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Mais toute la séverité des anathèmes que lança le concile de Sens, n'empècha pas Jean de Montmorenci, chanoine de Notre-Dame de Paris, d'entretenir publiquement une coneubine , « sans que ses confrères, qui le savaient, » s’en missent en peine. » L'évèque ne s'avisa de l’en faire réprimander qu’en 1386, dix-sept ans après Je décret d'excommunication fulminé par le concile de Sens.
Dans la suite, et surtout au commencement du seizième siècle, on obligea les confesseurs à venir réyéler le nom de ceux qui menajent une vie çoncybinaire; ce qui n'empécha pas qu'il n’y eüt continuellement de grands scandales , tant dans les ecclésiastiques que dans les laïques (a)
— Le compilateur des Aneries révolutionnaires raconte (2) qu’un curé des environs de Reims monta en chaire et dit à ses paraissiens : « Mes frères, le Créateur a dit à la créature : » Croissez et: multipliez. Pour vous enseigner » la pratique de ce précepte, et prévenir tout » scandale, je vous déclare que je me suis ma- » rié, il y a huit jours; et que, par la grâce du
Sauval. Antiquités de Peris, bis. XI.
(2) Pages 29 et 30.
» Seigneur » ma femme accouchera dans un » mais : prions, mes frères, pour son heureuse » délivrance. »
: — On disait autrefois en France :
Boire, manger , concher ensemble Est mariage , ce me semble.
Et, à l'exception des seigneurs grands et petits, qui se mariaïent avec pompe, à l'entrée de l'eglise, le mariage des roturiers était parfait, dans plusieurs provinces, lorsqu'il y avait consentement des deux parts, et cohabitation reconnue.
Si cet usage, tout naturel, avait été recu fans toute la France , les seigneurs, avec leur droit de cuissage , n'auraient pas souvent eu les prémices des jeunes serves, comme aussi ils ne les avaient pas toujours.
Mais, quand la partie opprimée de la na!
tion commençait à s'y accoutumer, dans une foule de cantons, le concile de Trente défendit ces mariagés , et ordonna que les liens conjugaux ne seraient valides qu'après la bénédiction du prêtre (r).L’ordonnance de Blois (2)
(1) Sess' 24, de reformat. cap. I.
(2) #rticles 4o et 44.
58 MAR confirma ces dispositions, et obligea les roturiers à se marier, pour leur argent, par-devant le curé de la paroisse. |
— On a remarqué, dans les bizarreries de notre histoire , que les professeurs de médecine, en leur qualité de clercs, furent obligés, pendant un certain temps, de vivre dans le célibat... Lorsqu'on nous dit que les prêtres doivent garder leur virginité, parce que leurs communions fréquentes exigent qu'ils soient toujours purs, on nous donne au moins une raison ; à la vérité plus spécieuse que solide, puisque le mariage na rien d'impur. Mais que les amis des vieilles choses nous disent pour quel motif on avait ordonné aux médecins de ne se point marier : était-ce aussi pour leur endurcirle cœur ?...Quoi qu'ilen soit, en 1451, les professeurs de médecine représentèrent si vivement les tentations qui les entouraient, dans l'exercice de leurs fonctions et la visite de leurs malades, qu’on leur permit de reprendre des femmes, pour ne pas les exposer à pis faire.
— Dans les temps où les seigneurs avaient le droit de cuissage, quand les attraits de la mariée ne les séduisaient point, ils ordonnaient aux jeunes époux de passer la première nuit de Jeurs noces au faîte d’un arbre, et d'y consom-
MAR 59 mer le mariage; de consacrer les momens dus à l’hyménée, dans une rivière, à la vue du sei- . gueur et de sa dame, qui se divertissaient là tres-décemment; ou de se laisser attacher nus à un tombereau, et d'être ainsi promenés quelque demi-lieue; ou de sauter ensemble (les pieds de la femme liés à ceux du mari) pardessus des cornes de cerfs. Quelquefois ils forçaient l'époux à passer une partie de la nuit dans un fossé bourbeux; quelquefois encore, les nouveaux mariés étaient obligés, pendant la première nuit de leurs npces, de battre l’eau des étangs, pour empêcher les grenouilles de troubler le repos de leur seigneur (1).
— L'église de Sainte-Marine (2) était celèbre à Paris, dans les derniers siècles , parce qu'on mariaït dans cette église ceux que l’on condamnait à s’'épouser. Anciennement, on les unissait avec un anneau de paille. Était-ce pour rappeler au mari que la vertu de celle qu'il épousait était bien fragile? Cela n'était ni poli ni charitable (3).
(à) Curiosités de la littérature. tome F°'.
: (2) Dans le cul-de-sac Sainte-Marine, à peu de distance de Notre-Dame, en la Cité. Cette église sert maintenant à une raffinerie de sucre.
(8) Saint-Foix, Essais historiques , tome [*. — Dans
“— Les habitans de Gonesse, aupres de Paris, ne pouvaient autrefoisse marier à des femmes libres, à causede l'obligation où ils étaient, pendant le mois d'août, de garder, chacun une nuit, la grange du roi , et pendant toute l'année, d'amener, chacun à leur tour, les vagabonds et les voleurs dans les prisons de Paris. Ils ne furent délivrés de cette servitude que vers la fin du seizieme-siècle; et alors ; 1ls eurent des femmes libres, plus qu’ils n’en voulurent (1).
— Sous la première , sous la seconde , et pendant quelques règnes de la troisième race, un Français , quoique marié, pouvait être élevé au diaconat, à la prêétrise, même à l’épiscopat. Mais , dans ce dernier cas, et surtout lorsqu'on eùt bien décidé que la chasteté et le céhbat étaient des choses nécessaires aux évêques, on obligeait celui que l’on gratifiait d’un évêché à déclarer , qu’à l'avenir, i/ ne vivrait plus avee sa femme que comme avec sa sœur. S'il vou-
les premiers sièeles de l’église, épouser une fille, dont la conduite-avait été déréglée , c'était une œuvre de miséricorde. — Bien des gens en font à présent , sans qu'ils sem doutent. |
. (1) Idem, Ibidem.
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lait sè séparer d'avec sa femme, elle était délaissée, et ne pouvait se remarier avec un autre. Néanmoins, le fils était habile à succédér à son père 3} 1l avait ordinairement la survivance de l'évéché et des bénéfices pateraels.
— On voit, dans une information de 1446, que, pour prouver la noblesse de Perrette Bureau, mariée à Jean Legras , On soutint « qu'elle » avait été portée à l’éghse sur une civière, » avec un fagot d’épines et de genièvre, ainsi » que d'ancienneté on a accoutumeé de faire aux h gentilshommes et gentilsfernmés , et ce qui » nese fait pas pour ceux et celles qui ne sont pas » nobles , lesquels ne sont point portés, le ; jour, » mile lendemain deleurs noces , surunecivière, » avet le fagot d’épirte et de genièvre(i).» -
— Une veuve, chez les Éafres et chez les Hottentots, est obligée de se coupér un doigt, chaque fois qu'elle sé remarie. Plusieurs peuples ent fait, sar le même point, des ordonnances aussi singulières. : Sur les côtes de Cumans, avant-de brûler le corps du mari défant , on li coupe la tête ; ‘et ont la porte ä sx veuve, qui . + 1 ct tir
(1) La Roque, Traité de lanoblesse, pags. 165 Bag porté aussi par Saint-Foix ; Essais sur Paris. tome IL.
. 62 AMAR jure, la niâin ‘sur. cette -relique, qu'elle ‘ne prendra point d'autre époux.
. Dans les ‘premiers siècles de l’église, les secondes nocesn'étaient que toléréés ; ; et plusieurs saints pères les reégardaient- comme une forniication, que l'on souffrait sans la permettre. Le , concile tenu à Sarragosse ; en 692 , défendit aux reines’de së remarier, et leur ordonna de se faire religieuses, > pour donner le bon exemple. © Mais, én même témps , on voit des princes chrétiens épouser publiquement deux femmes, et les garder l'une, et l'autre. Un peu plus tard, on voit le catholique Charlemagne entouré d'épouses et de maîtresses, et presque aussi fameux par ses répudiations. > Ses mariages, ses cqncnbines, que Par 503 dévouement au saint siége qui l'a canonisé. .° . ,
—r Si quelqu'nn avait. le couthge. de passer sa ‘yie dans l les archives de notre noblesse et de nos temps féodaux , 1 y découyriraitsans doute de quoi faire le pendant à tqus ces añciens usages; que nons.trouyongaujqurd'hni sisrévoltans di si absurdes. — La fameuse Cléopâtre avait’ épousé son frère P Ptolomée-Denys , comme la | plupart des rois d'Égypte épüusaientleurssœurs.
— En 1454, un comte d'Armagna c épousa publiquement la sienne (1).
— Chez les Hottentofs > Si une ep’ a pas de goùt pour le mari qu'on lui propose, on ini permet de l'essayer. , C'est-à-dire, d& coucher une nyit avec lui, pendant laquelle il peut employer tous les moyens de douceur et de violence, pour obtenir ce quil désire. S'il ne peut remplir le but du mariage avant, le jour, la jeune fille est déclarée libre; si elle succombe, il faut qu elle épouse celui qui l’a vaincue, . Le mariage se contracte au milieu d'un :cercle de parens accroupis, qui appellent sur les deux époux le bonheur et de longues années, pendant que le prêtre leur pisse sur la tête. Les plus dis: tingués de la famille en font autant; et ces aspersions rendent le lien légal.
On mariait autrefois les rois , aussi-bien que leurs sujets, à la porte des églises | selon la coutume des premiers chrétiens, qui ne voulaient probablement pas qu on célébrât devant l'autel un sacrement aussi immodeste que celui du mariage. Mais de ph y. ON dépouillait les dames de qualité, les reines surtout; et quand on les
(1) Saint-F oix, Essais historiques , tome Il , P- 347: :
64 MAR | avait mises nues, oh examinaif si elles étaient propres à faire des enfans. Froïssard raconte qu’Isabeau de Bavière fut bien et dûment examinée par des matrones, avant d'épouser Char. les VI. « I est d'usage en France, ajoute-t-l, » quelque: dame ou fille de häut seigneur qué » ce puisse être, qu'élle soit regardée et avisée » toute nue parles dames, pour savoir si elle » est prapre et formée pour porter enfans. »
— On trouve encore aüjourd'hui, dans plu-
sieurscontrées dela France, des coutumes singulières, qui remontent À des temps très-reculés, et que l’on n’a point abolies, ‘parce qu’elles n'ont rien d'onéreux. Ainsi, dans l'arrondissement de Limourx, les mariages des paysans se font en-
core avec certains usages digties d'êtré remar- | qués. Au retour de la messe, l'épouse se rend avec le cortége chez son nouvel époux, et là, assise sur une Chaise de bois, ayant une assiette surses genoux, éllé recoit deux baisers de chacun des assistans, qui versent eh même temps des offrandes pécuniaires das te bassin, chacun selon sa fortune ou sa géhéros oBité (1).
(r) M. le baron Trouvé, Description du département de l Aude. .
Dans le bourg de Gruissan, près de Narbonne, les jeunes gens font les propositionsde mariage, en envoyant un gâteau, le lendemain del Pentecôte, à leur future belle-mère, Cet envoi se renouvelle. tous. les ans, le mème jour, jusqu'à la célébration des nores (r).
Le premies de ces usages remonte sans doute aux temps les plus ffodaux, où les péres étant serfs de la glèbe , et me pouvant rien donner à la fille qu'ils mariaient, les parens lui faisaient quelques légères offrandes pécuniaires , pour adoucir les premiers mois de son ménage.
La seconde coutume est peut-être plus ancienne. Elle ressemble assez à l'usage où l’on était, sous la première rage, de faire. des présens en argent. ou on fruits, ax parans. de la fille que Yon éponsait Cars Dos 2
MARQUIS. a Les morquis sont des s soigneurs qui possèdent des mürguisats ; eomsae dit: Lar-. place , dans..son Distionmire des fiefs.i ::
Le mot mgrck, en tudesque, signifie lioxites ; les marquis étaient, dans l’origine, des officiers chargés de la garde d’une frontière ;ÿ €t
(1) M. le baron Trouvé , Duc du. à épargné de l’ Aude. .