‹ Dictionnaire étymologique de la langue franc̜aiseChapitre 112 sur 169 · Nome, subst., colline, mot venu des Antilles · texte numérisé non relu

Nome, subst., colline, mot venu des Antilles

Morose, v. mœurs.

Morphine, substance soporifique, du nom de Morphée, dieu du sommeil; dérivé : morphinomane.

Morphologie, v. forme. Mors, morsure, v. mordre.

Morse, mot finnois.

Mort est le latin mor/«m, de la même famille que ambroisie et meurtre, voy. ces mots, et que l'anglais marder et l'allemand mord. Dérivés et composés : mortel, qui est mortalem, mortalité (et immortel, immortaliser, immortalité) ; maiemort, voy. mal, adjectif. Du verbe latin mori, issu de la même racine, participe passé mortaum (d'où mortuaire), vient monrir, par *morire; moribond, 1. moribundum; mortifior.

430 ^ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Monche

rendre mort (la chair), et mortification, v, faire''. Amortir, uaiquement employé au figuré, d'où amortissement, amortissable, est de formation française.

Mortadelle, u. mortier. Mortalité, mortel, o. mort.

Mortaise, origine inconnae.

Mortier est le latin mortariurriy vase à piler, et sable pilé, mélangé à la chaux ; la mortadella italienne, français morta- , délie, est faite avec de la chair pilée.

Mortification, mortitier, mortuaire, v. mort

Morue^ origine inconnue. La forme dialectale molae &it penser à un rapport possible avec merljis.

Morve d'où morveux , origine douteuse ; morfondu, signifie proprt fondu en morve, et s*est dit d'abord d'un cheval cat^arrheux; sens figuré : « pénétré de froid ». Le verbe se morfondre est arrivé au sens de « perdre du tempe à attendre ».

-Mosaïque, mosalstay v. muse.

Mosquée^ origine arabe.

Mot, d'où motet (petit morceau 'de êhant) et peut-être aussi le mot plaisant motus (pas un mot!), parait être le latin muttum, grognement.

Moteur, motif, motion, motiver, motooyole, v. mouvoir^.

Motte, origine germanique.

Motus, V, mot.

M0U9 mol, est le latin mollem. Dérivés : mollet, adjectif (d'où molleton) et substantif (d'où molletière); mollesse: mollasse; mollusque, mot formé à l'imitation du latin mo/lasca, noix . molle ; mollir (émollient, mot savant), d'où ramollir et ramollissement. Mouiller, d'où mouillette, monillage (endroit où bn mouille les ancres) et mouillure, est *molliare, du latin populaire, proprt amollir.

Mouche est le latin musca (racine mus- imitant le bourdonnement). Dérivés : moucheron ; moucheroUe, petit oiseau; mouchet, petit faucon, devenu émouchet, peut-être sous l'influence d'épervier; mouchard, comparé à la mouche qui s'insinue partout; moucheter, parsemer de points, de mouchetures, ou garnir d'un petit tampon, assimilé à «"^ mouche; moustique (d'où moustiquaire), tiré de l'espagool

Moufette] DU FRANÇAIS. 431

mosqaitOy avec une métathèse de coDsonnee semblable à celle qu'on constate dans étincelley voy. ce mot. Composés : émoncher, débarrasser des mouches, d'où émoucheur; démoucheter, enlever la « mouche ».d'un fleuret.

— Le mot français mousquet (d'où mousqueton, mousqneterie, mousquetaire) vient de la forme italienne d'émoachet, et sig^niûe proprt faucon, Farme ayant été comparée à l'oiseau de proie et de chasse.

Moucher, moaohette', moaohear, mottohoir, v. mooBS.

Moudre, anciennement moldrêj est le latin molere, broyer, supin molitam. Le d n'a de raison d'être qu'à l'infinitif (et aux temps qui en dérivent), où il a été consonne de transition entre / et r.

1. Dérivés : mouture; moulin, qui est le latin *molinumy machine à moudre, d'où mouliner, moulinet (faire le moulinet, c'est proprt faire le petit moulin) ; meunier (jadis mounier, qui est *molinariam) et meunerie; meule à moudre (qui est mola), d'où pierre meulière ; par comparaison, le nom de meale a été donné aussi auv pierres h aiguiser, et aux tas. arrondis de foin ou de paille ; toutefois meule, dans, le dernier sens, a été aussi rattaché à une racine celtique ou au latin molenij voy. môle. Autres dérivés : molette, proprt petite meule, et molaire, lat. molarem, dent qui broie.

2. Les composa émondre, part, passé émoulu, et rémouleur, se réfèrent pour le sens à la signification de « pierre à aiguiser » attribuée à meul^. Le mot rémoulade, d'origine italienne, a été rattaché à cette famille comme ayant désigné jadis un onguent où entraient des éléments moulus très menu ; on a rapproché aussi ce mot du latin armoracia, raifort.

3. Le latin emolumenium, français émolument, s'est d'abord appliqué au gain du meunier.

4. Le composé latin immolare signifie proprt : mettre sur la victime la mola ou gâteau sacré en forme de meule, puis sacrifier; en français immoler, d'où immolation.

5. Le mot grec qui correspond au latin mola est malê, d'où le dérivé amulon (qui n'a pas été préparé à la meule, oprivatif) dont le français amidon est une corruption. /

Mouet probablement onomatopée.

Mouette, racine germanique, cf. anglais mew, ail. môwe. Moufette» exhalaison méphitique et espèce de putois, origine inconnue.

CLiDAT. — DICT. éTYM. FRANQ! >29

432 ' DlcnONNAlRE ÉTYMOLOGIQUE [Mousseline

Moufle, espèce de gant et système de poulies, origine germanique.

Mouflon (mouton sauvage), mot sarde.

Mouillage, iiioalllor,moiiil- Monlage et 1. Koole, o.

lettc, znoulUare, v. mou. mode.

8. Moule, espèce de mollusque, et son doublet sayant masde (d*où masclé, mnscolaire, musculatare), viennent du latin maiculum, qui signifie proprt petit rat, souris. I^s muscles sont ainsi appelés parce que, dans leur contraction, il semble qu'on voie le mouvement d'une souris courant sous la peau, et il y a aussi ^ne certaine analogie de forme entre la moule et la souris. Toutefois on a proposé de voir là deux mots différents,, mtocu/am et mûsculumj et non pas deux prononciations différentes 4tt même mot. Musaraigne signifie proprt « rat araignée ».

— La forme grecque du mot qui signifie « souris, moule et muscle » est mus, génitif muas (cf. ail. maiM,angl. mouse], composés : myosotis, proprt oreille de souris, voy. oreille^ et myotomie, dissection des muscles ; myograpbe (voy. graphit% appareil enregistreur des contractions des muscles.

MoulAT, moalanr, v. mode. Mouron, origine inconnue.

Moulin, mouliner, mouli- Mousquet, mousquetaire,

net, V, moudre. mousqueterie, mousqueton.

Moulure, v, mode. v. mouche, , Mourir, v. mort.

i» Mousse. La mousse est molle, bumide, boursouflée, arrondie ; de là les sens divers qu'ont pris les deux formes, moiie et mousse, de l'adjectif populaire muscidum dérivé du latin musmm (qui désigne la plante mousse, ail. moos) : mousse employé substantivement, la plante et l'écume; mousse adjectif, <c qui ne coupe pas », dérivé émousser; moite, d'où moiteur, légèrement bumide. Ambroise Pare réunit les deux formes : « yeux pleurans, moites ou mousses «.

— Dérivés de mousse plante : mousseron, espèce de champignon, et moussu. Dérivés de mousse écume ; mousser et mousseux. Mousse écume a été aussi rattacbé au latin mulgère, traire, supin mulsum, cf* émulsion,

2. Mousse, apprenti marin, de Titalien hnozzo ou de l'etpagnol mozo, d'origine incertaine.

Mousseline» petite étoffe légère de Mossoul en Turquie d'Asie.

Mouvoir] ou FRANÇAIS. 433

MoQBser, mousseron, mousseux, v. mousse f. Mousson se rattache à un mot arabe qui signifie saison.

Moussu, V. mousse 1. Moustiquaire, moustique^

Moustache, moustachu, v. v. mouche, manger.

Moût est le latin mustum; la moutarde (dérivé moutardier) est faite de graine de sénevé" broyée avec du moût de vin. Sur Tautre sens de moutarde^ voy. sénevé.

Moutard, origine inconnue. Moutier^ v. moine.

Moutarde, v. moât,

Noutoiiy origine sans doute celtique, .dérivfSs : moutonnier, moutonneux, moutonner, moutonnement, ces derniers s'appliquant aux accumulations de petits nuages blancs /Ou de petites vagues blanches qui font penser h la toison des moutons.

Mouture, o. moudre.

Mouvoir est le latin movere, supin motam {*movitum en latin populaire).

1. Dérivés : mouvance, terme féodal, et mouvement (d'où mouvementé), dont moment, momentam pour *movimentum^ est une autre forme (la durée se mesurant par des mouvements, cf. la locution en un, clin d'œil). Dérivé de moment : momentané.

— A la racine de movere se rattachent Tadjectif mobile, 1. mobilem (automobile, v, auto-, locomobile, v. lieu) et son doublet meuble, proprt qui peut se mouvoir, d'où : mobilité, mobiliser, mobilisable, mobilisation ; mobilier et meubler, démeubler, ameublement, ameublir; immobilité, immobiliser, immobilier et immeuble. On a dit « le premier mobile », dans l'ancienne astronomie, en parlant de « la première sphère céleste, qui, tout en se mouvant, donne le mouvement aux autres », c'est ainsi que premier mobile, devenu ensuite mobile tout court, a passé (sauf en mécanique) du sens de « qui se meut » au sens de « qui meut », mobile d'une action.

— Au supin se rattachent : meute, qui est *movita, mise en ihouvement (d'où partie de chasse, puis troupe de chiens), ameuter, mutin, pour meutin, se mutiner, émeute et émeutier; moteur, motorem (d'où motocyclette) et loco-

434 DICTI0N5AIIUS ÉTYMOLOGIQUE ^ [Mflêr

motenr, v. liea ; motrice ; motion, motionem, et locomotion ; motif et locomotive ; motion et motif (d'où motÎTer] expriment Tun et l'autre, à des points de vue diflereots, une iaée de mise en mooTement; faire une mùtiotij c'est mettre une idée en avant.

2. Composés de mouvoir et du latin matière. : amoTible, qui peut être écarté, inamovible. inamoTibilité: commotion. mouvement d'ensemble, ébranle lient ; émonToir, mouvoir hors de (hors du repos), troubler, et émotion yjèmi est d'une autre origine, voy. ce mot; : promouvoir, mouvoir en avant, au figuré, et promotion, promoteur; remoos^ pour remoa {y s s*explique comme pour relais)^ mot d'origine provençale, action de mouvoir en arrière.

Ifojen, ttioyenaant, v,mi^. Moyeu, v. mode <.

NUCUS9 mot tout latin, qui désigne proprt récoulement nasal, d'où le sens de liquide visqueux. Dérivés savants muquenx, mnqnense; mucosité, mucilaginenz. De mum viennent deux verbes latins : mucere en latin classique. ^muccare en latin populaire. F^e premier est devenu moisir, d'où moisissure ; le second moucher, d'où mouchoir, moachettes, monchenr ; mouchoir a d'abord désigné un morceau d'étoffe carré pour se moucher, puis, par extension, un morceau d'étoffe carré soit pour se moucher, soit pour se couvrir le cou, ou, dans certains pays, la tète. On a rattaché à cette famille mycologie (v. logique ^), science des champignons, du grec mukên, champignon, auquel est apparenté le nom de la ville de Mycènee'.

Nuep (d'où mue) est le latin mutare, changer. Dérivés et composés, de formation populaire ou empruntés : mutation; immuable, immutabilité; commntatenr, conuDaer; remuer, remuement; permuter, permutation; transmaer, transmutation. A l'adjectif dérivé mutuum, réciproque, se rattachent : mutuel, d'où mutualité, mutualiste; ce même adjectif latin s'employait substantivement au neutre dans le sens de « prêt » (réciprocité d'engagement pécuniaire- et le composé promutuum {pro = en avant) signifiait proprt avance d'argent, d'où le surcomposé populaire * impromatuare qui est devenu le français emprunter, où pra- est une forme exceptionnelle du préfixe pro-, et où nt est ce qui reste de la racine mutuum; substantif verbal emprunt, dérivé : emprunteur. Un air emprunté est un air qui semble ne pas

Muflir] * DU PRANÇAIS. 435

appâptenir à la personne, qui n'est pas naturel, d*où le sens de « gauche ».

Nuety diminutif de Tancién français mu^ dont il reste trace dans la locution « rage mue » et qui est le latin mutum ; dérivé savant : mutisme; composé : s'amuir, en parlant d'un son.

Mufle, museau» et, au figuré, homme méprisable (d'où muflerie), origine inconnue.

Nugip» d'où mugissement, latin mugire, onomatopée.

Mttgnet, o. muse. Muld, y. mode^.

i • Nule est le latin mala ; dérivés : mulet, d'où muletier ; mulâtre, produit d'un croisement comparé à celui d'où vient le mulet.

2. Mule» pantoufle, est tiré de malle, masc, nom d'un poisson qu'on appelle ordinairement mulet (latin mallum^ d'origine grecque) ou rouget; la chaussure ainsi nommée était à l'origine de couleur rouge.

Mulflt, V. mule i et mofe 2.

Nuloty souris des champs, mot d'origine germanique, cf. anglais mole et allemand maalwurf.

Nulti'. Les mots commençant ainsi se rattachent à Tadjectif latin multum qui signifie « beaucoup de » et qui était devenu en vieux français mo/^, moùty ^rit à tort moulL Dérivés et composés de multum : multitude, multitudinem; multiple, proprt à beaucoup de plis, souvent répété (v. plier *), d'où multiplicité, multiplier, muUiplicare, et multiplication, multiplicateur, multiplicande (proprt qui doit êti'e multiplié, part, futur passif); multicolore, multiforme, etc.

— Le mot maint, d'origine douteuse, a le même seps qub multum, et de môme le préfixe poly-, qui vient du grec polu (cf. plèbe au mot peuple), de telle sorte que polychrome équivaut à multicolore et pol]rmorphe à multiforme^ v. couleur et forme. Toutefois poly- indique souvent la simple pluralité plutôt que le grand nombre; même racine dans le grec plouton, richesse, d'où ploutocratie, voy. aristocratie,

ICiinloipîd, mnfiksipalité, municipe, munificenoe, v.

\ commun.

MuniPy du latin munire, apparenté à murum, mur; dérivé : munition; composés : démunir; prémunir, munir d'avance.

436 DICTIONNAIRE ETTMOLOGIOOB [Mutiler

Voqueux, v. mucus,

Mup est le latin maram (cf. manir); dérivés : miiraille, mnraly murer, emmurer.

Mûr, V. demain.

Mûre, subst., d'où mûrier, latin classique moraai^ grec môron, d'où sycomore, voy. figue, Nurénet grec latinisé muraena.

Mûrir, V. demain,

MurmupePyd'où murmure, latin murmurare, onomatopée.

MiuuuraigBfe, v. moule 2. Miuard, musarder, o. muse.

MusCy latin muscum, d*origine persane. Dérivés : musqué; muscat et muscade, d'origine provençale, qui signifient proprt musqué, musquée, d'où muscadier, arbre qui produit la noix muscade; muscadiu, tiré de l'italien mo$cardino, signifie proprt pastille au musc. Notre mot muguet, nom de fleur, semble bien se rattacher aussi h musc. Au figuré on a appelé muguets et muscadins de jeunes élégants qui se parfument Par une autre figure on appelle encore muguet un ckampignon blanchâtre qui se développe dans la bouche.

Muscle, musculaire, muscalatare, o. moule 2,

Nuse, latin musay du grec mousa. Les Muses présidaimit

h la poésie, à la danse, à la musique, etc. , de là les divers sens des dérivés : musique, 1. mnsicay d'où musical» musicien, musiquette ; musette et cornemuse (v. cor)^ instrunotent de musique; muséum, mot tout latin, et son doublet musée, qui signifie proprt « temple des muses, desfirts » ; mosaïque, travail artistique spécial (d'où mosaïste), le mot nous vient de l'italien; probablement aussi muser, dont le sens propre serait « cultiver les muses », d'où flâner comme un artiste, dérivés et composés : musard, d'où musarder; amuser, d'où amusement, amuseur.

Museau, d'où museler, muselière, démuseler, et'mnserole (emprunté à l'italien], origine incertaine. Sur cassemuseau, voy. casser^.

Musée, muser, musette, Musqué, v. musc,

muséum, musical, musicien, MutabiUté, mutation, v.

musique, musiquer, v. muse. muer.

Mutiler, d'où mutilation, latin mutilarêm

Mythe] ou français. 437

Mutin, mutiner, matin»- Mutualité, mutuel, v. muer.

rie, V. mouvoir ^. Myoologie, v. mueaa.

Mutisme, V. maei, Myographe, v. moule 2,

Myope (d'où myopie), grec muôpa; sur le second élément du mot, voy. voir >, le premier élément est le verbe moem, fermer; le myope ferme h demi les yeux. Le verbe muein avait, entre autres sens, celui de fermer la bouche, ne pas révéler; à cette signification se rattachent : mystique, grec latinisé mysticam (d'où mysticisme), proprt qui a une signification fermée, cachée; mystère» mysteriam^ d'où mystérieux ; e^ sans doute mystifier, mystification [v, faire '^),

Myélite, v. moelle, . Myoflptis, myotomle, «.

moule 2.

NYi*iade9 du grec muriadap qui signifie à la fois « nombre infini )> et u nombre de dix mille », d'où myriamètre, myriapode {v. pied).

Mirrmldon, v. fourmL

Ny^obolan, du grec marohalanon, proprt gland parfumé, préparation pharmaceutique ; on a ^iré de ce mot, par plaisanterie et en songeant sans doute à la racine du verbe admirer, l'adjectif mirobolant, merveilleux.

MYt>rhe9 du grec murrhé, considéré comme un emprunt sémitique. Yoy. le suivant.

MyPtey d'où myrtille (proprt petit inyrte), latin myrtum^ qui vient du grec murton^ peut-être apparenté à murrhê, myrrhe.

Mystère, m3ratérleaz,my«- tloIsBM, mystifiostlon, mystifier, mystique, v. myope.

Mythe» latin mythum, qui vient du grec mtif/io/i, récit, fable (cf. fable au mot affable^). Dérivés : mythique ; mythologie, mythologue, mythologique, v. logique K

Nababf mot arabe. C'est un pluriel en arabe, cf. séraphin.

Nabot, V. navet Naoelle, v. nef.

Naoarat, v. naen.

Naepe, origine persane; dérivé : nacré, dont la forme espagnole nacarado, français nacarat, désigne une couleur rougeâtre à reflets analogues à ceux de la nacre.

Nadir, mot arabe qui signifie « opposé »; le zénith, « cbemin droit », désigne le point du ciel qui est directement au-dessus de nos tètes, et le nadir, celui qui est directement au-dessous de nos pieds ; les deux mots sont d'origine arabe.

Nage, nageoiva, nagar, aa- Naguère on nagnères, v.

geur, v. nef, guère.

Naïade, du grec naiaday qui se rattache au verbe naUirij couler.

Naïf, w, naître. ^

Nain est le latin nanum, d'origine grecque.

Naitpe (jadis naistre), d'où renaître, est le latin *nascere, classique nasci. Le t n'a de raison d'être qu'à Tinfinitif et aux temps qui en viennent, comme le d de moudre, voy. œ mot ; on ne le trouve pas dans les dérivés naissance, renaissance. Le verbe latin commençait jadis par un g, il est de la même famille que génital. Le participe passé latin est nntam^ devenu né, d'où inné (né en nous), a!né> «• aA^, puîné, V. puii.

-^ Dérivés de natam : natif, nativunif né et naturel, et son doublet populaire naïf, naturel, sans art, d'où nativité et naïveté ; natal, natalem (d'où natalité), et son doublet populaire Noël (jour natal) ; ~ nature, naiara, ensemble de la création, principe créateur, caractère inné; dénaturer; naturel.

Naumachie] dictionnaire étymologique 439

nataralem, d-où surnaturel, naturalisme, naturaliste, naturaliser (assimiler aux naturels d*un pays), naturalisation; — nation, nationem, proprt race, puis peuple, d'où national, qui a produit à son tour nationalité, nationalisme, nationaliste, nationaliser, dénationaliser, international.

NalTeté, v. naître,

Nanan, mot enfantin.

Nankin, toile de Nankin en Chine, et couleur de cette toile. Nantip, d'où nantissement, origine germanique. Naphte, a'où naphtaline, mot d'origine orientale. Nappe, dérivé napperon, est le latin mappay d'où le mot savant mappemonde, « nappe du monde ».

Narcisse, y. le suivant.

Napcotique, d'un dérivé du grec narkê, assoupissement, auquel l'étymologie populaire rattachait aussi narkisson, narcisse, nom de fleur, donné ensuite à un personnage mythologique.

Nard, grec latinisé nardum.

Nargue et narguer, origine incertaine. \

Mapguilé, mot persan.

Narine, v. nez.

Narquois, mot d'argot.

Narrateur, narratif, narra- User, nasarde, naseau, naslltion, narrer, v. connaître, C. lard, nasiUement, nasiller. Nasal, nasalisation, nasa- v. nez.

Nasse est le latin nassa.

Natal, natalité, v. naître.

Natation, natatoire, se rattachent au latin natare, nager.

Natif, nation, national, na- tionaliser, nationalité, nativité, V. naître.

Natron, origine arabe.

Natte, d'où natter, dénatter, est le latin matta.

Naturalisation, naturali- Naumachie, nauséabond,

aer, naturali8me,naturaliste, nausée, nautique, nautonier, nature, naturel, v. naître. naval, u. nef.

Naufrage, naufragé, v. nef et fraction^.

440 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ncf

Navety dérivé du latin napnm. Notre mot nabot, « gros et court », doit 86 rattacher À la formé provenç^e de navet.

Navette, navigabilité^ sa- gatlon, naviguer, navire, v. vlgable, navigateur, navi- nef.

NayrePy d'où navrant, proprt blesser, ori^ne germanigae, cf. ail., narhe.

Ne et non sont les adverbes latins ne {np- comme préfixe dans nUiily v. annihiler) et non-= ne unum, cf. allemand nein; le latin ne est apparenté à in- négatif (v. en î^) et à a- préfixe privatif. Nul est le latin nuUam, for^ié de ne et d'un dérivé de unum, uilum, il a produit nullité, annuler, annulation. Nenni est formé de non et du pronom il, cf. oui au mot ce, pronom *.

— A côté de ne, le latin avait née, conjonction négative représentée en français moderne par ni ; c'était jadis ne, conservé dans la locution archaïque « ne plus, ne moins ». Le latin nec est préfixe dans négliger, v. /îre^ et dans négoce, v. oiseux. Il est racine dans negare (supin negatam)^ devenu nier, dérivé : niable, composés : dénier, d'où déni et indéniable, et renier; dérivés et composés savants : négatif, négation, dénégation, renégat, u qui a renié », abnégation, renoncement. — Sur néant et ses dérivés, voy. être *.

Nébuleux» d'où nébulosité, latin nebulosam^ de nehula^ brouillard (cf. Tallemaud nebel), qui a produit nielle (maladie du blé) en formation populaire. On a la même racine dans nimbanif £r. nimbe, qui signifie proprt nuage. Le nominatif latin nimbus s'emploie pour désigner des nuages en couche épaisse.

Nécessaire, latin necessarium, dérivé de necesie, qui a le même sens; autre dérivé : nécessité, necessitatem^ d'où nécessiter, nécessiteux.

Nécro- (Mots commençant Nectar, v. moyèr S.

par), u. noyer 2.

Nef est le latin navem, vaisseau. Dérivés : navette, proprt petit bateau; navire, nacelle, qui est navicellQj naval. Composés : naviguer, navigare (y, agir^), et son doublet populaire nager, qui a encore, comme terme de marine, le sens archaïque de ramer; naufrage, u. ftaction^; aéronef, mot tout récent qui s'applique aux ballons, aux dirigeables et

Nerprun] DU français. 441

aux avions, cf. aêronofite ci-dessous. Dérivés de naviguer : navigable, d'où navigabilité ; navigateur,^ navigation. Substantif verbal de nager : nago; substantif participial : nagée; dérivés et composé : nageur, nageoire, surnager. ,

— Le mot grec qui correspond au latin navem est, an nominatif, naasy et la plupart des dérivés et composés par nau- sont d'origine grecque : noliser, pour nauliser, qui nous vient par le vénitien, affréter un navire; nautique, nantonier; aéronante, v. air; nausée, grec latinisé nausea (d'où nauséabond), mal de navire, mal de mer, avec son doublet populaire noise dont le sens ancien est tumulte; naumachie, combat sur des bateaux, cf. logomachie au mot logique*; nocher, proprt patroil de bateau, ce mot nous vient, par le latin et Titalien, du grec nauklêron^ cf. clerc.

Néfaste, v, faste 2. '

Nèfle, d'où néflier, est le latin mespilum, d'origine grecque.

Négatif, négation, v. ne. oiant, négociateur, négocia-

> Négligé, négligeable, né- tion, négocier, v, ne et oiseux.

gllgence, négligent, négliger, Nègre, négresse, négrier,

V. ne et lire ^. ^ négrUlon, v. noir. Négoce, négociable, négo-

Neigep, qui est le latin *nivicare, (dérivés neige et neigeux), névé, d'un patois des Alpes, et nivôse, se rattachent au latin nivem, neige, cf. anglais snow, ail. tchnee.

Nenni, v. ne,

NénufaPy origine persane.

Néo- (Mots commençant Néphréticiue, néphrite, o.

par), et néon, v. neuf 2. rein. ^

Népotisme, v, neveu.

Nerf est le latin hervum, qui correspond au grec neuron. Dérivés : nerveux, nervosnm^ d'où nervosité, nervosisme; nerver, proprt garnir de nerfs, d'où nervure ; énerver, enervare, d'où énervement; et les dérivés et composés grecs : névrose, état nerveux; névralgie, d'où névralgique, comparez coxalgie, au mot cuisse; neurasthénie, affaiblissement des nerfs.

fiépoliy parfum inventé par la princesse Neroli.

Nerprun, v. prune.

442 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Névralgie

Net est le latin nitidum, brillaat; dérivés : netteté et nattoyer, d'où nettoyage.

i. Neuf 9 nom de nombre, est le latin nouent, qui correspond à Fallemand nean et à Tanglais nine. Dérivés : neuvième, neuvaine; novembre,^!, novèmbrem, neuvième mois de Tannée romaine; nones, latin rumas, période commençant le neuvième jour à partir des ides, en comptant à rebours; none, la neuvième beure de la liturgie catholique; ttonidi, V. jour; nonanta (nonaginta), vieux mot pour dire neuf dizaines; nonagénaire, qui a neuf dizaines d'années.

8* Neuf est le latin novum, qui correspond au grec néon (cf. Tall. neu et Tangl. new). Dérivés : nouveaa, qui est novellam, nouvelle, d'où nouvelliste, nouveauté, renouveler, renouvellement; novice, 1. noviiium, d*où noviciat; novateur, du verbe latin novare, et les composés innover (d'où innovation), rénovateur et rénovation. Au grec néon, employé tel quel, néon, pour désigner un élément de Tatmosphère découvert en 1898, se rattacbent en outre : néologisme, voy. logique ' ; néophyte, proprt nouveau rejeton, voy. ptiysique; néolithique, voy. pierre, etc.

— On rattache au latin novum le mot nuntium, messager (celui qui donne les nouvelles), forme française nonce (d'où nonciature, et intemonce, nonce intérimaire). Composés du verbe nuntiare, fait sur nuntium : annoncer, d'où annonce et annonciation ; dénoncer, proprt déclarer, et dénonciation, dénonciateur; énoncer et énoâciation ; prononcer, proprt annoncer publiquement, à haute voix,, et prononciation, prononçable; renoncer, annoncer çu'oa se retire, d'où renoncement, renonciation.

Neume, v. pneumatique, Nmirasthénto, o. nerf.

Neutre, d'où neutraliser, neutralité, est tiré du latin neutrum, qui contient la négation ne et signifie proprt : ni Tun ni l'autre.

Neuvaine, nauTlème, o. , Nèvé,'o. nèigar, neufl.

Neveu est le latin nepotem (cf. ail. neffe), qui sigoifis à l'origine petit-fils; une forme populaire du féminin nep/in» a produit nièce. Sur nepotem a été fait népotisme, prédileo* tion qu'on manifeste pour ses neveux.

Névralgie, névralgique, névrose, v. nerf^

Nobiliaire] DU franc us. 44:^

Nez est le latin nasuni. Dérivés : naseau; nasal, d'où nasaliser, dénasaliser; nasarde, proprt chiquenaude sur le nez; nasiller, d'où nasillard. Une autre forme latine, narem, usitée surtout au pluriel, a produit *narina, devenu narine. Surpunais, voy. pourrir. Renâcler, renifler avec répugnance, semble se rattacher aussi à nasum.

— Le mot grec qui signifie nez est rhina, d'où : rhino» plastie (v. plastique), réfection du nez; rhinocéros, qui aune « corne sur le nez, voy. cerf.

NI, niable, p. ne. Ntohe, nichée, nicher, 0.

KlaiSi niaiserie, v, nid, nid.

Nickel, d'où nickeler, mot d*origine Scandinave.

Nicodème, v. nid.

Nicotine, ainsi appelée du nom de Nicot, ambassadeur à Lisbonne, qui introduisit le tabac en France au xvi® siècle. Nid est le latin nidum. Le dérivé niais, qui est *nidacem, d'où niaiserie, déniaiser, signifie proprt « qui n'a pas encore quitté le nid « ; en raison de leur syllabe initiale, les noms propres Nicodème (personnage des évangiles), dont nigaud est peut-être un abrègement, et Niçoise ont été employés au sens de niais, Nidificare^ faire son nid (w, faire ''), devenu •^nifficare, a produit nicher en formation populaire ; substan-' t-if participai nichée. Composé de nid., fait d'après nicher : clénicher, d'où dénicheur. Le mot niche, petit réduit, malgré sa ressemblance avec l'italien nicchia, semble être le substantif verbal de nicher, employé au figuré; niche, au sens de «< attrape »,' est nn autre mot, d'origine germanique.

Nièce, V. neveu. Nihilisme, nihiliste, v, an-

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