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d herbes odorantes toutes les chambres du parlement; il donnait ensuite un déjeuner splendide aux présidens, aux conseillers, aux greffîeis et meme aux huissiers de la cour; après cela , il parcourait toutes les chambres , au son du hautbois, et faisant porter devant lui un giand bassin plein de fleurs et de couronnes de roses , pour tous les oAiciers ; on donnait alors une audience , qui se terminait par une messe solennelle (i).
L usage de porter des roses au parlement fut supprimé au dix-septieme siècle; mais, jusqu’à Louis X\ I , le roi et les princes payèrent aux cours souveraines, vers le printemps, une certaine somme, qui se nommait encore le droit des roses.
Dans un village voisin de Caen, le seigneur avait soumis depuis très-long -temps les paysan es ne son fief a une redevance, qui n’était du moins ni indécente ni tyrannique. Elles étaient obligées de lui porter tous les ans un panier de mousse rempli de roses. Cette coutume fut interrompue par la révolution. Mais, en i8i5 , le seigneur de ce fief voulut la ranimer. Les paysanes craignirent qu’en se sou-
(i) Sauvai , liv. 8.
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mettant à quelque redevance supportable , elles ne donnassent lieu à leur en imposer de plus pénibles : elles s’y refusèrent. On plaida pour cette singulière contestation; et les juges, tout en considérant que ce droit de roses n’était pas d’une féodalité bien odieuse , que c’était d’ailleurs une heureuse idée d’avoir allié la mousse avec les roses, avant que l’on connût les roses mousseuses, les juges déboutèrent le seigneur de ses prétentions , en lui rappelant que tous les Français sont maintenant libres, égaux en droits, et qu’ils ne se doivent , eux , leurs biens et leurs peines qu’à la mère-patrie.
ROSIÈRES. — Il n’est personne qui n’ait entendu parler de la Rosière de Salency et de la Fête de la Rose. L’institution de cette fête est attribuée à saint Médard , évêque de Noyon, et seigneur de Salency, qui vivait au commencement du sixième siècle. La première Rosière fut la sœur du saint évêque : un vieux tableau, placé au-dessus de l’autel de la chapelle que le village de Salency a consacrée à saint Médard, représente ce prélat, en habits pontificaux, couronnant de roses sa sœur à genoux. — Les seigneurs de Salency , qui ont succédé à saint Médard , conservèrent cette cérémonie et en firent une vassalité.
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« Quelques jours avant le 8 juin de chaque année, les habitans se rassemblent, choisissent dans le village trois filles qu’ils présentent à leur seigneur; et le seigneur désigne pour Rosière celle qu’il juge à propos. . . . Ces filles doivent être nées à Salency , de parens irréprochables. ... La tache la plus légère est un motif d’exclusion. Mais on prend souvent les soupçons pour des fautes réelles, et des calomnies pour des médisances.
)) Le jour désigné pour la cérémonie, la rosière, vêtue de blanc, se rend vers les deux heures au château de Salency , au son des tambours, des violons et des musettes. Elle est accompagnée de sa famille , et de douze jeunes filles , vêtues de blanc comme elle, et conduites par douze garçons du village. Le seigneur va la recevoir , ou y envoie son sergent. Elle lui fait un petit compliment pour le remercier de la préférence qu’il lui a donnée. Ensuite le seigneur et son bailly lui prennent la main, et la conduisent en musique à l’église de la paroisse, où elle entend les vêpres , placée au milieu du cœur.
)) Les vêpres finies, le clergé et le peuple se rendent en procession à la chapelle de Saint- Médard. Là , le curé bénit la couronne de . roses , fait un sermon, et pose la couronne sur la
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tête de la rosière, qui la reçoit à genoux. Il lui remet en même temps, en présence de témoins, la somme de vingt-cinq livres, annexée, parla fondation de cette cérémonie , à la dot de la rosière. La jeune fille, ainsi couronnée , est reconduite à la paroisse où I on chante le Te Deum , avec une antienne à saint Médard , au bruit de la mousqueterie des jeunes gens du village.
» Après cela, la rosière se rend, avec son escorte, au milieu de la grande rue de Salency, où les censitaires (i) du seigneur ont fait dresser une table, garnie d une nappe, de six serviettes , de six assiettes , de deux couteaux , d une salière pleine de sel, d’un lot de vin clairet en deux pots (2), de deux verres, d un demi-lot d’eau fraîche , de deux pains blancs d’un sou , d’un demi-cent de noix , et d’un fromage de trois sous. Les censitaires lui donnent encore, par forme d’hommage, un bouquet de fleurs, une flèche , deux balles de paume et un sifflet à siffler , dans lequel un censitaire est obligé de siffler trois fois avant de l’offrir. Si ces redevances n’étaient pas exactement rem-
(1) Ceux qui payent le cens au seigneur,
(2) Environ trois litres.
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plies, il y aurait soixante sous d’amende pour les délinquans.
» Toute Rassemblée se transporte ensuite au château; et là, sous un gros arbre qui décore le milieu de la cour, le seigneur danse le premier branle avec la rosière. Ce bal champêtre finit au coucher du soleil ; et le lendemain , dans l’après-midi , la rosière invite chez elle toutes les filles du village, et leur donne une grande collation.
» Louis XIII, se trouvant dans les environs de Salency lorsqu’on s’y préparait à la fête de la Rose, ajouta aux fleurs de la couronne une bague d’argent et un cordon bleu.
» C’est depuis cette époque que la rosière reçoit cette bague, et qu’elle et ses compagnes sont décorées de ce ruban. — En 1774? Ie parlement approuva et encouragea la fête de la Rose. Huit ans auparavant, Pelletier de Morfontaine avait doté la rosière d’une rente de cent vingt livres (1). »
(1) Lacombe de Prezel, Dictionnaire cV anecdotes , au mot Fêtes remarquables . — Après la Relation de la fête de la Rose , imprimée à Nojon en 1776. — Si celte fête se célèbre encore à Salency , on a du en retrancher tous les accessoirs féodaux ; et elle n’en serait que plus simple et plus touchante.
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— Cette fête était sans doute belle et patriarcale ; mais il s y était glissé de nombreux abus' 11 y avait souvent de l’injustice, dans le choix du seigneur; il y en avait encore dans cette condition , que les parens de la fdle devaient être irréprochables : ce n’était point aux parens que l’on donnait la rose. Les redevances que payaient les censitaires étaient absurdes ; mais plus que tout cela, on couronnait quelque fois une jeune fille de cinquante ans... ou cette rosière avait été sage à vingt ans, et alors elle avait mérité la rose ; ou elle avait mal passé sa jeunesse, et elle ne la méritait plus, lorsqu’elle était forcée de vivre sage. Une fille qui n’a plus d’amour à cinquante ans ne fait pas un grand effort de vertu.
Quoi qu’il en soit, il serait à désirer que l’usage d’une fête pareille se répandît dans nos provinces ; on pourrait espérer aujourd’hui moins d’abus ; mais dut-elle en avoir , elle n’en produirait pas moins les effets les plus heureux, puisqu’elle pourrait encourager la sagesse et les mœurs.
ROTURE. — « Un gentilhomme qui se ra- » baissait par mariage , et qui épousait une » femme roturière et non noble , dit le bon roi y) Réné , devait subir cette punition, qu’en plein
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n tournoi, tous les autres seigneurs, chevaliers » et écuyers s’arrêtaient sur lui et le battaient , » jusqu a ce qu’ils lui lissent dire qu’il donnait » son cheval et qu’il se rendait. » Dans ces circonstances , comme dans mille autres , on voit que les nobles seigneurs se comportaient en spadassins , pour ne rien dire de plus.
— On sait qu’on donnait le nom de roture à tout ce qui n’était, pas noble ; la noblesse paraissait chez nos aïeux la seule chose estimable*! Les plus grands hommes et les hommes les plus généreux, n étaient que des manans , comme les plus belles femmes et les femmes les plus vertueuses n’étaient que des vilaines, dans la roture ; tandis qu’on accablait de titres et d’honneurs le plus méprisable gentilhomme, et la marquise la plus débordée , à cause d une noblesse , qu’on s’était avisé de donner jadis à ceux quils regardaient comme leurs ancêtres. Dans la ville de Strasbourg, on remarque un trait ds sagesse qui n’a peut-être pas son pareil. On exigeait que les chanoines de la cathédrale, gens tout-à-fait inutiles, fussent nobles et au moins comtes , tandis que les six premiers magistrats de la ville devaient faire preuve de roture.... (Voyez Noblesse, Droits , Privilèges , Redevances . )
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bACRE. Quoique 1 église de Reims prétende quelle a sacré Clovis , et que la sainte Ampoule a servi depuis ce prince à l’inauguration de nos rois , il n en est pas moins constant que Pepin-le-Bref fut le premier des rois de France qui se fit sacrer, pour se donner un droit au trône où il montait en usurpateur (i). Encore ne fut-il sacré ni de la sainte Ampoule, ni dans 1 église, ni par l’archevêque de Reims; mais dans la cathédrale de Soissons, par le légat du pape (2). Ce fut le roi Louis-le-Jeune qui, le premier, en 1179, donna à l’archevêque de Reims le privilège exclusif de sacrer les rois , parce que cet archevêque ( Guillaume de Champagne) était frère de la reine Adélaïde.
(1) Peu de temps après , il demanda au pape Étienne II i absolution de son crime de félonie envers le prince légitime, dont il avait pris la place.
(2) On sait que la sainte Ampoule fut découverte, et son histoire imaginée , au neuvième siecle , par Hincmar, arche- ' veopie de Reims. Oette sainte Ampoule a été anéantie pendant la révolution. Espérons cependant qu’on saura bien la retrouver.
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Les pairs de France assistèrent depuis aux cérémonies du couronnement, et portèrent l’épée, la couronne et les autres marques de la royauté. Au sacre de saint Louis (en 1226), deux femmes se disputèrent le droit de porter 1 épée royale. Les comtesses de Champagne et de Flandre prétendirent représenter leurs maris absens, et jouir des prérogatives attachées à leur qualité de pairs du royaume... Elles voulurent bien enfin que le comte de Boulogne, oncle du roi, portât l’épée pour cette fois , mais sans préjudice aux droits de leurs époux.
Au sacre de Philippe V (en i5i6), Mahaut , comtesse d’Artois , soutint avec les autres pairs la couronne royale sur la tête du prince , eu sa qualité de paire de France (1).
— On sait encore qu’au sacre de nos rois la Sainte-Ampoule était entourée d’une pompe et d un taste extraordinaires. Mais avant de l’appor* ter dansl église, on demandait au roi des otages. C étaient toujours quatre très-grands seigneurs , que Ion enfermait dans la sacristie, jusqu’à ce
(1) Cette femme avait aussi séance au parlement, parce rjue ie comté d Artois , qui tombait en quenouille , lui appartenait en propre.
que le roi lut sacré et que la Sainte-Ampoule
fût remise en lieu sûr..» Quels peuvent être les
motifs et l’origine de cet usage?...
. — Favin prétend que 1 usage de bénir les gants, au couronnement du roi de France, usage qui subsistait encore au dernier siècle, est un reste de l investiture pur le gufit (i). Un exemple bien remarquable de cette cérémonie est rapporte dans 1 histoire d Allemagne. Linfortuné Conradin fut privé de la couronne et de la vie par Charles d Anjou (2). Lorsqu il monta sur l’échafaud, il se plaignit de la ciuaute de son sort, justifia ses droits au trône de Naples, et jeta, en signe d’investiture , son gant parmi le peuple , en priant ceux qui 1 entouraient de le porter à quelqu’un de ses parens qui pût venger sa mort. Ce gant fut ramassé par un chevalier , qui le remit à Jacques
(1) C’était surtout dans quelques pays de l’Orient quon se servait d’un gant , pour accorder des titres ou conférer des dignités. Cet usage se répandit ensuite chez la plupart des peuples chrétiens ; on l’employa pour donner l’investiture aux évêques. En l’an 1 002 , les évêques de Paderborn et de Moncerco furent mis en possession de leurs sièges , en recevant un gant. Les gants devinrent dès lors une partie essentielle du costume épiscopal.
(2) Frère de Saint Louis.
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d’Aragon, lequel eut, dit-on, la hardiesse de se faire couronner à Palerme (1).
— L’usage de jeter un gant, pour proposer un cartel, a été' suivi jusqu’à la fin du seizième siècle; et, quoique de pareils combats ne soient plus permis maintenant, il y a encore une cérémonie, dans laquelle on jette un gant pour annoncer un défi. Cette cérémonie a lieu au couronnement du roi d’Angleterre : le champion de sa majesté, armé de pied en cap et très-bien monté, entre dans Westminster-Hall, et publie à haute voix que, si quelqu’un lui conteste les droits du prince à la couronne, il est prêt à les soutenir et à les défendre , dans un combat singulier. Après cette déclaration , il jette son gant, en signe de défi (2).
(1) De même qu’on donnait une paire de gants à celui que l’on investissait d’une dignité , on était les gants à celui que l’on privait de sa charge. Le comte de Carliste ayant e'té condamné à la dégradation et à la mort , pour ses correspondances avec les Ecossais (sous le règne d’Edouard II), Vaîsingham dit que ses éperons furent brisés avec une hache , et qu’on lui ota ses souliers et ses gants.
(2) En Allemagne, celui qui entre gante dans les écuries d’un prince , est obligé de donner ses gants aux palefreniers, à moins qu’il n’aime mieux les racheter, sur leur estimation. - — La même coutume est observée , dans quelques pays , à la mort d’un cerf, Aussitôt qu’on annonce que le cerf est
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SAINTS. — Le fameux Launoi recherchait les titres des saints, comme on recherche ceux de la noblesse. On prétend qu’il en a plus détrône ([Lie dix papes n’en ont canonisé ; c’est pourquoi on l’appelait le dénicheur de saints . Le curé de Saint-Eustache de Paris disait , à ce propos : — « Toutes les fois que je rencontre » le docteur Launoy , je le salue jusqu’à terre ; » et je ne lui parle que le chapeau à la main y » tant j’ai peur qu’il ne m’ôte mon saint Eus- » tache, qui ne tient presque à rien (i). »
SAISIE. — Voyez Confiscation, Commise , Aveu, Félonie, etc.)
SEIGNEUR. — Ce mot signifie maître (2). On
tué , celui qui n’dte pas ses gants est tenu de les donner, ou d’en payer la valeur aux piqueurs et aux gardes-chasse. Cet usage avait lieu en France ; et le dernier roi 11e manquait jamais d’dter un de ses gants , dans cette occasion. ( Curiosités de la Littérature , tome Ier . )
(1) Voici ce qu’on lit sur saint Euslache , dans \$ Diction-
naire des Saints Personnages . ( 2 vol. in-8°. , 1772. ) == « Saint-Eustaciie. — On ignore entièrement la vie de » ce saint martyr , dont on célèbre la fête le 20 de sep- « tembre »
(2) Seigneur vient du mot latin senior. Il signifiait ,