Louer, i). lieu
2. Louer est le latin laudare. Oériyés : louable; louange, d'où louangeur; le mot savant laudatif. Le verbse laudare dérive d'un substantif dont le pluriel, landet^ a donné d'une part le mot liturgique laudes, heure où Ton chante les psaumes consacrés aux louanges de Dieu, d'autre part le vieux mot populaire los, que regrette La Bruyère, et auquel s'est substitué louanges.
Loueur, v. liea,
Lougre, anglais lagger,
Louis d'or, proprt pièce d'or h l'effigie du roi Louis.
Loup est 1q latin lapfim (compar. ail. et angl. wolf), féminin louve, dérivés : lonvat, louveteau, louvetier, d'où louveterie. GaroUy d'origine germanique, signifie « hommeloup » (voy. viril) ^ et la finale -ou vient de wolf; par conséquent; dans loup-garou, l'idée de loup est exprimée deux fois. Sur loup-cervier, voy. cerf. Le nominatif latin lupus sert à désigner un ulcère qui dévore la chair (cf. cancer). Le féminin lupa (d'où lupanar) et sa forme française louve ont eu le sens de <c femme de mauvaise vie ». Une ancienne forme française de loup s'est conservée dans la /locution à la queué-leu-leu = comme les loups, qui cheminent les uns derrière les autres.
— La forme grecque lukon se trouve dans lycanthrope, homme qui se croit changé en loup, d'où lycanthropie, et dans lycopode, proprt pied de loup, nom de plante.
Loupe, origine inconnue.
Lourd, d'où lourdaud, lourdeur, alourdir et balourd (voy. ce mot), peut être le latin luridurriy jaunâtre; on aurait passé par les sens de sale, paresseux, pour arriver k : difficile à mouvoir.
Loustic» de l'allemand lustig, gai.
Loutre, latin lutra.
Louvat, louveteau^ louve- Louvoyer, v. le^.
terie, louvetier, v, lonp.
388 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [LuIre
Lovelace» du nom d'un personnage de Rîchardson.
Loyalf loyauté, v. loi. Lubie, v. libitum.
Loyer, v. lieu.
Lubrique» d où lubricité, est tiré du latin lubricùm, qui indique simplement un penchant, car il signifie « glissant », et le sens primitif se retrouve au propre dans le composé labrifier, voy. faire '.
Lucarne, lucide, lucidité, luciole» v. luire.
Lucre» d'où lucratif, latin lucrum.
Ludion, V. allusion. Lueur, v, luire.
Luette, V. raisin.
Lugubre» latin lugubrem, se rattache au verbe lagere, qui signifie : être dans le deuil.
Lui, V. il.
Luire» latin classique lacëre. Composé « reluire, d'où l'adjectif participial reluisant. A la même racine se rattachent : lueur, qui est le latin *lucorem; bluette, jadis beluetle, d'abord étincelle, et" berlue, proprl mauvaise lumière (v. bis 2 et comparez bévue, au mot voir; avoir la berlue fait commettre des bévues) ; lucide, lacidam (d'où lucidité, élucider, translucide), et probablement lucarne; luciole, diminutif qui nous vient d'Italie; élucubrer, elacabrare^ d'abord produire à la lumière de la lampe, à force de veilles; luzerne, forme provençale qui signifie « ver luisant » et qui a été appliquée, on ne sait pourquoi, à la plante que nous nommons ainsi ; — lustrer, lustrare, proprt « faire briller », et délustrer; lustre, au sens d'éclat et d'appareil d'éclairage; illustre, illustrem, et illustrer, d'où illustration; lustrine, étoffe lustrée; sans doute aussi luxe, luxurrij ce qui brille, d'où luxueux, luxure, luxuria (d'abord abondance, excès au figuré), luxuriant et luxurieux.
— Parmi les mots de cette famille (à laquelle appartiennent l'allemand licht et l'anglais light)^ ceux qui se rattachent au substantif latin lamen^ génitif luminis, méritent par leur nombre une place à part : lumière et son doublet luminaire (d'après lumière, le vieux français limegnon^ bout de mèche, d'origine inconnue, a été refait en lumignon); lumineux; allumer, qui est ^alluminare^ d'où allumeur, allumage, allumette ; illuminer, 1. illuminare, et enluminer, étymologique-
Luxer] du français. 389
ment synonymes (i/- = c/i-, voy. iU-), le premier avec illumination, le second avec enluminure.
— A la même famille se rattache lune, qui est le latin luna^ et ses dérivés : lunette, proprt petite lune (d'où lunetier); lunule; lunaire, sublunaire; lunaison; lunatique, lunaticarrij soumis à Tinfluence de la lune, bien ou mal luné ; lundi, voy. jour; demi-lune, fortification demi-circulaire. — Le mot grec signifiant lune était selénê; la sélénite (ancien nom du sulfate de chaux) était ainsi appelée parce qu'on considérait ce corps comme soumis à l'influence de la lune ; le sélénite est un sel oii entre le sélénium, lequel est ainsi appelé parce qu'il ressemble au tellure (voy. terre) comme la lune va la terre.
Lumbago, v. lombe. naire, lumineux, lunaire, lu-
Lumière, lumignon, lumi- naison, lunatique, v. luire.
Lunch, d'où luncher, mot anglais.
Lundi, lune^ luné, lunetier, lunette, lunule, v. luire.
Lupin, latin lapinum.
Lupus, u. loup.
Lurette, dans la locution « il y a belle lurette », serait une corruption d'heurette (petite heure). André Theuriet a écrit, en rectifiant : « il y a belle heurette ».
Luron, origine inconnue. 2. Lustre, éclat, et lustrer,
Lustral et 1. Lustre, pé- lustrine, v. luire, riode de cinq ans, v. déluge.
Lut, d*où luter, latin lutum, proprt boue. On a sans doute la même racine dans le nom propre Lutèce, Cf. polluer.
Luth, d*où luthier, origine douteuse.
Lutin, d'où lutiner, peut-être déformation, sous l'inlluence de lutter, du vieux français netun, doublet de Neptune,
Lutrin, u, lit.
Lutter, d'où lutte et lutteur, est le latin luctari, d'où inéluctable, 1. ineludabilem j.conire quoi on ne peut lutter, dont on ne peut se dégager.
Luxation, v. luxer. Luxe, v. luire.
Luxer, d'où luxation, latin /axare, que quelques-uns rattachent à oblique.
390 DICTIONNAIRE ÉTTMOL06IOUE [Lyre
iMXumxT, luznre, luxa- Lyoanthrope, liroanthro-
rlant, luzarieux, Inaame, pie, o. loup, Inxemière, v. (aire.
Lyeée, qu&rtîer d'Athènes où ensei^idt Arislote, d'où établissement d'instruction, ddriTé lycéen.
Lyoopode, v, htp.
Lymphe, d'où lymphatiqm, Tient du latin fynq^ha (esn), apparenté h limpide^ et confondu par l'étymologie populaire avec le mot d'origine grecque nympha, français nymphe, divinité des sources, voy. ce mot.
Lyncher, appliquer la loi de John Lynch, colon de Caroline au XVII* siècle.
Lynxy mot grec (apparenté à la famille de laire), nom savant du loup-cervier.
Lyre, d'où lyrique, lyrisme, latin lyra^ du grec lura.
Macabre^ mot tiré, par erreur de lecture, de Fancienne locution (c danse Macabre », c'est-à-dire danse de Macabre, probablement imaginée par un nommé Macabre. Quant à ce nom propre, c'est une déformation de Macbabée.
Nacadaniy nom de l'inventeur écossais Mac Adam.
Macaque^ mot du Congo.
Nacapon^ mot vénitien d'origine inconnue. Bien que macaroni soit originairement le pluriel de macaron, ces deux mots sont arrivés à désigner deux espèces et deux formes de p&tes fort différentes. L'adjectif macaroniqne est appliqué plaisamment h un langage qui est une espèce de faux italien, où les mots modernes sont affublés de terminaisons latines.
Macédoine; la signification de ce mot, comme nom commun, est peut-être une allusion h Tempire d'Alexandre, composé de pays fort divers.
NacépePy d'où macération, latin macerare, pétrir, détremper. Voy. maçon.
Nacfaplane, sorte de vêtement, qui parait être ainsi appelé d'après le nom de celui qui Ta lancé.
MAche, origine inconnue.
Nâchefep a été expliqué comme signifiant « crotte de fer », la première partie du mot étant une forme dialectale; cf. scorie.
Kftoher, v, manger. MAchiooulis, origine incon-
nue.
Machine. Le substantif grec mêkhanê et l'adjectif qui en dérive, mêkhanikon, ont été empruntés par le latin à des époques différentes sous les formes machina et mechanicuin^
392 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [AU^^îster
d'où en français machine et mécamqae. Se rattachent a machine : le masculin familier machin pour désigner od objet dont on n'a pas le nom présent à l'esprit: maftliinal machinerie, machinisme, machiniste, machiner, d où machination. Dérivés de mécanique : mécanicien, qui est une sorte de doublet de machiniste ; mécanisme ; mécaniser.
Xâclioire, mâchonner, mâchare, mâchorer, o. manger.
NaçoHy d'où maçonner, maçonnerie, "^anc-maçon. maçonniqùe^ est le latin populaire *macionem, d'origine doateuse, mais peut-être apparenté à macerare, voy. macérer.
Macreuse, origine inconnue.
Nacpocéphale, formé avec le mot grec qui signifie téie {v. cap *) et l'adj. makron, long, grand (cf. un autre mot grec, de signification voisine, à l'article magne *). Makron est le môme mot que le latin macram, voy. maigre.
Maculé, V. maille. Madame , mademoiselle,
madone, v. dôme^.
Nadapolam, à l'origine calicot de Madapolam, dans l'Inde.
Madeleine (proprt femme de Magdala), nom propre donoé à un gâteau.
Madras, fichu de Madras, dans l'Inde.
Madré, mot d'origine germanique qui signifie proprt tacheté (cf. ail. maser), puis, au figuré, varié dans ses moyens.
Madrépore, zoophyte, agrégat de cellules calcaires qui se multiplient, de l'italien madrepora, dont le second élément est douteux; le premier est sans doute le mot madré, mère.
Madrier, v. matière.
Madrigal, mot italien d'origine douteuse.
Magasin nous vient, par l'italien, d'un mot arabe qni est le pluriel de makhzen, grenier ; dérivés : magasinage, emmagasiner.
Mage, latin magum, grec magon, d'origine persane, signifie prêtre dans rois mages, et a eu aussi le sens qui s'est conservé dans le dérivé magicien. Autres dérivés : magie» magique. Sur mage dans « juge mage )>, voy. magne ^.
Magister, magistère, ma- gistral, magistrat, magistra'
ture, V. magne^.
Mûgne] DU FRANÇAIS. 393
Magnanerie se rattache au provençal magnan, ver à soie, d origine douteuse.
Magne se rattache à une racine qui a la forme mag- en latin, meg- en grec, et qui exprime l'idée de grand.
1. On retrouve cette racine dans l'adjectif grec megas, génitif megalou, d'où oméga (v. ce mot), mégathérium (v. thériaque)y mégalithique (v. pierre)^ et mégalomanie. Cette racine a produit en latin : l'adverhe magiSy devenu mais, dont le sens primitif est « plus », conservé dans n*en poaooir mais, voy. mais ; le nom du dieu Maïus, qui préside à la croissance, nom donné à un mois, français mai; l'adjectif ma^/ium, français Magne, surnom de l'empereur Charles; le comparatif major, accusatif majorem, représenté par le substantif maire, qui est major (proprt le plus grand de la ville), par major, forme toute latine, par majeur et par le provençal maje écrit mage dans «juge mage » (cf. mage); le superlatif maximum. Nous allons voiries dérivés de chacun de ces mots.
2. Â magis se rattache le substantif latin magister, emprunté tel quel avec son dérivé magistère, 1. magisterium, et dont la forme populaire en français est maître, proprt celui qui est plus que les autres, comme le ministre (v, moindre) est celui qui est moins ; composé contremaître, maître adjoint; dérivé : maîtrise, d'où maîtriser; notez l'emploi de maîtrise au sens restreint de <( chœur dirigé par un maître de chapelle )>. Autre dérivé de magis : magistrat, magistraiam, d'où magistrature. Des spécialisations plus ou moins anciennes ont différencié les sens de magister, de maître et de magistrat. Ajoutez l'adjectif magistral et son doublet provençal mistral, vent « magistral ».
3. Magnum se trouve non seulement dans Charlemagne, mais aussi dans magnanime (à l'âme grande, voy. âme), dans magnificence et magnifique, \oy. faire '^, et dans magnificat, nom d'un cantique latin qui commence par ce mot, troisième personne de l'indicatif présent du verbe latin magnificare, « exalter », en français magnifier.
4. A major, plus grand, se rattachent, outre maire, majeur, major et juge mage, cités plus haut : majorité, majorer, majoration, majorât (proprt propriété du plus grand, de Taîné); majuscule (proprt un peu plus grande); majesté, majestatem, majestueux; majordome (v. dômei),
5. Le mot latin maximum, qui signifie en latin très grand et le plus grand, a été emprunté tel quel, ainsi que son plu-
394 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Maillot
riel maxima. Notre mol maxime n'est pas autre chose que ce superlatif employé substantivement en sous-entendant l'idée de <( pensée, sentence » ; c'est proprt une pensée très grande, de grande importance, une règle de conduite.
Magnésie (d où magnésium], et manganèse venu par l'italien, lat. magnesia, se rattachent au grec magnés, génitif magnétos (d'où magnétique, magnétiser, magnétisme), dont le sens propre est : de Magnésie, ville abondante en aimants, puis : aimant. La substance dite magnésie est ainsi appelée par assimilation de forme et de couleur avec l'aimant naturel.
Kagnifioat, xnagnlticenoe, Magnolia, v. aeaeia.
magnifier, magnifique, v. 1. Magot^ trésor, origine
magne ^. douteuse, v. mijoter.
2. Magot, gros singe et statuette chinoise, a été rattaché au Magog de la Bible, peuple d'Asie Mineure.
Mai, V. magne *.
Maie, d'abord mait, est le grec latinisé magidem, pétrin.
Maigre est le latin macr^um. Dérivés : maigrelet, maigrichon, maigreur, maigrir. Composé amaigrir, d'où amaigrissement. L'adjectif émacié, lat. emaciatum, est de la même famille. Cf. macrocéphale.
Mail (d'où maillet), masse de bols servant à pousser une boule, est le latin malleam, marteau, d'où malléable, qu'on peut façonner au marteau.
1 • Maille, boucle, d'où maillon, démailler, tramail (filet à trois liappes de mailles, v. trois), camail (v. cap »), maillot (composés : emmailloter, démailloter), est le latin macula, qui signifie tache et boucle. Le sens de tache se retroare dans les mots savants 'maculé, immaculé. La forme italienne macchia, broussaille et tache, nous a fourni notre mot maquis* maquette, proprt simple tache, ébauche, est tiré du diminutif italien macchietta.