Umcr
Frotter, d'où frottée, frotteur, frottage, frottement, frottis, origine inconnue.
Fructidoir, fructification, frugalité, frugivore, v. le suifructifier, fructueux, frugal, vant.
Fruit, latin friidum, se rattache au participe passé d'un verbe qui signifie jouir de. Dérivés et composés en fruit- ou en fruct- : fruiterie, fruitier ; fructueux, infructueux, fructifier, d'où fructification, v. faire ' ; fructidor, nom de mois dans le calendrier républicain; usufruit, droit d'user des fruits, d'où usufruitier.
— A la même famille appartient le premier élément de frugivore, frugifère [v. offrir^), frugal, d'où frugalité. — Môme racine dans le Idiiin friimentam, d'où froment.
Frusques et saint-frusquin, mots dargot.
Fruste, italien frusto, d'origine incertaine.
Frustrer, v, fraude. Fugace, fugitif, fugue, v. le
Fuchsia, fuchsine, v. acacia suivant, et noms propres (Mois tirés de).
Fuir se rattache au latin fagere, supin fugitam, d'où le substantif participial fuite, et le dérivé savant fugitif. Fugue, qui signifie proprt fuite, est un substantif verbal de forme italienne. Autres dérivés : fuyard, fugace. Composés populaires ou savants : s'enfuir; refuge, retraite pour la fuite, d'où se réfugier; transfuge, qui passe en fuyant dans un autre camp ; fébrifuge [v. fièvre), faux-fuyant [v. faillir ~) ; subterfuge, moyen en dessous, détourné, d'éviter; sur le préfixe subter-, v. soa-.
Fulgurant, fulguration, v. flagrant.
Fuligineux se rattache au mot latin fiiliginem, suie.
Fulminer, v. flagrant. 1. Fumer (des terres), v.
fiente.
2. Fumer se rattache au latin famum (fumée), d'où dérivent aussi : fumeux, fumiger et fumigation {v. aglr^), fumivore. Substantif participial de /«mer : fumée; dérivés : fumet, fumeron, fumerole, fumeur, fumoir, fumage (du jambon). Composés de fumer : parfumer, proprt répandre une fumée, d'Où : parfum, parfumeur, parfumerie ; enfumer. La fumeterre, proprt fumée de la terre, est une plante qui produit sur les yeux l'elTet de la fumée. Dérivé de fumée : fumiste, d'où fumisterie.
Fuyard] du français. 269
Fumier, u. fiente. Fumure, v. fiente.
Fumigation, fumiger, fu- Funambule, v. ambulance et
miste, fumisterie, fumivore, funiculaire.
fumoir, v. fumer.
Funèbre se rattache au Idilm fanus, génitïî funeris, qui a le sens du dérivé funérailles et qui désigne aussi la mort. Autres dérivés : funéraire, funeste.
Funiculaire dérive du diminutif du latin /«nem, câble. Composé de fanem : funambule, danseur de corde, v. ambulance.
Furt V. for.
Furet, diminutif français du latin /urem, voleur. Dérivé de furet : fureter, d'où fureteur. Dérivé defurem: furtif. Le mot farunculum, qui a produit furoncle, est aussi un diminutif defurem et avait en latin les sens suivants : petit voleur, tige secondaire de la vigne (qui dérobe la sève aux tiges principales), bosse qui se forme à l'endroit où la vigne donne un bouton, furoncle.
Fureur, latin furorem, se rattache au verbe furere^ être fou. Autres dérivés : furie, furieux, furibond.
Furoncle, furtif, v. furet.
Fusain (arbrisseau qui sert à faire des fuseaux, et charbon à dessin fourni par l'arbrisseau), ainsi que fuseau et fusée, viennent de dérivés du latin jfusum, qui signifie « fuseau )). Dérivés de fuseau : fuselé, allongé comme un fuseau ; fuselage, assemblage de pièces en forme de fuseaux.
Fuser, fusible, v. fondre. Fusion, fusionner,u. fondre.
Fusil, fusilier, fusillade, Fustiger, v, le suivant,
fusiller, v. feu.
Fût, latin fastem, bâton, d'où fustiger et futé (affiné par la bastonnade). Fût a les sens divers de : tronc d'arbre d'où le dérivé futaie; tige de colonne; tonneau de bois, d'où le dérivé futaille. Composé : le vieux verbe affûter, installer près d'un arbre à la chasse, et installer un canon sur son support, d'où les deux sens du substantif verbal affût. Par extension, affûter a pris le sens de « préparer un objet quelconque », d'où ensuite, par restriction, « aiguiser un outil )>, sens actuel.
Futaine, v. noms propres Futile, futilité, v. fondre.
(Mots tirés de). Futur, i'. physique.
Futé, V. fût. Fuyard, v. fuir.
270 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE . [Gaillard
Gabare, bateau, provençal gabarra, d'origine inconnue. Dérivé : gabarit ou gabari, proprt modèle de bateau.
Gabegie, fraude, est un mot du patois bourguignon, dont l'origine est inconnue.
Gabelle, impôt sur le sel, vient du provençal gabda, peut-être apparenlé à l'arabe kabala, impôt. Dérivé : gabelou, proprt employé de la gabelle; le suffixe dialectal -o« (comparez amadou, au mot aimer) correspond aux suffixes français -ear et -eux. Rabelais emploie gabelleur.
Gabier, v. cave. Gâche de serrure, d'où gâ-
chette, origine inconnue.
Gâcher, mot d'origine germanique (cf. allemand waschen),
signifie proprt laver. Substantif verbal gâche, outil de
maçon. Du sens de gâcher du plâtre, on a passé à laccep-
tion figurée de : faire sans soin. Dérivés : gâcheur, gâchis.
Gadoue, origine inconnue.
Gaffe, d'où gaffer, origine arabe.
Gage, d'origine germanique (cf. ail. ivette), a engendré gagiste et gager, d'où gageure dont la prononciation correcte est « gajure ». Composés de gager : engager (dérivés : engageant, engagement, rengager) qui signifie proprt mettre en gage ou lier par un gage, doù lier par un traité ou par une simple promesse, par conséquent priver de sa liberté, ce qui amène aux acceptions de « imprimer une direction à, conseiller » ; dégager, d'où dégagement, c'est rendre sa liberté à ce qui était engagé.
Gagner, mot d'origine germanique, cf. allemand weiden, dont le sens propre est <( paître ■». On a passé au sens de « trouver à paître )> au figuré, faire un profit, conquérir, obtenir, atteindre (un lieu). Le sens primitif s'est conservé dans regain, pousse d'herbe qui permet de paître à nouveau. Substantif verbal de gagner : gain. Dérivés : gagneur et le vieux mot gagnage, pâturage. Composé : regagner.
Gai, d'où gaîté, égayer, origine douteuse.
Gaillard, galant et le mot gala, fête, emprunté à l'italien, se rattachent probablement à la môme racine germa-
Gamme] du français. 271
nique (F. SuppL). Dérivés de gaillard : gaillardise, ragaillardir. Dérivés de galant : galantin, galanterie. Régal, doù régaler, régalade, nous vient de l'italien et signifie proprt partie de plaisir.
Gain, u. gagner.
Gaine, latin vagina. Dérivé : gainier, d'où gainerie, et le diminutif espagnol vanille, proprt petite gaine. Composés : dégainer, substantif verbal dégaine, manière de dégainer, doù manière de se tenir; engainer, rengainer.
Gala, V. gaillard. Galantine, origine incer-
Galandage, v. guirlande. taine.
Galant, galanterie, galan- Galbe, origine douteuse.
tin, V. gaillard. Gale, d'où galeux, encore
inexpliqué.
Galéopsis, mot grec qui signifie aspect de belette, v. voir ^. Galère, italien galera (dérivé : galérien) et galion, galiote, se rattachent au bas-grec galaia.
Galerie, origine inconnue.
Galet, d'où galette, galet au figuré, n'est pas encore expliqué.
Galetas, v. noms propres Galimatias, origine incon-
(Mols tirés de). nue.
Galette, v. galet. Galion, galiote, v. galère. Galeux, V. gale.
Galle, latin galla, excroissance végétale; en raison de sa forme, la galle du chêne est appelée « noix de galle ».
Gallican, gallicisme, u. gau- Galoche, u. pied,
lois. Galonner, d'où galon, t)ri-
Gallinacés, v. geline. giûs inconnue.
Galoper, origine douteuse. Substantif verbal galop. Dérivés : galopade, galopin (cf. trottin).
Galvaniser, galvanisme ont été faits daprès le nom du physicien italien Galvani. Sur le second élément de galvanoplastie, V. plastique.
Galvauder, origine incon- Gambade, gambader, v,
nue. jambe.
Gamelle, latin camélia, vase en bois.
Gamin, d'où gaminerie, origine douteuse.
Gamme, de gamma, nom d'une lettre de l'alphabet que
272 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [GargOUÎHe
l'on employait arbitrairement pour désigner la première note de la gamme.
Ganache, dont le sens propre est « mâchoire de cheval », semble se rattacher au grec gnathon, mâchoire, qu'on retrouve dans prognathe, « qui a la mâchoire en avant ».
Gandin, v. noms propres (Mots tirés de).
Ganglion, grec ganglion.
Gangrène, d'où gangrener, grec gangraina, pourriture.
Gangue, ail. gang, proprt chemin; c'est le « filon » considéré comme enveloppant le minerai.
Ganse, provençal ganso.
Gant, origine germanique. Dérivés : gantelet; gantier d'où ganterie ; ganter et le composé déganter.
Garage, v. guérir. Garance, origine inconnue.
Garant, origine germanique. Dérivés : garantie, garantir. Warrant, forme anglaise de garant, récépissé en garantie.
Garçon, dorigine inconnue, avait pour cas sujet gars, qui est devenu un mot à part. Féminin garce, qui a pris une acception péjorative. Dérivés de garçon : garçonnet, garçonnière. Dérivé de garce : garcette, nom donné par les marins à une petite corde.
Gardénia, v. acacia.
Garder, origine germanique, cf. ail. warlen (à rapprocher de garer, guérir). Substantif verbal : garde, action de garder, et garde, gardien, celui qui garde. Garde, au sens de « celui qui garde » ou « ce qui garde », est aussi le premier élément d'un bon nombre de mots composés. Dérivés : gardeur, garderie, mégarde (mauvaise garde; sur le préfixe, v. moindre^). Pour bien garder, il faut avoir l'œil ouvert, d'où la signification des composés regarder et égarder (vieux français) et de leurs substantifs verbaux regard et égard; le second a pris le sens figuré de « considération », et regard a eu un sens voisin, qu'on retrouve dans la locution archaïque « au regard de ».
Gare, garenne, garer, v. guérir.
Gargariser, dérivé gargarisme, grec gargarizein.
Gargote, d'où gargotier, origine douteuse.
Gargouille, comme gargouiller, d'où gargouillement, gargouillis, parait être une onomatopée.
Gaulois] DU FRAiNÇAIS. 273
Gargoulette, origine dou- Gargousse, u. charte.
teuse. Garnement, v. le suivant.
Garnir, origine germanique, cf. allemand luarneiiy avertir dun danger. Ce verbe a eu le sens de protéger; un mauvais « garnement )> est proprt un mauvais protecteur, un mauvais sujet; l'habitude d'employer le mot avec l'adjectif mauvais a fait que garnement, même employé seul, a gardé la signification de la locution « mauvais garnement ». Du sens de protéger, garnir a passé aux sens de munir, remplir, compléter. Dérivés : garniture ; garnison, troupe qui défend une place, doù garnisaire. Composé : dégarnir.
Garrot, d'où garrotter, cri- Gars, u. garçon.
gine inconnue.
Gaspiller, d'où gaspilleur, gaspillage, origine inconnue.
Gastralgie, gastrique, gas- mie, gastronomique, u. estotrite, gastronome, gastrono- mac.
Gâteau, v. le suivant.
Gâter, du latin vastare, dont dévaster (d'où dévastation, dévastateur) est un composé de formation savante. Pour gâter, on a passé du sens de détériorer au sens de choyer à lexcès, d'où gâterie et peut-être aussi gâteau (toutefois le mot parait antérieur à l'emploi figuré du verbe gâter). Un gâteux (pour gâteur) est ainsi appelé parce qu'il gâte et salit tout. Dégât est le substantif verbal du vieux verbe dégâter, doublet de dévaster. Xotre mot vaste vient d'un adjectif latin vastam, même sens, qui n'est pas apparenté à dévaster.
Gauche, doù gaucher et gaucherie, est l'adjectif verbal de gauchir, mot d'origine germanique dont le sens primitif est faiblir, fléchir, ail. luanken.
Gaudir, gaudriole, y. jouir.
Gaufre, d'où gaufrette, gaufrer, gaufrage, est d'origine germanique, cf. ail. wajfel et angl. wafer, qui signifient gaufre, et ail. tvabe, proprt gâteau d'abeille.
Gaule, d'où gauler, origine douteuse.
Gaulois. Sur le latin Gallum, Gaulois, ave<', deux suffixes dilTérents se sont formés les dérivés gaulois, gallican, le premier d'origine populaire. Gaulois a été employé au sens de « archaïque, grossier », et sert à qualifier des propos fort libres comme les aimaient nos pères (sans remonter bien entendu à l'époque gauloise). Dans gallican et dans gallicisme,
DICT. ÉTYM. FRANC. 18
274 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Gémissement
la racine évoque non plus une idée d'archaïsme ni de liberté de langage, mais une idée de nationalité « française ». Gausser (se), origine inconnue.
Gaver se rattache à un mot de la vieille langue qui signifie gosier.
Gavotte, proprt danse des gavots. Le mot gavot, nom donné aux montagnards dans le midi, est d'origine douteuse.
Gaz, mot créé par l'alchimiste hollandais Van Helmont, pour désigner une substance subtile. Dérivés : gazeux, gazier, gazomètre, etc.
Gaze, d'où gazer, origine douteuse.
Gazelle, arabe ghazal.
Gazette, d'où gazetier, a été dabord le nom d'une monnaie vénitienne, c'était le prix du journal.
Gazon, d'où gazonner, origine germanique, cf. allemand wasen.
Gazouiller, d'où gazouillement, gazouillis, semble être une onomatopée.
Geai, origine inconnue.
Géant vient, par l'intermédiaire du latin, du grec giganta; dérivé italien : gigantesque.
Geindre vient du latin gemere qui a donné, en formation savante, gémir, d'où gémissement.
Gel, latin gelu. Dérivés : gélif ; geler, d'où gelée et gélatine. Composés de geler : le vieux verbe engeler, d'où engelure; congeler, d'où congélation; dégeler, d'où dégelée.
— A la même famille appartient glace, latin glaciem, d'où : glacial, glaciaire, glacier, glacière; glaçon; glacer, quia produit glacis, terrain en pente, où l'on glisse (comme sur la glaee); verglas, dont la première syllabe n'est pas exjtliquée.
— Notre verbe glisser, d'où glissement, glissade, a clé ididisglier, forme d'origine germanique (cf. ail. gleiten, angl. glide) devenue glisser sous l'influence de glace.
Gélatine, gélatineux, gelée, geler, gélif, v. gel.
Geline, d'où gelinotte, vient du latin gallina, d'où gallinacés. Geline a été remplacé par pou/e, et le masculin latin gallum par coq, v. ces mots.
Gémeau, géminé, u.jumeuu. Gémir, gémissement, y.
geindre.
Génital] du français. 275
Gemme, du latin gemma, bourgeon et pierre précieuse.
Gémionies, latin Gemonias, lieu où Ion jetait les corps des suppliciés.
Gencive, latin gingiua, d*où gingivite.
Gendarme, d'où gendarmerie, se gendarmer, est tiré du pluriel gens d'armes.
Gendre, latin generam.
Gêne est un mot d'origine germanique qui signifie proprt aveu, et dont le sens a subi linfluence du mot géhenne (proprt vallée de supplice), d'origine hébraïque. Dérivé : gêner, d'où gêneur, gênant; on a passé, par extension, de l'idée de torture à celle de simple embarras.
Généalogie, généalogique, généalogiste, v. génital 3. Génépi, mot savoyard.
Gêner, v. gêne. tion, généreux, générique,
Général, généraliser, gêné- générosité, genèse, v. génital ^ . ralité, générateur, généra- Genêt, arbrisseau, latin genista. Cf. balai. Genêt, petit cheval, espagnol ji/je/e, d'origine arabe.
Genévrier, v. genièvre. Génial, génie, v. génital^.
Genièvre, d'où genévrier, genevrette, latin juniperam. GéHisse, v. jeune.
Génital et congénital (produit avec nous, apporté en naissant) se rattachent au verbe latin gignere, produire, supin genitum, d'où viennent aussi génitif, cas où l'on met le nom d'un objet présenté comme produit par un autre, et le vieux mot géniture, remplacé par le composé progéniture. Le vieil adjectif gent (sur lequel a été fait agencer, rendre agréable, commode, d'où agencement) est ladjeclif participial de gignere et signifie proprt « né », d'où bien né, puis élégant, gracieux. Sur la racine de ce verbe, qui lui est commune avec naître. se sont formés les noms latins genus, gentem, genium.
1. A genus, qui signifie naissance, espèce, et dont le génitif est generis, se rattachent : genre et générique; congénère; général, proprt qui embrasse tout le genre, toute l'espèce, qui est chargé d'un commandement d'ensemble (dérivés : généralité, généraliser d'où généralisation); génération et générateur, régénération; engendrer; dégénéré, dégénérescence; généreux, d'où générosité, dont le sens primitif est " de bonne race ».
276 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Géologique
2. A gentem, qui signifie aussi race et nation, se rattachent : le substantif gant, race (la gent ailée), nation (le droit des gens)y au pluriel « personnes » ; entregent, habileté à se conduire entre les gens; gentil, de race (gentilhomme), puis simplement agréable (dérivé : gentillesse), aussi, en style biblique, appartenant aux nations étrangères à Israël (la conversion des gentils).
3. Le latin genium signifie proprt : esprit divin « qui préside à la naissance », qui protège, puis, sous Finfluence d'ingenium (v. ci-dessous), talent supérieur (dérivé : génial) et en français art de l'ingénieur.
— Le latin ingenium, signifie proprt esprit naturel (inné), d'où ingénieux, « habile », s'ingénier, ingéniosité; ladjectif ingenuum, d'où le français ingénu, ingénuité, signifie naturel ; naïf a, la même signification primitive {v. naître). Le mot de formation populaire venant d'ingeniam est engin, instrument ingénieux, et l'ingénieur est primitivement un constructeur d'engins.
4. Les adjectifs bénin, du latin beni-gnum, et malin, du latin mali-gnum, signifient proprt : qui produit du bien, qui produit du mal. Dans ces mots français, la racine est réduite à la consonne n [gn dans le féminin bénigne et les dérivés bénignité, malignité).
5. La forme grecque de la racine de gignere se retrouve dans généalogie, tableau des générations apparentées, doù généalogique, généalogiste [u. logique^); dans genèse, proprt génération; dans homogène, de genre semblable {v. homéo-), hétérogène, de genre différent [v. autre ^); dans beaucoup de mots terminés par -gène, où ce composant signifie : qui engendre. — Sur indigène (proprt né là), qui est de formation latine, voy. en, B. Quant à aborigène, il est d'une autre famille, v. orient.
Genou, jadis genouil, vient d'une forme diminutive du latin genu. Dérivé : genouillère. Composés : agenouiller et le mot savant génuflexion.
Genre, v. génital i. Gent, adjectif, u. génital.
Gens;gent,subst.,u.^eAii/af2.
Gentiane, latin gentiana.
Gentil, gentilhomme, gen- graphie, géographique, y.
tillesse, gentiment, y. yt'Miiai'^. terre.
Génuflexion, v. genou. Geôle, geôlier, v. cave'^.
Géodésie, géographe, géo- Géologie, géologique, géo-
Germandrée] du français. 277
logue, géomètre, géométrie, Gérance, v. gérer.
géométrique, u. terre. Géranium, v. grue.
Gerbe, origine germanique, cf. ail. garbe.
Gercer, d'où gerçure, parait venir d'un dérivé du latin carpere, déchirer, cf. charpie.
Gérer, d'où gérant, gérance, latin gerere^ supin gestum, d'où gestion. Gerere signifie proprt porter, d'où : avoir la charge de, accomplir.
1. C'est le dernier sens qui prévaut pour le substantif féminin geste dans « chanson de geste » et dans la locution « faits et gestes ». Le geste, c'est proprt le port, l'attitude du corps, d'où : mouvement significatif de la main, de la tête; dérivé gesticuler. La gestation, c'est le fait, pour la mère, de porter dans son sein. Gérondif se rattache au participe futur passif du verbe latin et désigne un temps des verbes qui s'applique à « ce qui va être accompli »,
2. Le sens primitif de « porter » se retrouve dans les composés : digérer, proprt porter de divers côtés, distribuer, s'assimiler les aliments, dérivés : digestif, digestible, digestion, indigeste, indigestion; — ingérer, porter dans, d'où ingestion, action d'ingérer, au propre, et ingérence, action de s'ingérer, au figuré; — suggérer, apporter sous, au figuré; dérivés : suggestion et suggestif. La congestion, d'où congestionner, c'est l'apport ou l'afflux du sang, s'amassant dans un organe. Exagérer, avec un double préfixe, c'est proprt amonceler, dérivé : exagération. Le belligérant porte ou fait la guerre, v. deux^.
— Le bas latin avait un mot composé regesta signifiant « choses faites » ou « choses rapportées » {v. rien), c'est l'origine de notre mot registre, d'où enregistrer, enregistrement; interprété faussement comme un dérivé de régir, ce mot, dans certaines expressions, a pris le sens de régulateur (d'un orgue, d'un fourneau); les registres de l'orgue mettent en jeu différentes séries de notes, d'où le sens du mot quand on parle des registres de la voix.
Gerfaut est composé avec l'ancien cas sujet de faucon, fauc, et un mot germanique qui veut dire vautour, ail. geier,
Germain, v. germe.
Germandrée, altération du mot grec khamaidrua, petit chêne (cf. caméléon); cette plante est ainsi nommée en raison de la forme des feuilles.
278 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Girolle
Germe, latin germen, génitif germinis. Dérivés : germinal; germain, proprt de la même souche; germer, latin genninare, doù germination.
Gérondif, v. gérer ^.
Gésier se rattache au bas latin gigeria qui signifie <c entrailles des victimes ».
Gésir, d'où gésine, gisant, gisement, gîte, vient du latin jacere, être étendu. Composé savant : adjacent, étendu auprès. Ce verbe se rattache à celui d'où vient jeter, il exprime Tétat d'un objet qui a été jeté. F. aisance.
Gesse, origine inconnue. Gestion, v. gérer.
Gestation, geste, gesticuler, V. gérer i.
Geyser, mot islandais dont le sens propre est : furieux. Gibbosité se rattache au latin gibba, bosse.
Gibecière, gibelotte, v. gibier.
Giberne nous vient de l'italien et semble se rattacher au latin zaberna, valise.
Gibet, origine germanique, cf. angl. gib.
Gibier, origine inconnue. Dérivés : les anciens verbes giboyer, d'où giboyeux, et gibecer, d'où gibecière. Le mot gibelotte paraît être de la même famille.
Giboulée, origine inconnue. Gifle, d'où gifler, origine
Gibus, V. noms propres (Mots douteuse, tirés de). Gigantesque, v. géant.
Gigot, d'où gigoter, paraît se rattacher au vieux verbe gigiier, gambader (d'où gigue), lui-môme d'origine inconnue. Gilet paraît venir du turc yelek.
Gindre, v. jeune.
Gingembre, grec zingiberin.
Gingivite, v. gencive. Girafe, origine arabe.
Girandole, giratoire, v. virer.
Girofle (d'où giroflée, à odeur de girofle), vient d'un mot grec qui signifie « feuille de noyer », karuophnUon; la racine du premier élément se retrouve dans carène; sur le second, v. feuille.
Girolle, v* virer»
Glousser] du français. 279
Giron, mot d'origine germanique, désigne en vieux français le pan du vêtement allant de la ceinture au genou.
Girouette, v. virer. Givre, origine inconnue.
Gisant, gisement, gîte, v.
gésir.
Glabre, latin glabrum.
Glace, glacer, glaciaire. Gladiateur, glaïeul, v.
glacial, glacier, glacière, gla- glaive.
ois, glaçon, v. gel. Glaire, glaireux, v. calen-
des 3.
Glaise, latin pop. *glitia, composé enliser.
Glaive et le vieux mot glai viennent du latin gladiiim, d'où gladiateur. Le mot glaïeul est un diminutif de glai (allusion à la forme des feuilles).
Gland, d'où glandée, latin glandem, dont le diminutif glandula a produit glande et le dérivé glandulaire.
Glaner, origine inconnue. Substantif verbal glane. Dérivés : glaneur, glanure.
Glapir, d'où glapissement, semble être une altération, par onomatopée, du latin glaitire.
Glas, V. calendes ^.
Glauque, grec glaukon.
Glèbe, latin gleba.
Glissade, glissement, glisser, glissoire, u. gel.
Globe, latin globum. Dérivés : globule, global. Composé englober. Sur glomus, génitif glomeris (peloton), qui appartient à la même famille, ont été faits : agglomérer, doù agglomération; conglomérat. Cf. club.
Gloire, latin gloria. Dérivés : gloriole, glorieux. Composé glorifier, d'où glorification {v. faire '). On a appelé gloria le café additionné d"eau-de-vie, qui termine tout bon repas populaire, comme le verset commençant par Gloria (Gloire au Père, etc.) termine tous les psaumes.
Glose, d'où gloser, glossateur, proprt explication d'un mot, se rattache au grec glôssa, langue et mot, qu'on retrouve dans glossaire (cf. dictionnaire au mot dire '). La forme attique de glôssa a produit glotte, ouverture du larynx, qui sert à l'émission des sons de la langue. Polyglotte, qui parle plusieurs langues.
Glousser, d'où gloussement, se rattache au latin glocire.
280 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Goinfre
Glouton, doù gloutonnerie, vient du latin gluttoneni, lui-môme dérivé du verbe glutiire, auquel se rattachent : engloutir, d'où engloutissement; déglutition. Même famille que gueule, v. ce mot.
Glu, d'où gluant, gluau, engluer, se rattache au latin gluten, colle, que nous avons d'autre part emprunté tel quel, et qui a produit agglutiner.
Glucose, V. glycine. Gluten, u. glu.
Glycine et glycérine, comme glucose, se rattachent au grec glukun, doux, qualité qui s'applique à l'odeur de la glycine, aux effets (adoucissants) de la glycérine, à la nature sucrée de la glucose. Réglisse est une déformation du grec glukurriza^ proprt racine douce, à rapprocher du terme botanique rhizome.
Glyptique, v. hiéroglyphe au mot hiératique.
Gnome, nom donné par Paracelse, le médecin mystique du xvi*' siècle, aux petits génies qu'il disait présider aux choses de la terre. On ignore si, en créant le mot, il a pensé au grec gnome, intelligence.
Gobelet, origine inconnue.
Gober se rattache à un radical celtique qui veut dire bouche. Substantif verbal gob, aujourd'hui go dans « tout de go )), proprt k tout d'un trait ». Dérivé : gobeur, et peutêtre aussi gogo.
Goberger (se), origine in- Gobille, i'. bille.
connue.
Godailler (d'où godailleur) et godelureau, dorigine inconnue, semblent être de la même famille que goguette.
Goder, origine inconnue. Godet, origine inconnue.
Godiche, dérivé de Godon, déformation enfantine de Claude. Comparez golon.
Godille, d'où godiller, ori- Godiveau, origine incon-
gine inconnue. nue.
Goéland, mot bas breton, auquel goélette semble se rattacher.
Goémon, mot bas breton.
Gogo, V. gober. Goguette, u. godailler.
Goguenard, origine incon- Goinfre, origine inconnue,
nue.
Goujat] DU FRANÇAIS. 281
Goitreux, d'où goitre, se rattache au latin guttur, gosier, qui a produit guttural.
Golfe et gouffre se rattachent au grec kolpon, sein, golfe. Composé de gouffre : engouffrer.
Gomme, mot d'origine égyptienne. Dérivés : gommier; gommeux; gommer, d'où dégommer. Dans gomme-gute, gomme de Geylan, les deux mots signifient gomme, v. guttapercha.
Gond, grec gomphon, cheville. Composé : engoncer, proprt gêner dans ses mouvements; cf. gourmé, proprt bridé.
Gondole, doù gondolier et gondoler (par allusion à la forme recourbée de la gondole), italien gondola.
Gonfalon, gonfalonnier, u. Gonfle, gonflement, gon-
fanion. fier, v. enfler.
Gong, mot malais.
Goret, origine inconnue.
Gorge, malgré les difficultés phonétiques, semble se rattacher au latin gurgitem, gouffre, qui a produit ingurgiter. Dérivés : gorgée, gorgerette, gorgerin; gorger. Composés : engorger, obstruer le passage, d'où engorgement, et se rengorger, proprt retirer la télé en avançant la gorge; dégorger, doù dégorgement, dégorgeoir; regorger, proprt vomir; égorger, doù égorgement, égorgeur. Gomme terme de fauconnerie, gorge signifie « ce qui entre dans la gorge )), ce qui explique les expressions : rendre gorge; gorge chaude, chair encore palpitante donnée au faucon, d'où : nouvelle palpitante, etc.
Gorille, nom donné par le voyageur carthaginois Hannon à des hommes et femmes velus qu'il disait avoir rencontrés.
Gosier, dégoiser, égosiller, se rattachent à un même radical inconnu.
Goton, déformation enfantine du prénom Marguerite.
Gouache, de l'italien gaazzo, qui signifie détrempe.
Gouailler, d'où gouailleur, origine inconnue.
Gouape, mot d'argot.
Goudron, d'où goudronner, goudronnage, origine arabe. Gouffre, V. golfe.
Gouge, latin gubia, burin.
Goujat, mot provençal d'origine inconnue.
282 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [GoÛt
Goujon, latin gobionem.
Goule, mot arabe.
Goulet, goulot, goulu, v. gueule.
Goupillon, d'abord guipillon, mot d'origine germanique, refait sous Finfluence de l'ancien nom du renard, goupil (diminutif du latin valpem), l'objet ayant été comparé à une queue de renard. L'un des mots germaniques proposés comme racine a le sens de « rameau feuillu ».
Gourd, latin giirdum. Composés: dégourdir; engourdir, doù engourdissement.
Gourde, latin cucurbita, d'où cucurbitacées.
Gourdin, v. corde. Gourgandine, origine in-
connue.
Gourmand, origine inconnue. Dérivé : gourmandise, et aussi gourmander, dans l'ancienne acception de a manger avec gourmandise )>. Quant à gourmander au sens de réprimander, nous y voyons un autre verbe qui se rattache à goiirmer (v. ce mot). Gourmet, « fin gourmand», est une sorte de diminutif de gourmand; quelques-uns le rattachent au vieux français groumet [v. groom), mais il faut alors admettre que le mot a été influencé par gourmand dans sa forme et dans son sens.
Gourme, maladie des jeunes chevaux et croûte de lait, origine incertaine.
Gourmer, brider, origine inconnue. Dérivé : gourmette. Le participe passé gourmé a le sens figuré de u raide dans ses manières » (comparez engoncé, à gond). Le verbe gourmer a pris aussi le sens figuré de porter la main à la figure, pour frapper, d'où gourmade, et il semble bien avoir donné naissance au verbe gourmander dans le sens de gouverner par la bride (un cavalier qui gourmande la bouche de son cheval, écrit Fénelon), gouverner en général, puis réprimander.
Gousse, doù gousset, origine inconnue. Le sens primitif est « enveloppe des graines des plantes légumineuses », d'où, par comparaison, tête d'ail, et, sous la forme diminutive, petite poche.
Goût, latin gustum (cf. ail. arch. kiesen, angl. choose, et V. choisir). Dérivé : le verbe goûter, qui s'emploie aussi comme substantif. Le composé savant déguster (d'où dégustation, dégustateur) signifie « goûter de », tandis que dégoûter
Grade] du français. 283
(d'où dégoût), formé sur goût et non sur goûter, signifie proprt enlever le goût. Pour exprimer l'idée de <( redonner le goût à quelqu'un », on a fait, avec les deux préfixes re- et a-, le verbe ragoûter, aujourd'hui inusité, mais dont il nous reste ladjeclif participial ragoûtant et le substantif verbal ragoût, ce qui réveille le goût. V. augure, au mot oiseau ^.
Goutte, latin gutta. Dérivés : gouttelette; gouttière; goutter, d'où dégoutter et égoutter dont égout (dérivé : égoutier) est le substantif verbal. La maladie appelée goutte 'd'où goutteux) a reçu ce nom parce qu'on l'attribuait à des gouttes d'humeur, cf. rhumatisme au mot rfiume.
Gouverner, mot venu du grec par Tintermédiaire du latin. Substantif verbal : gouverne; substantif participial : gouvernante. Dérivés : gouvernable, gouverneur, gouvernail, gouvernement, doù gouvernemental.
Grabat, grec krabaton.
Grabuge, italien garbuglio.
Grâce. gracier, gracieuseté, Gracilité, v. grêle.
gracieux, v. gré.
Grade, ital. grado, du latin gradam (pas); le composé populaire degradum a produit degré; les grades sont des degrés, et ce sont des pas que Ton fait. Dérivés et composés de grade : gradin, gradé, gradation, graduel, graduer doù graduation; centigrade, à cent degrés; plantigrade, qui marche sur la plante des pieds; digitigrade, qui marche sur les doigts; un verbe dégrader, enlever le grade, avilir, détériorer; un autre dégrader (origine italienne), diminuer une teinte par degrés; rétrograder, rétrograde.
— Les composés latins apparentés à gradum étaient en -gredi, participe passé -gressum, de là : agression, proprt marche vers, attaque, agressif, agresseur; congrès, réunion, d'où congressiste ; digression, proprt éloignement, le fait de s'écarter du sujet; ingrédient, ce qui va dans, ce qui entre dans une préparation; progrès, action d'aller en avant, d'avancer, de se développer, doù progresser; il s'est ajouté à progression et à progressif une idée de rapport constant ; régression, marche en arrière; transgression, transgresser, action de passer outre.
— Il est curieux de rapprocher progrès, progression, de procès, procession ; ces mots pourraient être synonymes, étant formés avec le même préfixe sur des racines de môme
284 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Graphie
valeur [v. céder ^); ils ont évolué dans des directions très différentes, mais a priori la répartition des sens aurait pu être tout autre ou môme inverse.
Graffite, d. graphie^. Graillon, r>. gril.
Grain. Le latin granum et son pluriel grana ont produit l'un notre masculin grain, l'autre notre féminin graine (comparez tonneau et tonnelle); à la forme graine s'est associée plus particulièrement l'idée de semence. Composés : engrener (d'où engrenage), proprt mettre en mouvement un moulin en y plaçant le grain; égrener, d'où égrènement; granivore [v. dévorer). Dérivés : grener, grange (d'où granger), grenier, à l'origine lieu où l'on serre le grain; grènetier; grenu (cf. saugrenu h sel): granit (origine italienne), pierre « à grains », d'où granitique; grenaille, grènetis, granule, granulation. Le mot grenade signifie proprt fruit à grains, puis projectile en forme de grenade (d'où grenadier, soldat lançant la grenade, ensuite soldat d'élite); le sirop de grenadine est fait avec des grenades; le grenat est une pierre et une couleur qui rappellent la couleur des grains de la grenade. V. aussi grog.
Graisse, graisser, graisseur, graisseux, v. gras.
Gramen, gazon, mot tout latin, dont le génitif était graminis, d'où graminées.
Grammaire, grammairien, grammatical, gramme, u.
graphie ^.
Grand, latin grandem. Dérivés : grandelet, grandeur, grandiose (d'origine italienne), grandiloquent [v. locution), grandir. Composé de grandir : agrandir, d'où agrandissement. Sur un autre mot latin ayant le sens de grand,