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V. roue^. Roublard, origine incon

Roture, roturier^ v, rompre. nue.

Roucouler, d'où roucoulement, onomatopée.

Roue est le latin rota.

\ . Dérivés : rouet, proprt petite roue ; rouage, système do roues ; rouelle, petite roue et tranche ronde, (d'où roaellette, aujourd'hui roulette), et roneller, aujourd'hui rouler, au sens de avancer et faire avancer en tournant, dérivés roulement, roulure, rouleur, roulis, roulade, roulotte, roulage, roulier, crouler, qui vaut co-rouler, d'où écrouler, écroulement) ; rouer, soumettre au supplice de la roue, qui comportait des coups de barre de fer sur les membres, d'où l'expression figurée « rouer de coups w (un roué, d'où rouerie, est proprt un homme digne de la roue); brouette, jadis berouette, qui a désigné d'abord un instrument à deux roues [v. bis), d'où brouettée, brouetter. Dérivés savants : rote, tribunal ecclésiastique de Rome, où chaque section instruit les affaires « à tour de rôle » (auditeur de rote); rotation, mouvement tournant, et rotatoire. A côté de rote, tribunal ecclésiastique, il y avait en vieux français un autre ^ mot rote y d'origine celtique et germanique, désignant un

564 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUS [Rouge

instI^lment de musique. Rôder pourrait venir de la forme provençale de rouer^ au sens de tourner.

2. Sur rota^ le latin avait fait rotundam (en forme de roue], devenu le français rond. Dérivés et composés : l'adjectif rondelet, le substantif ronde ; rondelle, rondache (bouclier rond); rondean, dont les Italiens ont fait rondo, Tun pièce de poésie et.rautre pièce de musique dont certaines parties reviennent à tour de rôle; rondin, morceau de bois rond (non fendu); rondeur; arrondir, d*où arrondissement (les limites d'un arrondissement sont en général arrondies). Rogner (d'abord rooigner), d'où rognure, est le latin *rotundiare, et signifie originairement arrondir. Dérivés savants de rotundam : rotonde, rotondité.

3. Le latin classique avait le diminutif rotalaj proprt petite roue, français rotule^ et le latin populaire avait le diminutif masculin rotulum^ rouleau. Dérivés de *rotakim, rôle, proprt rouleau (ensuite feuille d'enregistrement, i'euiliet d'acteur, etc.), d'où rôlet, enrôler et enrôlement, contrôle (pour contre-rôle, proprt rôle à côté, registre en (iouble), qui a produit h son tour contrôler et contrôlear; rouler, au sens de mettre en rouleau, qui est 'rotularej d'où rouleau, et les composés ' enrouler, dérouler, avec leurs dérivés enroulement, déroulement.

Roué, rouer, rouerie, rouet, v. roueK

Rouge est le latin rubeuntj h côté duquel on a rubicundam, d'où le mot savant rubicond. Une autre fbrpoe latine est rubrum, d'où rubrica, français rubrique, proprt terre rouge, puis titre à l'encre rouge, puis titre. Nous avons emprunté le part, présent rubescent du verbe incboatif rubescere. Dérivés de roage : rouget, rougeâtre, rougeaud, rougeur, rougir, rougeoyer. Rougeole est le diminutii *rubeola. Le mot rubis, pierre rouge, qui nous vient du provençal, a la même racine. Boire du vin « rubU sur l'ongle » signifie : boire jusqu'au bout, de manière que le verre secoué sur l'ongle y laisse tout juste tomber une goutte rouge. Par comparai son, on dit aussi : payer (c rubis sur l'ongle », c'est-àdire très exactement. Les rubiacées sont une famille de plantes dont un certain nombre donnent une teinture rouge. Cf. roux et rutilant.

— Le latin populaire avait un dérivé de rubeum qui est devenu notre mot rouille (latin Massique rubiginem), 1^

Rue] . DU FRANÇAIS. 56S

rouille du fer étant de couleur rouge&tre, d'où rouiller et déroniller.

- Du mot grec apparenté eruthron, qui signifie aussi rouge, vient le nom propre firjrthrée, nom de la colonie italienne de la mer Rouge.

Ronille, v. rouge.

Rouipy origine germanique.

Roulade, roulage, rouleau. Roupie (du nez). Roupiller,

roulée, roulement, rouler, mots d*origine inconnue,

roulette, rouleur, ronller, Rouasàtre, r^uaeeur, u.

roulis, roulotte, v. roue i ** 3. roux.

Roussin (esp. rocin), mot d'origine inconnue, qui ne semble pas se rattacher à rosse [v. cheval) ; Cervantes en a tiré le nom du cheval de Don Quichotte, Rossinante.

Roussir, o. roBO^. tier, routine, routinier, o.

Rout on raout, route, xoa- rompre.

Rouvre est le latin robur, génitif roboris, qui signifie à la fois chêne et force; au second sens se rattachent robuste, lat. robustum, d'où robustesse, et corroborer, corroborare, fortifier au figuré.

Roux, — d'où roussâtre, rousseau, rousset, rousseur, roussir (cf. rissole, rissoler, pour ruissole^ ruisseler) ^ — est le latin russam, apparenté de loin à rubeunij rouge.

Royal, royalisme, roya- régir*, liste, royaumj), royauté, v.

Ruban, d'où rubanier, rnbanerie, enrubanner, origine douteuse.

RuI>iaoèes, rubicond, rubis, rubri<iue, u. rouge.

Ruche, d'où rucher, substantif, et rucher, verbe (plisser en ruche), a été rattaché à un mot celtique qui signifie proprt écorce. ^

Rude,, du latin rudem, grossier, novice. Dérivés et composés : rudesse, rudoyer; rudiment, rudimentum^ proprt apprentissage, d'où rudimentaire ; érudit, eruditunij proprt dégrossi, instruit, d'où érudition.

i . Rue, plante, est le latin rata,

2. Rue, chemin de ville, d'où ruelle, est le latin rugaj proprt ride, sillon, dérivé ruposum, qui nous a fourni rugueux, d'où rugosité. ^

566 DICTIONNAIRE ÊTtMOLOGiQUE [Rythme

Ruep9 d*où made, est *rutare, qui se rattache au supin rutum du latin ruere^ proprt se précipiter, lancer; dérivé savant de ruere : ruine, lat. ruinai d*où ruiner, minenz.

Ruflan, origine douteuse.

Rugip9 d*où rugissement, latjn rugire. Rut, anciennement rait, est le substantif *rugitum^ proprt cri de Tanimal.

Rugfosité, rugueux, v, rue 2. Ruine, miner, ruineux, 9.

ruer.

Ruisseau est une forme diminutive du latin rivnm, même sens. Drivés de ruisseau : ruisselet, ruisseler, dloù Tadjectif participial ruisselant. Composé de rivum : dériver, derivare, d'où dérivation (sur dérive^ v. ce mot). Rival, lat. ritmlem, (dérivés : rivalité, rivaliser), M rattache non à rivum, mais à une racine slave.

Rumeur est le latin rumorem.

Ruminer, d'où ruminant, est tiré du latin raminare; une variante, rumigare, est devenue ronger (d*où rongeur), qui a eu le sens de ruminer; on- a voulu rattacher le verbe ronger actuel à la famille de corroder ' v. ce mot), mais sa signifl- . cation peut parfaitement dériver du sens de v ruminer » : le ruminant ronge.

Rumsteck, de Tanglais rnmpsteak, proprt tranche de croupe.

Ruolz, du nom de l'inventeur.

Rupture, V. rompre.

Rural, latin rural^m, se rattache au substantif rusy campagne, génitif ruris, qui a produit aussi rustique, rusiicum (d'où rusticité), et son doublet rustre, d'où rustaud.

Ruser, d'où rasé, ruse, origine douteuse; pourrait ôtre un doublet de récuser ou de refuser.

Rustaud, rusticité, rusti- Rut, v. ruigir.

que, rustre, v. rural.

Rutilant, latin rutilantemy se rattache à Tadj actif rutHmm^ rouge ardent, qui est apparenté de loin à rubeum^ rouge.

Rythme, v. rime»

Sa, V. sb, '

Sabbat» — d'où le composé populaire samedi, proprt j6ur du sabbat (u. jour), — nous vient de l'hébreu; l'origine du mot et sa valeur primitive en hébreu ne sont pas encore éclaircies. Pour former satnedi, il a pu y avoir fusion entre sabedi (on trouve sambedi) et sème di (latin $epiimam diem\ septième jour, voy. sept,

i. Sable est le latin sabulam. Dérivés : sablon, d'où gablonneuz; sablier, sablière, sabler (sabler le Champagne, c'est proprt l'engloutir, comme le moule de sable avale le métal, ou le faiire disparaître comme faU4e àable pour l'eau). Composé : ensabler, d'où ensablement.

2. Sable» terme de bldson, et le diminutif italien zibeline, . dérivent du nom slave de la martre noire. ^

^ Sabord, ». bord.

Sabot» origine inconnue; dérivés : sabotier; saboter, travailler grossièrement, gâcher la besogne, d'où saboteur et sabotage. Il semble qu'on ait dans sabot la même racine que dans savate, d'où savetier et le verbe saveter, dont le sens se rapproche de celui de saboter. On donne aussi à savate une origine orientale.

Sabouler, origine inconnue.

Sabre» d'où sabreur, sabrer, et sahretache (proprt poche du sabre), d'ui^ mot germanique (cf. allemand sàbel), qui est peut-être d'origine slave.

1 » Sac est le latin saccum. Dérivés et composés : sachet, sacoche (d'or, italienne), sachée; ensacher; bissac et besace (u. bis 2), de ces deux mots le plus ancien est besace^ qui vient directement d'une forme du latin populaire. Havresac (proprt sac à avoine), mot allemand.

568 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Sâilir

2. Sae» italien sacco, d'où saccager, peut être le même mot que sac /, au sens de sac de butin, ou se rattacher au vieux verbe saquer, tirer, d'origine douteuse, qui a produit le vieux mot saqueboute (nom d'un instrument de musique où l'on tire et où l'on pousse, v. bouter) et vraisemblablement aussi ressac (proprt tirage en arrière) et saccade, d'où saccadé.

Saocharlmètre, v. sucre. Saohée, aaohflt, aaooohe, v.

Sacerdoce, sacerdotal, o. sac 'i,

sacrer.

Sacrer, latin sacrare, se rattach^ à l'adjectif sacmm, » consacré aux dieux », mot emprunté tel quel pour désigner un os du bassin, recouvrant les viscères que l'on offrait spécialement en sacrifice. >

— Substantif verbal de iacrer : sacre.' Dérivés : sacrement, sacramentum (d'où sacramentel) et son doublet serment (d'où asMrmenté et insermenté), proprt consécration d'une parole; sacristain et sacristie; sacerdoce et sacerdotal (lalin sacerdotem, prêtre). Cf. hiératique, saint eisaiané.

— Composés : consacrer, et consécration (les composés de sacrare avaient en latin un e au lieu de Va du radical); exécrer, — d'où exécration, exécrable, — proprt écarter par des imprécations, maudire ; obsécration, proprt prière publique; sacrifice, sacrifier, sacrificateur, v fiUre'^; sacrilège, violation et violateur d'une chose sacrée, le second mot composant est légère {v,Àire *) au sens de cueillir, dérober ; sacro-saint, lat. sojerosanctum^ sorte de pléonasme à valeur superlative.

Sacripant, de Sacripante, |)ersonnage de Bojapdo.

Sacristain, sacristie, sacrosaint, sacnun, v. SQcrtr,

Safran, origine persane. Nom latin du safran : crocus, grec kroJws.

Sagace, d'où sagacité, latin sagacem, apparenté à praesngiiim (le fait de connaître à l'avance), français présage, d'où présager.

Sagaie, v. zagaie. Saie, v. sayon.

Sage, sagesse, v. savoir. Saignée, saignemant, salr

Sagittaire, u. flèche. gner, v. sang.

Saillir est le latin salire, sauter, fupin salturUy d'où le substantif saut (composés : sursaut, le doublet provençal

Saisoh] t)U FRANÇAIS. 569

soubresaut, etprimesautier, v. pour ^). Substantif participial de saillir : saillie. Adjectif participial saillant. Composés : résilier (d^où résiliation), proprt sauter en arrière, fait d'après rind. prés, resilio, cf. expédier; assaillir, d'où assaut; le vieux verbe ressaillir d'où ressaut ; tressaillir, d'où tressaillement, proprt sauter au delà.

— Sur le supin saltumy le latin a fait le verbe saltare, devenu le français sauter, substantif verbal saute de vent; dérivés : sauteur et sauterelle; sautoir, proprt cordon de soie (( servant d'étrier » ; sauterie, sautiller, d'où sautillant, sautillement. Au mot grec correspondant à saliare se rattache Jialtère, proprt balancier pour sauter.

— Les composés de saltare sont en -sultare : exulter (d'où exultation), proprt sauter hors, sauter de joie; insulter, d'où insulte, insultant, insulteur, « sauter sur >> au figuré ; résulter, et résultat (lat. soolasti(Jue), rebondissement, au figuré conséquence. Composés romans : tressauter, de formation française, comme tressaillir ci-dessus, et sursauter (cf. sursaut plus haut); saltimbanque, proprt saute-en-banc, mot d'origine italienne.

Sain (d'où malsain) est le latin êanum, et santé est sanitatem, d'où : sanitaire, insanité (esprit malsain). Sanatorium, fait sur le verbe latin sanarcy guérir. Composés ; lat. vesania^YésBide, égarement d'esprit (particule privative ve-); sainfoin, voy. foin.

Saindoux (formé avec le vieux substantif sain, latin classique sagina, graisse), preprt graisse douce; saynète, d'origine espagnole, signifie proprt morceau alléchant.

Sainte d'où sainteté, est l'adjectif participial sanctwn, du verbe sandre (supin sanctum), apparenté h sacrer (voy. ce mot). Dérivés savants de sanctum : sanctuaire, bas 1. sanctuarium; sanctifier, sanctification, v. faire''. Cf. hagio-. Le verbe sancire signifie proprt consacrer, et particulièrement consaprer une loi, d'où le sens de sanction et de sanctionner.

Saisipy origine germanique. Dérivés : le vieux mot saisine; l'adjectif participial saisissant; saisissement, saisissable et insaisissable. Composés : ressaisir, et dessaisir d'où dessaisissement.

Saison, d'où saisonnier, est le latin sationem, qui dérive du supin satum du verbe serere, semer (cf. allemand sàen) ; c'est proprt le temps des semailles, et, par extension, chacune des grandes époques de l'année. Sur saison a été

570 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Samovar

formé assaisonner (d'où assaisonnement), proprt caltiverà la bonne saison, préparer dans de bonnes conditions.

— On a la même racine dans iemen, génitif seminis, auquel se rattachent : semeH-contra, formule toute latioe (proprt semence contre [les vers]); semence (d'où ensemencer, ensemencement), qui est *sementia, classique sementem ; séminal ; séminaire, proprt pépinière, d'où séminariste ; disséminer, d'où dissémination, proprt semer en dispersant. La forme populaire issue du verbe latin seminare est semer, d'où semailles, semenr, semis, parsemer.

i. Salade^ au sens de casque, du latin caelala^ proprt ciselée, par l'intermédiaire de l'italien.

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