‹ Dictionnaire étymologique de la langue franc̜aiseChapitre 98 sur 169 · V. lieu · texte numérisé non relu

V. lieu

Loch, anglais log,

Lochep, origine probablement germanique, cf. ail. lockert (( qui branle ».

Locoxnobile, locomoteur, locomotive, locomotion, u. lieu.

Locution, latin locutionem, se rattache au verbe 1. loqui^ participe passé locatum, qui signifie parler. Le sens propre de location est langage, d'où, par spécialisation, « expression composée de plusieurs mots ». Dans loquace, loquacem, et loquacité, le suffixe péjoratif introduit une idée d'excès. Le verbe composé avec le préfixe ex- (qui n'ajoute pas didée nouvelle, marquant simplement le point de départ de Taclion) a produit les dérivés élocution, éloquence et éloquent; les deux derniers se sont incorporé une idée d'élévation, de caractère persuasif, qui s'ajoute à la signification étymologique ; comparez grandiloquent, qui parle « grand ».

— Autres mots venant de composés latias : allocution, paroles adressées à; colloque, 1. colloquiam, conversation; soliloque, soliloquium, cf. monologue au mot moine; circonlocution, expression qui tourne autour de l'idée; interlocuteurs, qui parlent entre eux; interloquer, interloquif proprl interrompre le discours de quelqu'un, d'où lui faire perdre la suite de ses idées; arrêt interlocutoire, qui interrompt la procédure; yentriloque, ventriloquum, proprt qui parle du ventre.

— L'idée de « parler » était exprimée en outre, en latin, par le verbe/ari, voy. affable, ei en latin populaire par *parflbolare, voy. parole.

Lof, partie du navire frappée par le vent (d'où louvoyer), mot d'origine Scandinave, anglais loof.

Logarithme, v. nombre.

Loge, origine germanique, cf. ail. laube, tonnelle; dérivés: logette et le verbe loger, d'où logis, logement, logeur, logeable et déloger. La forme italienne de loge est loggia.

Logique se rattache au verbe grec legein (parler et cboisir, voy. lire).

1. La racine de ce verbe se trouve sous la forme leg- ou lec- dans prolégomènes, « choses dites avant » (cf. préface, au mot affable *), dans dialecte et dialectique, qui expriment

Logique] DU français. 383

proprt l'idée d'une communication (préfixe dia-) par la parole, et, pour dialectique, d'une discussion^ dans éclectique, « qui choisit entre les doctrines » ; sous la forme lex- dans lexique, recueil de mots (comparez dictionnaire au mot dire^ vocabulaire au mot voix, glossaire au mot glose) ; enfin et principalement sous la forme log-, qui exprime un choix dans anthologie, proprt choix de fleurs (v, fleur), et dans églogues, proprt pièces choisies, mais dont les significations rappellent surtout celles du substantif grec logon : parole, propos, et raisonnement, rapport.

2. La logique est l'art de raisonner juste (logique, d'où illogique, a aussi une yaleur adjective); le paralogisme (préfixe para-) est un raisonnement u à côté » ; le syllogisme est une forme de raisonnement (le préfixe indiquant combinaison d'idées, v, syn-); un néologisme est une façon nouvelle de dire; une logomachie est proprt une dispute de mots (cf. naamachie au mot nef et tauromachie) ; un logogriphe est une énigme de mots; Fétymologie, d'où étymologique, étymologiste, indique U vériié des mots, leur origine exacte (etumony vrai).

3. L'élément final -ioge ou -logue peut avoir une valeur active ou une valeur passive, et signifier c< qui dit » ou « qui est dit )> : analogue (préfixe ana = re) équivaut à « rapporté, rapproché, comparé, comparable » (et l'analogie, d'où analogique, est le caractère de ce qui est analogue); l'apologue est proprt un récit détaillé (mais l'apologie, d'où apologiste, apologétique, est un discours pour détourner une accusation); un catalogue (préfixe cata- au sens distributif) note chaque objet d'une collection; le martyrologe est le catalogue des martyrs; le décalogtie est constitué par les dix paroles, les dix commandements de Dieu; un éloge (sans doute pour euloge, eu = bien), ce sont des propos bfenveiliants: un épilogue est ce qui est^ sur, h la fin, (épilogner, c'est parler sur ce qu'a fait ou sur ce qu'a dit quelqu'un) ; des termes homologues ont une même raison d'être, voy. /loméo-, homo- (homologuer un acte, c'est le rendre homologue à ceux qui sont faits dans toutes les formes) ; l'horloge dit rheure (la chronologie dit le temps) ; un dialogue (valeur primitive de dia-')y ce sont des propos entre deux, comparez dialecte ci-dessus, § 1 ; un monologue est proprt le discours d'un seul, un prologue est un discours préalable.

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