‹ Dictionnaire étymologique de la langue franc̜aiseChapitre 3 sur 169 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

simple renvoi, il est toujours facile de se retrouver. Le renvoi ne préjuge pas la question de dérivation, ilaver lit seulement que le mot est expliqué dans l'article visé.

Ce sont les mots d'origine latine ou d'origine grecque qui forment les familles les plus nombreuses*; pour en faire saisir la filiation, il est souvent nécessaire d'indiquer le siipin du verbe latin à côfé de l'infinitif, et de donner deux cas du même nom, surtout pour les noms neutres. Lorsqu'un cas suffit, c'est l'accusatif qui est indiqué, en grec comme en latin (sauf, suivant Tusage, pour les noms féminins de la première déclinaison), parce que les formes françaises se rattachent en principe à l'accusatif. .

Quant aux mots qui ne viennent ni du grec ni du latin et qui se présentent isolément ou avec un très petit nombre de dérivés, il nous a paru suffisant de marquer leur origine par un terme général, tel que germanique ou celtique, en mentionnant à l'occasion, pour les mots germaniques, la forme actuelle allemande ou anglaise.

Nous transcrivons les mots grecs en caractères latins, é et d représentant Vêta et Voméga, et w le digamma. Pour comprendre les transformations que les sons grecs et latins ont subies, il est indispensable de les reproduire avec leur véritable valeur. Toutes les lettres se prononcent, e n'est jamais muet, il n'y a pas de voyelles nasales (par exemple an sonne comme a suivi d'un n); au se prononce aw, ai comme l'interjection aïe. Le c a la valeur /c, même devant e, i, et g est aussi toujours dur. Vu latin se prononce ou, le j comme un y, le V comme un w anglais. Enfin, pour se rendre compte de la forihation populaire des mots d'origine latine, il faut placer l'accent tonique comme les Latins, c'est-àdire presque toujours sur la pénultième; dans les mots de formation populaire, la place de l'accent français indique, sauf de rares exceptions, celle de l'accent latin. Étant donné le mot latin luna, qui a produit le français lune, si on dit luna comme on prononce il pluma, avec u français et en appuyant sur la dernière syllabe, on pro-

1. Lorsque le français remonta au grec par l'intermédiaire du latin, doi;s ne donnons souvent que le mot grec, à moins que la forme latine ne soii nécessaire pour comprendre la forme française.

PRÉFACE. Vil

fère un nom barbare, qui n'a jamais appartenu à aucune langue; si on dit louna en appuyant sur la première syllabe comme dans le français lune, et en donnant à Va sa valeur latine, on a l'avantage de prononcer comme faisaient les Latins, à très peu de chose près, et comme les Espagnols et les Italiens prononcent encore le même mot.

Parmi les mots d'origine latine, les uns, dits populaires, se sont transmis héréditairement, sans interruption jusqu'à nos jours, et sont en réalité les mots latins eux-mêmes, tels que l'évolution naturelle du langage les a faits dans notre pays; les autres, dits savants, ont été empruntés, à diverses époques. Parmi ces derniers, il y en a dont les éléments seuls ont été empruntés et qui sont de formation française (la formation française est particulièrement fréquente dans les mdts , d'origine grecque). Lorsque nous disons qu'un mot français « est tiré » d'un mot latin, ou lorsque nous juxtaposons purement et simplement les deux formes, nous indiquons par là que le mot est savant; il est populaire lorsque nous disons qu'il « est » le mot latin correspondant ou que le mot latin « est devenu » le mot français. Lorsque nous qualifions de classique une forme latine, nous marquons par l^ que le mot français remonte, — par transmission héréditaire, — à une forme un peu différente du latin populaire ; mais en vue de l'utilisation de ce livre dans l'enseignement secondaire, nous avons dû nous abstenir le plus possible de donner les formes du latin populaire qui risquaient de se confondre, dans l'esprit des élèves, avec celles du latin classique *. Peu importe que le mot du latin populaire soit « attesté » a. Nous donnons caponem, bien que ce soit *capponem qui explique phonétiquement le mot français chapon^ coHigere et non *colligire, pour caeillir^ quinque et non *cinquej etc.

Il n'est pas toujours facile de distinguer les formes savantes des formes populaires. Pour un mot de deux syllabes, la différence entre les deux formes possibles

1. NoQSi nous abstenons aussi, pour la même raison, de donner les formes germaniques qui diffèrent de l'allemand et de l'anglais actuels.

2. Nous marquons d'un astérisque, à défaut d'autre précision, les formes latines, môme attestées, qui n'appartiennent pas au latin classique.

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