‹ Dictionnaire féodal (volume 2)Chapitre 19 sur 62 · ORT · texte numérisé non relu

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neur et l’infamie. Il était dit qu’on dégraderait tout chevalier coupable de la moindre faute déshonorante. Or, on ne pourrait citer qu'un très-petit nombre de chevaliers qui aient été dégradés ; et il sérait difficile d’énumérer tous ceux qui ont foit des séditions, des meurtres , des révoltes, des brigandages.

— ]l faut remarquer que tous les ordres de chevalerie , qui furent très-nombreux en France, ont été faits pour les nobles; et que Îles sel gneurs ne voulaient point être chevaliers d'un ordre où l’on avait recu un brave militaire qui ne comptait pas plusieurs générations de noblesse. C'est ainsi que l’ordre de l'étoile fut abandonné aux chevaliers du guet, parce que le roi Jean y ayant agrégé quelques hommes anoblis par leurs actions, les nobles de nais-

sance ne voulurent plus en faire partie. (Voyez Châteaux, Noblesse. )

ORTHOGRAPHE. — Qui croirait que l’orthographe a eu ses martyrs ? Chilpéric, dont on ne parle guère qu'a l’occasion de sa femme Frédégonde, se piquait d'être poëte et trèshabile grammairten. Il a:outa aux lettres dont on se servait de son temps quatre caractères, pour exprimer par un seul certaines prononciations, dont chacune avait besoin de plus d’une

PAI 121 lettre. Ces additions étaient l'omega, le pi, le zeta et le psi des Grecs (1).

Il envoya ordre dans toutes ses provinces de corriger les anciens livres , conformément à cette orthographe, et de l’enseigner aux enfans. L'ordre du roi fut suivi par les jeunes gens ; mais les vieilles têtes , fidèles à la routine, vou- Jurent conserver l’ancienne orthographe; et deux maîtres d'écoles aimèrent mieux se laisser couper les oreilles que d'accepter la nouvelle.

Il y eut encore d’autres victimes pour cette noble cause ; mais après la mort de Chilpéric, son successeur n'étant pas d'humeur à persécuter pour l'orthographe, les routiniers eurent Île dessus, et l'innovation de Chilpéric fut sup primée (2).

PAIRS. — Sous les deux premières races de nos rois, dit l’abbé Bertou, le nom de pair n’était pas une dignité ; on le donnait indistincte-

(2) Grégoire de Tours, Histor., Lib. 5, ch. 44. Édit. de 1610. — Saint-Foix, tome I". — Aujourd’hui aussi

nous avons deux orthographes. A la vérité, on n’a pas les

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