‹ Dictionnaire féodalChapitre 5 sur 158 · XX · texte numérisé non relu

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leur modèle que se formèrent les chevaliers romains. Il y eut véritablement à Rome des dignités et une noblesse. Les familles consulaires , les sénateurs , les chevaliers étaient bien distingués du peuple. C’est pourquoi on avait divisé la nation romaine en deux classes, dont l’une comprenait les patriciens ou les grands , et l’autre les plébéiens ou les roturiers.

Il y avait assez d harmonie entre ces deux ordres, parce que, si les plébéiens devaient secourir, dans les occasions , les patriciens auxquels ils s'étaient soumis, et payer la rançon de leurs en fan s faits prisonniers de guerre, les patriciens de leur côté devaient protéger les plébéiens qui s’étaient faits leurs cliens , les conseiller dans les affaires difficiles , les défendre de l’oppression , veiller à leur sûreté et à leurs biens , et s’intéresser à leurs procès. (Je qui rendit plus stable encore Y union des patriciens et des plébéiens, c’est que ces derniers avaient le droit de choisir pour protecteurs ceux des patriciens qu’ils estimaient le plus , tandis que les patriciens

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n’avaient pas le droit de choisir leurs cliens (i).

Chez nous les choses s établirent autrement. Les vassaux et les seigneurs, que l’on peut comparer aux plébéiens et aux patriciens de Rome, furent unis sous les lois féodales , mais unis par les nœuds de la violence. Un vassal ne pouvait choisir son seigneur; il devait faire hommage et payer les redevances à celui que le hasard lui donnait pour maître; et les seigneurs pouvaient traiter leurs vassaux sans égards.

En consultant les premiers monumens de notre histoire, on voit que chez nous le vasselage et la noblesse remontent à des temps très-reculés. Tacite dit que, parmi les Germains , les grands étaient toujours accompagnés de jeunes braves, qui s’étaient engagés à les suivre, qui affrontaient pour eux tous les dangers, et qui partageaient le butin du pillage. Ces vassaux sont appe-

(i) Rosi ni , Antiquitat. Roman» corpus absolutiss, . Grævii ? Ântiq. Rom. thésaurus , etc.

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lés, dans Tacite, comtes ou compagnons [comités] ; et dans nos premiers historiens, leudes ou. fidèles.

Lorsque les Germains, qui avaient pris le nom de Francs , eurent fait la conquête des Gaules, le prince qui les commandait se réserva une partie des terres conquises et distribua le reste à ses officiers, à la charge du service militaire. Ces officiers firent, de leur côté, des concessions semblables à des officiers subalternes, qui, à leur tour, en firent de pareilles à d’autres encore. C’est à toutes ces concessions qu’il faut fixer, selon les feudistes , l’origine des fiefs et arrière-fiefs (i).

Les historiens ont prétendu que ces fiefs ne furent pas d’abord héréditaires , mais qu’ils se donnaient à vie , comme de simples bénéfices, et que le prince en disposait à son gré. On ne peut s’empêcher de reconnaître la fausseté de ce système 5

(1) Henriquez, Introduction au Code des seigneurs hauts- justicier s et féodaux .

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car, si nos premiers rois eussent ëtë les maîtres de ions les biens du royaume , leur puissance eût au moins égalé celle des despotes de l’Orient; et celte supposition ne s’accorde en aucune manière avec l influence que prirent les seigneurs , dès les premiers règnes de la monarchie, il est plus juste de penser que ces terres de conquête, qui se distribuèrent entre les Francs , les Francs les conservèrent et les laissèrent à leurs fils.

Clovis s’étant converti à la religion chrétienne, la piété lit bâtir des églises et

des monastères ; l’ostentation les dota.

Charles-Martel trouva une grande partie des liefs attachés aux maisons religieuses ; il avait besoin de soldats; il ota aux moines

leur superflu , et donna a ses braves compagnons d’armes des liefs, que Charlemagne trouva chez leurs héritiers. Ce prince s’efforça de rendre à l’église les biens qu’elle avait perdus ; mais les Normands parurent, qui dépouillèrent encore les ecclésiastiques ; et, comme ce ne fut qu’à la fin de la seconde race qu’on régla

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ies partages, dans Tordre où nous les connaissons, et qu’on inventa les termes de la féodalité , bien des gens ont cru que l’origine des fiefs héréditaires ne remontait pas plus haut.

Quoi qu’il en soit, les distinctions et les titres étaient en usage chez nos ancêtres avant la monarchie. La loi salique et la loi des Bourguignons distinguent formellement les nobles, les ingénus et les serfs; et il fallait que cette noblesse fût établie depuis très-iong-temps , et déjà très-vénérée, puisqu’il n’était pas permis aux princes de faire de nouveaux nobles , et qu’on ne commença d’anoblir, par des lettres patentes , que sous la troisième race , vers la fin du treizième siècle. Le nombre des seigneurs n’en était pas moins considérais! e , parce que la loi exemptait les nobles de la peine de mort , quelques crimes qu’ils eussent commis; et parce que, dans ces temps éloignés , les bâtards n’étaient pas étrangers à leur père.

D’un autre coté , comme tout débiteur insolvable devenait serf, comme on faisait

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