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les idées des Juifs , l’esclavage était connu avant le déluge, puisque Noé, lorsqu’il maudit les enfans de Chain , les condamne à être les esclaves clés esclaves de Sein et de Japhet (i). On trouve à chaque pas, dans la Genèse, des distinctions de maîtres et d’esclaves. Abraham en conduisit trois cent dix -huit au secours de Loth, que cinq petits rois barbares emmenaient de Sodôme. Agar, dans la maison d’Abraham , Bala et Zelpha , dans la maison de Jacob, n’étaient que des femmes esclaves , sans doute moins sévèrement gardées que celles des Orientaux , mais soumises comme elles à tous les caprices de leur maître. En parlant de Joseph vendu à des marchands madianites, fauteur de la Genèse passe sur ce fait, comme sur une chose très- ordinaire, et il présente ceux qui achètent le fils bien-

clcives , Redevances , Privilèges , Nègres , Justices , etc. ,

etc. , etc.

(i ) Maledictus Chanaan , servus servorum erit fra tribus suis. Genèse , ch, IX , verset 2,5-

V11J DISCOURS

aimé cle Jacob comme clés marchands d’esclaves et de parfums.

On a même cru trouver la source de quelques institutions purement féodales ,

dans l’histoire de Joseph. Lorsque la fa-

mine s’étendit sur l’Egypte, Joseph, qui avait fait une grande provision de grains , les lit distribuer aux habitans, qui donnèrent en retour tous leurs biens au roi. Par ce moyen, le pharaon d’Égypte devint possesseur de toutes les terres de ses -sujets ; mais , comme il ne pouvait les cultiver lui-même, i! les leur rendit à condition qu’on lui donnerait tous les ans la cinquième partie de ce quelles produiraient. Les biens des prêtres furent seuls déclarés libres, et non soumis à cette redevance (i), cftie les feudistes regardent comme l’origine du champ art.

Après la mort de Joseph, jusqu’à la sortie d Egypte, sous la conduite de M oïse, les Juifs furent soumis par les

( i ) Gerie.se x ch. f\ 7 , versets 20 — 2 6.

PRELIMINAIRE

Égyptiens à la plus dure servitude , et accablés de tous les maux imaginables (i). Dans la suite , selon l’usage des peuplades féroces qui se disputaient alors un coin de la terre, on voit toujours les vaincus esclaves des vainqueurs. Les Juifs, ayant été défaits par les rois de Mésopotamie, furent réduits en servitude; Othoniel les

en délivra; comme, plus tard, Débora »

vint les tirer de l esclavage où ils étaient chez les Chananéens; et comme Gédéon les affranchit encore du joug madianite. On sait que les Juifs furent très-souvent vaincus, conséquemment souvent esclaves, et; que Dieu leur suscita toujours des libérateurs. On a dû remarquer aussi que, toutes les fois qu’ils avaient pour eux la victoire, ils usaient de représailles, et traitaient en esclaves ceux des vaincus qu’ils n’avaient pas exterminés. Telles étaient alors les mœurs de tous les peuples. Quand les Grecs eurent saccagé

(i) Voyez, les deux premiers chapitres de Y Exode.

DISCOURS

Troie, ils firent esclaves les princesses memes et la veuve du roi Priam.

Dans ces siècles reculés, qu’on s’est plu à décorer du nom de siècles d’or , l’humanité et les droits naturels paraissent t otalement inconnus. Les temps héroïques de l’ancienne Grèce ressemblent aux temps de notre chevalerie errante. C’était des deux côtés le règne du brigandage.

Chez les Grecs , une foule de petits tyrans enlevaient les femmes, détroussaient les passans , et s’en faisaient des esclaves. Les Thésée , les Hercule et tous ces héros si renommés employèrent leurs forces et leur courage à l’extermination de ces fléaux , a la défense des opprimés. Chez nos pères, après les funestes invasions des Normands , quand tout n’était en France que trouble et qu’anarchie , les seigneurs se donnèrent un pouvoir sans limites ; ils infestèrent les grands chemins; ils enlevèrent les pucelles ; on avait fortifié leurs châteaux contre l’ennemi: ils profitèrent de cet avantage ; et les manoirs des seigneurs devinrent, dans plusieurs provinces, des

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repaires de brigands. Alors, ceux d entre les gentilshommes qui n’avaient point encore perdu l’habitude de la courtoisie et de la vraie vaillance, se formèrent en confréries de chevaliers errans, qui parcoururent les pays infestés, réparèrent les torts, et firent justice par l’épée. Il faut dire aussi que, chez les Grecs et chez nos ancêtres, quelques-uns de ces coureurs d’aventures furent de faux frères , qui exercèrent la violence , en jurant de la punir. — Quoi qu’il en soit, c’est à ces temps que les Grecs durent leurs fables héroïques, et nous les géans, les enchanteurs , les fées et les prodiges de nos romans de chevalerie.

A mesure que les peuples s’éclairent , on pourrait s’attendre à voir renaître quelque égalité parmi les hommes. Mais ces Grecs, que l’on nous dit si bien civilisés, l’étaient - ils véritablement? Sans doute ils eurent de grands hommes; mais il faut que la masse ait été bien barbare , puisque leurs anciens législateurs leur ont donné des lois de cannibales. Lycurgue

DISCOU RS

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