‹ Dictionnaire féodalChapitre 53 sur 158 · DER · texte numérisé non relu

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réachetât pas soi-mème le bois et le charbon ; car le petit commerce était ignoble.

Lorsque les nobles oubliaient de se donner , dans leurs actes, la qualité ü écuyer , ils dérogeaient, en quelque sorte ; et ils étaient obligés , pour cette omission , de prendre des lettres de relief.

On a eu raison de dire quelquefois que l’argent faisait la noblesse, puisqu’on dérogeait dans un petit commerce, et qu’on ne dérogeait point en se livrant au commerce de mer ou de terre, lorsqu’on faisait de grandes entreprises.

D’un autre coté, en prenant la charrue du laboureur, qui nourrit l’état, on dérogeait ; mais on ne dérogeait point, en faisant le métier d’avocat qui ruine les familles.

On ne dérogeait point en épousant une femme débauchée qui fut noble ; mais on dérogeait en épousant une jeune vierge, née dans la roture.

— Lus nobles qui avaient dérogé, et qui voulaient obtenir des lettres de relief et de réhabilitation, payaient une amende proportionnée à leur qualité et h la qualité de leur dérogeance (i). — Quand un seigneur ruiné sWcanaiüait avec une riche bourgeoise , il réhabi-

(i) Déclaration du 8 mai i583.

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ütait d’abord sa noblesse avec les écus roturiers, après cela il avait le plaisir de figurer dans le monde : ce qu’on ne fait pas avec des parchemins.

DÉSAVEU. — Un vassal était coupable de désaveu , lorsqu’il reniait son seigneur, et qu’il se disait indépendant. La confiscation était la peine ordinaire de ce crime énorme. ( Voyez Commise . )

DESPOTISME* — Des courtisans s’entretenaient, devant Louis XIV, qui n’avait alors que quinze ans, du pouvoir absolu des sultans , qui disposent , au gré de leurs caprices, du bien et de la vie de leurs sujets. Voilà , dit le roi , ce qui s appelle regner !. . . Le maréchal d’Estrées, qui était présent, craignant avec raison les conséquences d’un semblable aveu dans un jeune piince, lui îepartit : e Mais, sire, deux ou » trois de ces empereurs ont été étranglés de » mon temps. »

— Isachan, oncle de Schah-Séfy, empereur de Perse , avait trois fils, qu’il chérissait tendrement. Il n aimait pas moins la femme qui les lui avait donnés. Schah-Séfy, qui voyait sou^ vent cette femme, se plaisait dans sa corn pagïiiv,, a cause de son esprit enjoue. Elle prit un

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jour la liberté de le railler sur ce qu’ayant tarife de belles femmes, il n’avait point encore d’enfans, au lieu qu’elle en avait fait trois à son mari. Elle ajouta en riant : « Je crains qu’après » votre mort, on ne soit obligé d’avoir recours » à un de mes fils »

L’empereur, piqué de ce discours, dissimula son ressentiment et prit congé d’elle. Mais le lendemain , il fit venir ses trois cousins-germains, et leur trancha la tête. A l’heure du dîner, il fit mettre les têtes dans un bassin d’or, couvert d’une draperie ; il appela ensuite leur mère, et tirant ces têtes l’une après l’autre par le nez, il les jeta sur le parquet, en disant : Tiens , femme si féconde , voilà tes en fans î . . .

La princesse , épouvantée de cet horrible spectacle , demeura muette ; mais remarquant sur le visage de l’empereur les signes d’une colère , qui lui annonçait un traitement semblable, elle se jeta à terre, baisa les pieds du bourreau de ses fils... Et lui dit : Tout estbien fait . Que Dieu co?isejve les jours de mon souverain—

Schah-Séfÿ la renvoya alors, et fît venir son oncle , à qui il demanda si ce spectacle lui plaisait ? Isachan répondit qu’il ne lui déplaisait point;.... que, si l’empereur lui en eût témoi-

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