‹ Dictionnaire étymologique de la langue française (volume 2)Chapitre 97 sur 169 · Masser, v. masse 1. 2. Masser, v. masse · texte numérisé non relu

Masser, v. masse 1. 2. Masser, v. masse

Mâture] du français. 365

3. Masser, pétrir les muscles, d'où masseur, masseuse, de l'arabe mass, palper.

Mastic, d'où mastiquer au sens de garnir de mastic, grec mastikhê.

Mastiquer, mâcher, v. manger

Mastoc, de l'allemand mastochs qui signifie proprt bœuf à l'engrais.

Mastodonte, mastoïde, v. Masure, v. manoir,

maman.

1. Mat, terme du jeu d'échecs, d'où mater, vient de l'arabe mat, « il est mort », par l'intermédiaire du persan.

2. Mat, terne, d'où matité, a été, sans grande vraisemblance, rattaché au précédent.

Mât, d'où mater, mâture, démâter, ail. mast.

Matadop, mot espagnol qui signifie tueur, et matamore, proprt tueur de Mores.

Matelas, d'où matelasser, matelassier, mot d'origine arabe, cf. l'italien materasso.

Matelot, d'où matelote (mets apprêté à la manière des matelots), vient de l'ancien hollandais.

Matérialiser , matérialis- Maternel , maternité , v.

me, matérialiste, matéria- mère. lité, matériaux, matériel, v.

matière.

Mathématique, mathématicien, se rattachent au grec mathêma, génitif mathématos, qui signifie science, c'est la science par excellence, v. chrestoniathie.

Matière, du latin materia, dont le premier sens est (c bois », sens retenu par les dérivés madrier, merrain, bois de construction (latin populaire * mater lame n), vieux français marment (latin populaire *materiamentum), d'où marmenteau, bois de haute futaie. Dérivés savants de materia, au sens du français matière : matériel, d'où immatériel, matérialité, matérialisme, matérialiste; matériaux, pluriel de l'ancienne forme matérial, doublet de matériel.

Matin, matinal, matinée. Mâtin, mâtiné, v. coutume.

matines, v. demain. Matité, u. mat 2.

Matois a été rattaché à l'argot.

Matou et Matras sont l'un tricule , matrimonial , maet l'autre d'origine inconnue. trône, v. mère. Matrice, matriculaire, ma- Mâture, v. mât.

366 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mèchc

Maturité , matutinal , v. Mausolée, v. noms propres

demain. (Mois lires de).

Maudire, v. dire 2. Maussade, maussaderie, v.

Maugréer, v. mal 1. savoir.

Mauvais, origine douteuse.

Mauve, latin malva; le grec ibiscon, guimauve, accolé au latin malva, a produit le français guimauve.

Mauviette, origine douteuse.

Maxillaire se rattache au latin maxilla, mâchoire ; le

doublet populaire de maxillaire est le vieux français maisse-

lier, devenu mâchelier sous Finfluencede mâcher, v. manger.

Maxima, maxime, maxi- Mayonnaise, v. noms pro-

mum, V. magne^. près (Mots tirés de).

^ Mazette, origine inconnue.

Mazurka, mot polonais, proprt danse mazovienne. Cf. polka.

Me et moi viennent du même mot latin me, suivant que ce mot s'appuyait ou non, dans la prononciation, sur le mot voisin.

— Au latin me se rattache l'adjectif possessif meum qui a produit mon, et mea qui a produit ma. Meum, quand il ne s'appuyait pas sur le mot ({ni suit, a produit mien, sur lequel a été fait le féminin mienne. Le féminin latin mea, au cas ablatif, se trouve dans la locution meâ-culpâ, par ma faute, V. coupable.

— Le pluriel, meos masculin et meas féminin, a produit uniformément mes. Cette forme était en même temps dans l'ancienne langue un cas sujet masculin singulier (latin meus) : messire, monseigneur.

Mé- ou mes-, préfixe, v. Méandre, v. noms propres

moindre^. (Mots tirés de).

Méat, canal, se rattache au verbe latin meare, passer, d'où perméable, pénétrable, et imperméable, impénétrable. Le composé commealum, proprt circulation, a produit en formation populaire congé, permission de circuler ou invitation à circuler, d'où congédier, venu par l'italien.

Mécanicien , mécanique , Méchanceté, méchant, v.

mécaniser, mécanisme, v. choir'-. machine.

Mèche, origine douteuse; dérivé : éméché, proprt qui a les cheveux en mèches (désordre occasionné par l'ivresse).

Mégissier] DU français. 367

Mécompte, i'. conter '. ment, mécontenter, v. tenir^.

Méconnaissable , mécon- Mécréant, v. croire.

naissance, méconnaitre, t'. Médaille, médaillé, médail-

connaître. lier, médaillon, v. mêlai.

Mécontent , mécontente- Médecine , latin medicinaj d'où médicinal. Le mot médecin a été tiré de médecine; pour exprimer cette idée les Latins avaient medicum, d'où médicastre, venu dltalie et formé avec le suffixe péjoratif -as/re, v. acariâtre. Le latin medicum, sur lequel a été fait l'adjectif médicaL avait donné en formation populaire miège et mire (comparez grammaire au mot graphie '); la première forme s'est conservée comme nom propre de personne, la seconde est bien connue par le titre dun fabliau du moyen âge, a Le vilain mire », doù a été tiré le sujet du « Médecin malgré lui ». Cf. le nom propre Lemire.

— Il y avait aussi en latin un verbe medicare, auquel se rattachent médication et médicament, d'où médicamenter.

— La racine de ces mots se trouve sous une forme plus simple dans le verbe latin mederi, soigner, d'où ont été tirés, avec le préfixe re-, qui marque réaction, les mots remède, remédier, irrémédiable.

Médial, v. mi '^. dication, médicinal, v. méde-

Médian, v. mi ^. cine.

Médiat, médiateur, média- Médiéval, médiéviste, v.

tion, médiatiser, v. mi'^. mi^.

Médical, médicament, mé- Médiocre, méd'ocrit'", v.

dicamenter, médicastre, mé- mi 2.

Médire, médisance,!', rf/rr 2,

Méditer, d'où méditation, méditatif, préméditer, préméditation, latin meditari.

Méditerranée, v. mi 3. Méduse, méduser, v. noms

Médium, médius, v. mi. propres (Mots tirés de).

Médullaire, v. moelle.

Meeting, mot anglais, rassemblement.

Méfait, u. faire 6. Mégarde, v. garder.

Méfiance, méfiant, méfier Mégathérium, v. thériaque.

(se). 11. foi. Mégère, v. noms propres

Mégalithique , mégaloma- (Mots tirés de), nie, V. magne *.

Mégissier, d'où mégisserie, est tiré de mégis (pâte pour assouplir les peaux), mot teclinique d'origine douteuse.

368 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Membre

Meilleur, latin meliorem (d'où améliorer, amélioration) ; le neutre melius a produit mieux.

Mélancolie, mélancolique ; sur la seconde partie de ces mots, V. fiel; la première est l'adjectif grec melana, noir, qui se retrouve dans calomel (proprt beau ou bon noir, v. calligraphie), poudre noire qui devient blanche quand elle est préparée, et dans Mélanésie, îles des Noirs, v. île.

Mélasse, v. miel.

Mêler, latin populaire *m,isculare, se rattache au latin classique miscere, qui a produit s'immiscer, promiscuité, et dont le supin mixtam a donné mixte, mixture, immixtion, et les dérivés populaires méteil, seigle et froment mêlés, et métis, de races mélangées.

— Substantif participial de mêler : mêlée. Dérivé : mélange, d'où mélanger. Composés : emmêler, entremêler, démêler (d'où : démêloir; démêlé, discussion pour démêler une affaire), pêle-mêle, dont le premier élément n'est pas expliqué, et méli-mélo, vieux français mêle-mêle, peut-être influencé par le grec mêlomeli, boisson de pommes et de miel, V. mélinite.

Mélèze, mélilot, v. miel. Méli-mélo, v. mêler.

Mélinite, formé sur le latin melinum qui signifie « couleur de coing ». Ce mot latin se rattache lui-même au grec melon qui a signifié fruit en général, puis pomme et coing (le mot kudônion, sur lequel v. coing, a d'abord été un adjectif se rapportant à melon).

— En réunissant melon pomme et meli miel, le grec avait fait les deux mots composés mêlomeli {v. mêler), et melimêlon, pomme douce, d'où dérive marmelade, v. miel.

— On rattache également au grec melon le latin melonem qui a produit melon; v. aussi camomille au mot caméléon.

Mélisse, mellifère, v. miel.

Mélodie, d'où mélodieux, mélodique, grec melôdia formé avec melos, rythme musical, et ôdè chant {v. ode). Autres composés de melos : mélodrame, drame avec musique; mélomane, mélomanie, v. manie; mélopée, proprt formation de rythme musical (pour accompagner la diction), sur -pée, V. poème.

Melon, melonnière, v. mélinite.

Membre, doù membre, membru, membrure, démem-

Mener] du français. 369

brer, latin membrum, dent un dérivé, membrana, peau, a produit membrane, doù membraneux.

Même, mêmement, v. idem.

Mémoire, latin memoria, doù mémorial et immémorial. Memoria dérive de Tadjeclif meniorem, auquel se rattachent aussi : mémorable, mémorandum (ce qui doit être rappelé, cf. légende h lire^), commémorer, doù commémoration; remémorer, remettre en mémoire , et son ancien doublet remembrer, doù remembrance.

1. Ces mots ont été rattachés au verbe latin dont nous avons emprunté limpératif mémento, proprt « souviens-toi », et dont un composé nous a fourni réminiscence, et par là au grec mnêmê, mémoire, mnêmona, « qui se souvient », d'où : mnémonique, mnémotechnie et mnémotechnique {v. technique): Mnémosyne, mère des Muses; amnésie (aprivatif), perte de la mémoire; amnistie, oubli, et amnistier.

2. La racine latine parait se trouver dans le mot mentem, esprit (comparez l'angl. mind, pensée, et, de plus loin, Tall. meinen, penser), d"où mental, mentalité, dément, démence, et la désinence adverbiale -ment (latin mente) qui signifie proprt « dans un esprit...., d'une façon.... ». Comment (comme-ment) renferme un pléonasme, puisque comme =^ de quelle manière, i'. mode'K A mentem se rattachent encore : mention, proprt rappel, doù mentionner; mentir idoù : menteur, menterie, mensonge, mensonger, démentir, démenti), dont le sens primitif est imaginer; commenter, proprt appliquer son esprit à..., d'où commentateur, commentaire; enfin le nom de Minerve, déesse des métiers, des arts.

Menace, d'où menacer, menaçant, latin vulgaire minacia.

Ménage, ménagement, ménager, ménagerie, v. manoir * "'^ 2,

Mendier, d'où mendiant et le mot savant mendicité, latin mendicare; les quatre mendiants, ce sont les quatre ordres mendiants, d'où, par figure, un dessert assorti de quatre espèces de fruits secs.

Meneau, origine inconnue.

Mener, du latin populaire minare, qu'on a des raisons de rattacher au verbe minari, menacer. Substantif participial menée, moyen employé pour mener une aiïaire. Dérivé : meneur. Composés : amener et ramener; se démener,

DICT. ÊTYM. FRANt;. 2*

370 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mère

s'agiter; emmener {v. en 2°); malmener; promener, proprt mener en avant, dérivés : promeneur, promenade, promenoir; surmener, mener en dépassant la mesure, dérivé : surmenage.

Ménestrel, ménétrier, u. moindre, 2, a.

Menhir, proprt pierre longue, mot celtique. Dolmen signifie table de pierre.

Menin, y. mignon.

Méninge, d'où méningite, grec mêninga.

Menotte, v. main^. Mensuel, v. mois.

Mense, v. mesure. Mental , menterie , men-

Mensonge, mensonger, v. teur, v. mémoire 2.

mémoire 2.

Menthe, grec mintha.

Mention, mentionner, mentir, v. mémoire^.

Menton, d'où mentonnière, se rattache au latin mentam.

Menu, menuet, menuiserie, menuisier, v. moindre *2, 6.

Méphitique, latin mephiticum.

Méplat, V. place. Méprise, v. prendre.

Méprendre (se), v. prendre. Mépriser, v. prix.

Mépris, méprisable, v.prix.

Mer, latin mare. Dérivés : marin, marine, d'où marinier, mariner (faire séjourner dans l'eau salée, dérivé : marinade) ; marée; le mot savant maritime; romarin, proprt rosée marine, comparez cormoran.

— Au grec ponton, mer, se rattachent les noms géographiques Pont-Euxin et Hellespont (mer d'Hellé). Un autre mot grec de même sens se trouve dans archipel, v. arch-, archi-.

Mercantile , mercantilis- mercure, mercuriale, merme, mercenaire, mercerie, curiel, v. marché^. merci , mercier , mercredi ,

i. Mère, adjectif féminin dans « mère goutte », le premier vin qui coule de la cuve, du latin mcrum, sans mélange.

2. Mère, latin nialrem (ail. rnutter, angl. mother). Composé commère, proprt « mère avec, autre mère », marraine, puis bonne femme du voisinage, d'où commérage, propos de commère. Dérivés : marâtre (sur le suffixe, v. acariâtre)y marraine; et les mots savants : matrone, dame;

MésaUier] du français. 371

matrimonial, qui concerne le matrimonium ou mariage (comparez, au mot père, patrimoine); maternité, maternel; matrice, organe de la mère, moule dont on tire des exemplaires, registre officiel dont on fait des extraits comme on tire des exemplaires d'un moule. Au sens de registre d'inscription pour une société, un régiment, on emploie le diminutif matricule, d'où immatriculer, immatriculation, action d'inscrire sur un registre; une inscription de ce genre est dite matriculaire. Le doublet populaire de matriculaire est marguillier, on appelait ainsi les membres du conseil de fabrique chargés des registres, du budget de la paroisse; plus tard le mot est devenu synonyme de sacristain. Les enveloppes du cerveau étaient appelées « mère » : pie-mère (u. pie 2) la plus tendre, et dure-mère la plus dure. La forme grecque de matrem est mêlera, d"où métropole, proprt ville-mère, et métropolitain, v. police 1.

Méridien, méridional, u. Meringue, origine inçon-

jour. nue.

Mérinos, mot espagnol, d'origine inconnue, qui désigne les moutons transhumants; c'est, comme albinos, un pluriel pris pour un singulier^

Merise, d'où merisier, origine inconnue.

Mérite, latin merilum; dérivés et composés : mériter, méritoire, démérite, démériter, immérité; en latin, mérite ne signifie pas seulement au neutre « ce dont on est digne » (d'où, par connexion, qualité qui rend digne), mais aussi, en parlant de quelqu'un, « qui est digne, qui s'acquitte de ses fonctions », et l'adjectif émérite signifie proprt : sorti de fonctions (dérivé : éméritat), d'où : expert dans son métier.

Merle se rattache au latin merula qui signifie à la fois merle et merlan; merlan est formé avec le suffixe germanique qu'on a dans chambellan; merlus. et merluche, qui nous viennent du provençal, semblent être aussi des dérivés de merula. Diminutif de merle : merlette (terme de blason), oiseau représenté sans bec et sans pattes.

Merlin, masse de boucher Mes, adj. poss., u. me.

origine inconnue. Mes-, piélixe, v. inoindreK

Merluche, v. merle. Mésalliance, mésallier, v.

Merrain, v. malicre. lier.

Merveille, merveilleux, v.

mirer.

372 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Métacarpe

Mésange, origine germanique, cf. allemand meise.

Mésarriver, v. rive. Mésestime, mésestimer, u.

Mésaventure, v. venir. airain.

Mésentère, v. en A et mi. Mésintelligence, v. lire *.

Mesquin, d"où mesquinerie, italien meschino, qui vient de l'arabe mesidn, pauvre, petit.

Mess, message, messager, Messéant, messied, v.sfioir^.

messagerie, messe, u. meffrei. Messidor, u. moisson.

Messie, d'un mot hébreu qui veut dire « oint » et dont Christ est la traduction grecque.

Messire, v. me.

Mesure, d'où mesurer, démesuré, mesurable et mesurage, latin mensiira, se rattache au verbe latin metiri, mesurer, participe passé mensum, d'où dérivent également : dimension (préfixe dis-), « mesure de côté et d'autre »; immense (doù immensité), « qui n'est pas mesuré » ; incommensurable, « qui n"a pas de commune mesure », qui n'est pas mesurable. Le mol latin inensa, qui veut dire table {v. commensal) et d'où vient mense [mense épiscopale, revenu affecté à la table de l'évoque), n'est autre chose que le participe passé féminin de metiri, c'est proprement une planche à dimensions déterminées.

— A la môme famille appartient le mot grec metron, mesure, qui est notre mot mètre, appliqué à l'unité de longueur, d'où : métrique (qui a pour base le mètre, ou qui se rapporte au mètre des vers, à la versification), métrer, métreur. Composés : métromanie, manie des vers; métronome, qui règle la mesure (musicale), v. autonome ; diamètre, d'où diamétral, proprt mesure à travers, comparez dimension ci-dessus ; périmètre, proprt mesure autour; baromètre, v. grief; chronomètre, V. chronique; géomètre, v. terre; thermomètre, v. thermes; dynamomètre, v. dynamique, etc. On a le môme mot grec dans symétrie, correspondance de mesure, préfixe gu/i- = ensemble, (d'où symétrique, dyssymétrique, formé avec le préfixe dys-).

Mésuser, v. us.

Meta-, préfixe grec qui marque succession ou changement, et qui se trouve équivaloir au préfixe latin trans-.

Métacarpe, grec metacarpion, proprt ce qui est après le poignet (les os de la paume de la main); un autre mot grec

Métope] DU FRANÇAIS. 373

karpon a le sens de fruit, et le péricarpe est ce qui entoure le fruit; dans ce sens karpon a la même racine que le latin carpere, cueillir, v. charpie.

Métairie, v. ini^.

Métal, latin metallum (grec metallon), dont un dérivé a produit les doublets médaille, d'origine italienne, et maille (petite monnaie), de formation française. Ce mot maille s'est conservé dans les locutions : n'avoir ni sou ni nmille, et avoir maille à partir (proprt un demi-denier à partager) avec quelqu'un.

— Dérivés et composés de métal : métallique, métalliser, métalloïde, v. forme, métallurgie (doù métallurgique, métallurgiste), travail du métal; sur le second élément -urgie, V. chirurgie.

— Dérivés de médaille : médaillon, qui peut désigner une petite médaille ou une grande médaille, de métal ou d'autre matière; médailliste, connaisseur en médailles; médaillier, meuble pour collection de médailles ; le verbe médailler, gratifier d'une médaille.

Métamorphose, d'où meta- Métaphore, métaphorique,

morphoser, v. meta-, préfixe, v. offrir^. et forme Métaphysicien, métaphysi-

qae, v. physique.

Métatarse, proprt ce qui est après le tarse (qui, dans le pied, correspond au poignet), v. métacarpe.

Métathèse, v. thèse. Méteil, v. mêler.

Métayage, métayer, v.mi^. Métempsycose, u.psyc/iigue.

Météore, grec meteôron qui signifie proprt « soulevé », d'où d'une part gonflé (dérivés : météorisé, météorisme), d'autre part phénomène atmosphérique, au figuré ce qui brille d'un éclat passager (composés : météorologie, météorologique, V. logique^).

Méthode, méthodique, v. épisode.

Méticuleux, latin meticulosum, proprt qui a de petites craintes, de petits scrupules.

Métier, v. moindre, 2, a. Métonymie, v. connaître^

Métis, V. mêler. B, W.

Métope, grec metopê, les métopes sont proprt des ouvertures intercalées (préfixe meta-), v. voir ^.

374 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mettre

Métrage, raètre, métrer, Métropole, métropolitain,

miétreur, métrique, métro- v. mère et police 1. manie, métronome, u. mesure. Mets, v. le suivant.

Mettre, substantif participial mise, d'où miser, vient du latin mittere, supin missum, dont le sens primitif est laisser aller, d'où envoyer, d'une part, et déposer, placer, d'autre part. Dérivés : mettable, qui peut se mettre, présentable, en parlant d'un vêtement; metteur (en scène, en œuvre).

1. Le participe passé latin, dont les dérivés savants sont mission (d'où missionnaire) et missive, avait produit en formation populaire le vieux français mes avec trois valeurs : 1° au féminin, cérémonie religieuse terminée par le missaest, formule de congé des fidèles après l'office, dérivé savant : missel; 2*^ au masculin, «. envoyé », dérivé message, qui a produit messager, lequel a produit à son tour messagerie, où l'idée de transport de messages disparait pour faire place à celle de transport de voyageurs et de paquets ; T au neutre, ce qu'on dépose sur la table, aliments; dans ce sens le mot s'écrit aujourd'hui mets (d'où entremets) et il nous est revenu dAngleterre sous la forme mess, au sens de table d'officiers.

2. Composés de mettre : admettre, proprt laisser venir, dérivés : admission, admissible, inadmissible, admissibilité; — commettre, proprt laisser aller ensemble, d'où 1^ réunir des personnes (dérivé : commission dans une de ses acceptions, et comité, mot qui nous vient d'Angleterre), mettre des personnes aux prises, sens ancien auquel se rattache, avec une idée péjorative, l'acception du réfléchi « se commettre avec quelqu'un » ; 2" réunir une personne et une chose, c'est-àdire confier à quelqu'un (une charge, un soin), ou préposer à une charge (une personne), dérivés : commission, au sens de charge, mission (d'où commissionnaire), commis, commissaire, préposé à une besogne momentanée ou permanente, et commissariat; 3° réunir des choses (dérivé dans ce sens commissure, par exemple commissure des lèvres) ou combiner un acte, l'accomplir, aujourd'hui avec une idée péjorative.

3^ Autres composés de mettre : démettre (préfixe français dés-), déplacer (un membre), et démettre (d'où démission, démissionner, démissionnaire, pn'lixe latin de-), faire descendre d'une dignité; — émettre, faire sortir, dérivés : émission, émissaire; — intermittent (d'où intermittence)

Mî] DU FRANÇAIS. 375

proprt qui laisse aller par intervalles, discontinu; s'entremettre, se mettre entre, dérivés : entremise et entremetteur

— omettre, d"où omission, proprt laisser aller en avant; — permettre, d'où permis, permission, proprt laisser passer;

— prémisses, proprt propositions mises avant les autres;

— promettre, proprt lancer devant, annoncer, d'où s'engager, dérivés : prometteur, promesse ; surcomposé compromettre, jadis : s'engager mutuellement (d'où compromis, et, avec une idée péjorative, compromission), aujourd'hui : aventurer, sens voisin de la signification primitive de promettre;

— remettre, mettre à nouveau, mettre entre les mains de quelqu'un (doù au figuré pardonner), mettre à un autre moment, substantif participial remise (doù remiser), action de remettre et lieu où Ion remet, dérivés savants : rémission, irrémissible; — soumettre, doù soumission, soumissionner (soumettre une proposition en vue d'une adjudication), insoumis: — transmettre, proprt envoyer au delà, doù transmission, transmissible.

Meuble, meubler, v. mou- Meule, meulière, meunerie,

voir 1. meunier, v. moudre^.

Meuglement, meugler, v.

bœuf.

Meurtre, mot d'origine germanique mais de là même famille que mort, dérivés meurtrier et meurtrir; le verbe n'a plus aujourd'hui que le sens de : écraser la chair en y laissant une tache livide, d'où meurtrissure.

Meute, V. mouvoir^. Mezzo-soprano, v. sur^.

Mévente, v. vénal. Mi, note de musique, v. fa.

Mi, adj., du latin médium dont la forme italienne est mezzo (mezzo-soprano, v. sur-) et qui correspond à l'allemand mitte et au grec meson (mésentère, proprt milieu de l'intestin, v. en, A : Mésopotamie, v. fleuve). Le latin médium et son nominatif masculin médius sont entrés tels quels en français, où ils s'écrivent avec un accent sur l'e, l'un dans les sens de « partie moyenne de la voix » et de « intermédiaire dans les expériences de spiritisme », l'autre dans le sens de «■ doigt du milieu ».

1. Medianum et medietatem, dérivés de médium, ont produit en formation populaire moyen (forme savante médian) et moitié. I/adjectif moyen qualifie une situation au milieu, iulermédiaire, le substantif moje/i désigne un intermédiaire

376 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mie

entre la volonté et sa réalisation; moyennant, gérondif de l'ancien verbe moyenner, signifie proprt « par le moyen de » et annonce une condition ; misaine, italien mezzana, désigne la voile du màt du milieu. Dérivés de moitié : moiteen, devenu mitoyen (d'où mitoyenneté), et moitoier devenu métayer, celui qui reçoit pour son travail la moitié des récoltes, d'où métayage et métairie. V. mitaine.

2. Dérivés savants de médium, outre médian, signalé plus haut : médial ; médiat, d'où médiatiser et immédiat (sans intermédiaire dans l'espace ou sans intervalle dans le temps) ; médiocre, de valeur moyenne, d'où médiocrité; médiation, d'où médiateur, action de se mettre, pour les concilier, au milieu des combattants.

3. Composés de mi : demi, formé sur mi comme dedans sur dans; midi, v. jour; minuit; miparti, partagé par le milieu, i;. partir; milieu'; mi-carême, etc.; parmi, proprt par Je milieu. Composés savants : intermède et intermédiaire, qui se place entre et au milieu, médiéval et médiéviste, v. âge; Méditerranée, placée au milieu des terres; méridien (pour *médidien, transformation euphonique qui remonte au latin) et méridional, v. jour. Sur un autre mot de même sens, V. semi-.

Miasme, émanation de matières corrompues, et amiante, proprt qui ne se corrompt pas [a- privatif), se rattachent au verbe grec miainein, corrompre.

Miauler, d'où miaulement, onomatopée.

Mica, V. mie 1.

Miche, origine germanique.

Micmac, espèce d'onomatopée, dans le genre de patatipatata, cf. zigzag, ou peut-être corruption du vieux français mutemaque, émeute, mot hybride formé en Flandre avec le français meute [v. mouvoir) et maken (allemand machen), faire.

Micocoulier, mot provençal d'origine douteuse.

Micro-, préfixe, du grec micron, petit.

Microbe, v. bacille. Midi, v. Jour et arctique.

Microscope, d'où microscopique, V. épice '^.

i. Mie du pain, du latin mica, emprunté tel quel au sens de métal friable, dérivés : miette, émietter, émiettement; peut-être mioche; la vieille formule négative ne... mie.

Mille] DU FRANÇAIS. 377

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