‹ Dictionnaire féodalChapitre 57 sur 158 · MM · texte numérisé non relu

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siastiques; et les vexations ne cessèrent point, le clergé envoya de nouveaux députés : « De » quoi vous plaignez-vous, leur dit Philippe, » je vous ai protégé de mes prières, comme » vous me servez des vôtres (i) »

11 était permis, par un règlement de 1645, et par des édits antérieurs, d’affermer les cures et les dîmes. Mais pour être fermier d’un curé , dans ces derniers siècles , il fallait être engagé dans les ordres; au lieu que, vers le douzième siècle, un prêtre pouvait louer les revenus de sa cure à une femme. Les curés de Normandie laissaient même leur église eu héritage, ou la donnaient en dot à leur fille , qui avait le droit de lever les dîmes et de taire valoir l’autel . par par des prêtres qui lui en payaient la rente.

En io43, Saint-Eustache de Paris était affermé; et en 1 4 1 6, Nicolas Flamel fit un legs testamentaire au curé de Saint-Jacques de la Boucherie, à condition quil dirait ou ferait dire par son

fermier ou son commis , certaines prières pour le repos de son âme.

— Outre la dîme ecclésiastique, il fallait aussi donner au seigneur le dixième des trou-

(0 Guillaume le Breton. PhilippidoS, lib. /. — Talon , Autorité des lois. - L’abbé Bertou, Anecd. françaises t

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peaux et des fruits de la terre. O11 appelait ec droit la dune féodale ; et, outre celles-là, les vilains en payaient quelquefois une troisième. C’était la dîme ecclésiastique inféodée. Ainsi Philippe-Auguste accorda des dîmes ecclésiastiques à plusieurs seigneurs, qui l’avaient bien servi dans les massacres des Albigeois.

- — O11 a déjà remarqué que ceux qui ne payaient pas les dîmes étaient excommuniés par les conciles; et que , depuis plus de vingt-cinq ans , nous marchions à grands pas dans le chemin de la damnation éternelle. C’est sans doute pour nous remettre dans la bonne voie , que de pieux et bénins personnages ont voulu rétablir les dîmes en France. Malheureusement, on 11a pas compris leurs bienveillantes intentions ; et on ne s’est pas pressé de se ruiner pour leur plaisir. Voici, entre mille, un trait tout récent, qui montrera le désintéressement des amis de la dîme.

Le curé d’un gros bourg de la Basse-Champagne, ayant travaillé pendant six mois un grand sermon sur le rétablissement des dîmes, prouva en chaire, à ses paroissiens, qu ils devaient se soumettre sur-le-champ à ce droit, si injustement proscrit, et lui payer , dans le plus court délai y les vingt-cinq années d’arrérages.

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La chaleur qu’il mettait dans son action ne lui permit pas de voir que ses auditeurs lui riaient au nez ; il descendit de la chaire , enchanté de lui-même, et persuadé qu’il avait gagné sa cause. Il acheva ses offices; et, le lendemain, il se rendit, avec deux bûcherons, dans un bois , que l’église du bourg avait autrefois possédé, et que le gouvernement avait vendu pendant la révolution. Il fitabattre, danscebois, qu’il regardait déjà comme sa propriété, un certain nombre de gros arbres, pourla construction de la grange où il devait mettre ses dîmes.

Ce curé était dans l’intime persuasion, qu’après le sermon qu’il avait fait, et les menaces de l’enfer qu’il avait prodiguées, le propriétaire du bois sacré se hâterait de le rendre à l’église. Mais ce propriétaire fut assez impie pour tenir aux biens de la terre ; pour dire au curé qu’il était un fou; pour lui annoncer, au nom de ses paroissiens, que, sous un gouvernement juste et libéral, personne ne paie la dîme ; et pour le prier de payer , dans le plus court délai y les arbres qu’il avait fait abattre, s’il ne voulait être poursuivi comme violateur d’une propriété où il n’avait aucun droit, comme perturbateur de la paix publique , et comme ennemi de la charte...

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