‹ Dictionnaire féodalChapitre 27 sur 158 · BAI · texte numérisé non relu

BAI

» la rencontre du nouveau proconsul, pour » l’amener en ceremonie dans son gouverne- » ment. L après-midi , l’auguste cortège ar~ » rive, monté sur des coursiers fougueux, et » précédé par des trompettes.

» Lorsque le bailli approche de la ville, il a est salué par le canon des trois châteaux; et » le lendemain, après la messe, il est installé » avec éclat.

)) Ces baillis volent si ouvertement, dans leur » petit empire, que le peuple les considère » plutôt comme des collecteurs de taxes, en- » voyés pour les piller légalement, que comme » les distributeurs de la justice, et les conser- » vateurs de la paix et des propriétés. »

Cependant les poètes de la ville célèbrent , par des sonnets , leur glorieuse entrée. On les met au-dessus d’Alexandre et de tous les héros île la Grèce ; on dit que la sainte J iergeles conduit par la main , et leur prodigue les plus tendres caresses ... Et ces poésies ne sont pas là des satires, puisque les corps civils et ecclésiastiques les offrent sérieusement, et que les baillis s’en accomodent (i)

(i) Nouveau voyacre en Suisse d’Hélène-Maria Williams*

' ' JC

trac!, de M. Sav.

BAN . — On appelait ban , la convocation que le roi faisait de la noblesse ( à raison des fiefs qu’elle tenait de lui), et l’appel que les seigneurs faisaient à leurs vassaux , lorsqu’il fallait se rassembler pour la guerre , ou pour quelque affaire importante (i).

Ce mot a donné lieu à celui de bannière , sous laquelle les vassaux devaient se ranger , et au titre de banneret , que l’on appliquait à tout seigneur qui avait un nombre suffisant de vassaux pour lever bannière (2) .

Le vassal du roi, qui était puissant et riche, ne courait pas grand dommage en manquant à l’appel; mais le vassal du seigneur payait de grosses amendes, quand il n’y avait pas pis.

BANALITÉ. — Tout seigneur avait le droit de bâtir un four, un moulin , un pressoir, et

(1) Ban signifie publication . On dit encore les bans de mariage. Mais lorsqu’on écrit, tous les jours, la publication des bans , c’est comme si on disait la publication des publications .

JL

(2) Mon joie Saint -Denis était le cri général des Français , lorsqu’ils allaient à la charge. Mais chaque seigneur banneret avait aussi son cri particulier , pour appeler scs vassaux sous sa bannière.

d'obliger tous ses vassaux et serls à s'eu servir exclusivement , et à lui payer une certaine somme, toutes les fois qu’ils s’en servaient.

Ce four, ce moulin, ce pressoir étaient banaux ( i ) , parce que tous les vassaux y allaient, et qu’ils ne pouvaient moudre leur blé, cuire leur pâte, et faire leur vin, qu’au moulin, au four et au pressoir de leur seigneur.

Bien plus, si les vassaux, sujets à la banalité, achetaient du pain hors de la juridiction de leur seigneur, ils lui payaient, pour ce pain, les mêmes droits que s’ils s’étaient servi du four et du moulin banal.

Les évêques de Paris avaient anciennement des fours banaux, dans la rue du Four et dans la rue de V Arbre-Sec ; et l’évêque Jean Courtecuisse les faisait encore bien valoir au commencement du quinzième siècle.

En 12 25, Philippe-Auguste avait permis aux boulangers de Paris d’avoir des fours chez eux et d’y cuire, en payant au roi neuf sous six deniers par an. Philippe-le-Bel renouvela cette permission en i3o5;mais, en 1402, 1 évêque de Paris obtint une sentence des requêtes du pa-

(1) Ainsi nommés du mot ban, ou publication avec in jonction de quelcpie peine ou, amende.

lais qui lui donnait la possession exclusive des fours.

Les seigneurs avaient aussi le droit d établir, dans leurs domaines, des boucheries banales, et ii était défendu aux bouchers de vendre leurs viandes ailleurs que dans ces boucheries (r). Le seigneur avait, de droit, les pieds et La langue de toute bête tuée dans sa juridiction, à l’exception des langues de veau, que la féodalité a respectées. — On voit par Va que quelques betes avaient aussi leurs privilèges.

Les évêques de Paris avaient des moulins banaux, où ils faisaient élever des ânes. Quelques-uns de ces moulins étaient sur la rivière, d’autres au vent, dans les environs de Montmartre et de Clichi. Quand l’évêque les allait visiter, avec ses clercs, le fermier du moulin était tenu de leur prêter ses ânes pour la promenade; et les Parisiens voyaient souvent ces moines et ces ânes rentrer gravement à Paris les uns sur les autres.

— -La banalité des fours, des moulins et des pressoirs existait encore dans plusieurs provinces, au moment de la révolution; et les sei-

, 0 t rémai n vil ie . das Banalités } tome If. sert. <c>.

gneurs ne négligeaient pas ces moyens d'asservissement et de rente perpétuelle.

Lorsqu'on parla de donner aux Français une liberté universelle, les habitans d'un gros village voisin de Reims firent une pétition à l’assemblée constituante, pour la prier d'accélérer le moment tant désiré de la liberté de la presse , parce que les chanoines du lieu avaient un pressoir banal dont la jouissance coûtait trop cher aux habitans...

BANC. — Les seigneurs avaient le droit de placer leur banc dans le lieu le plus honorable de l’église, et meme dans le chœur. Une foule de titre féodaux portent que Monseigneur aura dans V église le premier banc , et la plus belle place , en sa qualité honorifique de haut justicier

BAN VIN. — Ün seigneur, un évêque, un prince avait le droit de banc in dans une ville, ou dans une seigneurie , quand il fallait s’adresser à lui pour avoir la permission de crier du vin et d’en vendre.

Au treizième siècle, le bourg de Saint-Germain-BAuxerrois, c'est-à-dire, tout ce qui était alors bâti au nord de Paris, hors de Bile de la

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