A minor^ minuSy se rattachent
a. Le substantif ministre, 1. ministrum (dérivés : ministôre, administrer, etc.), dont le sens primitif est : inférieur, serviteur, celui qui agit sous les ordres d'un maître. Le doublet populaire de ministère, lat. ministerium, est métier. Les dérivés ménestrel et ménétrier, d'origine populaire, désignent, avec des nuances de signification, des gens faisant (( métier » d'amuser le public par leurs chants et leur musique.
6. Un verbe au sens de <( rendre plus petit », minuere, qui n'a passé en français que dans le composé diminuer (rendre moindre en séparant, dérivés : diminution, diminutif); nous avons le participe passé de ce verbe sous la forme populaire de l'adjectif menu, qui est minuiam, et la forme savante du féminin minute, employé substantivement aux sens de : subdivision de l'heure, brouillon en écriture menue, d'où minuter. L'adjectif menu, employé substantivement, signifie proprt programme de repas « divisé en menus articles », détaillé (cf. devise, au mot veuf, et détail) De minutum dérivent encore : le verbe *minutiare, devenu menuiser (d'où menuisier), détailler du bois pour, faire des meubles; le substantif menuet, danse à petits pas ; le mot savant minutie, minatia, petit détail, d'où minutieux.
Moine, qui est le latin *monacham, du grec monakhon, d'où monacal, signifie proprt homme qui vit seul, ermite {ermite lui-même signifie : qui vit au désert). Un monastère, *monasterium; est une maison où l'on vit non pas seul, mais isolé du monde profane; ce mot a un doublet populaire, montier =^ monastère, église. Moine a produit les diminu* tifs moineau, moinillon, le premier appliqué par plaisanteri^ à un oiseau, voy. passereau.
— Le grec monakhon dérive de l'adjectif monon, seul, qui se retrouve dans : monade, proprt unité; monôme, proprt suite unique, ininterrompue [v, autonome); monarque, qui commande seul (v, arch-, archi-); monochrome, d'une seule couleur, v, couleur ; monocle, qui sert pour un seul œil ; monogame, qui n'a qu'une femme, v. bigame; monogramme, mot écrit avec un seul caractère, v, graphie^; monographie, écrit sur un seul sujet; monomanie, manie portant sur un seul point; monolithe, fait d'une seule pierre; monologuer,
436 DICTIONNAIRE ÉTTMOLOGIQUB [MonftCO
parler seul, v, logique^; monopole, proprt commerce d'un seul, du grec pôlein, vendre; monotone, d'un seul too; monothéisme, doctrine n*admettant qu'un dieu, v. diea^ monosyllabe, etc. Cf. êeuly mot d'origine latine exprimant la même idée
Moineau, v. moine, Moixe, moirer, v. mohair
KoiiiB, V. moindre.
Mois est le latin mensenij qui est apparenté à mensara (v, mesure) ainsi qu'au nom de la lune en allemand, moni et en anglais, moon; c'est proprt la période lunaire, mesure du temps. De mensem dériyent les mots savants : mensnel. d'où mensualité; bimensnel, v. bU; trimestre, d'où trimestriel, V. trait; semestre, d'où semestriel, «. six.
Moisir, moirt— ar>, v. mueus.
Moisson, d'où moissonner, moissonnenr, est le latin messionem, dérivé de messem, sur lequel a été fait messidor.
Moite, mottenr, V. mousM f. Moitié, o. mi^»
Moka, café de Moka en Arabie.
Mol, V. mou, I Molaire, v, moudre *.
Nôlef'venu par l'italien, latin molem^ masse. Dérivés: molécule, proprt petite masse, d'où moléculaire ; molester. 1. molestarey d'abord embarrasser. Composé : démolir, demoliri, d'où démolition, démolisseur. Cf. meule (de foin) à moudre * .
Moleskine, anglais mole-skin, proprt peau de taupe.
Molester, v. màU, molleton, mollir, moUnsqae,
Molette, V. moudre *. v, moa.
Mollasse, mollesse, mollet,
Molosse, chien de Molossie.
Moment, momentané, v. mouvoir^.
Momerie, proprt et anciennement déguisement, origine douteuse.
Momie, d'où momifier, momification, se rattache au persan mûmy cire.
Mon, V. me. Monacal, v. moine.
Monaco» proprt monnaie fabriquée dans la principauté de Monaco.
Mont] DU FRANÇAIS. 427
Monade, monarolile, mo- narque, monastère, menasnarchiqne, monarchiste, m 0-' tique, v. mo/ne.
Monoeau, v. mont.
Monde, du latin mundum, qui signifie à la fois ordre dans l'univers, univers, et ordre dans la toilette, propreté. A une acception dérivée du premier sens se rattachent mondain, d'où mondanité, et mappemonde, voy. nappe. Au second sens se rattachent : le vieil adjectif monde, pur, d'où immonde, immondices, immanditias, orge mondé, émonder. Comparez aux deux sens de mundum les deux sens de kosmon, voy. cosmétique.
Monétaire, v. monnaie,
Noniteup, latin monitorem, d'où monitor, proprt avertisseur, se rattache au verbe moner.e, supin monitum, avertir, appeler l'attention, faire souvenir. Autres dérivés, et composés : monitoire et prémonitoire; semondre, qui est submonere, proprt avertir en dessous, d'où semonce; admonition, admonester, et admonestation ; monupient, monumentiim, proprt édifice commémoratif, et monumental; monstre, monstrum, d'où monstrueux, monstruosité, proprt avertissement céleste, prodige; montrer, qui est monstrare, d'où : montre, action de montrer, et instrument montrant l'heure (dans ce sens, le mot a d'abord désigné le cadran), montreur, démontrer, démontrable (et les mots savants démonstration, démonstrateur) ; remontrer, représenter un tort, d'où remontrance. Voy. le mot suivant.
Monnaie (d'où monnayé, faux mônnayenr) est le latin moneia (d*QÙ monétaire, démonétiser), identique à l'épithète moneta, proprt « la donneuse d'avis » (cf. moniteur), suriiom donné à Junon en raisoii des avertissements qu'elle avait adressés aux Romains ; le temple de Junon Moneta était en même temps un atelier monétaire, d'où le nom donné aux pièces qui en sortaient. D'après une autre étymologia, le surnom de Junon viendrait de l'atelier monétaire, et moneia (toujours de la famille de monere, mais d'origine grecque) aurait le sens de « signe d'échange ».
Mono- (Mots commençant Monsieur, r. seigneur,
par), y. moine, et cherchez le Monstre, monstrueux,
mot qui forme le second élé- monstruosité, v. moniteur. ment du nom composé.
Mont est le latin montem (v. éminence). Dérivés et com-
428 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mordoré
posés : amont; montueux, monticale, mots savants; montagne, qui est *montanea, d'où montagneux, montagnard; monceau, qui est *monti4ieUum, d'où amonceler, amoncellement; ultramontain, d'au delà des monts; promontoire, « élévation qui s'avance » dans la mer; tramontane, forme italienne (préfixe ira-), étoile et vent du nord, d'au delà des monts pour les Italiens. — Le mot grec qui signifie montagne est orosy d'où orographie, orographique, v. archal Le mot germanique de même sens est berg, v. iceberg] montagnes russes, ail. ratschberg, de ruUchen, glisser. . — Sur montem a été fait le verbe *montare, devenu monter, aller en haut, élever (notamment élever le poids d'une horloge, d'où, par analogie, tendre les ressorts d'un mécaDisme), mettre (une machine) sur pied.« Substantifs participiaux : montant et montée. Dérivés : monteur, montoir, montnre, montage. Composés : démonter, proprt désarçonner, aussi défaire une machine « montée », d'où démontable, démontage; remonter, d'où remonté, remontée, remontoir; surmonter, monter au-dessus, d'où insurmontable.
Nontgolflèpey ballon inventé par les frères Montgolfier.
Montjoie, proprt mont de la joie, cri de guerre des Français au moyen âge et monceau de pierres pour marquer les chemins.
Montrable, montre, mon- Monument, monumental,
trer, moiatreur, v. moniteur, v, moniteur,
MontueUx, monture, v..
mont.
Moquer, d'où moquerie, moqueur, origine douteuse. Cf. grec môkon, moqueur.
Noquettef étoife, origine sans doute germanique. Norainey provençal mourreno, d'origine douteuse.
Moral, morale, moraliser, Moratoire, moratorium, v>
moraliste, moralité, v, mœurs. demeure.
Morbide, latin morbiduni, se rattache à morbum, maladie: morbidesse, emprunté à l'italien, signifie proprt aspeol maladif, d'où délicatesse.
Morbleu, V. ditfu^. Mordlenne, mordien, >*•
Morceau, morceler, mor- dieu^.
cellement, v. mordre,
Mopdopé, proprt brun doré, comprend le nom propre
Mort] 3U FRANÇAIS. " 429
Maure (de Mauritanie, cf. matamore), dont moricand, morillon et peut-être aussi morille, champignon noir ou brun, sont des dérivés.
Mordre^ latin classique mordëre, supin morsum. Dérivé^ : mordant, mordeur, mordiller; mordicant, ^mordicantem^ mordicus^ adverbe tout latin, en mordant, sans démordre; mors (de cheval); morsure; morseau, proprt fragment coupé avec les dents, écrit à tort morceau, d'où morceler, morcellement; remords, reproche de la conscience, assimilé à une morsure.
Morfondre, v, morve.
Mopganatique se rattache vraisemblablemient à Fallemand morgen gabe, don du matin, sorte de douaire assuré à réponse de rang inférieur.
Nopgue, d'origine inconnue, a* d'abord désigné l'endroit où les prisonniers étaient examinés attentivement pour qu'on pût les reconnaître, d'où : lieu d'exposition pour les cadavres; on explique difficilement le sens de « air hautain », c'est peut-être un autre mot.
Moribond, v. morU MoriUe, morillon, v. mor^
Morlcaud, V0 mordoré. doré.
Morigéner, origine douteuse.
Nopion, casque, mot espagnol.
1 • Morne, adjectif, origine germanique (cf. anglais mourn, être triste).