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tuer le roi Charles \ I, le duc de Berry , le roi et la reine de Sicile , le chancelier de Marie , Tannegui-du-Chatel, et plusieurs autres grands personnages.
Ils furent tous punis de mort, excepté Guillaume d Orgemont, quoiqu’il fût le plus coupable, étant atteint et convaincu d’avoir été le principal agent de cet exécrable complot. Mais il était chanoine, l’évêque de Paris le réclama ; et les juges ecclésiastiques le condamnèrent à assister à la punition de ses complices, et à être renfermé pour le reste de ses jours, au pain et à l’eau (i).
— Voici un trait bien différent. Gui Ier., vicomte de Limoges, avait des contestations avec Grimoald, évêque d’Angoulême, au sujet de l’abbaye de Brantôme. Comme l’évêque ne voulait entendre à aucun accommodement, le vicomte le retint quelques jours prisonnier dans son château , et s’efforça de le rendre plus raisonnable. Mais Grimoald ne voulut rien céder de ses prétentions ; et Gui, désespérant de s’arranger avec lui , ne l’arrêta pas plus longtemps.
Aussitôt qu’il fut sorti de la maison du vi-
(2) Saint-Foix. Essais historiques , tome IL
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comte , Grimoald ajourna ce seigneur devant le pape. Gui se rendit docilement à Rome; l’affaire fut plaidée le jour de pâques, de l’an i oo3; le pape le réprimanda sévèrement d’avoir retenu un évêque prisonnier , et le condamna, en réparation de cet outrage , à être traîné à la voirie, attaché par les pieds à la queue d’un cheval indompté
Suivant les coutumes d’alors, l’évêque fut chargé de garder celui qu’il avait fait condamner , jusqu’au moment de l’exécution , qui devait se faire le lendemain. Mais enfin le cœur de Grimoald s’amollit ; il sortit de Rome pendant la nuit , avec le vicomte de Limoges, le ramena en France au plus vite ; et ils vécurent depuis, unis et réconciliés (i).
— Sous le règne de Pierre -le -Cruel, que les Espagnols surnommèrent le justicier , un chanoine castillan, ayant tué un cordonnier dans une querelle , fut seulement condamné par ses
juges a n’assister d’un an dans le chœur Le
fils du cordonnier, désespéré de cette injustice, et voulant venger la mort de son père , tua le chanoine. Pierre le justicier, informé du fait.
(i) Mezerai f tome II.
se contenta de condamner le cordonnier à rester nu an sans faire de souliers (1).
— Quelques voyageurs rapportent qu’en Afrique , sur le haut des montagnes, on attache des lions en croix, pour servir d’exemple et donner la chasse. aux autres lions. Les juges du comté de Valois firent le procès à un taureau , qui avait tué un homme d’un coup de corne, et le condamnèrent, sur la déposition des témoins, h. être pendu. La sentence fut confirmée, par arrêt du parlement, le 7 février 1 5 1 4 (1 2)-
Dépareillés extravagances 11e doivent point surprendre, dans des siècles oii l’on excommuniait les chenilles, et où l’on procédait canoniquement contre les mulots et les rats. Mais dans le dernier siècle , un très-grand seigneur français fit pendre, dans ses écuries, un cheval atteint et convaincu d’avoir donné un coup de pied au fils del a maison. Ce seigneur justicier avait même résolu de laisser pourir le cheVal coupable au gibet, pour donner à ses confrères une leçon salutaire; et il l’aurait fait, malgré les plaintes des commensaux et des voisins , si
(1) Dictionnaire c/eMoreri.
(2) Saint-Foix, Essais historiques , tome 3.
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on n’eût obtenu un ordre supérieur qui fit oter le pendu de sa potence.
KABAK. — C’est le nom qu’on donne en Russie a tousles lieux publics, où l’on vend du vin, de la bière, de l’eau de vie, du tabac, des cartes à jouer, et d’autres marchandises de cette sorte , au profit du souverain qui s’en est réservé le débit , en gros et en détail , dans toute l’étendue de ses états. — Dans les autres pays, on donne d’autres noms a ces monopoles; mais partout, et principalement chez les modernes, les princes ont fait le commerce, et ont usurpé a leurs profits les branches de l’industrie qui présentent de plus grands avantages. — L’empereur Théophile fit brûler un vaisseau chargé de marchandises pour sa femme : « Je suis em- » pereur, lui dit-il, et vous me faites marchand. )) Comment les pauvres gens pourront-ils ga- » gner leur vie, si nous faisons encore leur mé- » tier (i). » Il aurait pu ajouter, dit Montesquieu : qui pourra nous réprimer, si nous
(f ) Zonaras, annal, sub, Theoph,
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faisons des monopoles ? qui nous obligera de remplir nos engagemens ? Ce commerce que nous faisons , les courtisans voudront le faire ; ils seront plus avides et plus injustes que nous (1).
LACS ou LACETS. — Il n’était permis qu’aux seigneurs féodaux de tendre des lacets au gibier. Le paysan , que l’on pouvait convaincre de ce crime, dans son jardin ou dans son champ, subissait la peine du fouet et payait trente livres d’amendes (2)
LANDIT. — C’est le nom d’une ancienne foire , qui se tenait d’abord dans la plaine , et ensuite dans la ville de Saint-Denis.
Il s’y faisait un débit considérable de parchemin. Le recteur de l’université allait lui-même acheter h cette foire tout ce qu’il lui en fallait , pour lui et pour ses écoliers , et il n’était pas
(1) Esprit des Lois , /zV. 20 , eh. 1 <).
(2) Ordonnance de 1669. — Henriquez. Code des seigneurs hauts-justiciers et féodaux , ch, 24.
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permis d’en vendre aux marchands et aux bourgeois, avant qu’il eût fait sa provision.
Les troubles de la ligue et l’usage du papier, qui commençait a devenir commun , abolirent la foire du Landit, que le parlement avait tenté en vain de supprimer , et que les écoliers avaient toujours soutenue , parce qu’ils y jouissaient de quelques jours 4e vacances, qu’ils y trouvaient des filles publiques, et qu’ils pouvaient s y enivrer et s’y battre a leur aise.
LEGS. — (Voyez Testamens. )
LEUDES (i). — Les nobles sont appelés leu des ou Jidèles , dans nos premiers historiens. On les nomma ensuite seigneurs ; et on distingua ces seigneurs par les titres de ducs , de marquis , de comtes , de vicomtes, de barons , titres pour la plupart très-anciens, et jadis trèslucratifs.
LINGERES. — Les mœurs ne sont pas les mêmes dans les différens siècles. Selon les statuts que saint Louis , Philippe-le-Hardi et Charles VlIIdonnèrent aux lingères , il leur était
(i) Leude , selon les feudistes, signifie Loyal