‹ Dictionnaire étymologique de la langue franc̜aiseChapitre 82 sur 169 · Foudre, foudroyant, foudroyer, v. flagrant · texte numérisé non relu

Foudre, foudroyant, foudroyer, v. flagrant

Fouet (diminutif du vieux mot/oa, qui est le laiin fagam, hêtre) signifie proprt paquet de branches ^e hêtre, poignée

Fourbir] du français. 289

de verges, d'où les acceptions actiiçlles, où l'idée de hêtre a totalement disparu. Dérivé : fouetter, «ur lequel, avec un autre suffixe, on a fait fouailler. La fouine, d'où fouiner, est la martre des hêtres (sur chafouin^ voy. chai). Le fruit du hêtre s'appelle encore faîne, mot issu régulièrement du latin *fagina. Mais, pour désigner l'arbre lui-même, nous avons substitué k fou le mot hétfe, d'origine germanique; dans certaines régions on emploie un dérivé de fagam, fayard, ailleurs le diminutif foute^n.

Fougasse, u. feu.

Fougère est le latin yiMcaria, dérivé defllicenij même sens. Fougue, d'où fougueux, italien foga, d'origine douteuse.

Fouille, fouiller, fouillenr, Foulage, foule, foulée, foufouillis, V. fosse. 1er, fouleur, fouloir, y. ie Fouine^ fouiner, u. fouet. suivant.

Foulard, origine inconnue.

Foulon est le latin /uWonem. Fouler, c'est proprt procéder comme le foulon, presser à coups répétés, d'où endommager par pression, même d'un seul coup. Foule, substantif verbal de fouler, signifie proprt action de fouler, mais, dans cette acception, il a été remplacé par le dérivé foulage, tandis qu'il prenait liii-mème le sens de réunion de gens qui, en raison de leur nombre, se foulent, se pressent; cf. Tun des sens du substantif « presse ^>. Fouler, qui vient du nom d'agent foulon, a produit un autre nom d'agent, fouleur, qui s'emploie pour une espèce différente de foulage. Substantif participial foulée; nom d'instrument fouloir; une foulure est le résultat de l'actiofi de « se fouler » un membre. Composé refouler, repousser en foulant, d'où refoulement.

Four-, préfixe, v. fors.

Foup est le latin furnum, diminutif fourneau, augmentatif fournaise, substantif participial fournée, autres dérivés ou composés : fournil, fournier (et chaufournier, v. chaux), enfourper.

Fourbe, vieux substantif féminin (remplacé par fourberie)^ d'où le vieux vei-be fourber et l'adjectif fourbe, est d'origine inconnue bien qu'on ait essayé de le rattacher k fourbir.

Fourbir, d'où fourbisseur, fourbissage, origine germanique.

290 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Pourrase

Foarbn, v. boire.

Fourche est le latin farca, et bifnrqaer, d*où bifurcation, est/ formé sur bifarcum, fourchu. Dérivés de fourche : fonrchett;e, fourchu ; fourcher, dévier. Composés : enfourcher, d'où enfourchure; califourchon, dont le préfixe cali- n'est pas expliqué; carrefour, constitué avec la forme masculine */urcam, /ourc, et l'adjectif numéral d'où dérive carré {y, quatre^), proprt chemin qui <c fçurche » dans quatre directions, cf. trivial au mot voie.

Fourgon, voiture de bagages, origine inconnue.

Fourmi» latin classique /ormica; acide formiqne, «sécrété par les fourmis », d'où iodoforme et formol. Verbe dérivé : fourmi-erf fourmiyer, devenu par analogie fourmiller, d'où fourmilière (jadis fourmiyhre), fourmillement. A la forme grecque de même origine, marmêka, se rattache le nom des M^rmidons, peuple changé en fourmis.

Fournaise, fourneau, fournée^ fermier, fournil, v./oar.

Fournir, d'abord fornir ou formir, origine germanique. Dérivés : fourniment, fourniture, fournisseur. A la forme avec m se rattache performance, mot que la langue moderne a repris à l'anglais comme terme technique, proprt qualités nécessaires à un cheval pour « fournir » une course « jusqu'au bout », en vieux français : accomplissement.

Fourrage se rattache à une racine germanique apparentée au latin pascere (v. paître) et confondue dans l'allemand moderne fatter avec celle de fourreau, gaine, et de fourrer, garnir comme d'une gaine et introduire comme dans une gaine.

A l'idée de nourriture se rattachent, outre fourrage (qui a produit lui-même l'adjectif féminin fourragère et le verbe fourrager, aller au fourrage, d'où ravager) : fourrier, militaire qui s'occupe du fourrage (et aussi des vivres et du logement pour les hommes), et fourrière, proprt grenier à fourrage. La fourragère, ornement de l'uniforme, est à l'origine la corde à fourrage.

A l'idée de garniture enveloppante se rattachent les dérivés de fourrer : fourrure, spécialement peau d'animal avec son poil, fourreur, et, au figuré, fourré, bois épais comme une fourrure d'animal.

Fraction] du français. 291

Fourvoyer, d. voie. Foyer, v. fea.

Fouteau, v. fouet» Frao, origine inconnue.

Fracasser^ d*où fracas, itallea fracassarey même racine que dans casser.

Fraction, lat. fractiomm^ d'où fractioimâire, fractionner, fractionnement, se rattache au verbe latin frangere, supin fracturriy qui signifie briser. Cf. broyer.

1. Autres dérivés : frêle et son doublet savent fragile, lat. fragilem, d*où fragilité (comparez grêle et gracilité); fragment, 1. fragmentum, d*où fragmentaire, fragmenter; fracture, 1. fractura, d'an fracturer; fretin, proprt menus morceaux; le substantif pluriel frais, désignant proprt les bris, les dégâts, composé défrayer..

2. Les composés defrangere étaient en -fringere, -fractum i enfreindre, dérivé savant infraction; nous n'avons pas effreindre, mais effraction (préf. ex-); souffreteux^ formé sur le vieux substantif participial souffraite, privation (proprt rupture en dessous, manque), mais la signification de souffreteux a été influencée par Tétymologie populaire, qui l'a rattaché par erreur à souffrir. — Termes scientifiques : réfraction (auquel se rattachent réfracter, réfrangible, réfringent), l^rislement ou déviation d'un rayon (à rapprocher du mot d'origine provençale refrain, déviation uniforme des couplets, retoui" d'un même vers, d'un même groupe de vers); diffractiqn, brisemçnt en différentes directions. — Dans le groupe de mots suffrage, suffragant, réfractaire, irréfragable, l'idée essentielle serait celle de <( fragment » de poterie avec quoi on vote, vote ; lé suffragant vote pour, assiste, le réfractaire vote contre, résiste; irréfragable, contre quoi on ne peut voter, irréfutable. Toutefois, d'après une autre explication, suffrage, sans cesser d'appartenir à la même famille, se rattacherait à l'idée de « fracas », éclat des applaudissements. Irréfragable n'appartient pas au latin cla^ique.

3. Autres composés présentant la même racine : saxifrage, proprt plante qui brise les pierres (saxum == rocher) ; naufrage, 1. naufragium (d'où naufragé), proprt bris de navire i orfraie, t;. os; anfractuosité, tiré d'anfractum (préfixe am6-), proprt contour en ligne brisée.

— Au verbe grec qui correspond à frangere, mais pour le sens seulement, se rattache hémorragie, proprt éclatement du sang, voy. sang.

292 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [FrasqW

Fraeture, fracturer, ira- fragmentaire, fragmenter, v gile, fragilité, fragment, fraction K.

Frai, v. frayer.

i. Frais, adjectif, origine germanique, cf. all.frisch; diaiinutif populaire frisquet. Dérivés et composés : fraichear, fraîchir, défraîchi; rafraîchir, doù rafraîchissement. La forme italienne fresco nous a donné le mot fresqlie, peinture « à frais ».

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