‹ Dictionnaire féodalChapitre 100 sur 158 · OBI · texte numérisé non relu

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que leur maître. Ce droit s’appelait droit de JYoçages; et, comme il n’avait rien de contraire aux bonnes mœurs , les arrêts des cours souveraines l’ont maintenu jusqu’au dernier siècle, pour les seigneurs qui se plaisaient à l’exiger (0*

OBIT. (2) — On donne ce nom, dans plusieurs églises, aux messes anniversaires qui se disent pour les morts.

Louis XI avait fondé à Notre-Dame un certain obit qui se célébrait le jour et le lendemain de Sainte-Geneviève, avec une circonstance assez remarquable : c’est que tout chanoine qui s ’j trouvait recevait deux minots de sel; pas un n’avait garde d’y manquer, ajoute Sauvai; les malades, les goutteux , les impotens, tous s y faisaient porter, lorsqu’ils ne pouvaient s’y rendre eux-mêmes. On appelait cet obit Y obit salé .

— Il y avait quelque chose de semblable à St.-

(1) Lapîace , Dictionnaire des fiefs,

(2) Du latin obitus , mort , décès.

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Gervais ( à Paris ). Les marchands de vin faisaient chanter tous les ans les 0 de Noël (1) en grande pompe, quelques jours avant la fête; et, si le prévôt des marchands, les ëchevins, le procureur du roi , le greffier et les autres officiers de la ville y assistaient, on leur donnait des confitures, des pains de sucre et des dragées. Ces 0 se nommaient les O sucrés. Comme dans la suite on ne donna plus de dragées, mais seulement quelques livres de cire , on les appela les O cirés (2).

— - Un chanoine d’Évreux , nommé Jean Bouteille , fonda en mourant un obit assez singulier : pendant la messe , on étendait au milieu du chœur un drap mortuaire, aux quatre coins duquel on mettait quatre bouteilles pleines du meilleur vin, avec une cinquième au milieu , le tout au profit des chantres qui assisteraient à cet obit ou à ce service (3).

OBSÈQUES. — Les premiers chrétiens avaient

(1) On appelle O de Noël, certaines antiennes , au nombre de neuf, qui commencent toutes par O , et qui se chantent du 14 au 2,3 décembre.

(2) Sauvai , Antiquités de Paris , liv. Xî , Il 1 et IIr.

(3) Dutiiliot , Mémoires pour servir à la fête des fous.

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OBS

grand soin des sépultures et y faisaient des dépenses considérables. On voit , dans le chap. 3i de la Yie de saint Antoine, que, jusqu’au commencement du quatrième siècle , ils brûlaient les morts et conservaient leurs cendres, comme les Romains et les Grecs , ou les gardaient embaumés comme les Égyptiens.

Saint Antoine combattit ces coutumes, de tout son pouvoir ; d’autres pères de l’église secondèrent ses efforts , et bientôt les chrétiens enterrèrent généralement leurs morts, comme faisaient les Juifs; mais avant de les enterrer, ils les lavaient, les embaumaient, et priaient autour d’eux pendant trois jours. Après cela, on enveloppait le corps mort , dans des étoffes de soie , ou bien on le revêtait d’habits précieux, afin qu’il pût se montrer honorablement au jour de la résurrection.

On enterrait aussi avec le défunt diverses choses qui pouvaient lui être utiles dans l’autre monde, comme les marques de sa dignité, son nom , son épitaphe , des croix , des évangiles (i). On observait de le poser sur le dos, et

(1) Dans le midi de la France , on enterre encore les morts tout habilles , avec leurs livres de prières , leurs chapelets , etc. ; et partout , je crois , on enterre les militaires avec leurs armes.

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de lui tourner le visage vers l’orient. On donnait ensuite le repas funèbre, où Ton invitait tout ceux qui avaient assisté aux obsèques.

L’usage de ces festins se soutint long-temps, puisque, dans le neuvième siècle, il était encore généralement répandu. Mais alors , au lieu d’un festin , on en faisait quatre pour le moins ; le premier, après les funérailles; le second, au septième jour ; le troisième, au bout du mois; le quatrième, au bout de l’an.

Outre le repas , on donnait à chaque fête un spectacle , comme les païens donnaient des jeux; c’était ordinairement, au neuvième siècle, un ballet burlesque, où figuraient un ours, un singe, des danseuses publiques et des talamasques. ( On appelait ainsi des hommes travestis en démons , ou déguisés sous des formes hideuses ; delà , dit-on , nous est resté le nom de masque). Après la farce, on se mettait à boire; et chacun s’enivrait de son mieux, pour l’amour des saints, des anges et de lame du défunt (1).

Toutes ces facéties furent défendues sous le règne de Charles-le-Chauve ; mais il fallut bien des peines pour les supprimer, et on en trouve

(î) L/abbé Bertou. Anecdotes françaises »

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