Frais, substantif, v. fraction
i • Fraise, d'où fraisier, se rattache au latin fraga, voy. framboise.
2. Fraise (de veau), mot qui, par figure, s'applique à la collerette empesée qu'on portait au xvl® siècle; origine inconnue. Dérivé : le verbe fraiser, dont un sens, évaser circulairement, a engendré un nouveau substantif fraise, outil à fraiser. ^
Framboise, d'où framboisier, d'un mot gerpaanique qui signifie mûre et dont la consonne initiale a été absiniiiée à celle &Q fraise. Il y a eu influence réciproque des deux mots, et c'est ainsi qu'au lieu de fraie et bramboisey nous disons fraise ei framboise.
Franc, mot germanique, nom de peuple et nom d'une monnaie qui avait comme légende la traduction latine de « Jean, roi des Frafics », plus tard monnaie de compte identique à la livre, puis unité monétaire. Le mot s'est employé comme adjectif au sens de : libre, exempt de charges, et aussi qui parle sans .contrainte, qui ne dissimule pas sa pensée, d où le substantif franchise et la locution à la bonne franquette. A franc au sens de libre se rattachent : affranchir, d'où affranchi, affranchissement, franchir un obstacle, proprt s'en libérer, dérivé infranchissable. .Le mot tout italien franco est une abréviation de <c porto franco », port ou transport franc. Français, dérivé de Franc^ désigne les Francs romanisés; franciser, c'est rendre français.
Frange, franger, v. fibre
Frangipane, parfum inventé par la famille italienne des
Frangipani.
Franquette, v. franc. Frapper, d*où frappeur,
origine inconnue.
Frasque, italien /rasca, d'origine inconnue.
Pt-êt] Du FRANÇAIS. 2^i
Frater, fraternel, Iratemi- ser, ^temité, fratricide, v.
frère.
Fraude, latin fraudera. Dérivés : frauduleux, frauder, d'où fraudeur. A la même famille appartient frustrer, lat. fruslrare.
FraYeP est le latin fricare^ frotter, supin fricalam (d*où consonnes fricatives), onfrictum, d'où friction et frictionner. Composé : dentifrice, lat. dentifriciam. Frayer avec quelqu'un, c'est proprt se frotter à lui; /rayer un chemin, c'est proprt frotter le sol pour l'établir; le poisson qui fraye (d'où le substantif verbal frai) frotte Je sable ^our y déposer ses œufs.
Frayeur, v. effrayer. Fredon, d'où fredonner,
FredaiAe,origine inconnue. origine inconnue.
Frégate, ital. fregata, d'origine inconnue.
Frein est le latin frenum. Composés : effréné (préf» ex-) ; refréner ou réfréner, ramener par* le frein, au figuré. Voy, chanfrein et palefrenier.
Frelater, hollandais verlaten^ proprt transvaser.
Frôle, V. fraction^.
Frelon^ origine germanique.
Freluquet, v. fanfreluche.
Frémir, d'où frémissement, latin classique /réméré.
Frêne est le latin /raa:mum.
Frénésie, frénétique eï phrénologie se rattachent au grec phrena, esprit; /renés ie, proprt maladie de l'esprit.
Fréquent^ ^^^^^ frequentem. Dérivés : fréquence; fréquenter, d'où fréquentation, fréquentatif.
Frère est le latin fratrem, dont le nominatif frater a été employé tel quel aux sens de moine et de barbier-chirurgien. Dérivés savants : fraternité, fraterniser, fraternel, fratricide (i;. césure). Composés : confrère et confrérie.
Fresque, u. frais^ adjectif.
Fressure, origine douteuse; a été expliqué comme un dérivé défroisser^ au sens ancien de mettre en morceaux.
Fret, d'un mot germanique qui signifie salaire; dérivé : fréter, qui a eu, comme affréter, le sens de prendre un navire en location, mais dont le sens drdinaire est, par connexion, équiper un navire.
294 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Frîse
Fpétillep, d*où frétillant, frétillement, semble être une onomatopée.
Fretin, v. fraction *.
Friable, latin friabilem. Le yerbe effriter, réduire en poussière, iparatt être tiré de friable ; il semble distinct du vieux verbe effriter, jadis effruiter, rendre stérile.
Friand, friandise, v. frire.
Fricandeau — et Measser, d^où fricassée et fricot, —
origine inconnue.
Frloatlf, V. frayer. FrleCien , frictionner, o.
Friohe, d'où défrloher, orl- frayer.
gine inconnue. frigidité, frigorifique, frl-
Prloot, friooter, v. frieasser. lenz, v, froid.
Frimas, d'où frimaire, origine germanique. Frime et Mmousse, encore inexpliqués, ne paraissent pas avoir de rapports d'origine. \
Frinirale, v. faim. Fringant, origine inconnue.
Friper, friperie et fripier se rattachent au vieux mot français frèpe^ qui signifie « guenille » et qu'on n'a pas encore expliqué.
Frippn se rattache à un vieux verbe friper, d'origine inconnue, qui signifia avaler en glouton et voler. Dérivés : friponner, friponnerie.
Frire, d'où friture, fritenr, est le latin frigere^ faire rôtir. Ce verbe, comme cuire et griller, se dit de la personne qui soumet à l'action du feu^ et aussi, intransitivement, de l'objet soumis à cette action. Le participe présent, au sens figuré de « frétillant, appétissant » (comparez croasHUant), a produit notre adjectif friand, d'où le dérivé friandise. Le vieux verbe /rîolcr,. formé sur /rire, nous a laissé le composé affriolant. Frisson, qui est *frictionem (d'où frissonner)^ désigne proprt le mouvement de la friture; comparez grelotter. Fronsse parait fait sut frisson.
i. Frise, lial.fregio, lat. phrygium, proprt ornement à la mode phrygienne. La vieille forme française est -froi dans le mot orfroi, proprt or phrygien, bordure brodée d'or.
2. Frise, dans « cheval de frise », instrument de défense en forme de poutre, est le nom de la province des Pays-Bas. Pour ce sens du mot cheval, cf. poutre au mot poule K
Fruit] DU FRANÇAIS. 295
Friser, d'où frisure, frisette, frison, frisotter, défriser, origine peutrêtre germanique.
FJriBqaet, u. frais, adjectif. Frisson, frissonner^frlteur,
friture, v. frire.
Frivole, d'où frivolité, latin /rivo/um.
Froc, d'où frocard^ défroqué et défroque, origine douteuse; le mot parait apparenté à rochet, nom d'un vêtement ecclésiastique, cf. allemand rock^ robe.
Froid est le latin frigidum, d'où frigidité. Dérivés : froideur, froidure, refroidir, refroidissement. De la même famille : frigorifique (v, faire '), frileux, réfrigérant.
Froisser, d'où froissement, froissure (cf. fressure), est le latin yrastiare, dérivé de frustum, morceau, et a d'abord signifié « mettre en morceaux ».
Frôler, d'où frôlement, cri- Fromage, fromagerie, v»
gine douteuse. forme.
Froment, v, fruit.
Froncer, d'où froncement, origine probablement germanique.
Frondaison se rattache au latin frondem, feuillage.
Fronde est le latin fanda. De l'emploi historique du mot dérive la signiOcation actuelle de fronder et de frondeur.
Front est le latin frontem. Dérivés : frontal ; fronton ; frontière, ligne où un pays fait front au voisin. Composés : affronter, qui a eu l'acception de <c tenir tête à, insulter », d'où le sens du substantif verbal affront; confronter, d'où confrontation ; effronté (préf. ex-), proprt privé de front, sans pudeur, d'où effronterie. Ajoutez frontispice, dont le second élément vient d'un verbe qui signifie regarder (v. épice), proprt aspect du front.
Frotter, d'où frottée, frotteur, frottage, frottement, frottis^ origine inconnue. Des raisons phonétiques empêchent de l'apparenter h friction.
Froa-frou, v. cricri. fructifier, fructueux, frugal,
Frousse, v. frire. frugalité, frugivore, v. le sui-
- Fructidor, fructification, vant.
Fruit est le latin fructum et se rattache au participe passé d'un verbe qui signifie jouir de. Dérivés et composés en fruit' ou en fauct- : fruiterie, fruitier; fructueux, infructueux, fructifier, d'où fructification, v. faire ^ ; fructidor,
296 DICTIONNAIRE ÉTYHOLOGiQUfi [t^umef
nom de mois dans le calendrier républicain ; asnfrnit, droit d'user des fruits, d'où usufruitier.
, — A la même famille appartiennent le premier élément (fruges) de frugivore (v. dévorer), frugifère (v. offrir ^), et frugal, frugalem, d'où frugyilité. — Même racine dans le latin framentum, devenu froment. •
Frusques et saint-frusquin, mots d'argot.
Fruste, italien frusto, d'origine incertaine.
FrUBtrar, v. fraude. Fuchsia, v. acacia.
Fuchsine^ teinture lancée par la maison Renard de Lyon [fachs est la traduction allemande de renard). Cf. fuchsia au mot acacia.
Fugace^ fugitif, fugue, y. le suivant.
Fuir» latin classique fugere, supin fu'gitam, d'où le substantif participial fuite, et le dérivé savant fugitif. Fugue, espèce de contrepoiùt, vient de l'italien et signifie proprt fuite, c'est le substantif verbal latin fuga ; faire une fugue, au sens de disparaître momentanément, est un jeu de mots sur les deux sens du mot italien. Autres dérivés : fuyard, fugace, l.fagacem. Composés populaires ou savants : s'enfuir (v. en 2°) ; refuge, 1. réfugiant, retraite pour la fuite, d'où se réfugier; transfuge, qui passe en fuyant dans un autre camp; fébrifuge (v, fièvre), ignifuge (v. feu); faux-fuyant (v. /ai//ir^); subterfuge, moyen en dessous, détourné, d'éviter ; sur le préfixe subter-, voy. «ou-2*; centrifuge, v. centre.
Fulgurant, fulguration, v. flagrant.
Fuligineux sa rattache au mot latin fuliginem, suie.
Fulminer, v. flagrant. 1. Fumer (des terres), v.
flente.
2. Fumer est le latin fumare, qui se rattache à famum (fumée), d'où dérivent aussi : fumeux, fumiger et fumigation {v. agir «), fumivore. Substantif participial de fumer : fumée; dérivés : fumet, fumeron, fumerole, fumeur, fumoir, fumage (du jambon). Composés de fumer : parfumer, proprt répandre une fumée, d'où : parfum, parfumeur, parfumerie ; enfumer. La fumeterre, proprt fumée de la terre, est une plante qui produit sur les yeux l'effet de la fumée. Dérivé de fumée : fumiste, d'où fumisterie.
Pût] DU FRANÇAIS. 297
Famier, v. fiente. Fumure, v. fiente.
Fumigation,, fumiger, fa- Funambule, v. ambulance
miste, fumisterie, fumivore, et funiculaire. fumoir, v, fumer.
Funèbre, latin fanehrem, se rattache à funus^ génitif faneris, qui a le sens du dérivé funérailles et qui désigne aussi la mort. Autres dérivés : funeste, \bX. fane$lixm\ funéraire.
Funiculaire dérive d'un diminutif du latin fanem, câble. Ce diminutif est employé i>ar les botanistes : funicule, petit cordon qui attache l'ovule dans le pistil. Composé de fanem : funambule, danseur de corde, voy. ambulance.
Fur, V.' for.
Furet, diminutif français du latin fùrem, voleur. Dérivé de faret : fureter, d'où fureteur. Dérivé defUrem : furtif, 1. furtivum. Le moi farunculam, qui nous a fourni furoncle, est aussi un diminutif defarem et avait en latin les sens suivants : petit voleur, tige secondaire de la vigne (qui dérobe la sève aux tiges principales), bosse qui se forme à Ten droit où la vigne donne uii bouton, enfin furoncle.
Fureur, latin farorem, se rattache au verbe furere, être fou.~ Autres dérivés : furie, farta, d'où furieux; furibond, faribundum.
Furoncle, furtif^ v. faret.
Fusain (arbrisseau qui sert à faire des fuseaux, et charbon à dessin fourni par l'arbrisseau), ainsi que fuseau et fusée, sont des dérivés du latin fusum, qui signifie « fuseau ». Dérivés de faseau : fuselé, allongé comme un fuseau; fuselage, assemblage de pièces en forme de fuseaux.
Fuser, fusible, v. fondre. Fu8ion,fuBionuer, v. fondre.
Fusil, fusilier, fusillade, Fustiger, y. le suivant.
fusiller, v. feu.
Fût est le latin /u«fem, bâton, d'où fustiger, v. agir^, et futé (affiné par la bastonnade). Fut a les sens divers de : tronc d'arbre, d'où le dérivé futaie; tige de colonne; tonneau de bois, d'où le dérivé futaille. Composé : le vieux verbe affûter, installer près d'un arbre à la chasse, et installer un canon sur son support, d'pù les deux sens du substantif verbal affût. Par extension, affûter a pris le sens de « préparer un
298 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Fayard
objet quelconque »; d'où ensuite, par restriction, k aiguiser un outil )>, sens actuel; des affûtiauz (forme dialectale) sont de menus objets préparés pour un usage quelconque Futaine, étoffe de Fostat, faubourg du Caire.
Futé, ». fâU Patup, v. physique.
Futile, fntUité, v. fondre Fuyard, v. fuir. '
Gabape, bateau, provençal gabarra, d'oogine inconnue. Dérivé : gabarit ou gabari, proprt modèle de bateau.
Gabegie, fraude, est un mot du patois bourguignon, dont l'origine est inconnue.
Gabelle» impôt sur le sel, vient du provençal gabela, luimême tiré de Tarabe qabala, impôt. Dérivé : gabelou, proprt employé de la gabelle; le sufâxe dialectal -ou (comparez amadou, au mot aimer) correspond aux suffixes français -eur et -eux. Rabelais emploie gabelUar.
Qahier, v, eoue. aftohe de serrure, d*où gA-
chette, origine inconnue.
GâehePy mot d*origine germanique (cf. allemand waschen), signifie propre laver; Substantif verbal gâche, outil de maçon. Du sens de gâcher du plâtre, on a passé à Tacception figurée de : faire sans soin. Dérivés : gàchenr, gâchis.
Gadoue, origine inconnue.
Gaffe, d*où gaffer, origine douteuse.
Cktga, V. cricri.
Gage, d'origine germanique (cf. ail. wette), ou se rattachant au latin vas^ génitif vadis, caution, a engendré gagiste et gager, d'où gageure, dont la prononciation correcte est « gajure ». Composés de gager : engager (dérivés : engageant, engagement, rengager], qui signifie proprt mettre en gage ou lier par un gage, d'où lier par un traité ou par une simple promesse, par conséquent priver de sa liberté, ce qui amène aux acceptions de « imprimer une direction à, conseiller »; dégager, d'où dégageihent, c'est rendre sa liberté à ce qui était engagé.
GagnePy mot d'origine germanique, cf. allemand weiden,
300 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Galetas
dont le sens propre^ est u paître ». On a passé au sens de « trouver à paître » au figuré, faire un profit, conquérir, obtenir, atteindre (un lieu). Le sens primitif s'est conservé dans regain, pousse d'herbe qui permet de paître à nouveau. Substantif verbal de gagner : gain. Dérivés : gagnenr et le vieux mot gagnage, pâturage. Composé : regagner.
Gai« d'où gaîté, égayer, origine douteuse (forme provençale de geai ?). S'égayer a eu le sens de <c s'ébattre » ; c'est sans doute l'origine du verbe écrit s'égailler (d'après une prononciation dialectale par a), et qui signifie se disperser.
Gaillapdt galant^ et le mot gala, fête, emprunté à Titalien, se rattachent probablement à la même racine, d'ailleurs douteuse. On a dit château gaillard au sens de (c château fort » ; c'était le nom des « châteaux » de navires, appelés aussi, par abrègement, gaillards : les expressions « gaillard d'avant, gaillard d'arrière » désignent des parties du navire qu'occupaient jadis les châteaux gaillards. Dérivés de gaillard : gaillardise, ragaillardir. Dérivés de galant : galantin, galanterie. Régal, d'où régaler, régalade, nous vient de l'italien et signifie proprt partie de plaisir.
Gain, V. gagner.
Gaine est le latin vagina. Dérivé : gainier, d'où gainerie, et le diminutif espagnol vanille, proprt petite gaine. Composés : dégainer, substantif verbal dégaine, manière de dégainer, d'où manière de se tenir; engainer, rengainer.
Gala, V. gaillard. Galant, galanterie, galan-
Galandage, u. guirlande, tin, v. gaillard.
Galantine, peut-être variante de gélatine^ avec influence de galant sur la forme du mot.
Galbe, italien garbo, d'origine douteuse.
Gale, d'où galeux,^ encore Galéopsia, v. voir^.
inexpliqué.
Galère, italien galera (dérivé : galérien] et galion, galiote, se rattachent au bas-grec galaia.
Galerie, origine inconnue.
Galet, d'où galette, galet au figuré, a été rattaché au celtique.
Galetas a d'abord désigné un logement haut perché, par allusion à la tour de Galata, à Gonstantinople.
Garant] DU français. 301
Galette, v. galet. Galeux, v, gale.
Galimatias a été expliqué comme le produit de déformations successives, à travers plusieurs langues, du latin grammatica, français grammaire. Cf. grimoire, à graphie *.
Galion, gallote, v, galère,
Galle^ latin galla, excroissance végétale; en raison de sa forme, la galle du chêne est appelée « noix de galle ».
Gallican, gallicisme, v. gau- . Galoche^ v. pied, lois, Galonner, d''oii galon, ori-
Gallinacés, u. geline, gine inconnue.
Galoper, origine germanique. Substantif verbal galop. Dérivés : galopade, galopin (cf. trottin).
Galoubet^ mot provençal d'origine douteuse.
Galvaniser, galvanisme ont été faits d'après le nom du physicien italien Galvani. Sur le second élément de galvanoplastie, y oy. plastique.
Galvauder, origine incon- Gambade, gambader, v,
nue. jambe.
Gamelle, latin camélia^ vase en bois.
Gamin, d'où gaminerie, origine douteuse.
Gamme, de gamma, nom d'une lettre de l'alphabet grec . / que l'on employait, dans le système de représentation des notes par des lettres, pour désigner le sol grave du violoncelle, première note de la gamme la plus usitée.
Ganache, dont le sens propre est « mâchoire de cheval », semble se rattacher au grec gnathon, mâchoire, qu'on retrouve dans prognathe,, « qui a la mâchoire en avant ».
Gandin, habitué du boulevard de Gand, à Paris.
Ganglion, grec ganglion.
Gangrène» d'pù gangrener, grec gangraina, pourriture.
Gangue, ail. gang, pr'oprt chemin ; c'est le « filon » considéré comme enveloppant le minerai.
Ganse, provençal ganso, d'origine douteuse.
Gant, origine germanique. Dérivés : gantefait; gantier, d'où ganterie ; ganter et le composé déganter.
Garage, v. guérir. Garance, origine inconnue.
Cîarant, origine germanique. Dérivés : garantie, garantir. Warrant, forme anglaise de garant, récépissé en garantie.
302 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQDB [Oamir
Garoe, garcette, v. le suivant.
Garçon» d'origine inconnue, avait pour cas sujet gars, qui est devenu un mot à part. Féminin garce, qui a pris une acception péjorative. Dérivé de garçon : garçonnet, garçonnière. Dérivé de garce : garcette, nom donné par les marins à une petite corde.
Gardénia, v. acacia.
Garder» origine germanique, cf. ail. warten, (a été rapproché de garer). Substantif verbal : garde, action de garder, et garde, gardien, celui qui garde. Garde, au sens de ^( celui qui garde » ou « ce qui garde », e^t aussi le premier élément d'un bon nombre de mots composés. Dérivés : gardeur, garderie, mégarde (mauvaise garde; sur le préQxe, v. moindre ^). Pour bien garder, il faut avoir Tœil ouvert (« voir » est d'ailleurs le sens premier de la racine), d'où la signification des composés regarder et égarder (vieux français) et de leurs substantifs verbaux regard et égard; le second a pris le sens figuré de « considération », et regard a eu un sens voisin, qu'on retrouve dans la locution archaïque v au regard de ». Le germanique warten est apparenté au latin vereri (voy. vergogne) et au verbe grec auquel se rattache 'Orama (voy. voir ^),
Qare, garenne, garer, v. guérir.
Gargariser» dérivé gargarisme, grec gargarizein. Gargote, d*où gargotier, origine douteuse.
Gargouille, comme gargouiller, d'où gargooillemeni, gargouillis, parait être une onomatopée.
Gargoulette , origine dou- Gargousse, v, charte.
teuse. Garnement, v. le suivant
Garnir, origine germanique, cf. allemand warnenj avertir d'un danger. Ce verbe a eu le sens de protéger; un mauvais « garnement ^) est proprt un mauvais protecteur, un mauvais sujet; l'habitude d'employer le mot avec l'adjectif mauvais a fait que garnement, même employé seul, a gardé la signification de la locution « mauvais garnement ». Du sens de protéger, garnir a passé au sens de munir, remplir, compléler. Dérivés : garniture ; garnison, troupe qui défend une place, d'où garnisaire. Composé : dçgarnir.
Gavotte] i>U français. 303
Garrot, d^où garrotter, ori' Gars, v.\ garçon,
gine inconnue.
Gaspiller, d'où gaspilleur, gaspillage, origine inconnue.
Gastralgie, gastrique, gas- ^mie, gastronomique, v. est<ytrite, gastronome, gastrono- mac.
Gâteau, V. le suivant. .
Gâter est le latin vastare, dont un composé nous a fourni le mot savant dévaster (d'où dévastation, dévastateur). Pour gâter, on a passé du sens de détériorer au sens de choyer à l'excès, d'où gâterie et peut-être aussi gâteau (toutefois le mot parait antérieur à l'emploi Ggurè du verbe gâter). Un gâteux (pour gâteur) est ainsi appelé parce iqji'^l gâte et salit tout. Dégât est le^ substantif verbal du vieux verbe dégâter, doublet de dévaster. Vaste vient de celui des deux adjectifs latins vastum qui n'est paa apparenté à dévaster.
Gauche, d'où gaucher et gaucherie, est Tadjectif verbal de gauchir, d'abord gauchir^ mot d'origine germanique dont le sens primitif est faiblir, fléchir, cf. ail. wanken,
Gandir, v, jouir.
Gaudissarty du nom d'un personnage de Balzac. Gaudriole, v. jouir. ^
Gaufre, d'où gaufrette, gaufrer, gaufrage, est d'origine germanique, cf. ail. vmffel et angl. wafer, qui signifient gaufre, et ail. wabey proprt g&teau d*abeille.
Gaule, d'où gauler, origine douteuse.
Gaulois. Sur le latin Gallum, Gaulois, avec deux suffixes différents ont été formés les dérivés gaulois, gallican, le premier suffixe étant d'origine populaire. Gaulois a été en^ployé au sens de « archaïque, grossier », et sert à qualifier des propos fort libres comme les aimaient nos pères (sans remonter bien entendu à l'époque gauloise). Dans gallican et dans gallicisme, la racine évoque non plus une idée d'archaïsme ni de liberté de langage, mais une idée de nationalité «c française ».
Gausser (se), origine inconnue.
Gaver se rattache h un mot de la vieille langue qui signifie gosier. Dérivé populaire : gavion, gosier.
Gavotte, proprt danse des gavots. Le mot gavot, nom
CLiDAT. — DICT. ÉTYM. FRAUÇ. ^l
304 DICTIONNAIRE JBTTMÔLOGIQUE [Oeocive
donné aux montagnards dans le Midi, est d'origine douteuse.
Gaz, mot créé par ralchimistè hollandais Van H^Imont, pour désigner une substance subtile. Dérivés : gazeux, gazier gazomètre, etc.
Gaze, d'où gazer, peut-être étoffe de Gaza en Palestine.
Gazelle, arabe ghazal.
Gazette, d'où gazetier, a\5té d'abord le nom d'une monnaie vénitienne, c'était le prix du journal.
• Gazon, d'où gazonner, origine germanique, cf. allemand wasen.
Gazouiller, d'où gazouillement, gazouillis, semble être une onomatopée.
Geai, peut-être du nom propre Gaiatj cf. pierrot
Géant est le latin gigantenij du grec giganta; dérivé italien : gigantesque.
Geindre est le latin gemere qui a donné, en formation savante^ gémir, d'où gémissement.
Gel est le latin gelu. Dérivés : gélif ; geler, d'où gelée et gélatine. Composés de geler : le vieux verbe engeler, d'où engelure ; congeler, d'où congélation; dégeler, d'où dégelée.
— A la même famille appartient glace, lat. class. glaciem, d'où : glacial, glaciaire, glacier, glacière ; glaçon ; glacer, qui a produit glacis, terrain en pente, où l'on glisse (comme sur la glace) ; verglas, dont la première syllabe doit sans doute être identifiée avec verre,
— Notre verbe glisser, d'où glissement, glissade, a été jadis glier, forme d'origine germanique (cf. ail. gleiten, angl. glide) devenue glisser sous l'influence de glace.
Gélatine, gélatineux, gelée, geler, gélif, v, gél,
Geline, d'où gelinotte, est le latin gallina, d'où gallinacés. Geline a été remplacé par poule, et le masculin latin gallum par coq^ voy. ces mots.
Ctémeau, géminé, v.Ju/neaii. Gémir, gémissement, o.
geindre.
Gemme, du latiri gemma, bourgeon et pierre précieuse. Le sel gemme s'oppose au sel marin.
Gémonies, latin Gemonias, lieu où l'on jetait les corps des suppliciés.
Gencive, latin classique gingiva, d'où gingivite.
Génital] DU français. 305
Gendarme; d*où gendarmerie, se gendarmer, est tiré du pluriel gens d'armes.
Gendre est le latin gêner um.
Gène est un mot d'origine germanique qui signifie proprt aveu, et dont le sens a subi Tinfluence du mot géhenne (proprt vallée de supplice), d'origine hébraïque. Dérivé : gêner, d'où gênenr, gênant; on a passé, par extension, de ridée de torture à celle de simple embarras.
Généalogie, généalogiqôo, généalogiste, v. génital s. Génépi, mot savoyard.
Qèmer, v, gêne. liion, généreux, générique.
Général, généraliser, gêné- généroelté, genèse, v, génital^ . ralité, générateur, généra-
Genêt, arbrisseau, latin clfkssiqtie genista. Cf. balai. Genety petit cheval, espagnol Jinéte, d'origine arabe^
Genévrier, v. genièvre. Génial, génie, v. génital >.
Genièype, d'où genévrier, genevrette, latin classique ju/iiperum. L'anglais gin est une forme contractée de genièvre.
Génisse, v. jeane.
Génital, latin genitalemy et congénital (produit avec nous, apporté en naissant) se rattachent au verbe gignere^ produire, supin genitum, d'où viennent aussi génitif, cas où l'on met le nom d'un objet présenté comme produit par un autre, et le vieux mot géniturey remplacé par le composé progéniture. Cf. germe et naître qui sont de la même iTamille. L'adjectif gfen< (sur lequel a été fait agencer, rendre agréable, commode, d'où agencement) est l'adjectif participial de gignere et signifie proprt <c né », d'où bien né, puis élégant, gracieux. Sur la racine de ce verbe se sont formés les noms latins genus, gentem, genium.
1. A genus,qm signifie naissance, espèce, et dont le génitif est generis y ^se rattachent: genre et générique; congénère; général, proprt qui embrasse tout le genre, toute l'espèce, qui est chargé d'un commandement d'ensemble (dérivés : généralité, généraliser, d'où généralisation) ; génération et générateur, régénération ; dégénéré, dégénérescence ; généreux, d'o^ générosité, dont ie sens primitif est « de bonne race ». Engendrer est le seul mot de ce groupe qui soit d*origine populaire; la forme savante en serait engénérer.
306 DiCTioi«NAiuB ÉTYMOLOGIQUE [Gentiane
2. GenUm, qui signifie race et nalion, est devenu notre substantif gent, race (la gent ailée), nation (le droit des gens)j au pluriel (sauf dans droit des gens) personnes. Composé et dérivés : entregent, habileté à se conduire entre leç cens; gentil, qui est geniilem, sens latin « de race » (gentilhomme), puis simplement agréable (dérivé : gentillesse), aussi, en style biblique, appartenant aux nations (étrangèVes à Israël, la conversion des gentils).
3. Le latin geniam signifie proprt : esprit divin « qui préside à la naissance », qui protège, puis, sous l'infiiuenee à'ingeniam (v. ci-dessous), talent supérieur, génie (dérivé : génial) et en français art de l'ingénieur.
— Le latin ingenium signifie prOprt esprit naturel (inné), d'où ingénieux, <c habile », s'ingénier, ingéniosité; Fadjectif ingenuum, d'où le français ingénu, ingénuité, signifie naturel; naïf a. la même signification primitive (v. naître). Le mot de formation populaire venant d' ingenium est engin, instrument ingénieux; l'ingénieur est primitivement un constructeur d'engins.
4. Les adjectifs bénia, du latin heni-gnam, et malin, du latin mali-gnum, signifient proprt : qui produit du bien, qui produit du maL Dans ces mots français, la racine est réduite à la consonne n (gn dans le féminin bénigne et les dérivés bénignité, malignité).
5. La forme grecque de la racine de gignere se trouve dans généalogie, tableau et science des générations apparentées, d'où généalogique, généalogiste (v. Ibgique ^) ; dans genèse, proprt génération; dans homogène, de genre semblable (v. homéo-), hétérogène, de genre différent (v. autre *); dans beaucoup de mots en -gène, où on a donné par erreur à ce composant le sens de : qui engendre. — Indigène (proprt né là) est de formation latine et non grecque, lat. indigena^ voy. en, B. Quant à aborigène, il est d*une autre famille, voy. orient
Genou, jadis genonil, est une forme dîminative du latin genu. Dérivé : genouillère. Composés : agenoniller et le mot savant génuflexion.
Genre, v. génital^. Oent, adjectif, v. génitaL
Gens; gent, substantif, u.
génital *.
Cientiane, latin genliana.
OerUut] DU FRANÇAIS^ 307
Gentil, gentilhomme, gen- G^ôologle, géologique, géo-
tillesse, gentiment,!). ^^ni/aZ^. logue, géomètre, géométrie,
Génoflexic- . u. genou. géométrique, géorglquea, v,
G^éodéflie, géographe, géo- terre.
graphie, géographique, v. Oéranoe, o. gérer,
terre. Géranium, o. grue.
Geôle, geôlier, v, cave >.
Gerbé^ origine germanique, cf. ail. garbe.
Gercer^ d'où gerçure, a été expliqué par un dérivé du latin carpere, déchirer, cf. charpie. Une autre étymologie !• rattache au grec kharassein, graver, fendre (cf. caractère).
Gérer, d'où gérant, gérance, latin gerere, supin gestarriy d'où gesUdn. Gerere signifie proprt porter, d'où :. avoir lacharge de, accomplir.
1. C'est le dernier sens qui prévaut pour le substantif féminin geste dans « chanson de geste », proprt d'action, et dans la locution <c faits et gestes ». Le geste, 1. gestum, c'est proprt le port, l'attitude du corps, d'où : mouvement significatif de la main, de la tête; dérivé gesticuler. La gestation, c'^t le fait, pour la mère, de porter dans son sein. Gérondif se rattache au participe futur passif de gerere et désigne un temps des verbes qui s'applique à c< ce qui va être accompli ».
2. Le sens primitif de « porter » se retrouve dans les composés : digérer, proprt porter de divers côtés, distribuer, s'assimiler les aliments, dérivés : digestif, digestible, digestion, indigeste, indigestion; — ingérer, .porter dans, d'où ingestion, action d'ingérer, au propre, et ingérence, action de s'ingérer, au figuré; — suggérer, apporter sous, au figuré; dérivés : suggestion et suggestif. La congestion, d'où congestionner, c'est l'apport ou l'affiux du sang, s'amassant dans un organe. Exagérer, avec un double préfixe (ex- -j- ad-)^ c'est proprt amonceler, dérivé : exagération. Le belligérant porte ou fait la guerre, voy. deux^.
— Le bas latin avait un mot composé, regesta, pluriel neutre signifiant k choses rapportées », c'est l'origine de notre mot registre, d'où enregistrer, enregistrement; interprété faussement comme un dérivé de régir, ce mot, dans certaines expressions, a, pris le sens de régulateur (d'un orgue, d'un fourneau) ; les registres de l'orgue mettant en jeu difïérentes séries de notes, d'où le sens du mot quand on parle des registres de la voix.
G'erfaut est composé avec l'ancien cas sujet de faucon.
308 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [OigOt
fanCy et un mot germanique qui veut dire vautottr, ail. geier. Ctermain, v. germe.
Germandréey altération du mot grec khamaidruay petit chêne (cf. caméléon) ; cette plante est ainsi nommée en raison de la forme des feuilles.
Germe est le latin germen (pour *genmen^ voy. génital)^ génitif germinis. Dérivés : germain, qui est le latin germanum, proprt de la même souche; germer, qui est le latin germinare, d*où germination; germinal.
Oérondif, v, gérer l.
GésiePf latin classique gigeria, qui signifie <r entrailles des victimes ».
Gésir, d'où gésine, gisant, gisement, gite, est le latin Jacëre, être étendu. Composés savants : adjacent, étendu auprès, sons-jacent. Ce verbe se rattache h celui d'où vient jeter, il exprime l'état d'un objet qui a été jeté. Voy. aisance.
Gesse, origine inconnue. <HBtion, o. gérer,
Gestation, geste, gesticuler, V, gérer ^,
Geyser, mot islandais dont le sens propre est ; furieux. Gibbosité se rattache au latin gibba, bosse, gibbosum, bossu. '
Gibecière, gibelotte, v. gibier, .
Giberne nous vient de l'italien et semble se rattacher au latin zaberna, valise (dans un édit de Dioclétien).
Gibet, origine germanique, cf. angl. gib.
Gibier, origine inconnue. Dérivés : les anciens verbes giboyer, d'où giboyeux, et gibecer^ d'où gibeciôre. Le mot gibelotte parait être de la même famille.
Giboulée, origine inconnue.
Gibus, espèce de chapeau, du nom de l'inventeur. Gicler, provençal giscla.
Gifle, d*où gifler, origine Gigantesque, v, géant.
douteuse. ^
^ Gigot, d'où gigoter, parait se rattacher au vieux verbe giguer, gambader (d'où gigue, jambe), lui-même d'origine inconnue. Il y a eu en vieux français un mot y i^ue. (espèce
Glas] DU FRANÇAIS» 309
de violon) d'origine germanique, auqu^el on rattache l'anglais Jig, d'où le français gigue désignant un air de danse, et cette danse.
Gilet parait venir du turc yelek. Explication antérieure : veste sans manches comme celle de Gille» personnage du théâtre de la foire.
Gindre, v, jeune.
Gingembre, lat. class., d'origine grecque, zingiberim.
Oingivite, v. gencive.
Girafe, origine arabe.
Qirandole, giratoire, v. virer.
Girofle (d'où giroflée, à odeur de girofle) vient d'un mot grec qui signifie « feuille de noyer », karuophullon; la racine du premier élément se retrouve dans carène ; sur le second, y oy. feuille.
Girolle, v. virer.
Giron, mot ^'origine germanique, désigne en vieux français le pan du vêtement allant de la ceinture au genou.
Girouette, v. virer. Givre, origine inconnue.
Gisant, gisement, gîte, o.^^fir.
Glabre, latin glahram.
Glace, glacer, glaciaire, Gladiateur, glaïeul, v.
glacial, glacier, glacière, gla- glaive, ois , glaçon, v. gel. Glaire, glaireux, u. calendes^.
Glaise, jadis aussi glUey est le latin *glitia (composé enliser), sans doute d'origine celtique.
Glaive, variante du vieux mot ^lai, qui est le latin gladium, d'où gladiateur. Le mot glaïeul est le diminutif gladiolum (allusion à la forme des feuilles).
Gland, d'où glandée, est le latin ptondem, dont le diminutif glandula a produit glande et fourni le dérivé glandulaire.
Glaner, origine sans doute celtique. Substantif verbal glane. Dérivés : glaneur, glanure.
Glapir, d'où glapissement, semble être une altération, par onomatopée, du latin glattire.
Glas, V, calendei 9.
310 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Qnome
Glauque, grec latinisé ^làucum, ^
Glèbe, latin gleba,
Qllssade, glissement, glisser, glissoire, v. gel.
Globe, latin globum. Dérivés : globale, global. Composé englober. Sur glomus, génitif glomeris (peloton), qui appartient à la même famille, ont été faits : agglomérer (préf, ad-), d'où agglomération 4 conglomérat. Cf. clab.
Gloire, latin gloria. Dérivés : gloriole, glorieux. Composé glorifier, d'où glorification (v, faire '^). On a appelé gloria le café additionné d'eau-de-vie, qui termine tout bon repas populaire, comme le verset commençant par Gloria (Gloire au Père, etc.) termine tous les psaumes.
Glose, — d*où gloser, glossateur, — proprt explication d'un mot, se rattache au grec glôssa, langue et mot, qu'on retrouve dans glossaire (cf. dictionnaire au mot dire*). Nerf hypoglosse, qui est sous la langue. La forme attique de glôssa a produit glotte, ouverture du larynx, qui sert à rémission des sons de la* langue. Polyglotte, qui parle plusieurs langues (voy. multi-). »
^ Glouglou, V. erieri. /
Glousser, d'où gloussement, latin classique glocire, onomatopée.
Glouton, d'où gloutonnerie, est le latin gluttonem, Huimême dérivé du verbe glattire, auquel se rattache engloutir, d'où engloutissement; dérivé savant : déglutition. Même famille que gueule, voy. ce mot.
Glu, d'où gluant, gluau, engluer, est le latin glutemiy colle; autre forme : gluten (génitif glutinis), que nous avons emprunté tel quel, et qui a produit agglutiner,!, agglatinare.
Glucose, V. glycine. Gluten, v. gla.
Glycine et glycérine, comme glucose, se rattachent au grec ghikun, doux, qualité qui s'applique à l'odeur de la glycine, aux effets (adoucissants) de la glycérine, à la nature sucrée de la glucose. Réglisse est une déformation du grec glukarrhiza, proprt racine douce, à rapprocher du terme botanique rhizome, tige souterraine.
Glyptique, v. hiéroglyphe au mot hiératique.
Gnome, nom donné par Paracélse, le médecin mystique du xvi^' siècle, aux petits génies qu'il disait présider aux
Gond] DU FRANÇAIS. 311
choses de la terre. Qn ignore si, en créant le mot, il .a pensé au grec gnômê, intelligence.
60 (tout de), V. gober. Gobelet, origine inc^Que.
GneisSy mot allemand.
Qnognote, origine incon- Onostiqpie, v. connaître,
nue.
Gober -se rattache & un radical celtique qui veut dire bouche. Substantif verbal goby aujourd'hui go dans « tout de go », proprt « tout d'un trait ». Dérivé : gobeur, et peutêtre aussi gogo.
Goberger (se), origine in- Oobille, v, bUU.
connue. . .
Godaillep (d'où godaillear) et godelureau, d'origioe inconnue, semblent être de la même famille que goguette.
Goder, origine inconnue. Godet, origine inconnue.
Godiche, dérivé de Godon, déformation enfantine de Claude et sobriquet des Anglais d'après leur juron goddam.
Godille, d*où godiller, origine inconnue.
Godillot, du nom de l'inventeur.
Godiveau, origine incon- Godron, origine ineonnue.
nue.
Goéland, mot bas breton, auquel goélette semble se rattacher*
Goémon, mot bas breton.
Gogo, V. gober, — A gogo. Goguette, v. godailler,
origine inconnue. Goinfre, origine inconnue.
Goguenard, origine incon- ■ '
nue.
Goitreux, d'où goitrej se rattache au latin guttur, gosier, qui a produit guttural, en formation savante.
Golfe, italien^o//b, et gouffre se rattachent au grec kolpon, sein, golfe. Composé de gouffre : engouffrer. ^
Gomme, mot d'origine égyptienne. Dérivés : gommier; gommeux; gommer, d'où dégommer. Dans gomme-gutte, gomme de Ceylan, les deux mots signifient gomme, voy. gnttapercha.
Gond est le latin gomphum, du grec gomphon, cheville.
312 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ooujoil
Ck)mp()8$ : engoncer, proprt gêner dans^ses mcayements; cf. gourmé^ proprt bridé.
Gondole, d'où gondolier et gondoler (par allusion à la forme recourbée de la gondole), italien gondola, qu'on a expliqué par une onomatopée exprimant l'idée de balancement.
Ctonfalon, gonfalonnler, u. Qonfle, gonflement» gon-
fanion, fier, t). enJUr,
Gong, mot malais.
Goret 9 de gorr-, onomatopée.
Gopge est le latin *gorga, qui, malgré les difficultés phonétiques, semble se rattacher au latin gurgitem. gouffre, lequel a -produit ingurgiter. Dérivés : gorgée, gorgerette, gorgerin; gorger. Composés : engorger, obstruer le passage, d'où engorgement, et se rengorger (v. re-'), retirer la tête en avançant la gorge ; dégorger, d'où dégorgement, dégorgeoir; regorger, proprt vomir; égorger, d'où égorgement, égorgeur. Ces cinq verbes sont formés sur gorge et ne sont pas des composés de gorger. Comme terme de fauconnerie, gorge signifie « ce qui entre dans la gorge », ainsi s'expliquent les expressions : rendre gorge; gorge chaude, chair encore palpitante donnée au faucon, d'où le sens de nouvelle palpitante, etc.
Gorille, du nom gorillas, donné jïar le voyageur carthaginois Hannon à des hommes ^et femmes velus qu'il disait avoir rencontrés.
Gosier, dégoîser, égosiller, se rattachent à un même radical incertain.
Goton, déformation enfantine du prénom Marguerite,
Gouache, de l'italien guazzoy d'origine douteuse, qui signifie détrempe.
Qouailler, d'où gouailleur, origine inconnue.
Gouape, mot d'argot.
Goudron, d'où goudronner, goudronnage, origine arabe.
Oouffre, V. golfe.
Gouge est le latin guhia, burin, dérivé goujon, petite gouge.
Goujat, moi provençal d'origine douteuse. 1 • Goujon est le latin gobionem, emprunté au grec.
Goût] . DU FRANÇAIS. ' 313