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Litre, mesure de capacité, du grec litra^ qui désignait

Livret] du français. 343

un poids et une monnaie comme le mot livre, lequel vient du latin libra, apparenté à litra.

Littéraire, littéral, littérateur, littérature, v. lettre.

Littoral se rattache au latin littiis, rivage, génitif littoris. Liturgie, du grec leitourgia, charge publique; sur le second élément -iirgîe, v. chirurgie.

Livide, d"où lividité, latin lividam.

Livrable, livraison, v. libre.

1. Livre, masculin, latin librum, dont le nominatif liber est encore employé en botanique dans son sens primitif d'écorce (pellicule entre le bois et i'écorce, sur laquelle on écrivait), et l'ablatif pluriel dans lexpression toute latine ex-libris qui signifie « des livres de..., de la bibliothèque de... » Dérivés : livret et son doublet italien libretto, d'où librettiste; un autre diminutif libelle, qui a pris le sens décrit diffamatoire, mais qui a signifié aussi acte juridique, d'où libeller, formuler un acte; librairie et libraire.

— Le mot grec biblion, qui signifie livre et dont le sens propre est « liber du papyrus », a produit bible, biblique et les mots commençant par biblio- : bibliographie {u. graphie'^), description des livres relatifs à une question, d"où bibliographe et bibliographique: bibliomanie, bibliomane, V. manie: bibliothèque, bibliothécaire, v. thèse ^i bibliophile, V. phil-.

2. Livre, féminin, latin libra, apparenté au grec litra qui avait le même sens et qui a été appliqué en français à une mesure de capacité. Le latin libra et ses dérivés désignaient : 1" un poids déterminé, 2° l'instrument pour peser ou 3*^ pour mesurer la hauteur relative, 4° une monnaie. En français livre exprime un poids et une monnaie (de compte); délibérer, mot savant, d'où délibération, délibératif, cest peser le pour et le contre, Fadjectif participial délibéré exprimant l'état de décision qui suit normalement la délibération; délibérer a été aussi rattaché à liberum, libre (choisir librement). L'équilibré (d'où équilibrer, équilibriste) est constitué par l'égalité de poids, v. équité.

— Le diminutif libellum a produit le français livel (angl. leveï)^ devenu niveau, d'où niveler, nivellement, et libellule, qui signifie proprt petit niveau, insecte qui plane.

Livrée, livrer, v. libre. Livret, v. livre, masculin.

344 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Logîquc

Lobe, d'où lobule, grec lobon.

Local, localiser, localité, locataire, locatif, location,

V, lieu.

Loch, anglais log.

Locher, origine germanique, cf. ail. locker, « qui branle ».

Locomobile, locomoteur, locomotive, locomotion, v. lieu.

Locution se rattache au verbe latin loqiii, participe passé lociitum, qui signifie parler. Le sens propre de locution est langage, d'où, par spécialisation, « expression composée de plusieurs mots ». Dans loquace et loquacité, le suffixe péjoratif introduit une idée d'excès. Le verbe composé avec le préfixe è- (qui najoute pas d'idée nouvelle, marquant simplement le point de départ de l'action) a produit les dérivés élocution, éloquence et éloquent; les deux derniers se sont incorporé une idée d'élévation, de caractère persuasif, qui s'ajoute à la signification étymologique ; comparez grandiloquent, qui parle « grand ».

— Autres dérivés de composés latins : allocution, paroles adressées à; colloque, conversation; soliloque, cf. monologue a\i moi moine; circonlocution, expression qui fourne autour de l'idée; interlocuteurs, qui parlent entre eux interloquer, proprt interrompre le discours de quelqu'un d'où lui faire perdre la suite de ses idées; arrêt interlocu toire, qui interrompt la procédure; ventriloque, proprt qui parle du ventre.

— L'idée de « parler » était exprimée en outre, en latin, par le verbe /a?'i, v. affable, et en latin populaire par *parabolare, V. parole.

Lof, partie du navire frappée par le vent (d'où louvoyer), mot d'origine Scandinave, anglais loof.

Logarithme, v. nombre.

Loge, origine germanique, cf. ail. laube, tonnelle ; dérivés : logette et le verbe loger, d'où logis, logement, logeur, logeable et déloger. La forme italienne de loge est loggia.

Logique se rattache au verbe grec legein (parler et choisir, v. lire).

1. La rncine de ce verbe se trouve sous la forme Irg- ou lec- dans prolégomènes, « choses dites avant », dans dialecte et dialectique,* qui expriment proprt l'idée d'une connnunicalion (préfixe din-) i)ar la parole, et, pour dialccliqur, d'une discussion, dans éclectique, « qmclioisil entre les doctrines»;

Logique] du français. 345

sous la forme lex- dans lexique, recueil de mots (comparez dictionnaire au mot dire, vocabulaire au mot voix, glossaire au mot glose); enfin et principalement sous la forme logqui exprime un choix dans anthologie, proprt choix de fleurs {v. fleur), et dans églogues, proprt pièces choisies, mais dont les significations rappellent surtout celles du substantif grec logon : parole, propos, et raisonnement, rapport.

2. La logique est l'art de raisonner juste {logique, d'où illogique, a aussi une valeur adjective) ; le syllogisme est une forme de raisonnement (le préfixe indiquant combinaison d'idées); un néologisme est une façon nouvelle de dire; une logomachie est proprt une dispute de mots (cf. naumachie au mot nef); un logogriphe est une énigme de mots; létymologie, d'où étymologique, étymologiste, indique la vérité des mots, leur origine exacte [etumon, vrai).

3. I/élément final -loge ou -logue peut avoir une valeur active ou une valeur passive, et signifier « qui dit » ou « qui est dit )) : analogue (préfixe ana = re) équivaut à « rapporté, rapproché, comparé, comparable » (et l'analogie, doù analogique, est le caractère de ce qui est analogue) ; l'apologue est proprt un récit détaillé (mais l'apologie, d'où apologiste, apologétique, est un discours pour détourner une accusation); un catalogue (préfixe cala- au sens distributif) désigne chaque objet d'une collection; le martyrologe est le catalogue des martyrs; le décalogue est constitué par les dix paroles, les dix commandements de Dieu ; un éloge (sans doute pour euloge, eu- = bien), ce sont des propos bienveillants; un épilogue est ce qui est dit sur, à la fin (épiloguer, c'est parler sur ce qu'a fait ou sur ce qu'a dit quelqu'un); des termçs homologues ont une même raison d'être, V. homéo-, hoino- (homologuer un acte, c'est le rendre homologue à ceux qui sont faits dans toutes les formes); l'horloge dit l'heure (la chronologie dit le temps); un dialogue, ce sont des propos échangés, comparez dialecte ci-dessus, § 1; un monologue est proprt le discours d'un seul, un prologue est un discours préalable.

4. Aux quelques mots en -logie signalés dans les paragraphes précédents, il faut ajouter phraséologie, manière de dire ou de construire les phrases, tautologie, redite « des mêmes choses » (en grec ta auta, cf. auto-); trilogie, tétralogie, groupe de trois œuvres, de quatre.

346 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Loi

— Mais le plus grand nombre des mots français en -logie désignent des sciences. En général, c'est la première partie du mot qui indique l'objet de la science, le second signifiant « étude raisonnée de »; il en est différemment dans philologie où, à l'inverse, la première partie du mot signifie étude de prédilection (proprt amour) et la seconde indique l'objet de l'étude, qui est le langage.

— Aux mots en -logie désignant des sciences, correspondent ordinairement des mots en -logue, parfois en -logiste, désignant le. savant qui se livre à l'étude spécifiée, et des adjectifs en -logique. L'anthropologie est létude de l'homme; l'archéologie est l'étude des choses primitives {v. archaïque); l'astrologie est l'étude des astres, — la défaveur qui s'attache à ce mot, étymologiquement synonyme d'astronomie, tient uniquement à ce que, au temps où l'astronomie portait ce nom, elle était a judiciaire », c'est-à-dire qu'elle comportait le jugement de l'avenir; l'ethnologie est l'étude des races; la géologie est l'étude de la terre, v. terre; la graphologie est l'étude de l'écriture, v. graphie; Tontologie (v. ce mot) est l'étude de l'être en soi; la paléontologie est létude des êtres anciens; la physiologie est proprt l'étude de la nature, v. physique; la psychologie est l'étude de lame; la théologie est l'étude de la divinité, celui qui se livre à cette étude est appelé théologien et non « théologiste » ni « théologue », signalons aussi l'adjectif théologal (à côté de théologique), qui a un emploi substantif; la zoologie étudie les animaux, la biologie étudie la vie, etc. Dans terminologie, -logie exprime une idée, non pas d'étude, mais de simple énumération, d'ensemble (de termes techniques).

5. Graphie (v. ce mot) signifie description, d'où science, de telle sorte que ethnologie et ethnographie sont à peu près synonymes. Bien que le sens propre de graphie convienne particulièrement à la géographie, la différence entre géographie et géologie tient surtout à ce que la terre est considérée sous deux aspects différents dans l'un et l'autre mot; on envisage d'une part la profondeur et de l'autre la surface.

Logis, V. loge. Logogriphe, logomachie, v.

logique.

Loi, du latin legem, dont le génitif est legis; dérivé : loyal (idée de fidélité à la loi qu'on a acceptée), d'où loyauté, déloyal, déloyauté, loyalisme; dérivés savants : légal,

Long] DU FRANÇAIS. 347

illégal, légalité, illégalité, légaliser, légitime, légitimiste, légitimité, légitimer, légiste, légiférer, législateur, législation, législature (pour ces derniers, u. offrir^). Un privilège est une loi privée; un collège est proprt une association (préfixe com-) régie par une loi, par un règlement, dérivés : collégien, collégiale ; des collègues font partie de la même corporation.

— Sur le mot legem, qui avait aussi le sens de convention, condition, les Latins avaient formé un nouveau verbe, legare, d'où notre léguer. La signification primitive est : confier une chose à quelqu'un, ou bien charger quelqu'un d'une chose, dans des conditions déterminées. A la première acception se rattachent léguer, déléguer (un pouvoir), légataire (mais non pas legs, qui, en dépit de l'orthographe actuelle, vient de laisser). A la seconde acception se rattachent déléguer (quelqu'un), légat (délégué du pape), légation (résidence d'un ministre plénipotentiaire), délégation. Reléguer, c'est proprt envoyer en arrière, d'où les acceptions actuelles de ce verbe et de relégation. Alléguer, proprt envoyer vers, d'où, par une restriction très spéciale, adresser un argument à quelqu'un, invoquer une raison. Dérivé : allégation.

Loin, lointain, u. long.

Loir, latin glirem.

Loisir, ancien infinitif, qui a produit loisible comme faillir a produit faillible, vient du latin licere, être permis, dont licite (d'où illicite) est le participe passé. A licere se rattache aussi licence, qui signifie proprt permission, d'où : permission d'enseigner (dérivé dans ce sens : licencié), excès de liberté (dérivé dans ce sens : licencieux); licencier, d'où licenciement, c'est rendre la liberté. Le verbe latin licere avait aussi le sens de « être offert à l'acheteur, se vendre aux enchères », d'où les termes juridiques licitation et liciter, action de mettre aux enchères un bien indivis.

Lombe, d'où lombaire, longe de veau et lumbago, du latin hunbuni, rein.

Long, du latin longum[a.\\. lang, an^l long). Dérivés : longuet; longer; longe, au sens de lanière; longueur et longitude, ce dernier ayant pris un sens spécial que n'a pas le dérivé longitudinal. Loin, d'où lointain, éloigner, éloignement, dérive de la forme adverbiale de longuni. Composés :

348 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Lougre

oblong, proprt long au devant, allongé; barlong, d'une longueur irrégulière, i;. bis 2; allonger, allongement et rallonge; prolonger, d'où prolonge, prolongement, prolongation; longtemps; longévité (long âge), mot formé avec œvum dont œtatem {v. âge) est un dérivé; sur longanimité, V. âme. Selon signifie proprt : sous le long, v. sou-.

Lopin, origine inconnue. Loque, d'oii loqueteux, ori-

Loquace, loquacité, v. locu- gine douteuse. tion.

Loquet, d'où loqueteau, origine germanique, cf. anglais lock.

Lorgner, d'où lorgnon, lorgnette, origine inconnue.

Loriot, V. or 2. Losange, origine douteuse.

Lors, lorsque, u. heure.

Lot, mot d'origine germanique, cf. anglais lot. Dérivés : lotir, d'où lotissement; loterie, emprunté à l'italien. Loto est la forme italienne de lot, le mot sest spécialisé pour désigner un jeu de hasard particulier.

Lotion, u. laver. Lotte, origine inconnue.

Lotir, loto, u. lot.

Lotus, mot tout latin qui vient du grec lotos ] mélilot, espèce de lotus à odeur de miel.

Louable, v. lou»r 2. 1. Louche, grande cuillère,

Louage, u. lieu. origine douleuse.

Louange , louangeur , u.

louer 2.

2. Louche, d'où loucher, vient du latin luscum, qui signifie borgne; le mot grec qui signifie louche est straboii, d'où strabisme.

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