‹ Dictionnaire féodalChapitre 122 sur 158 · T‘RO · texte numérisé non relu

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ou disait : C'est le pot de terre qui heurte le pot de fer .

— Sous le règne de Charles V , on mesurait la grandeur de l’homme à la longueur de son soulier. Les roturiers et les serfs portaient des chaussures de la taille de leurs pieds ; la chaussure des seigneurs sortait derrière le talon, et s’avancait loin devant les doigts du pied. Les souliers des grands dignitaires avaient jusqu’à deux pieds et demi de long. C’est de cette mode qu’est venu l’usage de dire, d’une personne en faveur : Il ou elle est sur un grand pied à la cour.

— Dans les anciens jugemens , lorsqu’on avait décide que les deux parties devaient se battre, pour terminer le procès, l’accusateur et laccusé remettaient entre les mains du juge une certaine somme ; et comme on a toujours condamné ceux qui perdent la cause à payer les frais de justice, comme dans ces temps de barbarie, celui qui succombait à l’épreuve du duel était atteint et convaincu, par le jugement de Dieu , du crime dont on l’accusait : en prononçant contre lui la peine de mort , le juge gardait l’argent du vaincu pour ses épices ; d’où est venu le proverbe que les battus paient V amende .

— Il ri y a si bon mariage qu'une corde ne rompe. Voici l’origine de ce proverbe ; il y eut

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un temps en France, ou il n’était pas permis de suborner une fille, avant l’âge de vingt-cinq ans, sans le gré , su> vouloir et consentement de ses parens ou tuteurs (i). Celui qui était convaincu d’avoir séduit et engrossé une jeune fille ( car le crime n existait que lorsqu’on en voyait les traces non équivoques), celui-là était pendu sans miséricorde, quoiqu’il se fût marié avec la fille qu’il avait serrée de trop près, s’il ne l’avait pas épousée assez vite pour donner à croire que 1 enfant dont cette fille était grosse avait été fait depuis le sacrement. — Cette coutume ne dura pas long- temps ; elle exposait trop de gens à la potence : on décida que les filles pourraient sauver leurs suborneurs, en déclarant qu elles avaient été séduites de leur plein gré, et qu’elles consentaient à épouser le coupable.

— Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce n’est rien ;

C’est une femme qui se noie :

Je dis que c’est beaucoup; et ce sexe vaut bien

Que nous le regrettions, puisqu’il fait notre joie.

La Fontaine, Fable 16, liv. 111.

Sauvai dit que, sous les règnes de Charles VII et de François Ier. , plusieurs seigneurs noyèrent

(i) Loisel, Institutes coutumières , tome 1er .

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leurs femmes , parce qu’elles s’étalent abandonnées à des amours scandaleuses avec ces princes et leurs courtisans. C’est de là , ajoutet-il, que nous est venu le proverbe : Ce ri est rien ; c est une jcmme qui se noie (i).

— Loysel et quelques autres feudistes ont conservé cet ancien proverbe féodal , qui peint très-bien la rapacité des seigneurs , et la misère de leurs vassaux : Un seigneur de paille y de foin ou de beurre j mange et tue un vassal ri acier ... (2).

QUARANTAINE ROYALE.— Le règne de Henri Ier avait été ensanglanté de guerres cruelles et de dissentions continuelles entre les vassaux de la couronne* et ce monarque n’avait souvent trouvé que des ennemis dans ceux de ses sujets qui avaient quelque puissance. Les petits seigneurs se déchiraient entre eux, et les malheureux paysans étaient continuellement pillés, chassés de leur cabane, massacrés par les bandes de leurs tyrans.

(1) Cahier des Amours des Rois de France. — A la suite des Antiquités de Paris.

(2) Les vieux auteurs le rapportent ainsi : Un seigneur de paille } Jeurre ou beurre raine et mange un vassal d'acier.

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