‹ Dictionnaire féodal (volume 2)Chapitre 29 sur 62 · PLA · texte numérisé non relu

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conseils, la philosophie a tué chez nous le goût des pèlerinages et des guerres saintes ; et, si l'on trouve encore l'apologie de ces courses de fous ou de vagabonds , ce n’est plus que dans la bouche de ces gans-là, qui s6 sont faits dévots et amis des vieux abus, parce qu'ils ne peuvent plus jouer d'autre rôle. ( Voyez Croisades, Indulgences, etc. )

PERSÉCUTIONS. — Dans ces temps peu reculés, où l’on paursuivait en France les protes- . tans comme des criminels, où les chrétiens surpassaient en. barbarie les persécuteurs de l'église naissante, un ambassadeur d'Angleterre demanda à Louis XIV la liberté des protestans qui étaient aux galères à cause de leur reh- | gion..... — Que dirait le roi de la Grande-Bretagne, répondit Louis XIV, si je lui demandais la liberté des prisonniers de Newgate (4) ? — Sire , répliqua l'ambassadeur, le roi mon maitre les acçorderait à Votre Majesté , si elle les réclamait comme ses frères. (Voyez Zrquisition. )

PLATS DE NOCE. — Le curé de la paroisse

(1) C’est une prison de Londres, destinée aux assassins et à tous les grands criminels.

RLA 159 bénissait le lit nuptial; et, en retour, la jeune épouse donnait au curé les plats de nace, c'està-dire , de quoi diner.

Avant Philippe-Auguste , il paraît que les prêtres exigeaient rigoureusement cette redevanee, et qu’ils refusaient de béuir [e lit des époux, lorsqu'on ne leur donnait pas tout ce qu'ils demandaient, puisqu'on taxa , ous ce prince, les plats de noce à un diner, ou à la valeur d’un diner raisonnable, et qu'on défendit aux prètres de se les faire payer, avant la béné- … diction du lit nuptial.

On réprima encore un abus sous le même règne : les marguilliers s'étaient mis sur le pied d'exiger, des nouveaux -époux, la redevance des plats de noce. ; et ils en partageaient lea profits avec Îles curés qui autorisaient cette petite escroquerie.

Les plats de noce ne furent supprimes que très-tard, puisqu'à la fin du dix-septième siécle, les habitans de Roïssy (1) et de plusteurs autres paroisses furent condamnés, par de bons arrêts , à les payer à leur curé, selon l'ancienne coutume.

— Ceux qui ont eu la patience de lire çet ou-

(1) À deux lieues de Paris.

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