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Chiche, avare, v. chique

2. Chiche, de « pois chiche », est tiré du latin cicer (dont le nom propre Cicéron est un dérivé) prononcé à Titalienne.

Ghicon, origine inconnue.

Chicorée se rattache au grec kikhoré par Tintermédiaire du latin et.de Titalien.

Chicot, V. chique.

Chicotin, dai)s la locution <( amer comme chicotin », déformation de socolririy nom d'un aloès de l'île de Socotora.

Chien est le latin canem. Dérivés : chenet, support terminé en tête de chien; chenil; chenille, 1. canicala (proprt petite chienne, à cause d'une certaine ressemblance de la tètej comparez chantepleure) ; le doublet savant canicule désigne l'étoiie du ^hien, Sirius; sut chenille a été fait écheniller, et caniculaire siïr canicule. Dérivés savants ou méridionaux de canem : canine (les dents << canines » rappellent les crocs du chien) ; canaille, proprt troupe de chiens, dérivés : canaillerie, s'encanailler; cagne; cagneux, dont le sens s'explique sans doute par une comparaison avec un basset; cagnard, d'où s'acagnarder, comparaison avec le

Chique] DU français. 12'?

chien qui se tient au coin du feu. Composé chiendent, V. dent. Le mot caniche, attribué souvent à cette famille, se rattache plutôt à cane (voy. ce mot). Dans -quin de requin [v. coi), on peut voir la forme normande de chien.

— La racine du latin canem se retrouve dans le radical grec kun-, d'où : cynique, cynisme, cynocéphale (à la têtel e chien, v, cap ^); cynégétique, proprt relatif au dressage des chiens, relatif à la chasse, cf. agir^.

Chiendent, v. dent, *

Chiep est le latin cacare^ onomatopée enfantine ; dérivé : chiure (de mouche).

Chiffe, dérivé chiffon, d'où chiffonnier, chiffonner, origine probablement germanique.

Chiffre, d'où chiffrer, déchiffrer, déchiffrement, déchiffrage, indéchiffrable, vient, par Titalien, de Tarabe (^ifr, qui signifie vide, zéro. Zéro est la forme espagnole du même mot. Sens successifs de chiffre : zéro, signe numérique.

, Chignon, v. chaîne.

Chimère^ d'où chimériqae, fantaisie irréelle comme la Chimère.

Chimie, d'origine incertaine, est le même mot qu'alchimie, avec l'article arabe en moins. Dérivés : chimique, chimiste et alchimiste. Les alchimistes étaient les chimistes du moyen âge.

Chimpanzé est un motdu Congo.

China, plante de Chine.

Chinchilla est un mot du Chili.

Chiner, tisser à la chinoise ; chinoiseries, formalités à la chinoise.

Chiourme, d'origine italienne, qui signifie groupe de rameurs, de forçats (composé : garde-chiourme), se rattacherait au grec keleusma, chant du chef de^ rameurs.

Cldper, origine inconnue. ^

Chipie et chipoter, d'où chipotage, chipotier, parais* sent être d'une même famille, d'origine inconnue.

Cliipolata, v. cive, Gliipoter, v. chipie.

Chique (d'où chiquer) et chicot se rattachent, par Tinter incdiaire de rilalicn, au latin inccum, petite quantité. Ou

CLKDAT. — DICT. ÉTYM. FRAMÇ. ^0

128 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chœur

explique aussi par ciccum l'adjectif chiphe, avare. Cf. déchiqueter.

Chiquenaude, origine incoanue.

Chipographe, mot d'origine grecque, signifie proprt « écrit de la main ». C'est donc proprt un synonyme de manuscrit (v. main^) et aussi d'autographe (v. graphie^); un acte chirographaire s'oppose à un a^te notarié. Le premier élément du mot est le radical grec kheir-, main, comme dans chiromancie (v. cartomancie) et chirurgie (proprt œuvre de la main).

Chirurgie* Nous venons de voir le premier élément de ce mot. Le second est le grec ergon, anciennement uiergon (cf. ail. werky angl. work)y qu'on a dans exergue, proprt inscription « hors de l'œuvre », en marge; dans énergie, grec energeia (d'où énergique), proprt action sur (préf. grec en-, V. en 5°, A), f^rce agissante; dans énergumène, celui sur qui un autre agit, possédé (même désinence passive que dans catéchumène, v. écho) ; dans liturgie (d'où liturgique), proprt action publique, au sens de culte public, formes du culte; dans métallurgie, v. métal; ^ans sidérurgie, v. fer; dans dramaturgie, v. drame; thaumaturgie, action miraculeuse (en mauvaise part); théurgie, commerce magique avec les esprits célestes, v. dieu^. Il est à noter que les noms d'agent, correspondant h ces noms d'action, se terminent soit par -gien {chirurgien), soit par -giste {métallurgiste), soit par -gre {dramaturge, thaumaturge).

Chlore, du grec khlôron, vert. Dérivés et composés : chlorate; chlorose, maladie qui se manifeste par un teint verdâtre; chlorophylle, matière verte des feuilles (v./cuiZZe); chloroforme, acide formique {v, fourmi) contenant du chlore, etc.

Choc, V. choquer.

Chocolat nous vient d'Amérique par l'Espagne.

Chœur est le latin choram, nominatif chorus conservé dans la locution « faire chorus ». Le mot, d'origine grecque, comporte une idée de danse et une idée de chant. La première idée s'est particulièrement appliquée au dérivé grec khoreia, d'où : chorée, danse de Saint-Guy, chorégraphie, art de la danse, proprt description des danses. La 8e(5onde a prévalu dans choral, choriste. Le chorège avait

Choir] DU Français. 129

la haute main sur les chœurs de, théâtre comm0 le stratège sur les troupes, v, agir^.

Choir, latin classique cadëre (d'où caduc, 1. cadvicum^ caducité), supin casum. On remarquera que, dans ce verbe, la voyelle du radical a disparu; on la retrouve sous la forme d'un é dans « échéance » et sous la forme d'un a ou d'un i dans les mots d'origine savante : décadence, incident, etc. I

1 . Le mot chute est originairement une forme du participe passé de choir \ la vieille locution « attendre chape chute » signifie : attendre un manteau qui tombe et dont on puisse s'emparer. Parachute est formé avec le préfixe para-, sur lequel y, pair ^. Dérivé en -ance : chance (d'où chanceux, malechance), c'est le fait, pour ce qui arrive, de « tomber n bien ou mal : bonne et mauvaise chance. Le doublet italien de chance nous a fourni cadence qui signifie : chute d'une phrase, d'un vers, etc., d'où rythme. Cas, mot calqué sur le substantif latin dérivé du supin, a aussi le sens de chute, c'est la terminaison des mots qui se déclinent, c'est un fait qui se produit; « faire ca< d'une chose », c'est proprt en faire une affaire, la considérer comme importante. Casuel signifie <( qui dépend de cas déterminés »; casuiste : qui discute les cas de conscience.

2. Composés : échoir, c'est proprt tomber en se détachant; on comprend que le mot ait pu s'appliquer & un héritage/ il s'applique aussi à un terme de paiement, de là échéance. Dans déchoir, le préfixe dé- appelle Tattention sur le point plus élevé d'où part la chute (au figuré); déchéance et son doublet savant décadence expriment naturellement deux nuances différentes de l'idée de chute; le déchet est ce qui tombe d'uhe» matière qu'on travaille; le mot populaire dèche est sans douté le substantif verbal de déchoir. Méchant signifie proprt tombant mal (sur mé-, v, moindre *), i^e réussissant pas, d'où malfaisant, par une évolution de sens analogue à celle qui a fait passer misérable de l'acception de u malheureux » à celle de « coquin ».

— Rechoir ^ aujourd'hui inusité, a produit rechute; dérivés savants avec le même préfixe : récidive, d'où récidiver, récidiviste. Les composés latins de cadere .avaient en eiïet la forme -cidere; de là accident, ce qui tombe vers ou sur, ce qui survient. Un incident est ce qui interrompt une suite d'événements en tombant au milieu, un événement

iZQ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chose

accessoire; une incidente^ interrompt la suite de la phrase; incidence, rencontre; dans coïncidence, coïncider, le préfixe c<h introduit Fidée de simultanéité. Occident (préf. ob-) signifie proprt qui tombe au-devant de riiorizon, qui se couche (en parlant du soleil), d'où : le couchant, région de l'espace où le soleil se couche. Dans le mot occasion, occationem (d'où occasionner, occasionnel), qui se rattache aussi au verbe latin occidere, on passe de l'idée de « tomber devant quelqu'un », en parlant >d'une circonstance, à celle de <( se présenter favorablement »; comparez chance plus haut : une occasion est une bonne chance.

— Les mots de cette famille ressemblent parfois à ceux de la famille de césure (cf. occident et occire), et 11 peut y avoir entre les uns et les autres des rapports de sens fortuits, par exemple entre incidente et incise, mais dans le. premier mot on a l'idée de chute, et celle de coupure dans le second, voy. césure.-

Choisip» d'où choix, même racine que dans gout^ sous sa forme germanique.

Gholédo<iae, oholdra, obo- COiômage, chômer, v.

lérlque, v. fiel. 1er.

Ghope» d'où chopine, allemand schoppen.

Chopper, d'où achoppement, origine incertaine. Choquer, d'où choc, entre-choquer, origine douteuse, cf. anglais shock.

Choral, ohor6e, ohorège, chorégraphie, choriste, chorus, V. chœur.

Chose est le latin causa, qui a passé, dans la langue populaiie, des sens de procès et de raison des choses au sens de chose. Le mot savant cause a conservé les deux sens primitifs. Dérivés : causal, causalité, et deux verbes causer, l'un au sens de « être cause de », l'autre, auquel se rattachent causeur, causette, causerie, ayant pris la signification de « s'entretenir avec quelqu'un », en partant du sens latin de : alléguer des raisons.

— Les verbes latins composés avec causa ont un u au lieu de au; de lèi accuser, excuser, récuser. Accuser, dérivés accusateur, accusation, c'est mettre en cause quelqu'un, lui imputer une faute, ou, dans un sens plus général, faire connaître une chose quelconque, accuser réception, accuser les formes en parlant d'un vêtement. Excuser, c'est mettre

Chrysalide] du français. 131

hors de cause, dérivés : excuse, excusable, inexcusable. * Récuser^ c'est mettre en arrière de la cause, ne pas accepter, dérivés : récusation, récusable, irrécusable.

Chou est le latin caulem^ apparenté au grec kaulon, voir aussi colza. Le mot choucroute est une déformation de l'allemand sauerkrauty où c'est le second élément qui a le sens de chou, la première partie du mot signifiant aigre; cette j

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