‹ Dictionnaire féodal ou recherches et anecdotesChapitre 25 sur 76 · BAI · texte numérisé non relu

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Les seigneurs se faisaient accompagner de pairs et de prucT hommes , qui les éclairaient de leurs lumières et prononçaient avec eux sur les causes embrouillées : ces pairs étaient une image imparfaite de nos jurés. Mais comme il y avait déjà des praticiens et des jurisconsultes dans le quatorzième siècle , et que les prud'hommes , les pairs et les seigneurs justiciers ne savaient ni lire ni écrire, en leur qualité de gentilshommes , et ne voulaient point apprendre le droit , la pratique de juger par pairs devint moins en usage ; celle de juger par baillis s'étendit, et un seul homme eut droit de prononcer sur la vie de ses semblables ; ce qui ne s était point vu dans les huit premiers siècles de la monarchie.

Les seigneurs étaient obligés de prendre leurs baillis parmi les laïques ; et les baillis devaient connaître , au moins en bonne partie , les cou- 'tûmes de leur canton et les droits de leur seigneur. Au reste , on choisissait les baillis dans dans Tordre des laïques, parce que les privilèges du clergé étant immenses, dans le treizième et le quatorzième siècle , il n'était guère possible de punir les prévarications d'un ecclésiastique. On pense bien que les baillis, puisqu'ils dédaient immédiatement de leur seigneur,

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n'étaient punissables de leurs injustices que

gneuriaux.

On a souvent remarqué que les valets d un homme méchant étaient pires que leur maître.

Cette observation était surtout applicable aux baillis. Voyez le suisse d'un grand hôtel ou le dernier commis d'un ministre ; vous trouverez deux petits êtres cent fois plus insolens que leurs patrons.

Un bailli , bien ignorant et bien sot , se croyait le premier homme de sa province, lorsqu'il représentait son seigneur; et comme ce bailli était ordinairement pauvre, ambitieux, avare , il prodiguait aux hommes de corps les mauvais traitemens , les exactions , les tyrannies, les peines, tandis qu'il accablait monseigneur de viles flatteries et de bassesses. On a trop bien dépeint les prétentions , la morgue f l'insolence , et les ridicules des baillis , dans une foule de comédies que tout le monde sait par cœur , pour qu'on entreprenne ici d'en faire l'esquisse.

Il est certain que dans le dernier siècle , et surtout dans les cantons où les droits du seigneur n'étaient pas très-onéreux, bien des châtelains auraient pu être moins haïs de leurs

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