‹ Dictionnaire féodal (volume 2)Chapitre 28 sur 62 · PEL · texte numérisé non relu

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Mais les rois n'étaient pas toujours si exigeans, et ils se contentaient quelquefois de plus simples pélerinages. Dans lé même traité de paix, dont gous venons de parler, Robert dé Béthune , fils aîné du comte de Flandre, s'obligea d'aller visiter en pèlerin Notre-Dame du Puy, en Languedoc, Saint-Gilles de Provènceé, Saint-Jacques en Galice, et Notre-Dame de Vauvert, que l’on appela depuis les Chartreux (1).

— Les prêtres ordonnèrent aussi les pèlerinages , pour la rémission des péchés. Les riches ; qui ne se souciaient pas d'entreprendre seuls. un voyage très-ennuyeux , le faisaient par troupes, en parties de plaisir, ou s’en éxemptaient pour leur argent. Ceux qui ne pouvaient pas payer les dispenses, faisaient le pèlerinage pour ne pas être damnés. On ÿ joignait souvent des conditions très-singulières, comme de porter un joug sur ses épaules pendant la route ; de se faire fouetter trois dimanches consécutifs, à la porte de l'église que l’on visitait; de s’y confesser tout haut, avec la corde au cou, les piéds nus, etc. — Catherine de Médicis avait fait vœu, en 1550, d'envoyer à Jérusalem un pè-

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(1) À Paris, dans la rue d’Enfer. —Sauval , Antiquitée de Paris, div. XI.

356 | PEL lerin , qui ferait ce voyage à pied, en comptant ses pas, et en reculant d’un pas sur trois enjambées. Ce vœu fut rempli par un Picard, que l’on récompensa par une somme d'argent, et par des lettres de noblesse (1 1).°

— George l’Apôtre dit que c’est une impiéte de ne point faire de pèlerinages, parce que les pélerinages étaient en usage chez les Hébreux, et chez les premiers chrétiens. « On lit, » au troisième livre des Rois, (ajoute-t-il, ) cha- » pitre 8 , verset 41, que non-seulement les » Juifs, mais aussi les gentils, venaient en pe- » lerinage au temple de Salomon , pour y prier » Dieu ; et, en ce lieu, Dieu entendait du ciel » la prière de ces pèlerins, et accordait tout ce » qu'on lui demandait.

» Âu deuxième livre des Rois, chapitre 15, » versets 7 et 8 , Absalon étant en peine et en » fuite, chez Gessur , roi de Syrie, fit vœu, en » sa misère, d’alleren pèlerinage en Heébron, et » d'y faire dire la messe... et sacrifier, si » Dies permettait qu'il rentrât en grâce avec » son père David. On voit, par là, qu’Absalon » était grand catholique : il faisait des vœux;

(1) L'abbé Bertou, Ænecd. francaises. — Dictionnaire infernal , au mot J’œur.

PEL 157 » projetait des pèlerinages, et faisait dire la » messe. Que répondront à cela les huguenots, » qui ne veulent ni messes, ni vœux, ni pèle- » rinages?

» Ça aussi toujours été la coutume de la pri- » mitive église, d'aller en pelerinage visiter les . » saints lieux. Je renvoie les huguenots aux » épitres de saint Jérôme, qui exhorte tant ces » deux braves femmes romaines, Paule et Eus- » tochium , d’aller en pèlerinage aux lieux » saints; de s’aller mettre à genoux sur le trou » où fut fichée la croix, et de s'imaginer de » voir encore Jésus-Christ ficlé en croix, afin » d'attrister leur pensée sur une tristesse qui » vaut mieux que toute la joie du monde ; d’al- » ler au sépulcre de notre Sauveur, pleurer , » baiser la pierre, lécher le lieu où le très-saint » COrps avait reposé. C’est saint Jérôme qui est | » ainsi bigot, et qui nous excite à passer la » mer et aller combattre les Juifs et barbares » qui tiennent prisonnière notre liberté, e$ » nous empêchent de posséder ce qui est à » nous(1). »

Malgré ces savantes autorités et ces bénins

(1) Tombeau des hérétiques, I". partie, PGE- 194 et suiv.

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