V. wU» oer, v. anU, anU
Avanie, origine orientale non précisée; le mot a d'abord signifié : vexation imposée par les Turcs aux Chrétiens. Avant, avantage, avantageux, v. ant-y anté-.
Avare, lat. avarum, d'où avarice, comme avide, lat. avidam^ d'où avidité, se rattaché au verbe latin avère {v. avé) dont le sens primitif est : se plaire à, et, par suite, désirer ardemment; voy. aussi audace. Le charme d'un objet nous en rend avides et avares et nous pousse à oser.
Avarie (d'où avarier), nîot italien d'origine arabe, s'est d'abord appliqué 'spécialement aux navires et aux marchandises.
Avatar^ sanskrit avatâra, incarnations successives de la divinité, dans la religion de l'Inde.
Avé, nom d'une prière latine qui commence ainsi. Ce' mot a d'abord signifié « réjouis-toi », formule de salut. C'est l'impératif du verbe avere^ v. avare.
Avec, d'abord adverbe, proprt près de cela; v. ce, pronom *. Dans ce mot, av- est un préfixe spécial, se rattachant à la préposition latine apud, qui signifie près de.
Aveline, espèce de noisette, proprt d'Abella (en Çampanie]; Abella serait elle-même la ville des pommes, rapprochement contesté avec angl. apple, ail. apfel, pomme.
Avenant, avènement, ave- Aviation, aviateur, avicul-
nir, avent, aventure et ses ture, v. oiseau ^. dérivés, avenue, v. venir. Avide, avidité, v. avare»
Avéré, V. voire. Avilir, avilissement, v, vil.
Averse, v. vers 2. Aviné, v. vin.
Aversion, avertin, avor- Avion, v. oiseau *.
tir, V. vers *. Aviron, v. virer.
AvhJi, v. vœa. Avis, aviser, aviso,!). uoir2.
Aveugle, v. œil. Aviver, u. vivre 2.
Avocat, V. voix.
Avoine est le latin avena. '
Avoir (d'où ravoir, usité seulement à l'infinitif) est le latin habere, supin habitunij dont le sens primitif est « tenir » et aussi « se tenir ».
4. Mots qui sont tirés des dérivés latins : habit, proprt tenue, puis vêtement; habitude, proprt manière de se tenir, et habituer, habituel, déshabituer; habile, proprt qui peut se tenir, d'où : qui peut ou sait s'adapter (dérivés : malhabile, habi-
Avoir] DU FRANÇAIS. 47
leté. habiliter, rébabiliter), et habiller (d'où habillement, déshabiller, rhabiller, rhabiUeur), proprt adapter, puis vêtir. Il y a deux formes négatives de l'adjectif habile. Tune avec le préfixe m-, l'autre avec le préfixe dé-, qui .marque éloignement : inhabile, dont le sens est exactement le contraire de celui d'habile, et débile, 1. debilem, de-habilem (d'où débiliter, débilité), qui se rapproche du sens primitif : « qui ne peut se tenir ». Malade est *malehabilam : qui se tient, se trouve, dans de mauvaises conditions; déri^vé maladie.
2. Le mot gvec hektikon, étique, est formé sur le verbe grec ekhein, qui a la même valeur que le latin habere, de sorte que « étique )> est la traduction grecque de « habituel » ; on a dit d'abord '.< fièvre étique », fièvre continuelle, sans répit, puis etiqae (d'où étisie) a servi à désigner l'état de ceux qui sont minés par la fièvre. Cachexie {v. cacochyme) est la traduction grecque de maladie, le second élément du mot dérivant aussi du verbe grec ekhein. Voy. aussi époque, eunuque et schéma:
3. Le fréquentatif de habere nous a fourni habiter, proprt se tenir usuellement, demeurer dans. Dérivés : habitant, habitable, ii;ihabitable, inhabité, habitation, habitacle, habitat.
4. Les composés de habere avaient un i à la place de Va : -hibere, supin -hibitum. De là : exhiber, proprt tenir en dehors, dérivé l'exhibition; prohiber, proprt tenir en avant, écarter, empêcher, dérivés prohibition, prohibitif; rédhibitûire (idée de tenir à nouveau, de reprendre), dont le sens propre est : qui donne lieu à la reprise d'un objet vendu, à l'annulation d'un marché; prébende, lat. praebenda pour praehibenda, et sa forme populaire provende, proprt ce qui doit être tenu devant; fourni.
5. Le tatin debere (pour dehibere), supin debitum, devenu devoir, est aussi un composé de habere et signifie proprt « dés-avoir », ou, d'après une autre explication : tenir de quelqu'un, avoir à rendre; surcomposé redevoir, d'où redevance, redevable. Adjectif et substantif participial dû, d'où diîment, indu. Dette est la forme populaire de l'ancien participe passé féminin, et débit (au sens de compte de ce qui est dû), la forme savante du participe passé masculin, l'une et l'autre employées substantivement. Dérivé : débiteur. L'autre mot débit, au sens de u action de détailler », est le substantif verbal de débiter, qui lui-môme dérive de débit 1 : débiter, c'est proprt ouvrir un compte de débit, d'où vendre
CLBDAT. — WGT. ÉTYM. FRANC. ^
48 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE {Azyme
au détail, puis, par extension, détailler (débiter un chêne), puis, par Comparaison, détailler un récit.
Avoislner, v. voisin. Avouable, v« vœu,
Avortement,avorter,avor- Avoué, subst., ». voix.
ton, V. orient. Avouer, v. vœu.
Avril est le latin aprilem, qui,' d'après une ingénieuse hypothèse, signifierait « le second » ; c'est le second mois de l'année romaine.
Axe, V. ais.
Axiome, grec axiôma, proprt croyance.
Axonge, v. ais.
Azalée, du grec azaleon, sec.
Azote, V. zoologie.
Azup et le mot du moyen âge lapis-lazuli (qui commence par un mot latin signifiant pierre, v. pierre) viennent l'un et l'autre d'un mot persan qui désigne une pierre précieuse bleu clair. Dérivé : azuré.
Azyme, origine grecque, a- priVatif et zumê, levain.
Ba-, préâxe, v. bis 2.
Baba, nom d'un gâteau, mot polonais.
Babil, babillage, babillard, sont tirés de babiller, onomatopée.
Babîne, peut-être même racine (sans doute onomatopée) que dans le vieux français baboue, moue, d'où babouin, et dans bâfrer.
Babiole, italien babbola, d'origine douteuse.
Bâbord, V. bord.
Babouche, origine persane par l'intermédiaire de l'arabe, proprt ornement du pied.
Babouin, v. babine.
BabYf inot anglais prononcé bébé, d'où peut-être notre mot bébé, qui pourrait être aussi une onomatopée enfantine, indépendante de l'anglais.
Bac* origine douteuse. Diminutifs : bacbot, baquet. Bassin et bâcbe (caisse à châssis et, par extension, couverture, semblent se rattacher à la même racine ; dérivés de bassin : bassinet, bassinoire, et bassiner, qui signifie humecter (proprt de l'eau d'un bassin) et « chauffer à la bassinoire ».
Baccalauréat, v, bachelier, Baccara, origine inconnue.
BacchanaleSt latin bacchanalia, fôtes en l'honneur de Bacchus, d'où, au singulier, orgie bruyante, et, au masculin, bacchanal, tapage désordonné. Chanson bachique, chanson à boire- Bâche, V. bac. Baohelette, v. bachelier.
Bachelier, mot d'origine incertaine, désigne un jeune gentilhomme^ d'où, par figure, un étudiant pourvu du per-
50 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Baguenaude
niier grade universitaire. Bans le dernier sens, par fausse élymologie ou par plaisanterie, le latin du moyen âge traduisait bacHelier par baccalaureum, mot formé avec les mots latins qui signifient baie et laurier, et le grade s'appelait baccalaureatum, d'où le français baccalauréat. Féminin de bachelier avea un autre suffixe : bachelette.
Bachique, t). bacchanales. Bachot, v. bac.
Bacille, du latin bacillam, petit bâton; bactérie, d'origine grecque, a la môme racine et la môme valeur, tandis que microbe signifie « être à petite vie, à vie courte » (u. microscope et vivre ^) et qu'un vibrion est proprt animé de mouvements vibrants. Imbécile, 1. imbecillam (m-négatif), signifie proprt : qui n'est pas appuyé sur un bâton, d où faible, puis faible d'esprit. Dérivé : imbécilité. Baguette, qui nous vient de r italien, a la même racine et la même valeur que bacille, et a conserve son sons propre.
— On retrouve la môme racine dans bâcler, qui signifie « arrêter comme avec un bâton », d'où obstruer le courant d'une rivière, en parlant des glaces; la débâcle est la rup lu re de cet obstacle. Un travail bâclé est proprt un travail arrêté, interrompu, avant d'être achevé, d'où le sens de : fait précipitamment.
Bâcler, bactérie, v. bacille. Badaud, v. bayer.
Baderne, tresse de vieux cordages, d'où le sens figuré. Origine douteuse.
Badigeon, badlgeonnage, Badin, badinage, badine,
badigeonner, origine incon- badiner, v. bayer. nue. Bafouer, origine inconnue.
Bâirer, v. babine.
Bagage se rattache au vieux mot bagfues, d'origine inconnue, qui signiûe bagages.
Bagarre, origine inconnue. Bagne, v. bain.
Bagatelle, v. baie i.
Bagou,, mot d'argot.
Bague, u. baie i.
Baguenaude (origine inconnue), gousse qui éclate quand on la presse, doù le sens de jeu niais. Dérivés : baguenau- • dier, arbrisseau qui produit les baguenaudes; baguenauder, proprt perdre son temps en baguenaudes.
Balj ~ DU FRANÇAIS. 51
' Baguette, v, bacille. Bahut, origine incertaine.
Baif rouge-brun, est le latin badium, même sens.
i. Baie, fruit, est le latin baca, qui signifie baie, perle et anneau, et qui nous a donné en outre, par l'intermédiaire du provençal, le mot bague, et par l'intermédiaire d'un diminutif italien, le mot bagatelle (qu'on a rattaché aussi à bagues =^ bagage, v. bagage).