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coucher avec chaque nouvelle mariée de sa pa» roisse , la première nuit de son mariage (i) ; ce curé prétendait, qu’ayant joui de ce droit depuis qu’il était dans sa cure, on ne pouvait l'en déposséder. Mais les plaidoyers de ce procès causèrent tant de scandale, que l’archevêque abolit le droit de cuissage dans son diocèse, et condamna le curé à une amende, pour l’impudence de sa réclamation.
— Le droit de cuissage est maintenant aboli dans toute la France; et si quelques-uns en jouissent encore, ce n’est plus par la violence et les privilèges , mais parce qu’on veut bien le leur accorder. (Voyez Mariage , Adultère , Redevances , etc.)
DUELS. — ( Voyez Jugemens . }
EAU BÉNITE. — Les seigneurs , lorsqu’ils allaient à la messe, devaient recevoir l’eau bénite avec distinction , et avant les autres habitans delà paroisse. Le curé la leur présentait
(i) Primant, hahere cornaient, sponsœ cognitionem.
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humblement, au bout du goupillon dont il aspergeait ses paroissiens roturiers (i). — C’était un droit honorifique.
— Le pape Grégoire Ier. fit des règlemens sévères sur l’eau bénite, et donna a cette eau de grandes propriétés. La profanation de l’eau benite était punie de diverses peines canoniques. Il était défendu aux gens mariés d’entrer dans l’église , sans s’ètre auparavant lavés de cette eau, en certaines parties du corps, surtout quand le mari et la femme avaient passé la nuit ensemble. — C’est pour ces belles ordonnances que Rabelais appelle l’eau bénite eau gringoriaxe ou Grégoriane (2).
ÉCHEVINS (3). — Les échevins étaient appelés, à Bordeaux, jurats ; à Toulouse, capi~
(1) Guyot. Des droits honorifiques , chop. 5 , sect. 2.
(2) Gargantua Liv. Ier. , chap. 43.
(3) Les échevins étaient élus par les bourgeois. Ils avaient soin de la police et des affaires communes d’une ville , pendant un certain temps. Cujas , au livre Ier. De Feudis , prétend que leur nom vient de l’hébreu; mais Pasquier ( livre 'j de ses Recherches , chap. 2. ) tire le nom â’e'chevin du mot latin scabinus . Et en effet , les Capitulaires de Charlemagne donnent le nom de scabini n ux magistrats subalternes qui jugeaient les procès sous la présidence du comte.
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louis ; en Picardie, gouverneurs ; consuls, dans plusieurs villes de la Guyenne ; pairs , à la Rochelle, etc. La plupart de ces échevius devenaient nobles en entrant en dignité. L edit de mars 1667 donnait pareillement les privilèges de noblesse aux maires et échevins de Poitiers, de Niort, de Bourges, d’Angoulême , de Tours, d’Angers , d’Abbeville , de Lyon , de Cognac , etc.
Ces privilèges étaient louables dans leur principe , puisqu’on les donnait au mérite , honoré du choix libre des citoyens ; mais ils devenaient injustes, du moment que toutes les villes n’en jouissaient point, et lorsque cette noblesse était héréditaire.
Il est vrai que cette dernière concession était rare; la plupart des échevins n’étaient nobles que pendant leurs fonctions , et rentraient dans la roture en redevenant simples citoyens. — Dans d’autres villes où ces magistrats n’étaient pas privilégiés, l’échevin nommé de la veille prenait le pas sur l’ancien , s’il était de condition plus élevée.
ECUYER. — Les gens un peu habiles dans 1 équitation , prennent aujourd’hui le titre d’ecuyers. C’était autrefois une qualité, dont les
nobles étaient très-jaloux , et que les roturiers ne pouvaient porter sous peine d’amende (i). Un noble dérogeait lorsqu’il négligeait de se dire écuyer dans ses titres (2). (Voyez Dérogeance, etc.)
EGALITE. — Dans toutes les provinces de la Chine, le gouverneur de chaque ville réunit, au commencement de la nouvelle année, tous ceux qui ont fait quelque action vertueuse, pendant le cours de l’année qui vient de finir , et leur donne un grand festin, au nom et de la part de l’empereur. Ce festin est préparé dans la place publique , sous une tente, au haut de laquelle on lit ces mots : Hommes de tous états et de toutes conditions , c’est la vertu qui vous place et vous rend ici tous égaux . — On trouvera dans peu de pays une institution aussi belle.
ÉLECTION (3). — Dans les premiers siècles del’égiise, le peuple choisissait librement ses
(l) Arrêt de î663. Journal des audiences , tome IJ. liv. 5 , ch. 38.
(c>) Mémorial de Bcllet-Ver; ière,
(3) [/élection des évêques était delà plus grande antiquité
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evèques. Sous la première race de nos rois, les abbés et les évêques étaient élus pareillement ; mais le roi confirmait les élections. Bientôt ces libertés furent moins grandes , et les princes nommèrent aux bénéfices.
Les églises étant devenues pauvres, à la suite des guerres que Charles-Martel eut à soutenir , on leur rendit le droit d’élection , pour les consoler des biens qu’elles avaient perdus ; et quand on laissa au peuple de Rome le droit d’élire les papes, ce fut un effet de l’esprit général; le pape était évêque de Rome, les Romains devaient le choisir.
Dans la suite , les papes s’emparèrent des bénéfices et les distribuèrent à leur fantaisie. Sauvai rapporte, dans ses preuves, une lettre de Nicolas III, qui casse l’élection de maître Eudes
clans l’église. Ce n’étaient pas seulement les chanoines de la cathédrale qui avaient droit de suffrage ; mais encore les chanoines de toutes les églises du diocèse , les prêtres de chaque paroisse, les moines de tout ordre , et les principaux d'entre les laïques , suivant cette vieille et sage maxime : Il çst juste que celui qui doit commander à tous , soit élu de tous. — Le concordat de François Ier. donna au roi le droit de nommer les évêques, et au pape , celui de les confirmer.
de Saint-Denis à l’évêché de Paris , et donne cet évêché à un frère prêcheur , qui n’en voulut point , et le repassa à un chanoine (i). ( Y. Bénéfices , Papes , etc. )
ENTRÉES. —Quand l’abbé de Figeac (dabs le Quercy) faisait sa première entrée dans cette ville , le seigneur de Montbrun et de la Roque , habillé en arlequin, avec une jambe nue, était obligé de le conduire jusqu a la porte de son abbaye, tenant sa jument par la bride. Ensuite l’abbé et l’arlequin dînaient ensemble (2).
— Lorsque l’archevêque de Rouen faisait son entrée solennelle, pour prendre possession de son église, il allait d’abord à l’abbaye de Saint- Ouen , et de là à la paroisse de Saint-Herbland , où le sacristain lui ôtait ses souliers et ses bas. Ensuite, il se rendait pieds nuds à sa cathédrale, pour montrer qu’on ne doit jamais dés-
(1) Liittera ISicolai ///, in quâ cassai electionem factam de magistro Odone de Sancto-Djonisio , etc. Répert. des chartes de l’e'glise de Paris , t. II, fol. 4 ■> cote 53. — Preuves des antiquités de Paris , page, n 3.
(2) Saint»Foix. Essais historiques , tome UI, — L’abbc de Figeac avait quinze mille livres de rente.
espérer de la Providence , et que tel, dans Fêtât ecclésiastique, qui s’est couché pauvre le soir, se lève le lendemain avec cent, deux cent, trois cent mille livres de revenu (i).
— On pourrait placer ici une foule Rentrées , remarquables par des usages ridicules. On en trouvera quelques-unes au mot Redevances .
ÉPAVES (2). — Les bêtes égarées s’appelaient épaves . Elles appartenaient au seigneur haut-justicier, après qu’il les avait fait publier pendant trois dimanches consécutifs, sans qu’on les réclamât.
Lorsque celui qui les avait perdues venait les réclamer , il payait , à la discrétion du seigneur, la nourriture et le logement de sa bête, avec les frais et épices du juge, ou du seigneur justicier. Au bout de quarante jours, les réclamations étaient nulles , et la bête égarée était acquise au seigneur (3). Le paysan qui trouvait une épave , était obligé de la conduire aux
( 1 ) Idem , ibidem.
(2) Du latin Expavefactœ , pavidæ ,* parce que les bêtes épouvantées peuvent s’égarer facilement.
(3) Baquet. Des droits de justice ({qu’il aurait pu intituler droits d’ injustice ), ch. 2.
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ollieiersde la seigneurie, sous peine d’amende.
Lebret (i) regarde le droit d’épaves comme une usurpation qui viole toutes les règles de la justice. Un seigneur, un peu délicat , devait-il jouir de ce qu’il trouvait et qui n’était point à lui? Devait-il se saisir de ce qu’un autre avait trouvé ; et ne devait-on pas laisser à celui qui avait perdu , le droit de réclamer en tout temps ? - — • C’était déjà trop de faire payer arbitrairement la nourriture et la garde de la bète égarée, et de condamner à des frais de justice, non pour une faute excusable, mais pour un accident qu’on 11e peut prévoir. Aussi avec certains seigneurs , les paysans ne réclamaient point, parce qu’il aurait fallu payer la bète perdue plus qu elle 11e valait.
ÉPÉE. — Autrefois, quand le fils d’1111 gentilhomme français avait atteint l’âge de quatorze ans, il allait à l’église, ayant au cou un ceinturon avec une épée. Son père et sa mère, portant chacun un cierge à la main, le conduisaient à l’autel , et le présentaient au prêtre , au moment de l’offrande. Le prêtre prenait l’épée, la bénissait, et la rendait au jeune noble, qui
(1) Traité de la souveraineté du roi , liv. 3 , ch. 12.
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la tenait nue pendant ie reste de la messe, et la mettant ensuite à son côté , commençait à
jouir du droit de porter cette marque d’honneur attachée à sa naissance.
L’empereur Frédéric Ier. permit aux marchands qui voyageaient d’attacher à la selle de leurs chevaux , une épée pour se défendre, comme on y attache aujourd’hui des pistolets ; ils iv avaient pas le droit de la porter à leur côté, parce que c’était unprivilégede la noblesse (r).
Chez plusieurs peuples anciens , on ne paraissait point armé dans les villes. Pourquoi , de nos jours, rencontre-t-on à chaque pas, et jusque dans les lieux de divertissement, un homme avec un sabre?... On sait que cet usage a eu souvent de fâcheux résultats, chez un peuple vif à l’excès , qui porte la main sur ses armes dans la moindre querelle.
ÉPICES. — Un plaideur, qui avait gagné son procès, s’avisa, pour remercier son rapporteur, de lui donner des boîtes de dragées et de confitures , qu’alors on nommait épices (2). Un se-
(1) Sainl-Foix. Essais historiques , tome IT.
(2,) Mëzerai place ce trait, qui est l’origine des épices , à l’année i5i3.
cond, un troisième , un quatrième, et plusieurs autres ensuite le voulurent imiter. Mais ces reconnaissances volontaires eurent une conséquence que l’on n’avait pas prévue. Les conseillers de la cour trouvèrent les dragées de si bon goût, qu’ils obligèrent bientôt les plaideurs a leur en donner* et l’on voit, à la marge de leurs anciens registres, que la cour ne délibère point , avant quon ait payé les épices (i). Elles devinrent donc un droit de justice, qui se payait en argent et en bons écus , dans les deux derniers siècles. — Le nom du droit cV épices n’ est plus en usage.
ÉPREUVES. — ( Voy ez Jugemens . )
ESCLAVES, — Pendant les saturnales, les esclaves des païens étaient servis par leur maître , mangeaient à leur table , et oubliaient , dans une liberté de quelques jours, les peines de leur esclavage. — ■ Nos ancêtres étaient chrétiens. Jésus-Christ a prêché l égalité et la modération . 11 a dit : Que celui qui voudra être le premier parmi vous , soit considéré comme le
(i) Non dtliberetur donec solvantur species . Sauvai , Uv. FJJh
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dernier de tous ; et les malheureux serfs n’avaient pas chez nous , comme chez les païens , un moment de liberté , dans le cours de leurs misères.
— A Prome, les esclaves* qui avaient des maîtres injustes et cruels, allaient sur la place publique , embrasser la statue de l’empereur; c’était un asile dont il n’était pas permis de les arracher. L’empereur avait le droit d’affranchir les esclaves trop maltraités de leurs maîtres ; et il envoyait tous les jours, avant de se mettre à table, voir si personne ne s’était réfugié aux pieds de sa statue. — Les serfs n’avaient chez nous aucune ressource semblable. Leur sort était , il y a cinq ou six siècles, celui des ilotes, de ces esclaves si misérables, chargés de cultiver les terres des Lacédémoniens , de les servir dans leur maison , et continuellement abreuvés d’humiliations et d’outrages (i).
— Chez les Turcs, les esclaves se vendent en plein marché. Nos seigneurs les vendaient à
(i) 11 y avait aussi , chez les anciens , de bien horribles choses, par rapport aux esclaves. Ainsi, on voit, au neuvième livre clés lois de Platon , qu’on traitait comme un parricide l’esclave qui défendait ses jours contre un homme libre