‹ Dictionnaire féodalChapitre 56 sur 158 · tome II, etc · texte numérisé non relu

tome II, etc

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ne doit pas l’être moins de voir un prince tel que Charlemagne , employer l’imposture et les plus ridicules superstitions, pour obliger son peuple à payer un impôt aussi onéreux qu’injuste. Jésus-Christ n’a point ravi le bien du pauvre; et si saint Pierre ordonnait aux premiers fidèles de donner ce qu’ils possédaient à l'église , c’est qu’il ne suivait déjà plus les traces de son maître.

— 11 y avait plusieurs sortes de dîmes ecclésiastiques. Les grosses climes se percevaient sur les fruits qui forment le revenu le plus considérable d’une paroisse, comme le froment, le seigle, l’orge, l’avoine, le vin, etc. Les dîmes vertes et menues se levaient sur les pois , les fèves les lentilles, le lin, le chanvre, le sainfoin, etc. [.es dîmes de charriage se percevaient sur les cochons, les veaux, les poulets, les moutons, etc. Les dîmes novales étaient celles qui se percevaient sur les terres nouvellement défrichées. Le curé les levait d’abord, et ensuite le seigneur. Les dîmes féodales suivaient la même division que les dîmes ecclésiastiques.

— Les dîmes ne furent abolies en France que dans notre dernière révolution. Le peuple les paya constamment; et le clergé, dont l’opulence devint bientôt si prodigieuse, ne fut sou- T. T. ' 1 0

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mis qu’une ou deux fois à un impôt momentané; encore était-ce pour les frais de ces croisades que les prêtres avaient excitées.

En 1 188, on apprit que Saladin s’était emparé de Jérusalem. Philippe-Auguste assembla aussitôt un concile au parlement de Paris (1) ; on se décida à une croisade, où le roi d’ Angleterre, Richard 1er., promit de seconder le roi de France. A cause du besoin pressant, Philippe- Auguste obtint que les prêtres paieraient la dime cette année-là. On appela cet impôt extraordinaire , la dime saladine . L’église la cite souvent comme un trait de patriotisme.

Quelques années après, dans un nécessité à peu près pareille, le même Philippe-Auguste demanda quelque argent au fastueux clergé de Reims, pour subvenir aux frais d’une nouvelle guerre. Ce clergé répondit qu’il était obligé d’aider le roi de ses prières , et non de son argent. Philippe ne répliqua rien. Mais , au bout de quelques jours, les seigneurs de la suite du roi ayant fait du dégât dans les terres de l’église de Reims, le clergé s’en plaignit. Le roi pria les seigneurs de ne plus piller les biens eeclé-

(1) Talon. De l'autorité des rois , après K i gord , de gestis Philippi Aug. , anno 1 188.

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