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portèrent en France des maladies et des vices , si elles firent périr des millions de Français, les croisades furent peut-être utiles en ce point, qu’elles diminuèrent les richesses et la puissance des nobles , et qu’elles donnèrent au gouvernement le moyen de s’occuper un peu des malheureux serfs.
— On trouve, dans la vie de saint Bernard, un trait remarquable sur la folie des croisés. Lorsque ce saint abbé prêcha la seconde croisade, les grands et le peuple conçurent 1 idée bizarre de le mettre à la tête de l’armée sainte, avec le titre de général. Il 11e fallait plus que l’agrément du pape. Mais Bernard, qui avait le courage d’exciter les peuples à courir sur les infidèles, 11e se sentait pas assez brave pour donner à la fois le conseil et l’exemple. 11 écrivit bien vite au pape, de ne pas l’engager dans une entreprise où sa vie pourrait courir des risques, et où il jouerait d’ailleurs un rôle ridicule, devant les gens sensés.....
CUISSAGE. — ( Voyez Droit de cuissage . )
DAMNATION ÉTERNELLE.— Dans plusieurs provinces , en faisant hommage au suzerain dont on était le vassal, on jurait de le bien servir, et on s’obligeait à être par durablement damné , si on ne le servait pas bien (1)
— Le concile de Latran ( chapitre XIX ) a excommunié tous les peuples qui ne paient pas les dîmes aux ecclésiastiques. — Or , tout excommunié est damné éternellement. — Les Français ne payant plus les dimes sont excommuniés : — Donc, tous les Français sont damnés
DËCONFÉS. — On refusait anciennement la confession et la communion a tout homme qui mourait sans donner, par testament, une partie de ses biens à 1 église : ce qui s’appelait mourir déconfés ; et Ton privait de la sépulture chrétienne et des prières ordinaires, ceux qui passaient de cette sorte dans l’autre monde.
Mais si le défunt avait de bons parens, ils l’empêchaient d’aller en enfer , en donnant une
(i) Coutumes de Boulenois-
I2Ô DÉG
part de la succession au clergé, qui voulait bien alors faire l’enterrement d’usage. ( Voyez Testamens . )
DÉGUERPISSEMENT. — Lorsqu ’un paysan serf trouvait trop onéreux le champart, le cens, les rentes, les dîmes , les corxées et les autres charges et redevances auxquelles il était assujetti par son seigneur ; lorsqu’il ne pouvait payer tout ce qu’on exigeait de lui, remplir tous les devoirs dont on l’accablait, s’accoutumer aux peines et aux châtimens qu’on lui distribuait
avec largesse, il lui restait une ressource
c’était de déguerpir ; c’est-à-dire , d’abandonner au seigneur sa cabane , son champ et ses bœufs, s’il en avait, et de porter ailleurs sa misère
Mais il fallait, auparavant, qu’il payât tous les arrérages; qu’il prévînt le seigneur de sa résolution , et que celui-ci consentît au déguerpissement. Ce consentement ne s’obtenait presque jamais, et presque jamais le pauvre serf ne pouvait payer tous ses arrérages.
S’il arrivait qu’il le pût, et que le seigneur fût assez généreux pour permettre à son malheureux serf de s’en aller, avec ses bras et l’espérance : en quelque lieu qu’il trouvât un asile,