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loi)
gué le désir, il eût apporté lui-même les têtes
de ses enfans ; et qu’il ne voulait point de
fils, s’ils étaient désagréables à son maître.... Cette lâche complaisance lui sauva la vie pour un temps , dit Oléarius (t) , mais le despote lui fît aussi couper la tête quelques mois après —
Cent mille traits comme celui-là , qui se trouvent dans les fastes des tyrans , peuvent prouver à quel point d’avilissement et de férocité la servitude et le despotisme réduisent les hommes.
— Un des favoris de Cambyse lui représentait qu’en buvant avec excès , comme il faisait tous les jours, il s’attirerait le blâme de ses peuples. «Je veux te montrer, répondit Cam- » byse, que le vin ne m’ôte ni le jugement, ni » l’adresse. » Pour cet effet, il commença par se bien enivrer ; il fît venir ensuite le fîls du favori indiscret, le fît lier à un arbre, et s’adressant au père : « Si je ne perce le cœur de » ton fîls avec cette flèche , lui dit-il, tu auras )> raison de dire que j’ai tort de trop boire. » Il tira ensuite sur l’enfant; et, l’ayant fait ouvrir , on trouva que la flèche lui avait percé le cœur, de part en part. Le favori , oubliant alors
( 0 V oyage en Moscovie , en Tartarie et en Perse , in fol, 1727,
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sa douleur , se mit à louer l’adresse du vü des* pote ( i ) —
— Dans les siècles féodaux , qu’était-ce que tous nos seigneurs ? De petits tyrans, sans doute ordinairement moins féroces que les tigres dont nous venons de parler, mais à peu près libres dans leur despotisme, puisqu’ils ne reconnaissaient ni frein , ni lois , ni autorité supérieure (2).
Le maréchal de Raiz 11’aimait pas les femmes, et se livrait aux plus infâmes débauches avec de jeunes garçons qu’il enlevait à leur famille; et, par un déréglement inconcevable, les malheureuses victimes de sa passion n’avaient de charmes pour lui que dans le moment où elles expiraient . 11 prenait un plaisir abominable aux mouvemens convulsifs que donnaient à ces pauvres enfans les crises de la mort qu’il leur faisait souffrir lui-mème.
Par les procès verbaux qui furent dressés , et par sa propre confession, le nombre des jeunes garçons, qui! avait enlevés à ses paysans, et
(j) Rollin. Histoire ancienne.
(2) On a vu des seigneurs faire la guerre à nos rois, parce que ces monarques avaient parlé peu révéremment aux pages de ces seigneurs, et pour d’autres causes aussi graves...
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sacrifiés à ses goûts exécrables , dans ies châteaux de Machecou et de Chantocé, se montait à près de cent On ne comprenait pas dans ce nom-
bre les enfans qu’il avait fait mourir à Nantes , â Vannes , et dans d’autres villes ( i ) — Eli bien ! les crimes de ce monstre, si long-temps impunis, ne furent réprimés que quand le cri de 1 indignation publique menaça la Bretagne d’une émeute (2).
— On trouvera souvent dans ce livre des traits, rarement aussi hideux, mais dignes de figurer, avec celui-ci, dans l’histoire du despotisme et de la barbarie des grands.
— « Ouand les sauvages de la Louisiane veu- » lent avoir du fruit , ils coupent l’arbre au » pied, et cueillent le fruit. Voilà, dit Montes- » quieu, le gouvernement despotique (r>). »
DETTES. — Chez les Athéniens, il était permis de vendre les débiteurs qui n’étaient pas en état de payer leurs dettes; Solon abolit cet usage inhumain.
(1) M. Garinet. Histoire de la magie en France ; troisième race, branche des J a lois,
(2) 11 fut mis à mort en i 44°-
(3) Esprit des Lois , livre V , ch. i3.