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egalement les hérétiques. Mais pour les autres crimes , le genre de châtimens le plus employé était celui des mutilations. On estropiait le prince qui donnait de l’ombrage ; on privait de la vue le seigneur qui se faisait redouter. Les abbés, au lieu d imposer des peines canoniques à leurs moines, leur faisaient couper une oreille, un bras , une jambe, ou autre chose.
Louis-le-Débonnaire fit crever les yeux à son neveu , le j eune Bernard, roi d’Italie. Charlesle-Chauve fit subir le même supplice à son fils Carloman. Un moine de Saint-Denis, qui avait trahi certains secrets de son abbé , entendus à la dérobée, perdit l’oreille droite pour son indiscrétion.
Les mutilations devinrent si fréquentes, que les vassaux , dans leur serment de fidélité, juraient quils déj endraient la personne de leur seigneur y et ne consentiraient point quon ï estropiât d aucune partie de son corps (1). (Voyez Peines . )
NAUFRAGE. — C’est vers les premiers temps de notre monarchie que s’établirent, h peu
(ï) Saint-Foix , Essais historiques , tome IL
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près dans toute l’Europe , les droits insensés d’aubaine et de naufrage. Les hommes pensèrent que les étrangers, 11e leur étant unis par aucune communication du droit civil, ils ne leur devaient d’un coté aucune sorte de justice, et de l’autre aucune sorte de piété (1).
On voit avec horreur, dans les temps héroïques de l’ancien monde , des rois barbares immoler à leurs dieux , ou à leur avarice , tous les étrangers que le naufrage jetait sur leurs côtes , et confisquer leurs richesses.
C’est du moins ce que les Grecs reprochaient à Thoas , à plusieurs rois de la Tauride ; et ce que les Romains, qui firent des lois si humaines sur les naufrages, reprochèrent à une foule de petites peuplades grecques, chez qui le droit de naufrage était encore autorisé par les lois, quand ces peuplades commençaient déjà à se civiliser.
Il est trop commun de trouver des mœurs également féroces, dans des pays également barbares, pour que l’on puisse s’étonner de voir le droit de naufrage établi chez tous les Européens du bas et du moyen âge. Les peuples qui demeuraient au bord de la mer tiraient
(1) Montesquieu , Esprit des Lois , lio. XX I, ch. 17.