‹ Dictionnaire féodal ou recherches et anecdotesChapitre 22 sur 76 · ASI · texte numérisé non relu

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seigneur. Ce dernier (le suzerain) e'tait vassal du roi (î).

ASILES. — Comme la Divinité est le refuge des malheureux , et qu'il n y a pas de gens plus malheureux que les criminels , on a été naturellement porté a penser que les temples étaient un asile pour eux ; et cette idée parut encore plus naturelle chez les Grecs, où les meurtriers , chassés de leur ville et de la présence des hommes , semblaient n'avoir plus de maisons que les temples, ni d'autres protecteur! que les dieux.

Ceci ne regarda d'abord que les homicides involontaires ; mais lorsqu'on y comprit les grands criminels , on tomba dans une contradiction grossière : s'ils avaient offensé les hommes , ils avaient à plus forte raison offensé les dieux (2).

(1) Pareillement l'arrière-petit-fils est soumis au petit-fils, qui à sou tour est soumis, au (ils. — Toutes ces choses sont si embrouille'es dans nos vieux juriconsultes ,' qu'il faut se donner bien des peines, pour ennuyer le lecteur, lui déchirer les oreilles à force de mots rudes, durs, heurtés l'un par l'autre , et lui apprendre peu de choses.

(a) Montesquieu. Esprit des lois, /iV. 25, ch. 3.

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Les asiles furent établis chez tous les peuples qui eurent des temples, et partout on les consacrait d'abord au malheur seulement. Les églises chrétiennes eurent , dans les temps les plus reculés, le droit d'asile. Mais bientôt ces asiles ne furent pas plus exempts d'abus que ceux des peuples païens. Quelque crime que Ton eut commis, on y était à l'abri de toute insulte. Le tombeau de saint Martin de Tours a été longtemps l'asile que l'on respectait davantage , et où l'on était le plus en sûreté. Le tombeau de saint Denis était encore très-vénéré dans les premiers siècles de notre monarchie ; et le meurtrier qui s'y réfugiait ne pouvait en être arraché par violence.

Pour remédier aux abus que ces privilèges occasioiiaient , on ordonna, en 779, de ne plus protéger les coupables de meurtre volontaire, lorsqu'ils se retireraient dans un lieu d'asile; de ne leur point porter de nourriture , et de les laisser mourir au pied des autels.

Charlemagne renouvela ces règlemens ; et beaucoup de gens ont écrit que , dès le neuvième siècle, les églises ne servaient plus da- *ile , que contre la violence des particuliers , et non contre la justice des magistrats ; que le coupable n'était phis en, w*té au pied des au-

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tels, et qii on pouvait l'en arracher pour le conduire aux juges. Ces choses sont plus que hasardées,- le clergé , qui retirait de grosses sommes du droit d'asile , savait bien sauver la vie aux criminels réfugiés dans les églises , quand ses intérêts ou son honneur semblait le conseiller.

— En i358, un changeur, nomme Perrin Macé , ayant tué le trésorier des finances , le Dauphin (depuis Charles V) ordonna à Robert de Clermont , maréchal de Normandie , daller enlever ce scélérat de 1 église de saint Merri , où il s était réfugié , et de le faire pendre ; ce qui fut exécuté.

Jean de Meulan , évéque de Paris , cria k l'impiété , prétendit qu'on avait violé les immunités ecclésiastiques, fit ôter du gibet le corps de Perrin Macé, et lui fit faire des obsèques honorables dans l'église de saint Merri même.

Un mois aptes, l'évêque et te prévôt des marchands (i) élevèrent une sédition , où Robert de Clermont fut massacré, avec plusieurs autres seigneurs , en soutenant les intérêts de son roi (2). Le clergé refusa de prier pour ces sei-

(1) Marcel.

(2) Sauvai, livre 4. —Histoire de Paris , de Felibien.

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gneurs ; et il fallut les mettre en terre secrètement et sans pompe. A 1 égard de Robert de Clerraont , Jean de Meulan défendit , sous des peines sévères, qu'on lui donnât la sépulture dans une église ou dans un cimetière, disant qu'il avait encouru l'excommunication , en faifant enlever Macé d un lieu saint , et qu'un excommunié ne devait pas êtrè inhumé en terre sainte. Mais deux domdstiques lui rendirent les honneurs funèbres de leur mieux, et furent les seuls qui témoignèrent du cœur , dans ces temps misérables (i).

On irait trop loin, si Von voulait citer la dixième partie des tràits de cette sorte , que nos historiens ont conservés jusqu'à Louis XII. Ce fut ce prince qui ôta enfin aux églises ce droit de franchise, à cause de tous les ahus qu'il produisait chaque jour. Mais ce droit subsiste encore dans quelques pays de l'Europe.

— Au commencement du huitième siècle , un homme, s'étaht réfugié dans une église, eut le pied coupé par ceux qui le poursuivaient. Il se plaignit de ce que le droit d'asile avait été violé à son égard. Charles-Martel fit paraître

(i) Sauvai , /<V. 4.

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