Composés à^videre ou à^voir : évident, evidentemy proprt
Voir] i)U FRANÇAIS. 67lf
qui <c ressort à la vue », d'où évidence ; — envie, latin invidia (in- négatif, proprt le fait de ne pas pouvoir voir quelqu'un), d'où envieux, envier, enviable; — entrevoir, et entrevue avec son doublet d'origine anglaise interview, d'où inter^ viewer; prévoir, prœviderBy voir d'avance, d'où prévision, prévoyant, prévoyance, et les surcomposés avec le innégatif : imprévoyant, imprévoyance, imprévu, imprévisible (formé sur le supin) et imprévoyable ; — pourvoir, qui correspond à providerCf voir et aviser d'avance, d'où pourvoyeur, dépourvu, et la locution conjonctive pourvu que, proprt « cela étant pourvu, préalablement vu et admis, à savoir que... » Se pourvoir, terme juridique, c'est aviser à un appel, substantif verbal pourvoi. Le participe présent latin providenterHy correspondant au français pourvoyant^ avait aussi la forme syncopée prudentem, de là prudent et prudence, à côté de providence, qui s'est spécialisé au sens de « sagesse divine qui pourvoit aux besoins des êtres » ; à prudent se rattachent imprudent, imprudence, et providentiel à providence. Autres dérivés savants 'du verbe latin a/ec le préfixe pro- : proviseur, proprt celui qui « pourvoit aux besoins » d'un lycée, d'où provisorat; provision, d'où provisionnel^ approvisionner, approvisionnement; provisoire, qui pourvoit en attendant mieux. Improviser, d'où improvisateur et improvisation, est un mot d'origine italienne, qui exprime l'idée de parer à l'imprévu ; improviste, de mémç origine, signifie « impourvu », imprévu. — Un dernier composé de voir est revoir, d'où revue, dérivés savants : revision et reviser.
5. Le grec idea (v. idée) est apparenté à videre. Sur un autre mot grec ayant le sens de voir, voy. théâtre. Mais les racines grecques de cette signification qui sont les plus fréquentes dans les mots français sont celles que Ton trouve sous les formés -orama, -ops-, -opt-, op-, les dernières apparentées au latin oculum (v. œil) : diorama (préfixe dia-), proprt vue à travers; dioptre, appareil pour viser, d'où dioptrie; panorama, vue générale, v. panacée; autopsie, proprt le fait de voir de ses propres yeux, y. autonome ; optique (d'où opticien), « qui concerne la vue » ; synoptique, « qui donne une vue d'ensemble »; myopie et myope (voy. ce mot), qui expriment l'idée d'une vue faible (réalisée en fermant les yeux); métope, voy. ce mot; cyclope, voy. cycle; galéopsis, proprt aspect de belette, nom de fieur; coréopsis, apparence de
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punaise (par le fruit), à rapprocher de coriandre. Cf. ophtalmie. Voire, dans « voire même », qui signifie proprt « vraiment môme », est vera, du latin verum, vrai, d'où avéré, reconnu pour vrai. Dérivés savants de verum : vérité, d'où véritable (qui n'existe pas en latin classique); véracité; vérifier, d où vérification, vérificateur, v. faire '' ; véridiqoe, V. dire * . Notre adjectif vrai, d'où vraisemblable, vraisemblance (et invraisemblance, invraisemblable), est un dérivé populaire de verum. Le mot verum lui-même avait donné en vieux français, outre l'adverbe voire, l'adjectif voir^ d'abord veir, qu'on retrouve dans le mot verdict (proprt vraie parole), que nous avons repris aux Anglais.
Voirie, u. fois.
Voisin est le latin vicinum; dérivés et composés : voisinage, circonvoisin, voisiner, avoisiner. Le dérivé savant vicinal, d'où vicinalité, signifie m de village », car vicinum vient lui-même de vicumj, village, mot apparenté au grec oikon, voy. économe.
— Le latin villa, ferme, est un dérivé de vicum. Le mot français ville a eu d'abord, comme le latin villa, le sens de « domaine à la campagne », et a formé alors lés dérivés village, ensemble de résidences à la campagne, et vilain, qui a eu successivement les acceptions de : <( habitant de la campagne, roturier, mesquin et laid (d'où vilenie) », et qui a été remplacé dans le premier sens par villageois. A côté de village, ville a perdu son sens primitif et a pris le sens actuel de grande agglomération. D'autre part, l'ancien mot latin nous est revenu, sous sa forme latine et italienne, villa, avec le sens de maison de campagne, et nous avons aussi emprunté à l'italien le dérivé villégiature, séjour de plaisance à la campagne. Villanelle, également d'origine italienne, signifie proprt chanson villageoise. — Sur le mot grec qui signifie ville, voy. police 1.
Voiture se rattache au verbe latin vehercy charrier.
1. Le verbe vehere, supin vectum, a produit véhicule et voiture (qui est vectara), d'où Véhiculer, vecteur, voiturer, voiturier, voiturin. Du composé invehere, s'emporter contre, dérive invective. Véhément est de la même famille.
— Il y a eu une forme de supin *vexum, d'où convexe, convexum, « qui descend également de tous côtés », et le verbe
Volage] DU FRANÇAIS. 679
vexer, vexar^^proprt agiter fortement, secouer, dérivée : yexation et vexatoire.
— On rattache aussi à vehere le mot vélum, dont le pluriel est devenu le français voile de navire, d'où voilier, voilure. Le bois qui se déjette est comparé à une voile gonflée par le vent, on dit qu'il se voile. — Le sens de « voile qui cache » peut être tiré, par comparaison, de « voile de navire », mais le mot vélum, dans ce sens, a été rattaché aussi à la famille de vêtir. Dérivés : voilette ; voiler, d'où dévoiler ; et les mots savants : révéler, retirer le voile, d'où révélateur, révélation; vélaire (du voile du palais), emprunté récemment à velarem (qui n'a pas ce sens) pour qualifier certains sons.
2. L'anglais way, qui est apparenté à vehere, a formé tramway f « chemin à rails », puis en français « voiture ». Ce double sens et le rapprochement entre les mots de même origine way, chemin, et wagon, voiture, (écrit aussi vagon en français), montrent bien la parenté qui unit l'idée de route à celle de véhicule. Môme rapprochement entre les formes allemande» i^egr et vmgen; h ce dernier mot se rattache vaguemestre, proprt « maître des équipages ».
Voix est lo latin vocem; dérivés savants : vocal (et le substantif féminin voyelle, qu'on a fait sur vocalem en le rapprochant de voix), d'où vocaliser, faire certains exercices vocaux, substantif verbal vocalise ; vocable, mot, vocabulum (d'où, vocabulaire), cf. phonème, fait sur le mot grec qui signifie voix; équivoque, *œqaivocamy d'où équivoquer, proprt user de paroles égales (dans un sens différent), v. équité; vociférer, vociferari (d'où vocifération), porter la voix, l'élever, voy. offrir *.
— Sur la même racine que vocem a été fait le verbe latin vocare, appeler, d'où vocation, proprt appel, et vocatif, cas où Ton met le nom quand on appelle.
— Composés de vocare : advocare, appeler à soi, d'où avocat et son doublet populaire avoué, car les deux mots ont étymologiquement la même valeur; convoquer, appeler ensemble, d'où convocation; évoquer, proprt appeler au dehors, d'où évocation, évocateur ; invoquer, proprt appeler sur, d'où invocation ; provoquer, proprt appeler devant, d'où provocant, provocation, provocateur; révoquer, proprt rappeler, d'où révocation, révocable, irrévocable.
Vol, V. Wiler i. Volage, volaille, volant,
680 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Voleuf
▼ola^l* velatUo, volatiliMr, Vole, yroléé, v. le suivant.