‹ Dictionnaire étymologique de la langue franc̜aiseChapitre 110 sur 169 · Mine, v. lé suivant · texte numérisé non relu

Mine, v. lé suivant

NinePy creuser la terre pour extraire ou pour ^ faire écrouler, origine probablement celtique. Substantif verbal mine, d'où mineur, minier, minière, qui ont eux-mêmes produit minéral, minerai; dérivés de minéral : minéraliser, minéralogie, minéralogiqne, minéralogiste, t;. logique ^. Le verbe miner a aussi produit minable, « qui peut être renversé par une mine », d'où : fragile, misérable.

Ninety minon, sorte d'onomatopée enfantine, ne semble pas avoir de rapport avec l'ancien français minette, petite mine.

Mineur, 9. miner ou moin- Minima, minime^ minl-

dre^. mwai, V, moindre ^ .

Miniature, v. minium. Ministère, ministériel, mi- Minier, V. miner. nistre, v. moindre *• <>.

Minium», mot latin désignant une substance colo]:antè rouge, d'où miniature (dérivé : miniaturiste), qui est d'origine italienne et qui s'est d'abord appliqué à la peinture rouge sur parchemin. Voy. carmin au moi kermès.

Minois, V. mine^. Minute, minuter, minutie,

Minorité, u. moindre^, minutieux, v. moindre '^^ ^.

Minoterie, minotier, v. Miocène, v. récent,

mine 3. Mioche, v, mie i.

Minuit, V. nuit, Miparti, v. partir,

Bfinuàoule, v. moindre ^.

fUinabellef prune de Mirabel.

422 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mitoyen

Miraole, mirage, mire, v.^e suivant.

Nipep est le latin mirari (cf. anglais Mmilé), dont le sens primitif a sans doute été « sourire », puis s'étonner, admirer, regarder. Substantif verbal mire. Dérivés : mirenr; mirage; miroir, d'où miroitdr, miroitement, miroitier; le mot savant miracle, miraculum^ et miracalenx ; le mot populaire meireille (pluriel lat. mirabilia), et merveilleux, s'émerveiller, émerveillement. Composés : admirer, d'où admiration, admirateur, admirable, admiratii; mirifique. mirificumy qui produit l^émerveillement, voy. faire"^. Sar mirobolant, voy. myrobolan.

— Le mot grec qui signifie miracle est thauma, génitif thaamatasy d*où thaumaturge, thanmatnrgie, voy. ehirargie.

Mirllflore, mirliton, mois roiter, miroitier, v. mirer.

d*origiae inconnue. Kirotbn, origine inconnue.

Miroir, miroltaiiMBt, al* Misaine, v, mi, adjectif^.

Misanthrope et misanthropie (comme misogyne, v. gynécée) contiennent le verbe grec mûem, haïr; v. anthropologie.

Miae, miaer, v. awflr».

Misère* Au latin mûeram, malheureux, se rattachent les dérivés : misère, miseria^ miséreux, misérable, miserabilem^ et les composés ; commisération (du verbe commiserariy of . compassion et sympathie au mot pâtir) ; miséricorde, miséricordieux, voy. ccear.-Miséréré est Timpératif du verbe latin misereri et signifie proprt : aie pitié, d*où le nom donné À des coliques intolérables.

Miaogyne, 9. misaKtkrope%X nalre, misBiTo, o. mettre^gynécée, Mistigri, origine inconnae.

Miflsel, miailon, mission- Mistral, v. magne^.

Mitaine et l'ancien français mitoufle (d'où emmitouflé) dérivent du vieux mot mite, qui a le môme sens et qui parait se rattacher à mediam (voy. mî, adj.), c*est une moitié de gant.

Mite, insecte, se rattache au radical germanique nût-j qui signifie « couper menu »; autre ^érivé : mitraille (jadis mitaille), d'où mitrailler, mitrailleuse.

Mitiger, latin mitigare^ dérivé de mitem, doux, v. agir ^

Mitonnar, origine ineoa» Mitoyen, mitoyeniist^ *•

nue. mi, adJ.*.

Mode] DU FRANÇAIS. 423

Mitraille, u. mite.

Mitre, grec mitra ; les garçons p&tîssiers ont été probablement appelés mitrons parce qu'Us portent une coiffure spéciale qu'on a assimilée plaisamment à une mitre.

Mixte, mixture, v. mêler. Mobile, mobilier, mbblli«

Mnémonique, xonômo- sable, mobilisation, mobiliteohniqae, v, mémoire^. ser, mobilité, v. mouvoir *^.

Mode, du latin modum, qui signifie mesure et manière.

1 . Dérivés : modal, d'où modalité ; modique, h modkumy proprt mesuré, d'où modicité; modiste, qui s'occupe des modes ou manières de se vêtir, et spécialement de la coiffure des dames; moduler, lat. modulari, d'où modulation, proprt mesurer, les sons, les cadencer; modérer, moderare. proprt mesurer, d'où modéré, immodéré, modération, modérateur,, modérantisme ; modeste, modestamy modéré dans sa tenue, dans ses prétentions, d'où immodeste, modestie ; muid (qui est modiurn, d'où amodier, proprt affermer pour un certain nombre de muids), mesure de capacité, et moyeu de roue (ressemblant à un petit muid), qui est modiolum ; trémie pour trémaie, qui est trimodiaf proprt mesure de trois muids.

— Le diminutif module, modulam, désigne originairement la mesure diamétrale d'une colonne, à laquelle se rapportent les autres dimensions, d'où le sens de « type » attribué au doublet moule (dérivés : mouler, mouleur, moulure, moulage, surmouler), et celui d'objet d'imitation, attribué au diminutif italien modèle (dérivés : modeler, proprt faire un modèle^ modeleur, modelage). Mais modillon, italien modiglione, se rattache h un autre mot latin, matulum, même sens.

2. L'adverbe mod!o signifie ly dans un temps modiquement éloigné, récent », d'où moderne, bas latin modemumj moderniser, modernisme, moderniste.

3. Composés de modum ou de mode : comme (proprt de quel mode), où -me représente mode^ et co- le pronom relatif à l'ablatif, est le latin quomodo, sur comment voy. mémoire ^ ; modifier, faire un arrangement, et modification, yoy, faire ^ ; commode, 1. commodum (préfixe com-)^ proprt qui s'arrange avec, approprié, dérivés : commodité, accommoder, accommodation, raccommoder, raccommodement, raccomm'odeur, incommode, incommodité, incommoder; démodé, passé de mode.

424 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOQlQUË [MoJodré

Mod-. Chercher dans l'arti- cle précédent tous les mots

commençant ainsi.

Moelle^ d'où moelleux, est le latin medulla, d'où médullaire ; le mot grec qui signifie moelle est moeZon, d'où myélite, afTection de la moelle.

Moellon, origine inconnue. Bernard Palissy le tirait de latoelle : « les dites pierres tendres sont appelées moUons à cause q[u*elles sont mal condensées. »

Mœurs est le latin mores, coutumes, caractère. Dérivés : morose, latin morosam (qui a trop de caractère, original, singulier, grognon); Tadjectif moral, moralem, relatif aui mœurs, ou relatif à Tàme, ou conforme aux bonnes mœurs, d'où : le substantif morale, moraliser, moraliste, moralité, immoral et amoral (voy. a- préf.), immoralité; démoraliser, proprt ôter le moral, qui a produit à son tour démoralisation, démoralisateur.

— Le mot grec qui signifie mœurs est êthos, d'où le substantif éthique, qui équivaut à morale; le mot ithos dans la locution (( l'ithos et le pathos » (les mosurs et la passion] n'est autre chose qu'une graphie d'êthos conforme à la prononciation grecque moderne.

Mohaip est la forme anglaise qui a produit moire, et vient de l'Inde ; du sens d'étoffe brillante en poil de chèvre, qui est encore le sens de mohair, on a passé au sens d'étoffe chatoyante, dérivé : moirer, d'où moirage.

Moi, V. me. Moignon, origine inconnue.

Moindre (d'où amoindrir) est le latin minor, et moins, le latin minus, ce sont originairement deux formes, l'une masculine et féminine, l'autre neutre, d'un mot qui signifie « plus petit », cf. l'allemand minder et aussi le grec meion, qui entre dans la composition de miocène, voy. récent,

1 . Le ' doublet savant de moindre est mineur, qui se retrouve sous la forme tout à fait latine dans le dérivé minorité. La forme latine du neutre moins se retrouve dans le diminutif minuscule. Minus lui-même a donné, oalre moins, notre préfixe péjoratif mes-, mé-, qu'on peut traduire ordinairement par <( mal », mais qui signifie proprt moins ou en moins (l'évolution du sens a peut-être été favorisée par le préfixe germanique missa-).

— Le superlatif qui correspond k ce comparatif est minime, dont la forme latine neutre est au singniier

Moin^ ro FRANÇAIS. 425

minimum ^t au pluriel minima, mots que nous avoBs empruntés tels quels.

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