Ooajon, v. gouge
Goule, mot arabe.
Oonlet, goulot, gonlu, t>. guetUe,-
Goupillon, d'abord guipillon, mot d'origine germanique, refait sous Tinfluence de l'ancien nom du renard, goupil (diminutif du latin vulpem), l'objet ayant été comparé à une queue de renard. L'un des mots germaniques' proposés comme racine a le sens de « rameau feuillu ». GoapUlon a été aussi rattaché au latin gossypion, plante à coton.
Gourd est le latin gurdum, C^omposés : dégourdir; engourdir, d'où engourdissement.
Gourde est le latin cucurbitay d^Dù cacurbitacées.
Oourdln, v. corde, Ctourmade^ v. gourrrier,
Ctourgandlne» origine inconnue.'*
Gourmand, origine inconnue. Dérivé : gourmandise, et aussi gourmander, dans raucienne acception de « manger avec gourmandise ». Quant à gourmander au sens de réprimander, nous y voyons un autre verbe qui se rattache à gourmer (v. ce mot). Gourmet, « fin gourmand », est une* sorte de diminutif de gourmand ; quelques-uns le rattachent au vieux français groumet (voy. groom), mais il faut alors admettre que le mot a été influencé par gourmand dans sa forme et dans son sens.
Gourme, maladie des jeunes chevaux et croûte de lait, origine incertaine.
Gourmer, brider, origine inconnue. Dérivé : gourmette. Le participe passé gourmé a le sens figuré de « raide dans ses manières » (comparez engoncé, à gond). Le verbe gourmer a pris aussi le sens figuré de porter la main à la figure^ pour frapper, d'où gourmade, et il semble bien avoir donné naissance au verbe gourmander dans le sens de gouverner par la bride (un cavalier qui gourmande la bouche de son cheval, écrit Fénelon), gouverner en général, puis réprimander. ^
Cîousse, d'où gonsset, origine inconnue. Le sens primitif est <( enveloppe des graines des plantes légumineuses », d'où, par comparaison, tète d'ail, et, sous la forme diminutive, petite poche.
Goût est le latin gustum (cf. ail. arch. kiesen, angl. choose,
314 DICTIONÇîAIRE ÉTYMOLOGIQUE {Grade
et V. choisir). Dérivé : le verbe goûter, 1. gustare, qui s'emploie aussi comme substantif. Le composé savant déguster (d'où dégustation, dégustateur) signifîe «. goûter de », tandis que dégoûter (d'où dégoût], formé sur ,9012/ et non sur goûter, signifie proprt enlever le goût. Pour exprimer l'idée de « redonner le goût à quelqu'un », on a fait, avec les deux préfixes re- et a-, le' verbe ragoûier^ aujourd'hui inusité, mais dont il nous reste l'adjectif participial ragoûtant et le substantif, verbal ragoût, ce qui réveille le goût. Voy. augure^ au mot oiieau ^.
Goutte est le latin gutta. Dérivés *., gouttelette ; gouttière ; goutter, d'où dégoutter ; égoutter, dont égout (dérivé : égontier] est le substantif verbal. La maladie appelée goutte (d'où goutteux) a été ainsi nommée parce qu'on l'attribuait à des gouttes d'humeur, cf. rhumatisme au mot rhume.
Gouverner est le latin gabernare, mot venii du grec. Substantif verbal : gouverne; substantif participial : gouvernante. Dérivés : gouvernable, gojivemeur, gouvernail, gouvernement, d'où gouvernemental.
Goyave, d'où goyavier, nous vient du Pérou par l'Espagne.
Oraal, v. cratère.
Grabat, grec krabaton, par le latin grabatum. Grabuge, italien garbuglio.
Grâoe, gracier, gracieuseté , Oraollitô, v. grêle.
gracieux, v. gré.
Grade, ital. grado, du latin gradum (pas); le composé populaire *degradum est devenu le français degré; les grades sont des degrés, et ce sont des pas que l'on fait. Dérivés et composés : gradin, forme italienne; gradé; g'radation, l.gradalloriem; graduel, graduer, d'où graduation ; peut-être gravir; centigrade, à cent degrés; plantigrade, qui marche sur la plante des pieds; digitigrade, qui marche sur les doigts; un verbe dégrader, enlever le grade, avilir, détériorer; un , autre dégrader (origine italienne), diminuer une teinte par degrés; rétrograder, latin retrogradi, rétrograde, rétrogradum.
— Les composés latins apparentés à gradum étaient en -gredi, participe passé -gressum, de là : agressiou, proprt marche vers, attaque, agressif, agresseur; congrès, réunion, d'où congressiste; digression, proprt éloignemeat, le fait
Grand] DU français. 315
de s'écarter du sujet; ingrédient, ce qui va dans, ce qui entre dans une préparation; progrès, action d'aller en avant, d'avancer, de se développer, d'où progresser; il s'est ajouté à progression Bt à progressif une idée de rapport constant; régression, marche en arrière ; transgression, transgresser, action de passer outre.
— Il est curieux de rapprocher progrès, progression, de procès, procession; ces mots pourraient être synonymes, étant formés avec le même préfixé sur des racine^ de même valeur (voy. céder ^); ils ont évolué dans des directions très différentes, mais a priori la répartition des sens aurait pu être tout autre, procès pourrait avoir le sens de progrès, et inversement, etc.
Qraffite, v, graphie^, GraiUon, v, grU.
Grain. Le latin granum et son pluriel grana sont devenus l'un notre masculin grain, l'autre notre féminin graine (comparez tonneau et tonnelle); à là forme graine s'est associée plus particulièrement l'idée de semence. Composés : engrener (d'où engrenage), proprt mettre en mouvement un moulin en y plaçant le grain; égï*ener, d'où égrènement; granivore (v. dévorer). Dérivés : grener; grange, qui est *granica; grenier, à l'origine Heu où l'on serre le gfain; grènetier; grenn (cf. saugrenu h. sel); granit (origine italienne), pierre « à grains », d'où granitique; grenaille, grènetis; granule, granulation. Le mot grenade, d'origine italienne, signifie proprt fruit à grains, puis projectile en forme de grenade (d'où gronadier, soldat lançant la grenade, ensuite soldat d'élite) ; le sirop de grenadine est fait avecMes grenades; le grenat est une pierre et une couleur qui rappellent la couleur des grains delà grenade. Voy. aussi grog.
Le mot grain, au sens de bourrasque, d'où la locution «c veiller au grain », est d'origine inconnue.
Qraisse, graisser, graisseur, graisseux, v. gras,
Gramen, gazon, mot tout latin, dont le génitif était graminis, d'où graminées.
Grammaire, grammairien, grammatical, gramme^ u,
graphie *. /
Grand est le latin grandem. Dérivés : grandelet, grandeur grandir, grandiose' (d'origine italienne), grandiloquent (v*
315 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Graphie
locution). Composé de grandir : agrandir, d'où agrandissement. Sur un autre mot latin ayant le sens 4e grand, Yoy. magne.
Orange, granit, granitique, granivore, granulation, granule, granuleux, v. grain,
Graphie, écriture, d'où l'adj. et le subst. graphique, se rattache au verbe grec graphein, écrire et dessiner, parfait pasâif sfegframmai (d'où gramme, voy. plusjoin). ^ 1. Le mot graffite, d'origine italienne, désigne les écritures et les dessins qu'on trouve sur les murs antiques. Le graphite est une substance qui sert pour écrire (dont on fait les crayons). Le sens actuel du mot greffe, pousse d'arbre (dérivé greffer, d'où un second mot greffe, action • de greffer)7 provient d'une comparaison avec un stylet pour écrire, car tel est le sens primitif du mot, grec graphion; le greffier est proprt celui qui se sert du stylet (pour écrire lés jugements), d'où un troisième mot, greffe = lieu où sont conservées les minutes des jugements. La graphologie est l'étude des écritures (v. logique *) ; le graphomètre est un instrument qui mesure les angles dessinés.
— Le mot grammaire, d'où grammairien, signifie propri étude des lettres, et vient du latin grammatica, calqué sur le grec, d'où l'adjectif grammatical; comparez, pour la correspondance des formes, mire et médeciny au mot médecine. Grammaire a été altéré en grimoire, avec une acception péjorative. Voy. aussi galimatias. .
— Le. mot grec gramma, génitif grammatos, n'avait pas seulement le sens de <c lettre », il désignait aussi un poids léger, d'où notre mot gramme et ses composés centigramme, kilogramme, etc.
2. Un bon nombre de mots se terminent par -graphe, qui signifie particulièrement « qui écrit », par -gramme, qui signifie « qui est écrit », et par -graphie, écriture, dessin, description, étude. Graphe pouvant avoir la valeur passive comme gramme, on comprend que épigraphe et épigramme puissent être étymologiquement synonymes; mais épigraphe a pris le sens de formule inscrite sur, et épigramme celui de pièce écrite sur ou contre, d'où : trait satirique. Le mot épigraphie (d'où épigraphiste) doit être décomposé, non pas en épi -\- graphie, mais en épigraphe + ie, c'est la science des « épigraphes », des inscriptions (voy. écrire). De même,
Graphie] OU FRANÇAIS. 317
paléographie doit s'analyser en paléographe (anciennes écritures) + ie, c'est la science des « anciennes écritures », dérivé : paléographe = qai connaît- la paléographie. L'élément final -graphe a encore la valeur passive dans paragraphe (préfixé para')f proprt : signe <c écrit à côté », d'où division indiquée par ce signe ; dans orthographe, écriture supposée correcte; dans paraphe (altération àe paragraphe) , dessin à côté du nom, et dans autographe, « qui est écrit par l'auteur lui-même » ; autographier, opposé à imprimer, c'est reproduire l'écriture même de l'auteur ou du copiste, voy. autonome.
3. Principaux composés avec gramme : anagramme, forme retournée d'un mot (voy. ana-, préfixe) ; diagramme, proprt tracé à travers; monogramme^ « lettre unique » représentant un mot (voy. moine); programme, détail publié (cf. proscription au mot écrire) d'une cérémonie annoncée, d'une action politique ouautre.
4. Aux noms abstraits terminés par -graphie correspondent le plus souvent des verbes en -graphier, des adjectifs en -graphique et des noms de personnes (rarement de choses"^ en -graphe. La sténographie est proprt une écriture <c serrée »; dérivés : sténographier, sténographique, sténographe. La télégraphie est l'art d'écrire « de loin )>, le télégraphe l'instrument de cet art, le télégraphiste l'employé qui < télégraphie, le télégramme l'écriture transmise, le message télégraphié; ici, le dérivé en -graphe ayant été appliqué à l'instrument, le nom d'agent de l'action a été formé avec le suffixe -i$te. La photographie est l'art d'écrire avec la lumière, de fixer l'image, c'est aussi l'image ainsi fixée; dérivés : photographier, photographique, photographe. La lithographie est l'art d'écrire, de dessiner sur une « pierre » ; la dactylographie, l'art d'écrire en promenant « les doigts » sur des touches. La géographie est la description, l'étude de la terre (cohip. géologie au mot logique ♦ et bj . l'ethnographie est la description des races (voy. ethnique), l'hydrographie ,^ celle des eaiix. Le mot cartographie, formé avec le mot français carte, venu du grec, désigne l'art de dessiner les cartes géographiques, de. les établir. Une monographie est une écriture, un écrit, sur un seul objet, sur un seul sujet, sur un point spécial. Une cacographie est une mauvaise graphie. Le polygraphe est l'écrivain qui écrit sur beaucoup de matières et l'instrument qui écrit
3i8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Gré
beaucoup d'exemplaires. Stylographe, stylet pour écrire, voy. ester'.
— t Le phonographe, le graphophone, le gramophone sont des instruments qui écrivent la voix; la différenciation de ces trois mots est arbitraire, ils ont la même valeur étymologique. Le cinématographe écrit le mouvement.
Grappe, d'origine germanique, a eu d'abord le sens de crochet, doù grappin et agrafer, agrafe, dégrafer. Autres dérivés : grappillon; grappiller, cueillir les grappillons, d'où grappillage. Pour le rapport de forme entre grappin et agrafe, comparez griffe et grippe.
Gras est le latin crassam, épais, (assimilé à *grossam, gros), sur lequel a été fait le mot d'origine savante crasse, d'où crasseux, encrasser, décrasser. Dérivés de gras : grasset, grassonillet, grasseyer. Un dérivé latiii de crassum est devenu graisse, d'où graisseux et graisser, qui a produit lui-même graissage, graisseur, engraisser (d'où engrais), dégraisser (d'où dégraisseur, dégraissage).
— Le mot- grec qui signifie graisse est stear^ d'où stéarine.
ChratifioatloB, gratilier, v. Oratln, gratiner, v. gratter,
gré. Gratis, gratitude, v. gré.
Gratter, origine germanique, cf. ail. kratzen. Substantif verbal, gratte. Dérivés : grattage, grattoir; gratin (d'où gratiner), proprt ce qui s'attache à la casserole et qu'on détache en grattant ; regratter, proprt gratter après les autres, faire de petits profits, d'où regrattier, revendeur.
Gratuit, gratuité, u. gré. Graveleux, gravelle, o.
Gravats, v. grève. grève.
Grave, v. grief.
Graver, origine germanique, cf. ail. graben. Dérivés : graveur, gravure, pyrograver {v, feu).
Gravier, v. grève. Gravois, u. grève.
Gravir, v. grade. Gravure, v. graver.
Gravitation, gravité,. graviter, V. grief.
Gré, qui est le latin gratam, signifie proprt ce qui plaît, ce qui est loué, approuvé. Agréer (préf. a-), c'est plaire, ou trouver bon ; l'agrément, c'est l'action d'agréer, de trouver bon, ou la qualité de ce qui plait (d'où agrémenter) ; agréable.
QrèleJ DU FRANÇAIS. 319
digne d'être agréé, plaisant; composés ; désagrément, désagréable. L'adjectif latin gratum signifiait non seulement qui plait, mais encore qui provoque ou qui éprouve de la reconnaissance,, d'où le sens des mots savants gratitude, ingrat, ingratitude, et de la locution « savoir gré ». ^ur malgré et maugréer, v6y. mal K
— Le substantif dérivé gratia, français grâce, a le sens passif du mot agrément (d'où gracieux dans un de ses sens et disgracieux) et aussi son. sens actif : être en grâce auprès de quelqu'un, c'est avoir son agrément, lui agréer, d'où avoir ses faveurs (composé : disgrâce) ; demander grâce h quelqu'un, c'est faire appel à son agrément, à sa pitié, d'où gracier, faire grÀce; grâce a en outre le sens de reconnaissance : rendre grâce, action de grâces,
— L'adverbe latin gratis, que nous avons emprunté tel quel, signifie proprt : par faveur; gratifier, d'où gratification, c'est faire une faveur (v.faire'^). Gratuit, 1. grataitum, d'où gratuité, se rattacbe à la même acception, et aussi gracieux dans la locution « à titre gracieux n.
— Le verbe congratuler, lat. congratulari, d'où congratulation, signifie proprt trouver agréable avec quelqu'un, s'associer à sa satisfaction. •
Grèbe, origine inconnue.
Grec, latin grœcum. Grégeois est à grseeum ce que gaulois est à gallum, Grègues, culotte, est une forme méridionale du féminin grecque. Grive et grièche sont aussi des formes féminines de grec, d'origine populaire; sur le nom de la grive, oiseau pillard, on a fait grivois pour désigner des soldats étrangers au service de la France (d'où grivoise, râpe à tabac qu'employaient ces soldats), de là le sens de : leste et hardi, comme des propos et des chansons de soldats. Le mot grivèlerie parait se rattacher aussi au nom de la grive. La grecque est un ornement d'origine grecque. Cf. vert-de-gris.
Gredin, d'où gredinerie, Greffe, greffer^ greffeur,
origine inconnue. greffier, greffoir, v. graphie^.
Gréer, v, corroyer. * Grégaire, v, agréger.
Grège, Italien greggia d'origine inconnue.
Grégeois, grôgae, v. grec.
1. Grêle, adjectif, est le latin gracilem, d'où gracilité (comparez frêle et fragilité).
CLÉrAT. — DICT. ÉTYM. FRANQ. 22
320 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Qrlef
s 2. Grêle, substantif. La grêle a pu être ainsi appelée en raison du bruit grêle qu'elle produit; mais on rattache plutôt ce mot à un verbe germanique qui aurait produit gi^éler, d'où grêle et grêlon, et grésiller, d'où grésil.
Grelot, d'origine inconnue; dérivé : grelotter) trembler comme un grelot.
Grenade, grenadier, greina- 'ner, grèneterie, grènetier, dine, grenaille, grenat, gre- grènetis, grenier, v. grain.
Grenouille, d'où grenouillère, est le latin populaire *ranacula, classique ranunculum, d'où renoncule, nom d'une plante aquatique, appelée aussi grenouillet et grenouillette. *Iianucula vient lui-même de rana^ qui est devenu^n français raipe, d'où rainette. Grenouille {re- devenu gre- par onomatopée?) et rainette sont dcr^c deux diminutifs différents d'un même mot latin. Rainette (écrit souvent reinette dans ce sens par fausse étymologie) est aussi le nom d'une espèce de pomme, tachetée comme la grenouille. Le mot grec qui a le sens de grenouille se trouve dans batracien.
Grenu, v, grain.
Grès, origine germanique^ cf. allemand gries.
Grésil, grésiller, v. grêU 2.
Grève, latin *grava, mot d'origine celtique, qui a d'abord désigné la grève de la mer ou d'un fleuve, puis spécialement la grève de la Seine à Paris, puis Tétat des ouvriers sans travail qui se réunissaient plaice de Grève, enfin la cessation concertée du travail (d'où gréviste). Dérivés : gravier, sable de grève, d'où gravats et gravois ; gravelle, d'où graveleux, proprt qui contient du gravier, au figuré licencieux, cf. scabreux. Composé ; engraver, engager dans le gravier.
Grever, v. grief.
Gribouiller, d'où gribouilleur, gribouillage, gribouillis, origine inconnue.
Grièche, v. grec. •♦
Grief, vieil adjectif, qui ne s'est conservé que dans l'adverbe grièvement, est le doublet de gr^ve, latin classique gravem, pesant, sérieux, bas (en parlant du son). Dérivé populaire : grever, peser au figuré, qui se conjuguait je grief y nous grevons, et dont le substantif grief est le sub-
Grimer) du français. 321
stantif verbal ; le sens primitif de ce substantif est : dommage^ d'où, par restriction, dommage reprocbé à quelqu'un, sujet de reproche. Dérivés savants : graTité, 1. gravitatem, caractère sérieux, et pesanteur des corps, d'oii gravitation et graviter, mots formés en latin par Newton; aggraver (préf. ad-] , d 'où aggravation .
— On a la forme grecque de cette racine dans baryton, proprt ton grave, et dans baromètre (d'où barométrique), instrument gui mesure la <( pesanteur » de l'air.
Griffe, d'où griffer, griffonner, griffonnage, signifie proprt organe pour saisir, et se rattache à une racine germanique) (cf. ail. greifen)^ qui a produit également le vieux verbe gripper^ saisir, (conservé dans grippe^son), et son composé agripper. La grippe est proprt une fantaisie qui nous saisit, — d'où ; prendre quelqu'un en grippe, — et, par comparaison, un mal soudain. (On donne aussi à grippe^ au sens de maladie, une origine russe.) Pour le rapjiort de forme entre griffe et grippe, comparez grappin et agrafe. Grimper^ d'où grimpeur, grimpereau, est une autre forme de gripper et signifie : saisir pour monter, monter en s'accrochant.
Griffon a été fait sur le latin gryphum^ grec grupa.
OrifEonner, v, griffe.
Grigner, origine germanique (cf. ail. greînen), a d'abord signijQé montrer les dents, en plissant les lèvres, puis « plisser » en parlant id'une étofTe. Grignoter, manger du bout des dents, semble se rattacher à grigner,
Grigou, origine inconnue. ^
Gril et grille sont une double forme d'un diminutif latin formé sur cratem, treillis. Le premier s'est spécialisé dans le sens d'instrument pour exposer les objets au feu. Nous avons deux verbes griller, l'un se rattachant à gril, l'autre à grille. Une grillade est cuite sur le gril; le graillon est l'odeur de graisse grillée quand le plat a brûlé; un grillage, d'où grillager; grillagenr, est fait en forme de grille.
Grillon, dérivé du latin grillam.
Grimace, grimacer, grimacier, v. grimer*
Grimaud semble fait sur le radical de grimoire, voy. gra* phU *.
Grimer, rider artificiellement, vie nt de Titalien grimo
322 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Gronder
ridé, d*origine incertaine. Grimace et ses dérivés semblent bien se rattacher & grimer.
Grimoire, V, graphie^. Grimper, griœpereaa,
grimper, v. griffe.
Grincer, comme crisser, doit être une onomatopée. Dérivés : grincement, et san's doute aussi grincheux, qui peut être une prononciation dialectale de lancien grincenr.
Gringalet, origine ineon- Grippe, gripper, grippe-
nue. 80U, V. griffe.
Griotte, aigre.
Gris, origine germanique, cf. ail. greis, grisâtre. Ce mot, qui désigne une couleur intermédiaire entre blanc et noir (dérivés : grisaille, grisâtre, et grison, d'où grisonner), a été employé pour exprimer un état intermédiaire entre Tétat normal etPétat d'ivresse; dérivés dans ce sens : griser, griserie, dégriser. Grisette, étoffe grise commune, d'où : petite ouvrière (vêtue de grisette).
Grisou, mot du patois wallon, origine incertaine.
Grive, grivèlerie, grivois, v, grée.
Grog, mot anglais. Grog était le sobriquet de Tamiral anglais Yernon, qui obligea ses bommes à mettre de l'eau dans leur rbum. Ce mot contient notre adjectif gros et la première lettre de grain, car Tamiral était ainsi surnommé parce qu'il portait des culottes de grogram, c'est-à-dire d'une étoffe à « gros grains ».
Grogner. Le latin grunnire ou grandire, pousser le cri du cocbon, a produit en vieux français gronir et grandir, verbes dont le radical était grroi^/i- au subjonctif présent et au participe présent, ce qui explique d'une pari le substantif groin (qui pourrait d'ailleurs venir directement du latin populaire *granium), d'autre part la reformation degroniren grogner d'après le participe grognant; dérivés : grognon, grognement, grognard, rognonner pour grognonner. Quant à grandir, en changeant de conjugaison, il est devenu gronder, d'où grondement, grondeur, gronderie, et aussi grondin, nom d'un poisson ainsi appelé en raison du bruit qu'il fait entendre lorsqu'il est pris.
Grommeler, allemand grummeln, ou onomatopée.
CIronder, «• grogner.
Guéridon] DU français. 323
Groom. Ce mot anglais et le vieux français groumet se rattachent à un mot germanique qui signifie « garçon ». Le groumet était un garçon marchand de vin, dégustateur de vins ; ce mot a pu devenir gourmet^ en shbissant une évolution de sens, sous Tinfluence de gourmand.
Gros est le latin *groèsumf épais. Dérivés : les substantifs gros et grosse ; grosseur, grossesse ; grossier, d'où grossièreté; grossir, d'où grossisssment, dégrossir; grossoyer, mettre en grosse écriture; engrosser. <c Grosso modo »^ formule de mauvais latin, = d'une manière grosse. Yoy. aussi grog.
Groseille, d'où groseillier, dérivé de l'allemand kraus, proprt crêpé (fruit). La <c groseille & maquereau » est ainsi appelée parce qu'on la servait jadis autour du maquereau.
Chrotesqne^^ grottç, v, crypte.
Grouiller, d'où grouillant, grouillement, origine incertaine.
Groupe, groupement, grouper, v. croupe.
Gruau^ mot d'origine germanique, cf. ail. gràtze; h la même famille se rattache gruger, emprunté au hollandais, proprt écraser, puis croquer, dévorer au figuré.
Grue, latin classique gruem. Le mot grec geranon, d'où le dérivé latin géranium, proprt bea de grue (allusion à la forme du fruit, cf. pélargonium), se rattache à la même racine * imitative gèr, crier.
Oruger, v, gruau.
Grumeau, d'où grumeleux, diminutif du latin grumum.
Guano, mot du Pérou.
Gué, d'où guéable, est le latin vadum.
Guenille, d'où guenillon, déguenillé, voir souquenille.
Gnenipe, origiDe inconnue. Guèpeupd, v. lion.
Ouenon, origine inconnue.
Guêpe, d'où guêpier, est le latitt vespa.
Guère ou guères, mot d'origine germanique dont le sens
propre est « beaucoup »; naguères, pour n'a guères, signifie
proprt :J1 n'y a guère de temps.
Guépet se rattache au latin vervactum, proprt terre en
friche- Guéridon serait un nom propre emprunté à une chanson
324 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Guider
et appliqué plaisamment au petit meuble ainsi nommé, cf. robinet.
Guérilla, V. guerre.
Guérir, jadis garir^ mot d'origine germanique, cf. ail. wehren. Garer est une autre forme du même verbe, Tidée commune primitive est celle de protéger. Dérivés de guérir: gnérison; guérissable, inguérissable; guérisseur, et sans doute guérite, qui se rattache à garer pour le sens. Dérivés de garer : rinterjection impérative « garel », le substantif vei-bal gare; garage; garenne, dont le sens primitif est réserve (pour la pèche ou la chasse). A rapprocher de égarer.
Guerre, origine germanique, cf. angl. mar. Dérivés : guerrier, guerrojer, aguerrir et le diminutif espagnol guérilla. Sur le mot latin bellurfiy guerre, et ses dérivés, v. deux^. Le mot grec qui signifie guerre estpo^smon, d'où polémique, polémiste, mots employés au figuré.
Guet, V. guetter. Guêtre, origine inconnue
Guetter, mot d'origine germanique, cf. ail. wacht, action de veiller^ et voy. bivouac. Substantif verbal guet ; un guetapens, pour guet à apensy est proprt un guet « apensé », organisé, prémédité. Dérivé : guetteur. Composés : le vieux verbe agaetter, d'où aguets; échauguette, proprt guelde troupe (ail. scharwachty le premier élémentdu mot se retrouve peut-être dans le vieux français échelle, bataillon, qui peut d'ailleurs être un emploi figuré de notre moi échelle).
Gueule est le latin gala {v. glouton). Dérivés et composés de gueule : gueuler, gueulard, gueuleton, engueuler; bégueule, jadi^ bée-gueule, proprt qui reste gueule béante (v. bayer). Dérivés de gula : goulot, goulet, goulu ; engoulevent, proprt qui « engoule » le vent, nom d*un oiseau qui vole le bec ouvert; margoulette (casser la margoulette),où.\e préfixe mar- est obscur.
Gueules, terme de blason, v. rose.
Gueux, d'où gueuser, gueuserie, mot d'argot.
Gui, jadis gais, est le latin viscum, d'où visqueux, viscosité. Cf. guimauve, à mauve.
Guichet (d'où guichetier), proprt petite porte, parait être d'origine germanique.
Guider, origine germanique, avec influence de formes
Gutta-percha] DU français. 325
méridionaleB. Substantif verbal guide, personne qm guide et objet qui sert à guider. Dérivé : guidon.-
Guiderope, proprt corde-guide (angl. rope, cordage).
1 . Guigne (d'où guignolet), cerise, probablement d'origine germanique.