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rapprochés , suivant les coutumes. Si le vassal ne le présentait pas, dans les quarante jours qui suivaient son entrée en possession , le seigneur confisquait le fief et en faisait son profit (i).
BAILLI. — Officier de robe longue, qui rendait la justice au nom d’un seigneur (2).
La coutume de terminer les procès par les combats judiciaires ne demandait ni lettres, ni études ; et tout seigneur pouvait juger de cette sorte.
Blais lorsque l’on commença a enseigner le droit dans les écoles, lorsqu’on eut traduit la jurisprudence romaine , et qu’on écrivit les coutumes de chaque province , les seigneurs devinrent incapables de rendre la justice.
(1) Dumouiin, de jeudis, par. hod. 8, 44 — Baquet.. des droits de justice , ch. 34- — Guyot, des fiejs , t. 5, ch. 4 et 6.
(2) Il y avait dans l’ordre de Malte un bailli. C’était un chevalier revetu d’une dignité qui l’élevait au-dessus des commandeurs , et lui donnait le privilège de porter la grande croix. — Les Baillis royaux, ou grands baillis, portaient l’épée. C’étaient des espèces de prévôts, que les baillis du seigneur singeaient de leur mieux.
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Les seigneurs se faisaient accompagner de pairs et de prud’hommes , qui les éclairaient de leurs lumières et prononçaient avec eux sur les causes embrouillées : ces pairs étaient une image imparfaite de nos jurés. Mais comme il y avait déjà des praticiens et des jurisconsultes dans le quatorzième siècle , et que les prud'hommes , les pairs et les seigneurs justiciers ne savaient ni lire ni écrire , en leur qualité de gentilshommes , et ne voulaient point apprendre le droit , la pratique de juger par pairs devint moins en usage; celle de juger par baillis s’étendit, et un seul homme eut droit de prononcer sur la vie de ses semblables ; ce qui ne s’était point vu dans les huit premiers siècles de la monarchie.
Les seigneurs étaient obligés de prendre leurs baillis parmi les laïques ; et les baillis devaient connaître , au moins en bonne partie , les coutumes de leur canton et les droits de leur seigneur. Au reste, on choisissait les baillis dans dans l’ordre des laïques, parce que les privilèges du clergé étant immenses, dans le treizième et le quatorzième siècle, il n’était guère possible de punir les prévarications d’un ecclésiastique.
On pense bien que les baillis, puisqu’ils dépendaient immédiatement de leur seigneur,,
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n’étaient punissables de leurs injustices que quand elles pouvaient nuire aux intérêts seigneuriaux.
On a souvent remarqué que les valets d’un homme méchant étaient pires que leur maître. Cette observation était surtout applicable aux baillis. Voyez le suisse d’un grand hôtel ou le dernier commis d’un ministre; vous trouverez deux petits êtres cent fois plus insolens que leurs patrons.
Un bailli , bien ignorant et bien sot , se croyait le premier homme de sa province, lorsqu’il représentait son seigneur; et comme ce bailli était ordinairement pauvre, ambitieux, avare , il prodiguait aux hommes cle corps les mauvais traitemens , les exactions , les tyrannies, les peines, tandis qu’il accablait monseigneur de viles flatteries et de bassesses. On a trop bien dépeint les prétentions, la morgue , l’insolence , et les ridicules des baillis , dans une foule de comédies que tout le monde sait par cœur , pour qu’on entreprenne ici d’en faire l’esquisse.
Il est certain que dans le dernier siècle , et surtout dans les cantons où les droits du seigneur n’étaient pas très-onéreux , bien des châtelains auraient pu être moins haïs de leurs
paysans , s’ils n’avaient point eu de baillis, que les malheureux villageois regardaient comme la bête noire .
— Plusieurs villes de la Suisse sont gouvernées par des baillis ; et , si l’on en croit les voyageurs et les historiens, ces gouverneurs ne sont pas plus aimés en Suisse que les baillis seigneuriaux ne l’étaient en France. On les flatte cependant, et avec assez de bassesse, parce qu’on les craint à l’excès. Hélène-Maria AVilliams , dans le voyage qu’elle fit en Suisse , pendant notre dernière révolution , raconte ainsi l’installation du bailli de Bellinzone (i), qui se renouvelle tous les deux ans :
« La matinée de ce fameux jour est employée » à disposer, à ranger ceux des habitans et des » grands officiers de l’état qui doivent aller a
(i) Bellinzone est une ville d’Italie , sur le Tesin, dans le duché de Milan. Elle appartenait autrefois au duc de Milan ; dans le quinzième siècle, elle fut vendue , en meme temps que Bollenz et Riviera, aux cantons d’Uri et d’Cnderwald , pour une somme de 2400 florins Le duc de Milan , ja-
loux de ravoir ces trois villes , en offrit aux Suisses le prix qu’ils les avaient payées ; et comme on ne voulut pas les lui vendre , il les prit.,.. Mais, au commencement du seizième siècle, le district de Bellinzone fut rendu aux Suisses et leur
resta.