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faisaient leurs études (i), une rente annuelle de douze deniers par tête , un quarteron d’avoine, une charge de foin et de paille, et d’autres redevances en fruits pour la nourriture de ces étudians (2). (Voyez Droits, Redevances, etc.)

BÉATIFICATION. — Un brave Picard menait une vie sainte et dévote , avec sa sœur aînée, qui avait toujours eu du goût pour la contemplation, A force de se mortifier par les abstinences et les austérités mystiques, la bonne sœur mourut en odeur de sainteté. Le Picard ne la pleura point; il fut joyeux au contraire d’avoir maintenant en elle un digne appui dans le cieL Mais, pour être plus sur de son fait, il voulut la faire béatifier, cérémonie indispensable à quiconque veut entrer en paradis.

Autrefois on canonisait pour l’amour de Dieu ; un moine mendiant , une pauvre femme à extases étaient béatifiés aussitôt que défunts , quand on le jugeait convenable, et nécessaire à

(1) L’origine de ce droit remonte au treizième siècle. On étudiait alors l’art d’aller à cheval , de chanter au lutrin çt de se bien battre.

(2) Simon d’Olive, Livre 2

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Bagrandissement de la légende. Aujourd’hui, c’est un peu différent ; il faut être riche pour devenir saint ; et si les pauvres gens ne sont plus serfs, ils sont encore bien proprement damnés.

Le Picard qui jouissait, quoique dévot, d’une immense fortune, ne négligea rien pour avoir une sainte dans sa famille; il déclara aux gens de la cour de Rome qu’il paierait tout ce qu'on exigerait de lui , pourvu qu’on béatifia l sa sœur. Une si douce proposition ne pouvait être rejetée : elle ne le fut point. On s’occupa de la future bienheureuse. Mais comme il j avait moyen de tirer de bonnes sommes, le sacré collège s’y prit si bien, que toute la fortune du brave Picard y passa..,.. Cette anecdote est de notre

siècle Le Picard vit encore; mais il est ruiné,

et pour comble de désolation, sa sœur n’est pas béatifiée. Il est même probable qu elle ne le sera point, si quelques pareils de bonne volonté

ne consentent aussi à déoenser toute leur fortune

pour cette œuvre pie. V oyez Canonisation.) BÉJAUNES ( i), — -C’est le nom qu’on donnait,

(i) En termes de Fauconnerie, un béjaune est un oiseau jeune et niais. On donne ce nom, au figuré, à un jeune, homme bien niais et Lien sot.

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dans l’ancienne université de Paris , aux étudians nouveaux venus. Ils avaient , à leur tête, un intendant ou supérieur , qu on appelait le chapelain , abbé des béj aunes. Le jour des Innocens , cet abbé était obligé de remplir deux fonctions importantes. 11 montait de grand matin, sur un âne, et conduisait ses béj aunes en procession par toute la ville. L’après-dîner, il les rassemblait tous dans un même lieu ; et là , avec de grands seaux d’eau, il faisait sur eux une aspersion très-abondante. On appelait cette cérémonie le lavement ou la purification des béj aunes . C’était une espèce de baptême , qui les faisait enfans de l’université.

BÉNÉDICTION DU LIT NUPTIAL. — Anciennement , il n’était pas permis aux nouveaux mariés de s’aller mettre au lit, si le curé n’avait pas procédé à la bénédiction du lit nuptial ; cette coutume avait été établie par les curés , à qui on devait, en retour, un petit droit qu’on appelait les plats de noces , c’est-à-dire, leur dîner en argent ou en nature (i).

(i) Sauvai dit que, de son temps encore, lorsqu’il y avait un mariage parmi le petit peuple , le curé élait de droit invité au festin de noces; qu’on le faisait toujours as-

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Du temps de Charlemagne, les abbesses se mêlaient elles-mêmes de bénir le lit nuptial; mais lorsqu’on eut remarqué qu elles jouaient là un rôle peu décent, on en chargea exclusivement les prêtres.

Cette cérémonie se faisait de nuit , quelquefois très-tard ; et alors les gens de la noce, excités par le vin et par la circonstance , se laissaient aller à des paroles si indiscrètes , que les curés se retiraient toujours très-scandalisés.

En 1077, Ie curé de saint Étienne-du-Mont(i) se plaignit qu’une de ses paroissiennes l’avait fait attendre jusqu’à minuit , et que la bénédiction du lit nuptial avait été troublée par des lubricités, tant en paroles qii en gestes. C’est depuis ce temps qu’on a béni les lits des époux en plein jour ; et il y a encore des provinces , où cette coutume s’observe toujours, aussbbien que la redevance des plats de noces (2).

seoir au haut bout, et qu’on lui servait ce qu’il y avait de meilleur. ( Antiquités de Paris , liv. Il)

(1) A Paris.

(2) On conte qu’un rémouleur s’étant marié à Saint-Médard ( à Paris ), lorsque le prêtre vint bénir le lit, il n’eu

trouva point et en parut tout inquiet: — Bénissez ce coin , lui dit le nouveau marié, il y aura tantôt de la paille .

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BÉNÉFICES. — Les Francs donnaient le nom de terres saliques , aux terres dont ils s’étaient empares par le droit de conquête ; elles étaient héréditaires. — Ils appelaient bénéfices militaires , les fonds qu’ils tenaient de la libéralité du prince ; ils n’en jouissaient que personnellement et pendant leur vie. Telle est l’origine du nom de bénéfices , qu’on appliqua bientôt aux biens du clergé (i); et le clergé reçut tant de richesses en France , qu’il faut que , dans les trois races , on lui ait donné plusieurs fois tous les biens du royaume (2). Cependant les premières lois de 1 église ne permettaient pas aux chrétiens de posséder des fonds (5). — Mais si la piété fît fonder des églises et des abbayes sous la première race, l’esprit militaire fit donner ces églises et ces abbayes aux gens de guerre , qui les partagèrent à leurs enfans. C’est pour des donations.

(t) Plusieurs écrivains placent l’origine des bénéfices ecclésiastiques à la fin du dixième siècle. Us existaient auparavant. — Au commencement du sixième siècle , le pape- Syminaque accordait déjà des bénéfices à vie aux clercs ci moines qui V avaient mérité. ( Concil. Gall tome /, ad annum 5 1 3. )

(2) Montesquieu. Esprit des Lois, liv. 3i. , chap, 10.

(3) Jérome Acosta, Histoire des revenus ecclésiastiques * et tout le Nouveau Testament.

de cette sorte que les moines damnèrent Charles- Martel.

Pépin , Charlemagne , et quelques autres rois de la seconde race rendirent aux ecclesiastiques les bénéfices et les terres de l’église. — Peu de temps après, les Normands arrivent, pillent et ravagent , persécutent surtout les prêtres et les moines , cherchent les abbayes , regardent où ils trouveront quelque lieu religieux ; car ils attribuaient aux ecclésiastiques la destruction de leurs idoles , et toutes les violences de Charlemagne. — Dans cet état de choses , combien le clergé perdit-il de biens ! à peine y avait-il des ecclésiastiques pour les redemander. Il resta donc encore à la piété de la troisième race assez de fondations à faire et de terres a donner (i).

Ceux qui ont vu le dernier siècle savent combien étaient immenses les richesses de l’église, et quelles fortunes éclatantes apportaient les bénéfices. — Mais ces grands biens devaient être la propriété de la nation , et non la dot de particuliers privilégiés. S’ils n’eussent été donnés qu’avec modération et comme des récompenses au vrai mérite , on aurait moins crié contre ces

(i) Montesquieu. Esprit des Lois , liv . 3i , chap. i

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distributions. Ce qui a déplu, c’est qu’un noble, s’il était chevalier de Malthe, et cadet de famille , pouvait obtenir trois cent mille francs de rentes sur les biens de l’église , sans avoir rien fait pour en mériter la millième part; c’est qu’un évêque ignorant et sans mœurs était cent fois plus riche qu’un bon curé de village ; c’est que les bénéfices se donnaient plus à l’intrigue qu’au talent et à la probité.

Les papes s’étaient saisis , il y a sept ou huit siècles , d’un droit qu’ils ont perdu et quils espèrent bien reprendre un jour . C’est le droit de nommer à tous les bénéfices du monde chrétien ; et quoique personne n'eût écrit, avant 1’établissement de ce droit singulier , que le seul évêque de Rome puisse avoir une juridiction universelle , les papes n’en soutinrent pas moins que leur autorité absolue sur les biens ecclésiastiques était de droit divin (i).

Avant la pragmatique de saint Louis, le pape était en possession de pourvoir, d’autorité absolue, a tous les bénéfices du royaume (2).

(1) Jérome Acosta, protonotaire apostolique : Histoire V origine de et du progrès des revenus ecclésiastiques .

(2) Talon. Autorité des rois dans V administration de l'église .

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— Ce qu’il y a de plus admirable, c’est que les papes donnaient souvent le même bénéfice à plusieurs personnes ; et quand on leur reprochait cette conduite inconcevable , ils répondaient que leur autorité n’était pas limitée , et qu’ils pouvaient faire ce qui leur plaisait , puisqu’ils n’avaient point de supérieur sur la terre... Cette prétention a donné lieu à une infinité de procès, dit Jérôme Acosta : Mais tout le monde est bien reçu à Rome pour soji argent; et la cour du pape donnerait le même bénéfice dix fois par jour , plutôt que de renvoyer celui qui paie bien les parchemins — Cependant , quoiqu’on accorde un bénéfice à plusieurs personnes, il est toujours certain qu’il n’y en a qu’une qui en puisse jouir

— D’Aubigné avait conseillé à Henri IV de réunir à la couronne tous les bénéfices ecclésiastiques et l’excédant des richesses du clergé, par une bonne et sainte réformation dans l’église et dans l’état , lorsque ce prince était incertain s’il devait se faire catholique ou demeurer huguenot ; moyennant quoi , dit cet historien , Henri IV aurait pu entretenir trois armées , chacune de cent mille hommes et de cent canons , fournir ses garnisons , payer ses officiers , ôter au peuple le tiers des tailles , et \

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mettre dans le trésor un million chaque année (i). Mais les trahisons qu’il avait à craindre , la force de la ligue , l’impossibilité de réduire les fanatiques portèrent ce prince k se soumettre au pape ; et les bénéfices demeurèrent au clergé.

Cependant, comme c’était unecoutume autorisée que de donner aux laïcs des prieurés, des abbayes, des évêchés memes, dont ils jouissaient sous le nom d’un ecclésiasti([ue confident , Henri IV fit quelquefois participer à ces bénéfices les réj armés , qui l’avaient servi fidèlement (2). Il est vrai que bien souvent les ecclésiastiques confidens rompaient la joi aux huguenots , sous prétexte qu’ils avaient affaire à des hérétiques , et abusaient de la confidence pour s’approprier les bénéfices , dont les réformés auraient dû jouir sous leurs noms (5).

On lit dans le journal des choses mémorables advenues sous le règne de Henri III (4) , qu’en janvier i586, le clergé , la ligue et le nonce

(1) D’Aubigné, Tome III, lie. 3, ch. 24.

(2) Benoît , Histoire de ledit de Nantes , tr Ier.-, liv. 4-

(3) Remarques sur le chapitre V de la Confession catholique du sieur de Sancy. , ;

, (4) Tome Ier., année i586, page 86. *. : >

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