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Droit de sépulture. Les seigneurs féodaux avaient le droit exclusif d’être enterres dans le chœur de leur église; et plusieurs titres portent qu 'ils pouvaient s'opposer à ce que tous autres fussent inhumés auprès d'eujc.... Je voudrais bien savo'r comment un noble enterre pouvait empêcher un serfmortde se loger dans le même trou avec lui?... Il est probable que les enfans du seigneur faisaient là son office; mais on aurait dû le dire.
Il y avait des seigneurs qui, pour se faire enterrer plus honorablement, et pour ne pas être approches ni foulés aux pieds par les vilains , léguaient à la fabrique de leur église une certaine somme , et recommandaient que l’on consti uisit un pihersur leur tombeau. Mais, comme dit Philippe d’Alcrippe, dans ses ex cellens traits de vérité , ces seigneurs-là auront bien de la peine, lorsqu’il nous faudra sortir du tombeau et secouer la terre qu’on nous met sur le front, pour paraître au jugement dernier.,..
Droits des serfs. — Zéro. (Les serfs composaient la masse du peuple. )
Droits du voyer. Le voyer , ou l’officier chargé de maintenir la police dans les rues de Pans, avait anciennement des droits presque
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sans nombre. Chaque marchand de suif lui devait par an deux livres de chandelle; chaque mercier, deux aiguilles à coudre; chaque laitière, un fromage pour ses étrennes ; chaque pâtissier , un gâteau à la fève , et chaque marchand de fourrage , deux bottes de foin , pour la fête des rois; chaque bonnetier une bonne paire de bonnes chausses , etc. — Les duellistes même lui donnaient de l’argent, pour la place où le roi leur permettait de se battre ; et chaque duel lui rapportait quinze sous , quand les combattans ne s’étaient pas tués. Cet homme-là
devait aimer les Gascons (1).
DROITS DIVERS. — Les régens et les écoliers de Lancienne université jouissaient du droit de se loger où ils voulaient. Philippe-Auguste, saint Louis et plusieurs papes les avaient autorisés à entrer dans la maison qui leur plairait , à y prendre l’appartement qui se trouverait à leur gré , et à le payer ce qu’ils jugeraient convenable. — Ceux des Parisiens qui n’étaient pas d’humeur à céder leur lit , et à coucher dans le
(1) Il y a encore des commissaires, qui rappellent à peu près ces usages. Par exemple, ils avalent une douzaine d’huîtres , sous prétexte de les goûter.
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grenier, pour 1 amour de ees messieurs, étaient excommuniés... par une 3>ulle de Grégoire X,
— Le chantre de Notre-Dame avait autrefois le gouvernement des petites écoles et desdcoles de grammaire. 11 avait aussi le droit exclusif de vendre les diplômes de maître d ecole et de frère ignorantin instituteur: il exigeait mêmé de grosses amendes, de ceux qui enseignaient sans sa permission. Ne pourrait-on pas comparer un chantre du lutrin, chargé de la grammaire en P rance , à Fane chargé de reliques (i).
— Dans les grandes villes , chaque dimanche est un jour de réjouissance ; dans la plupart des villages, la fete du saint est seule un jour de fête. Comme les paysans y étaient très-attachés , et que ce jour la les jeunes villageoises avaient le plaisir incomparable de danser au son du violon , le curé se donnait le privilège d’empêcher les danses ; et Je seigneur avait le droit de supprimer la fête , quand c’était son bon plaisir 0)
. ^ G G n sait qu il y a .eu , a Notre-Dame,' quelques chantres un peu instruits; mais il y en a eu bien plus qui ne savaient que bouc et psalmodier , ou psalmodier et boire.
(2) Loyseau. Des seigneuries , ch. 1 1 . — Guyot et MarecML* Dès droits honorifiques , ch. 8 et 1.
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— L’exécuteur des hautes-oeuvres de la ville de Paris avait droit de dîner , tous les ans, avec les religieux de Saint-Martin, le jour de leur fête. Ou voyait encore, à la lin du dix-septième siècle, la petite table où il se plaçait. — Quand les religieux ne voulaient pas d’un pareil commensal , ils étaient obligés de lui donner cinq pains et cinq bouteilles de vin pour sa réfection.
— Les seigneurs hauts-justiciers et féodaux avaient seuls le droit d’avoir un colombier. Les serfs ne pouvaient élever des pigeons. — Il fallait aussi être seigneur pour avoir une garenne et manger du lapin. — Si la femme d’un serf avait une malheureuse fantaisie , qui obligeât son mari à attraper un lapin dans la garenne d’un seigneur, le mari était pendu...
— Il y avait encore une foule d’autres droits féodaux, plus ou moins injustes , plus ou moins ridicules. Mais le reste de cette matière est aussi peu intéressant qu’il est peu connu; et s’y enfoncer davantage, ce serait abuser delà patience du lecteur. On passera donc de suite au plus remarquable des droits usurpés. (Voyez aussi Cubaine , Redevances , Hommages , Privilèges 9 Annales y Dîmes , Banvin , Régale , etc).