‹ Dictionnaire féodalChapitre 112 sur 158 · PL A · texte numérisé non relu

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conseils, la philosophie a tué chez nous le goût des pèlerinages et des guerres saintes ; et , si l’on trouve encore l’apologie de ces courses de fous ou de vagabonds , ce n’est plus que dans la bouche de ces gens- là, qui se sont faits dévots et amis des vieux abus, parce qu’ils ne peuvent plus jouer d’autre rôle. (Voyez Croisades , Indulgences , etc. )

PERSÉCUTIONS. — Dans ces temps peu reculés, où l’on poursuivait en France les protestans comme des criminels , où les chrétiens surpassaient en barbarie les persécuteurs de l’église naissante, un ambassadeur d’Angleterre demanda à Louis XIV la liberté des protestans qui étaient aux galères à cause de leur religion — Que dirait le roi de la Grande-Bre-

tagne, répondit Louis XIV, si je lui demandais la liberté des prisonniers de Newgate (i)? — Sire, répliqua l’ambassadeur, le roi mon maître les accorderait à Votre Majesté , si elle les réclamait comme ses frères, (\oyez Inquisition. )

PLATS DE NOCE. — Le curé de la paroisse

(ï) C’est une prison de Louches, dcstine'c aux assassins et à tous îes grands criminels.

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bénissait le lit nuptial; et, en retour, la jeune épouse donnait au curé les plais de noce , c’està-dire , de quoi dîner.

Avant Philippe -Auguste , il paraît que les prêtres exigeaient rigoureusement cette redevance , et qu’ils refusaient de bénir le lit des époux , lorsqu’on ne leur donnait pas tout ce qu’ils demandaient, puisqu’on taxa , sous ce prince, les plats de noce à un diner, ou à la valeur d’un dîner raisonnable , et qu’on défendit aux prêtres de se les faire payer, avant la bénédiction du lit nuptial.

On réprima encore un abus sous le même règne : les marguiiliers s’étaient mis sur le pied d’exiger, des nouveaux époux, la redevance des plats de noce... ; et ils en partageaient les profits avec les curés qui autorisaient cette petite escroquerie.

Les plats de noce ne furent supprimés que très-tard , puisqu’à la fin du dix-septième siècle, les habitans de Roissy (1) et de plusieurs autres paroisses furent condamnés, par de bons arrêts , à les payer à leur curé, selon l’ancienne coutume.

— Ceux qui ont eu la patience de lire cet ou-

(i) A deux lieues de Pans.

vrage jusqu ici, doivent être effrayés des innombrables redevances et de cette multitude de charges qui pesaient sur le peuple. Cependant, on n’en a vu qu’une partie, puisque les choses que nous avons à traiter en offrent encore une série considérable , et que nous ne parlons point ici de ce qui paraîtrait peu saillant. (Voyez Bénédiction du lit nuptial. )

PLÉJURE. — Le vassal qui avait rendu V hommage de pléjure , était obligé, en vertu de cet hommage , de se rendre piège , c’est-à-dire, otage , pour délivrer son seigneur , lorsque ce seigneur était prisonnier.

En Sicile, tous les vassaux étaient soumis, par une constitution du roi Roger, à l’hommage de pléjure ; et ils devaient s’exiler de leur pays ; pour se rendre captifs à la place de leurs seigneurs, ou bien on confisquait tous leurs biens.

Les fiefs de pléjure étaient connus en France, dans la Bretagne, dans la Normandie et dans quelques autres provinces. On appelait les vassaux obligés à ces devoirs absurdes, hommes de pléjure.

POINT D'HONNEUR. — « Parla loi saiique, a si un ingénu donnait trois coups de bâton à yr un ingénu, il payait 5 sous; s’il avait fait

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