‹ Dictionnaire féodalChapitre 123 sur 158 · OUA · texte numérisé non relu

OUA

L’hérésîe des Albigeois vint mettre le comble a ccs discordes. Les uns prirent parti pour ces hérétiques; les autres leur jurèrent guerre à mort; et la France ne fut bientôt plus qu’un théâtre de brigandages. On massacrait les paysans, les bourgeois, les moines; et, comme dans ces hideux débats les vainqueurs s’enrichissaient des dépouilles des vaincus, les seigneurs continuèrent de s’entre-tuer eux -memes, sous prétexte de vieilles injures qu’il fallait venger.

Enfin, la France devenait tout-à-fait un pays de cannibales lorsqu’on institua la trêve du seigneur, qui défendait de tuer depuis le mercredi soir jusqu’au lundi matin, et ensuite la confrérie de la paix , composée de chevaliers qui redressaient les torts et vengeaient les assassinats (i). Ces moyens ramenèrent un instant de tranquillité; mais ils n’intimidaient déjà plus les massacreurs, lorsqu’en 124Ô Louis IX établit la quarantaine royale. C’était un édit , entouré de toutes les forces de la religion et des lois d’alors, qui défendait de tuer un homme sans l’en avoir prévenu quarante jours d’avance. Cet édit ne fut respecté que pendant la vie de Louis IX. Sous ses successeurs les brigandages recommen-

(1) Voyez les articles Confrérie de la paix et Trêve du seigneur .

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