‹ Dictionnaire féodal (volume 2)Chapitre 18 sur 62 · ORD · texte numérisé non relu

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allait ensuite, les mains jointes, se placer à genoux devant la dame ou devant le chevalier qui avait promis de l’armer. Il jurait de n’épargner ni vie ni biens, pour la défense de la religion , pour la sûreté de l’état, pour les droits des veuves, des orphelins et de tous ceux qui auraient besoin de son secours. Aussitôt on lui mettait les éperons dorés, la cotte de mailles, la cuirasse, les brassards et les gantelets. Celui qui faisait la cérémonie passait lui-même l'épee et le ceinturon au nouveau chevalier, et lui donnait l'accolade. C'était un coup de la paume de la main sur la joue, ou trois coups du plat d'une épée nue sur l'épaule ou sur le cou, qui s appliquaient avec ces paroles : De par Dieu, Notre-Dame et monseigneur saint Denis, je te fais chevalier. Alors le novice prenait le casque, la lance , le bouclier, il montait un cheval , et le maniait avec le plus d'adresse qu'il pouvait. Des jeux , des festins, des tournois achevaient la cérémonie.

Pendant la guerre, on supprimait ce faste et ces formalités. Le roi ou le général ne donnait que l’accolade', en disant : #14 nom de Dieu, de saint Michel et de saint Georges , je te fais chevalier.

— Lesanciennes ordonnances portaient que, lorsqu'un chevalier aurait commis une faute,

ORD 119 quelque légère qu’elle füt par elle-mème , le chevalier serait dégradé , si elle était déshonorante; Dans ce cas-là, on canduisait le coupable sur un échafaud, où l’on brisait ses armes, en les foulant aux pieds , tandis que des prètres. récitaient l'office des morts. Ensuite un héraut d'armes demandait trois fois le nom de ce chevalier ; on le nommait ; et le héraut répondait : « Ce n'est pas là le nom de celui que je vois, » car c'est un traître, un déloyal et foi mentie. » Et en proférant cette injure il versaït un bassin d'eau chaude sur la tête du coupable, pour effacer le caractère d'honneur conféré par l’accolade. Après cela, an deseendait le chevalier dégradé de 'échafaud , au moyen d’une corde qu'on lui passait sous les aisselles. Des gens apostés au bas le recevaient sur une civière, le couvraient d’un drap noir, et le portaient à l'église, où l’on récitait encore sur lui l'office des morts, avec une foule d’imprécations. Enfin on le chassait, en le maudissant de nouveau, et en lui permettant d'aller ailleurs cacher sa honte {1).—- Mais en vérité on ne conçoit guère ceque nos anciensnobles entendaient par l’hon-

(1) L’abhé Bertou, Ænecdotes françaises , pages 195 et

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